‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 160 sur 648 · Très ancienne coutume de Bretagne · texte numérisé non relu

Très ancienne coutume de Bretagne

Influences romaines et canoniques. — La Très ancienne coutuaie de Bretagne est une de ces compilations privées qui se sont élevées peu à peu au rang de document officiel. Elle date du premier tiers du xiv* siècle. Sur un exemplaire incunable de la coutume, exemplaire non retrouvé aujourd'hui, un annotateur inconnu avait pris la peine de transcrire les noms de trois Bretons auxquels serait due, suivant Jui^ celte rédaction ancienne : Copu le Saige, Mahé le Léal, Tréal le Fier. Cette attribution est douteuse, mais n'a rien d'impossible.

La Très ancienne coutume de Bretagne ne se distingue pas par Toriginalité. Le droit vraiment breton semble étouffer sous ce vaste manteau aux couleurs ternes et mêlées. Le droit romain, le droit canonique sont des sources familières à nos compilateurs. Ils les fondent avec le droit vivant, avec le droit coutumier, non sans quelque talent, non sans harmonie et méthode* Une piété qui n^est pas toujours fade leur inspire au cours de ce [190] long travail plusieurs homélies ou prières. Une intelligence honnête, modérée, qui charme par sa franchise, préside à Tœuvre entière. Ainsi, on montre à Tégard des juridictions ecclésiastiques une hostilité sensible; mais on avoue, avec bonhomie, que les extorsions des juges laïques ont singulièrement favorisé le développement des justices d'Eglise. Çà et là allure littéraire assez marquée.

La Très ancienne coutume a été divisée originairement en une série unique d'articles numérotés, ainsi que nous l'apprend le prologue ; c*esl un procédé bien peu suivi au moyen âge et fort utile. On a dressé, peut-être dès l'origine, une bonne table alphabétique, qui se trouve dans plusieurs manuscrits. Voilà deux précautions rares au xiv* siècle. — L'auteur ou les auteurs de la Très ancienne coutume de Bretagne ont certainement connu les Etablissements de saint Louis.

La Très ancienne coutume de Bretagne a joui d'une grande vogue dans .ce pays, comme Tattestent encore les nombreux

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manuscrits qui noQs en sont restés. Le duc François II la cite dans une ordonnance et, par conséquent, la considère comme un document à peu près ofGciel.

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