‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 456 sur 648 · Bénéfices et fiefs · texte numérisé non relu

Bénéfices et fiefs

Usages romains et usages germains. Moyen âge. — De [634J Thomme passons au bien ; du compagnonnage à la tenure.

Une étymologie incontestée éclaire ici Thistoire. Le mot fief {fevum) dérive d*une racine germanique qui signifie bétail, racine que nous retrouvons jusqu'à trois fois dans les fragments de la langue lombarde qui nous sont parvenus ^. Ce mot ramène donc notre esprit vers ces temps lointains où le bétail constituait la principale et presque Tunique richesse : toutes les combinaisons financières se résumaient chez les Irlandais en diverses variétés de cheptel •, et, suivant toute probabilité, nous consta-

t Eq 869, le roi parle de ses vasii et des vassaaz de ceaz-ci [vantalH... voMomm flostroram) (Perlz, Ltges^ t. !•', p. SU). Voyez sar les vaTasseursaa moyen &ge, ie Grand coat. de Normandie, ch. 26, édit. W. Laurence de Grachy, Jersey, 1881, p. 80; mes EtabiUtvmhU de saint Louis, t. I«r, pp. 12, 165 ; t. II, pp. 36, 50, 59, 61. Sar rétymologie vassi vassorum (raTasseurs) voyez Windiscb, Vassus und vassalus^ p. 180 {Sonderabdruck aus den BerichUn der sàoht. Ges&Uschaft der Wissenchaften^ Il juin 1892); sur vassallus, Loccenias, Antiq. Sueo-Gothicm^kïh suite de Rtrvm suecicarum hist.y Hoimi», 1654, p. 168.

3 « Fader^ » = quod de parentes addaxit mulier ; « Figang » = s'en aller avec le bétail; o M6t/So » = paiement en bétail, priz de la femme. Voyez Roth,, 182, 199, 200, al. 181, 198, 199; lloth,, 2o3, 291; Liutpr, 103 (Cari Meyer, Sprache und SpraekdenkmàUr der Langobarden, pp. 27, 31, 285, 267). Forme gothique : faihu. Cest ie latin pecus. Comparez le développement de sens que nous trouvons dans pecunia (à lire : Bréal et Bailly, Dict, étym., 1885* p. 254). On remarquera que je ne parle pas, dans le texte, de Télymologie du mot feodum. Il est assez probable que ce mot embarrassant réunit les deùz radicauz suivants : fe (fetum) dont je parle dans le texte et od, bien. C'est le sentiment de Gûnther, Deulsche ReehtsaUerihûmer unsrer heutigen deuischen Sprache, Leipzig, 1903, pp. 41, 126, note 9. Gaston Paris •a traité Tétymologie du vleuz français /ieui {fe^dum) dans Romania, VII, 132. Comment Tétymologie de /Stf/* laisse-t>elle M. Mackel si perplexe et incertain (Mackel, Diê ^germ. Eléments in der franz. und proeenz. Sprache, Heiibronn, 1887, p. 125)? On pourrait, à première vue, être tenté de croire que le plus ancien emploi de la racine fe ou fiu au sens moderne de fief terrien apparaît dans un texte lombard de fan 730 avec le mot (iuvaida : mais il paraît établi que (iuvaida est tout simplement le communal, le lieu où paît le bétail (Hartmann, dans Vierleijahrschrift fur Social- nnd Wirtschaftsgeschichte, t. !•', Leipzig, 1903, pp. 123-126). Snr Tbist. du mot fevum ao sens qui nous est familier, voyez Flach, Les origines de l'ancienne France, x« et jif siècles, t. III, Paris, 1904, pp. 67-86, 94-98.

3 H. d'Arbois de Jubainville, Etude sur le droit celtique, p. 63 et passim.

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