‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 32 sur 88 · RENAISSANCE LITTÉRAIRE DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

RENAISSANCE LITTÉRAIRE DE L'ALLEMAGNE

admirable dans tous les exercices du corps , qui enseigna et répandit son art. Plus lard, nous verrons cette époque des teutomanes chevelus, un peu ridicules parfois, mais d'une vraie grandeur patriotique. On commença à dire, à croire que les anciens Allemands étaient les plus forts des hommes. Et on mêla les vieilles légendes Scandinaves de Siegfrid, etc., avec les Nibelungen allemands du treizième siècle. Mais n'anticipons pas sur tout cela.

Les étudiants, très-nombreux, et qui formaient comme une jeune nation, n'eussent pas répandu leur esprit, sans la langue qu'ils avaient commune avec le peuple. Je parle de la langue musicale.

Langue propre à l'Allemagne, et dont les Français, trop épris de leurs airs nationaux ou de musique italienne, comprenaient rarement le sens. Les symphonies de Beethoven, en présence même des tyrans, prêchaient , haranguaient l'Allemagne , l'imprégnaient de leur mâle harmonie.

Beethoven, fils d'un chanteur, d'un ténor de la chapelle de Fléecteur de Cologne, mélodiste jusqu'à vingt ans, n'apprit l'harmonie qu'à Vienne, lorsque son maître l'électeur, dépossédé par Bonaparte, vint en Autriche. Le jeune homme fît alors sa première symphonie (en ut)^ puis les autres aux années suivantes.

Ces symphonies, qui furent, on peut dire, la mu-

sique par légion, par tribus, retentirent au loin. Ijeurs échos créèrent à rAUemagne une âme commune, et furent pour elle ce que nos fédérations avaient été pour la France de 90 .

Il faut que je m'arrête ici ; sinon, j'enjamberais deux années, et je me retrouverais au lendemain dléna.

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