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sonne de Jésus se fit donc sans concert, mais par la marche générale des idées. L'auteur inconnu de VÉpitre à Diognète (ch. vu), qui doit avoir été à peu près leur contemporain, donne aussi au Christ le titre de Verbe. Étrange destinée que celle de Jésus ! C'est à qui dans le monde lui décernera la plus auguste couronne. Le judaïsme ne concevait pas que Ton pût sur la terre être supérieur au Messie de ses attentes : des Juifs lui confèrent ce titre, pour eux incomparable. L'hellénisme, au bout de ses spéculations philosophiques^ découvre un être divin supérieure tout au monde : il faut que le nom de cet être devienne celui de Thumble Fils de l'homme. Rien ne parait excessif à la chrétienté dans son enthousiasme pour la personne de Jésus identifiée avec l'idéal nouveau qu'il a révélé. Mais il s'en faut encore bien que la pensée chrétienne soit arrivée à son repos sur la route qu'elle a cru devoir prendre. Elle est lancée en plein dithéisme, elle y restera longtemps, mais elle ne saurait y rester toujours. La grande question est de savoir comment elle en sortira. Aura-t-elle le courage de revenir sur ses pas ou bien voudra-t-elle pousser encore au delà ? Les chapitres suivants vont répondre.