LES PRÉMICES DE NOS GODES
PREMIÈRE SECTIOiN.
Le vœu général.
[201] L'unité. — Nos codes, considérés au point de vue historique, sont la concentration et l'unification du vieux droit français, dispersé, et souvent divergent, dans les ordonnances royales et les coutumes.
La procédure civile et criminelle, le droit pénal, le droit commercial et le droit administratif étaient devenus peu à peu Tobjet préféré des ordonnances, tandis que le droit civil proprement dit, toute la matière juridique qui correspond à notre Code actuel, était plutôt Tobjet des dernières rédactions de coutumes.
Le droit des ordonnances était très confus en raison de la multiplicité des édits, se succédant les uns aux autres, plus d'une fois divergents. Le droit coutumier donnait lieu à mille difficultés à cause du désaccord des coutumes. La contrariété qui existait souvent entre le droit des ordonnances et celui des coutumes augmentait la confusion.
De là naquit de bonne heure une aspiration vers la codification et vers l'unité. La Révolution devait réaUser ce vœu; car à cette époque il était mûr enfin.
Rien de grand ne se fait en un jour. Nos codes, pas plus que toute autre œuvre considérable, n'ont été, si on va au fond des choses, le résultat d'un travail de quelques mois ou de quelques années. Pour que ce court travail de rédaction pût être entrepris et pût aboutir, il fallait une longue et laborieuse préparation. II fallait aussi que cette préparation difficile fût depuis longtemps un besoin senti, le vœu des hommes d'affaires intelligents, et