PRÉFACE. XII
L'Europe, dit-on, est bien vieille. Mais dans 9a vieillesse apparente elle a plus de jeunesse que tout le reste de la terre. Son éleclricité vivante, qui la rend si mobile, lui permet chaque jour de se renouveler par l'esprit, et l'esprit, à son tour, donne des forces inouïes à la volonté.
Qu'une grande idée apparaisse, la volonté y tend et fait un monde.
Il n'y a pas d'autre mode de création.
Quelle idée a surgi? C'est l'association des volontés, des âmes, qu'on nomme République]
Elle est née et renée trois fois en cent ans, et toujours par la France.
Pourquoi? La France, oubliant vite, ne hait jamais, est toujours sympathique, quoi qu'il arrive. Elle ne reste pas, comme d'autres, aigrie, stérilisée par la haine. Au dernier siècle, elle haït si peu l'Angleterre, qu'elle l'imita, et fit une Angleterre nouvelle en Amérique. Au dixneuvième siècle, loin de haïr l'Allemagne, elle fera mille vœux pour qu'elle soit une vraie Allemagne, grande et libre, républicaine \
^ Dans une aatre préface, j'essayerai de combler les lacunes de celle-ci, au point de vue scientifique, artistique et relig^ieux.
LIYRE PREMIER