NAPOLÉON DEVANT U POLOGNE
y avait un peuple industriel dans les villes. Nous avons les Mémoires de Eilinski, le héros cordonnier de Varsovie. Et de nos jours, madame de Ghoiseul a peint Teffervescence patriotique des ouvriers de Vilna.
Pour la noblesse, c'était moins une caste qu'un grand peuple. Dans les guerres turques, la masse des innombrables cavaliers polonais, tout ce qui portait la lance avec sa petite flamme, était noble, sans difficulté. Aujourd'hui la noblesse se trouve même aux moindres conditions. Un de mes amis qui fit ce voyage, il y a dix ans, demanda combien il y avait de nobles dans la province. Il y en avait douze cent mille. Le valet d'écurie qui lui tirait les bottes était un noble.
Les gens même qui n'en sont pas là, qui ont un peu de terre, sont souvent très-pauvres, n'ont qu'un seul paysan, et s'ils l'affranchissaient, mourraient de faim.
Les grands seigneurs ont toujours été fort généreux pour les affranchissements. J'ai lu * un beau livre in^"* avec de belles gravures (imprimé en Italie) à la gloire d'un Gzartoryski du dernier siècle, qui avait affranchi 500,000 serfs.
D'autres, moins riches, ont voulu quelquefois suivre ce bel exemple. Mais les nouveaux maîtres de
' A la Bibliothèque polonaise.
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la Pologne ne le permettaient pas, prétendaient qu'ils s'adressaient aux masses pour les soulever. Voilà ce qui a retardé Taffranchissement chez la plus généreuse nation du monde.
Il ne faut pas'être dupe des mots. La Pologne, avec des millions de nobles, était une démocratie. C'est ce que montre à merveille l'antipathie de Bonaparte pour elle. Il y sentait la liberté.