Les Olim
Rôles et registres du Parlement de Paris. — On appelle Olim les quatre premiers registres du Parlement de Paris. Cette désignation provient du premier mot par lequel commence le second Olim ou second registre du Parlement ; il débute ainsi : Olim homines de Baiona^ elc.
La date la plus reculée du premier Olim est novembre 1^54. Cette date ne figure pas en tête du recueil ; ce n'est pas la première dans le registre '.
Le lecteur est, j'imagine,, tout disposé à admettre maintenant que les vénérables Olim qui forment la tête de cette forêt de registres du Parlement déposés aux Archives nalioncdes sont et ont toujours été les registres du greffe du Parlement. Mais cette
1 Oq remarquera, en passaDt, ce détail de iDœars jodiciairea : le greffier est accusé d'éleyer arbitrairement dans ses écritures le chiffre de Tamende prononcée par la coor, afin de plaire par là an seigneur et de mériter ses bonnes grâces ; car Tamende est un revenu seigneurial,
s Cf. Boutaric, Âciet du ParUmmit de Parité t. !•'', p. 1, n« 1.
LBS OLIM.
vérité si simple, il a fallu à un savant, prématurément enlevé à la science et à "notre affection, Henri Lot, beaucoup d'efforts [162] et de raisonnements délicats pour la faire triompher. A force de comparer, je dirais volontiers brutalement, les registres officiels du Parlement de la période moderne avec ces vénérables aïeux du xiii* siècle, des hommes d'une grande valeur en étaient venus à renier ces aïeux. La différence entre ces vieux registres et les registres des temps postérieurs est trop grande, pensaiton, pour que ceux-là émanent, comme les seconds, d'un greffe attaché à la cour du Parlement. Ce ne peut être qu'une compilation privée, l'œuvre d'un amateur qui n'a point prétendu être complet, ni régulier dans ses écritures. Voltaire soutint cette opinion au xvm' siècle. Plus tard le comte Bengnot l'adopta et la défendit par des arguments nouveaux. Elle fut acceptée jusqu'au jour où Heâri Lot, dans une thèse soutenue à l'Ecole des chartes, vint restaurer et 6isseoir définitivement la vieille opinion qui considérait les Olim comme des registres émanés des greffiers du Parlement, comme la tête de ligne de l'immense collection des registres officiels.
Au reste, ces registres n'ont point la perfection des registres postérieurs : une institution naissante tâtonne tout d'abord, se forme et se régularise peu à peu. 11 est absurde de vouloir qu'un greffier du xni* siècle,5[qui commence à tenir des registres, improvise toutes les conditions d'ordre et de régularité que conseillera peu à peu l'expérience.
C'est vers 1263 que le greffier du Parlement, Jean de MontluQon, commença la rédaction du premier Olim. Son travail consista à copier sur des cahiers ou & résumer les décisions anciennes remontant à Tannée 1255 S qui étaient écrites sur des rouleaux, sur des rôles : car, avant Jean de Montluçon, les greffiers du Parlement, qui semblent n'avoir pas eu de registres, se servaient de rouleaux de parchemin appelés rôles.
Montluçon commença donc par réunir, copier et résumer d'anciens rôles. Je dis résumer. Il arrive fort souvent qu'il ne copie pas tout, et il l'avoue : Inverties in rotulo quia nimis
1 n prit, de platf une décision du 20 DO?einbre 1254,