‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 307 sur 648 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DU MARIAGE

j^perçu général.

Pouvoir législatif sur le mariage. Progrès et décadence du [395] rôle de V Eglise. — Je ne saurais tracer l'histoire du mariage dans le monde chrétien et, en particulier, Thistoire du mariage en France, sans éclairer tout d'abord le sujet par quelques observations d'un intérêt général touchant le rôle des puissances ecclésiastique et séculière en matière de mariage.

Dès l'origine du christianisme, le mariage est tombé dans le domaine de l'Eglise : il a été par excellence^ entre chrétiens, matière de conscience, soumise aux décisions et à la juridiction de l'Eglise.

Je dis juridiction, parce qqe l'Eglise a exercé une juridiction sur les consciences chrétiennes, avant d'exercer extérieurement •et officiellement le moindre droit : cette juridiction sur les consciences fut la base la plus solide et le point de départ le plus sérieux de sa juridiction officielle.

Le mariage était du domaine de TEglise, non seulement en raison de ces paroles de saint Paul : « Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Christo et in Ecclesia^ » et de divers autres textes encore plus concluants* ; mais aussi parce

< Saiot Paal, EpitL adEphet,, v, 31, 32. Des critiques font observer que laVulgale traduit ptLT sacramenlum ie root grec {luoiiipiov, et soutieDxient que le mot latin sacramentum D*a pas ici le sens technique de sacrement {Encycl, des sciences relig,, t. VIII, p. 700; RosenmûUer, Scholia in Novum Testamenlum, t. IV, 1787, p. 428}. L'observation est-elle bien concluante ? Cf. Drach dans La Sainte Bible, édit. Lethielleux, t. VIII, p. 419, note 32 ; Coquerel, Traité des mariages mixtes, p. 39, note 1.

i S. Mathieu, x[x, 5, 6. Tertullien : « Unde sufflciam ad enarrandatn fœlicitatem ejus matrimonii quodBeclesia conciliât et confirmât oblatio et obslgnalum angeli renun- •ciant, pater rato habet » {Ad uxorem, lib. II, c. ix, dans Tertullien, Opéra, Parisiis,

Page 1