‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 68 sur 88 · DÉSASTRE DE MOSCOU · texte numérisé non relu

DÉSASTRE DE MOSCOU

temps de faire leur œuvre, pour donner à la grande armée le temps de mourir.

Ségur, tant critiqué par les bonapartistes, avait eu cependant pour eux de singuliers ménagements, par exemple celui de supprimer le grand fait capital que ses prédécesseurs (Chambray, etc.) nous avaient conservé, la longue hésitation de Bonaparte après Miéro-Slavetz, et sa résolution de prendre la plus mauvaise route, celle qu'on avait déjà dévastée, et où on était sûr de mourir de faim.

a II s'enferma avec Murât, Berthier, qui ont tout raconté- Pendant une heure, il réfléchit, silencieux, la tête dans les mains. Puis il se décida pour cette route fatale. » (Chambray.)

En revenant par la même route, avec quelques combats qu'il eût appelés victoires, il pouvait amuser l'opinion, dire qu'il s'était retiré librement pour revenir bientôt. Et il poussa si loin cette feinte, que, même en sa plus grande détresse, déjà presque détruit, il fit rester Ney, l'arrière-garde, pour faire sauter les muraillesde Smolensk, qu'il allait, disaitil, assiéger au retour.

Cela lui réussit. Il garda son prestige devant la France, et put encore, après Moscou, après l'immense désastre de Leipsick, se donner pour notre défenseur en 1814 et, en 1815, nous abîmer par Waterloo.

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