‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 48 sur 88 · BATAILLE D'EYLAU (8 FÉVRIER · texte numérisé non relu

BATAILLE D'EYLAU (8 FÉVRIER

grenadier à cheval, homme de fer et gigantesque, chercha le lendemain encore des ennemis à combattre, ne trouva guère que des Cosaques attardés. Donc on se déclara vainqueur, on resta maître de ce champ de cadavres.

Le soir, Napoléon invita à sa table les officiers de rartillerie, qui l'avaient sauvé. « Quel funèbre repas! » m'a dit Tun des convives. Pour aller souper chez l'empereur, nous passions entre deux montagnes de corps, de membres mis en pièces, des bras, des têtes, hélas ! celles de nos amis. Personne n'avait faim, comme on peut croire. Mais ce qui dégoûta encore plus et mit le comble à la nausée, c'est que chacun, en ouvrant sa serviette, y trouva un billet de banque. »

c< Telle était la délicatesse de l'empereur. Il nous payait comptant la mort de nos amis. On répandait que pour la prise de Dantzig, Lefebvre aurait un pa-^ quet de vingt-cinq millions. Et le soldat disait en voyant ces petits rouleaux : « C'est du chocolat de Dantzig. »

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