LIVRE IV. LES BIENS BT LES CONTRATS
de raDcienoe recommandation : en tous les siècles, il y eut des recommandations aux degrés les plus divers, de même qu'aujourd'hui il yaau service des particuliers et des administrations des employés et des serviteurs bien éloignés hiérarchiquement les uns des autres.
[633] A lorigine, le vassîis n'était probablement^ pas indissolublement lié au senior : il pouvait, j'imagine, comme le buccellarius wisigoth, quitter son patron, en lui remettant les dons reçus. Mais Charlemagne et Louis le Débonnaire édictèrent plusieurs capitulaires qui ont pour objet d'empêcher le vassus de quitter son senior, sauf dans quelques cas nettement déterminés'. Toutefois il reste entendu qu'à la mort du senior tous les liens sont rompus' (à plus forte raison à la mort du vassus).
Les décisions de Charlemagne et de Louis le Débonnaire ne réussirent pas à solidifier la vassalité. Dès l'année 856» Charles le Chauve dut reconnaître aux vassaux le droit de quitter leur senior^. Quatre siècles plus tard, en plein moyen âge, cette liberté primitive consacrée par Charles le Chauve se laissera encore apercevoir dans le système féodal*. Mais elle y jouera un bien faible rôle, car un lien très soUde, l'intérêt, unira, en fait, le seigneur à son vassal ; il l'y unira aussi étroitement que le propriétaire foncier est uni à sa terre.
1 II y a des formales de recommaDdation où reagagemeDt pris par Thomme libre est à vie : le contrat spécial fait loi, mais ce n'est pas là, saivant moi, la règle universelle. Voyez une de ces formules dans Rozière, Form. 43 (Sirmond, 44).
2 Voyezcapil.de 813, dansPertz, L»g$t, t. I«r, p. 189; cap.de 816 (enriron), iMI., p. 196. Joignez ces textes: eaplt. de 787, c. 5 : « Sletit nobis de illos homines qui hic intra Italie eorum seniores dimittunt ut nullus eos debeat recipere in vassatieo sine oomeatu senioris sui, antequam sciai veraciter pro qua causa ant culpa ipse sttum seniorem dimisit; » eapit. de Mersen de 847, c. 2 : « Volumus etiam ut unusquisque liber homo in nostro regno seniorem qualem voluerit in nobis et in Dostris fldelibus accipiat ; >» c. 3 : « Mandamus etiam ut nullus bomo seniorem sonm sine juste rations dimittat, nec aliquis eum reclpiat, nisi sicut tempore antecessomm nostrorum consnetudo fuit » (Boretius, CapUularia, t. I«r,p. 199; Perti, Leg9s,iA*^, p. 395). Cf. Bourgeois, L^oitmbUe d» Menen, dans Uélanget Paul Fabre^ pp. 72-100.
> Capit. de 806 : «Unusquisque liber homopost mortem domini sui licentiam habeat se commendandi... » (Dimtio reg%orum, art. 10, dans Boretius, Capit.^ t. I«r,p. 128). Cf. Roth, FeudalUàt und UfUerthoMnerband, pp. 210, 211.
^ Capit. de 856, c. 13 : « Et mandat vobis nosler senior quia si aliquis de vobi» talis est cul suus senioratus non plaoet, etc. » (Baluze, Capit,, t.* II, p. 84).
* Voyez, ci-après, pp. 641, 642.
LBS BéNÉFICBS.
Les vassi eux-mêmes peuvent avoir des vassaux; ces vassaux second&ires sont des vcusi vassorum^ vavassaurs*.