LIVRE I. SOURCES DU DROIT CANONIQUE
par d'heureux rapprochements, les discordances que présentaient entre elles quelques dispositions législatives fournies par les diverses collections canoniques déjà existantes.
Certains rapports de textes incontestables autorisent à rapprocher l'un de l'autre Gratien et Pierre Lombard, Tauteur des Sentences. On s'est longtemps demandé quel était de ces deux auteurs le plus ancien. Les derniers travaux critiques établissent que Gratien est antérieur à Pierre Lombard et que ce dernier, lorsqu'il traite de matières juridiques, se sert largement de Gratien, soit qu'il reproduise le texte de ce canoniste, soit qu'il critique ses solutions'.
Le Décret de Gratien est divisé en trois parties : [65] La Première division traite des sources du droit et des personnes ecclésiastiques. Elle est partagée en 101 Distinctions {Distinctiones).
La Deuxième partie traite de la juridiction ecclésiastique. Elle est divisée en 36 Causes; les Causes sont partagées en Questions, et les Questions subdivisées en canons. Ce qui complique cette division, c'est que la Question 3 de la Cause 33 forme un petit traité, partagé en Distinctions et intitulé : De pœnitentia. La Troisième partie traite des sacrements et du culte : De consecratione. Elle est divisée en Distinctions, comme la première. Cette division de la Première et de la Troisième partie du Décret, la seule reçue depuis une époque très reculée, ne figurait pas dans l'œuvre originale. On l'attribue à Paucapalea, disciple de Gratien '.
Quand on cite le Décret, il est d'usage, ou plutôt il était d'usage, de ne mentionner ni le Décret par le mot Décret ou Décret de Gratien, ni la partie citée du Décret par les mots Parsprima^ Pars secunda. Pars tertia. Un mode de citation beaucoup plus concis suffisait pour indiquer du premier coup qu'il s'agissait du Décret, et de telle ou telle partie du Décret. Je donnerai une idée de ce mode de citation, très énigmatique à première vue. Première partie. — Voulait-on citer un passage de la Pre-
i Paul Foaroier, mémoire cilé, p. 21.
2 Cf. TaDOD, Eiud» de littérature canonique, Ru/in et Huguceio, Parts, 1889, p. 3. (Extrait de la Nouvelle Rev, hist, de droit français et étranger, 1888 et 1889).
DECRET DE ORATIEN.
fnière partie? oq '.écrivait le premier mol du canon cité c faisant précéder de la lettre c ; puis le numéro de la Distinc Ex. :
c.Audite^ D. 34.
Les canons étant depuis longtemps numérotés, les canon facilitent souvent les recherches en indiquant le numéri canon :
Deuxième partie du Décret. — On se souvient qu'elle es visée en Causes, Questions et canons. Voulait-on citer un t de la Deuxième partie? on écrivait le premier mot du canon le faisant précéder de la lettre c, puis le numéro de la Caus celui de la Question. Ex. :
c. Omnibus, C. 2, Q. 5.
Aujourd'hui, comme pour la Première partie, on numéro canon. Ex. :
c. 19, C[ausa] 2, Q[uœstio] 5'.
Mais ce mode, plus rapide pour les vérifications quand est bien exact, entraîne, en pratique, des confusions fréquei le chiffre du canon se confondant souvent avec celui d( Cause.
Veut-on désigner un passage du traité de la Pénitence forme, comme je l'ai dit, la Question 3 de la Cause 33 < la Deuxième partie? on écrit : c. Petrus, D. i, De pœn, '. ! les mots De pœn., rien ne distinguerait ce mode de citatio celui qui se réfère à la Première partie. Ces mots sont donc ic pensables.
Troisième partie du Décret. — Enfin les textes de la Troisi partie sont cités comme ceux de la Première ; mais, pour é^ quelque confusion, on ajoute les mots De cons., qui indiquei Troisième partie. Ex. :
c. Venerabiles, D. 3, De cons. *.
> C'est-à-dire Décret de Gratieo, Partie l, Dist. 34, can. 6. s Cest-i-dire Décret de GratieD, Partie II, Cause 2, Question 5, cao. 19. s C'est-à-dire Décret de Gratien, Partie II, Cause 33, Question 3, Dist. 1, ci ^ C'est-à-dire Décret de Gratien, Partie III, Dist. 3, can. 28.