‹ Histoire du drame musicalChapitre 8 sur 40 · PREFACE DE LA PREMIERE EDITION XIII · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA PREMIERE EDITION XIII

tifs, en dépit de puissants efforts. Prise dans son ensemble, cette histoire pourrait nous faire douter au contraire de la possibilité, dans les temps modernes, d'une alliance sérieuse entre la poésie et la musique sur le terrain du drame.

C'est bien loin de l'opéra que j'ai cherché cette grandeur, cette beauté du drame musical qui semble lui assigner un rôle capital dans les destinées de l'humanité. J'ai interrogé d'abord sur son sens primitif la Grèce antique, source intarissable de nos arts, de notre philosophie, de toute notre culture. J'ai cherché ensuite les éléments de sa renaissance dans le grand courant de la poésie européenne et de la musique symphonique moderne. Là, du moins, l'âme respire librement, l'esprit s'élève, les horizons illimités de la vie se succèdent, et l'opéra, qui nous écrase aujourd'hui de son éclat factice, dénaturant le passé, troublant le présent et obscurcissant l'avenir, pâlit comme si la voûte de son enceinte s'écroulait et si le plein jour du ciel tombait sur sa fausse lumière. Il m'a semblé que de ce parallélisme entre le développement de la poésie et celui de la musique, quelques traits de lumière pouvaient jaillir de l'une sur l'autre. Cette partie de mon travail m'a d'autant plus attaché qu'un rapprochement entre ces deux mondes, aujourd'hui séparés, me paraît un des problèmes imposés à l'avenir, et que sa solution ne sera point indifférente à l'éducation de

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