Le Litre de Jostice et Pie t
Origine orléanaise. — Le Livre de Jostice et Plet est un ouvrage très précieux qui émane de l'école orléanaise. II a été écrit sous saint Louis, achevé seulement après l'ordonnance de ce roi contre les duels ^ Un procès qui se déroulait en 1259 y est mentionné'. Jostice et Plet a été souvent attribué au commencement du XIV* siècle : c'est une erreur évidente.
On abordera la lecture de cet ouvrage avec prudence, parce que l'auteur y a mêlé le droit contumier, le droit canon et le droit romain, en défigurant un peu le droit canon et le droit
Pierre de FonUineB el pour lequel le Conseil de Pierre de FootaÎDes aurait été ulilise; Taoteur de cet ouvrage que Kliœrath signale d'après Charoodas, aérait eucore on certain Guido, et Vouvrage serait intitulé : La Pratique de Guido. Ce Guido et sa Pratique, TattributioD du Conseil tantôt à Guy Foulquois, tantôt à un Guido du XI* siècle, ce sont là deux légendes qui ont une seule et même origine. La source de ces imaginations — car ce sont pures imaginations *- est un manuscrit de la bibliothèque de sir Thomas Phillipps. Ce manuscrit est tout simplement un manuscrit du Conseil du xiii* siècle. Vers la fin du xiv« ou au commencement du xv«, an lecteur ajouta sur la première page celte note sans aucune valeur : a L'auteur de cest livres est Guido. » Cbarondas et Laurière qui connaissaient ce manuscrit, ont lancé à ce propos des hypothèses dont les modernes qui n*ont pas vu le manuscrit et ne savent trop d'où viennent ces histoires, ne se sont pas encore débarrassés. Il est temps d'en finir une bonne fois. La courte note en question qui se devine aujourd'hui plutôt qu'elle ne se lit, car elle a été coupée par le relieur, est la seule source de ces attributions fantaisistes. Il n'y a point de Pratique de Guido. Clément IV n*est pour rien dans la rédaction du Conseil de Pierre de Fontaines. Aucun Guido du XI* siècle o*a écrit en français sur le droil. Cf. ce que j*ai dit, à ce sujet, daDs Bibl. de CEcole des chartes, t. XLI, p. 153.
< Elle est visée p. 332, de Tédit. Rapetti. Mais, d'autre part, un petit texte Orléanais, plus ancien, que copie souvent notre auteur, doit être antérieur à l'ordonnance de saint Louis, car il suppose l'existence du duel. Voyez p. 127 et lisez : « nest ( =naU) bataille et qui vaincra, etc., » et non : « n'est, » véritable contre-sens (cf. mes Elablistenents de saint Louis, t. J«', pp. 68, 69).
2 Edit. Rapetti, p. 304.