XIV PREFACE DE LA PREMIERE EDITION
Fhomme moHerne, morcelé et mutilé par le travail de notre civilisation.
Dans cet ordre d'idées, je devais arriver naturellement à l'artiste contemporain qui a porté dans le drame musical la réforme la plus complète et la plus hardie qu'on ait tentée depuis celle de Gluck et qui l'a fait en : emontant à la fois aux sources de de la grande poésie e^ de la grande musique. Je n'ignore pas que parler en France de l'œuvre et de l'idée de Richard Wagner, c'est soulever dès l'abord un essain d'objections. Mais aucun des préjugés répandus avec soin à ce sujet par une certaine presse n'a pu me détourner de la ligne que je me suis tracée. Ceux qui croiraient rencontrer dans la seconde partie de ce livre une discussion, des niaiseries spirituelles ou des calomnies savantes qui se débitent depuis une vingtaine d'années sur la soi-disant musique de l'avenir, seront absolument déçus. Disons seulement que lorsqu'une idée a été combattue, une œuvre contestée trente ans de suite avec le même acharnement, c'est une grande raison de croire que cette idée renferme une part de vérité et que cette œuvre a une vitalité singulière. En abordant ce sujet, je n'ai eu qu'une pensée : étudier sans parti pris un sujet fort mal connu et en dégager les résultats féconds. J'aurais cru d'ailleurs manquer au but que j'ai poursuivi dans ces pages, si, quittant la sphère de la sereine contemplation qui sied aux choses de l'art, j'étais