‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 370 sur 648 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

DE LA PUISSANCE BU CHEF DE FAMILLE

1. Idée générale du chef de famille à Rome, en Germanie et en France.

Le mundium à Rome^ en Germanie et en Gaule. — Le père [493] gouverne la famille, c'est-à-dire tous ceux qui sont groupés autour de lui, la femme, les enfants, les serviteurs. Sa puissance prend à Rome le uom de manus*; en Germanie le nom de Mund. Et ce mot Mund signifie étymologiquement soit main, manusj soit bouche*. La main et la bouche sont les organes

* A A Rome le mot montii désigne le plas souvent la puissance du mari sur la femme. La signiflcatioQ du mot, large à l'origioe, a été se flser et se spécialiser dans cette application ; mais nous pouvons néanmoins citer plusieurs exemples du sens large et primitif, sur lequel j'insiste ici. Voyez Digeste, l, i, Dejuttitiaetjure^ 4; lostitutes, I, ▼, D$ Ubertinit, prœm. (au sens de potestas dominica); Code de Justinien, Vil, XL, De annoU excepL, 1, § 2 (au sens de patria polesiat). Cf. Aocarias, Précité 1. 1«', 1879, p. 27^, note 2. Gains a dit : k Sed in potestate quidem et masculi et femiuie esse soient, in manum autem femîn» tantum conreniunt » (Gaius, I, 105. Cf. Gains, I, 49). Il ne liant pas attribuer à ce passage une valeur absolue.

3 II est eertain qn*a« moment des ioTasioos le mot Mnni signifiait boucke dans la pensée d*un bon nombre de Germains, je ne dis pas de tous. Voyez, ci-dessus, p. 287, note 2. Mais la véritable étymologie ne serait-elle pasi/un^aùsen8deniaiR?0naméme des textes qui paraissent indiquer que, dans notrjs milieu, certains Germains avaient quelque conscience de cette signification. Voyez, en faveur du sens de main, Grimm, Dmttcht RechUalUrihamer, pp. 447, 448; Roth, Fiudalilài, pp. 275, 276; H. d'Arbois de Jubainville, Eiudet tvr la langue des Francs à l'époque mérovingienne, Paris, 1900, p. 62. Les Germains auraient-ils possédé dès Torigioe une double expression qu'on trouve un peu plus tard : bouche et main, ore et manut Voyez Haltaus, Glot- «anvm Germanicuim^ Lipaiie, 1758, pp. 791, 792. En tout cas, plus le sens de mat» serait appuyé, mieux se trouveraient justifiés mes rapprochements avec la manuf des Romains. Suivant M. Bréal le vieux haut-allemand Muni dériverait du latin monus (Bréal, Etymologiês, p. 9. — Extrait des Mémoires de la SocUté de linguistique de Paris, t. XII). Je crois plutôt à un parallélisme.

Le mot mundium est très rarement appliqué à l'autorité du mettre sur les esdayes : il 7 a cependant des exemples. Voyez le passage in mundio suprûscripiorum

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