‹ Histoire du dix-neuvième siècle;Chapitre 81 sur 88 · WATERLOO (18 JUIN · texte numérisé non relu

WATERLOO (18 JUIN

Le grand historien qui a réduit à leur juste valeur les mensonges de Sainte-Hélène, M. Gharras, et M. Quinet dans un petit livre admirable, n'ont pas assez peul-être insisté sur ce point : Que la France travail condamné^ rejeté, et je ne parle pas de la France royaliste, de la Vendée, du Rhône, mais de la grande France impartiale qui faisait la majorité immense du pays. Il n'en put tirer que 16,000 conscrits. Le peu de voix qu'il avait à la Chambre des députés exprime parfaitement la faible minorité qui le suivait encore, et qui prit part à cette guerre.

ce II avait trop peu de monde à Waterloo. » Pourquoi? C'est que la France le connaissait, et qu'elle hésitait fort à combattre pour ramener la tyrannie et la guerre éternelle.

L'armée de Waterloo était proprement militaire, n'étant pas composée de jeunes gens comme la majorité de celle de Leipsick, mais de soldats la plupart bronzés et durcis par la guerre. Il y avait des prisonniers revenus d'Espagne, de Russie, ou des pontons anglais, tout cela fort irrité, sauvage.

Un narrateur anglais, qui était dans la cavalerie anglaise, raconte avec quelle haineuse animation les cuirassiers français poursuivaient, piquaient par derrière les Anglais mieux montés et qui les devançaient toujours. c< Je n'avais jamais vu, dit-il, de figures si hostiles, ni si âprement militaires. »

Les nôtres étaient pleins, non-seulement de colère, mais de défiance, rapportant à la trahison tous les revers récents, ne tenant jamais compte ni des &utes de Napoléon, ni de ^ette circoAsUnee, d'avoir mis contre soi l'humanité entière.

Plusieurs passaient à l'ennemi, odii eomnie Karmont, in extremis ayant bien combattu, mais d'ar Tance et au moment critique, comoie le Vendéen Bonrmont.

Chose pire encore, Glarke, ancien ministre de la guerre en 1814 (et en 1815, ministre de Louis XYIII à Gand), donna aux alliés les renseignements les plus utiles. Un officier, envoyé par lui, fit de mémoire aux alliés le calcul, Ténumération des forces qu'avait Napoléon (120,000 hommes). Wellington sut tout dans la nuit^ et n'accepta la bataille qu'étant

Page 1