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LA REPRESENTATION

laissant un frère Abel et un neveu, Jean, fils d'un autre frère prédécédé. Si Jean vient à ma succession et la partage avec Abel, il y vient en vertu du droit de représentation, en prenant la place de son père prédécédé.

Les droits primitifs sont tous très hostiles à la représentation. Si nous apercevons la représentation dans le droit d'un peuple aussi haut que nous remontions dans son histoire, c'est probablement que nous avons affaire à un peuple très civilisé, lequel a perdu de très bonne heure ce cachet primitif des successions barbares : absence de toute réprésentation.

Qaant à nous, Français, il nous a fallu environ treize siècles pour conquérir, dans la mesure où il est admis aujourd'hui, le droit de représentation. Conquête emmêlée, comme on le verra, de graves défaites.

Originairement, chez les Francs, le fils excluait les petits-fils orphelins de la succession de son père décédé; car il n'y avait pas de représentation en ligne directe ; en d'autres termes, l'oncle excluait son neveu. Rien de plus naturel dans une société où ce même oncle est fort disposé à exclure son neveu, non plus de la succession de son grand-père, mais même de la succession de son propre père : j'ai dit, en effet, que les luttes de ce genre au sein de la famille mérovingienne nous révèlent la tendance qui a triomphé ailleurs sous le nom de tanistry.

Même absence de représentation en ligne collatérale.

Résumons en peu de mots le mouvement favorable à la représentation dont le dernier et définitif triomphe date du mois d'avril 1791.

Chez les Romains, la représentation existait en ligne directe descendante* : elle ne fut reçue en ligne collatérale que par la [834] Noveîle 118 de Justinien qui admit les neveux à [la succession d'un oncle concurremment avec les frères de cet oncle*. Les

^ InstiluteB de Juslinieo, III, i, De keredilatibus quie ab inletlûlo^ 6. Dans le droit théodosien, les descendants de la 6ile prédécédée ne représentent pas intégralement lenr mère (Code de Tiiéodose, V, i, Ds lêgUimit hêrtdibus, 4). Ceci se retrouve dans le Papien (x, 1, 2, apud Perlz, Leges, t. III, p. 602).

s Novelle 118, c. 1, 3. Joignez : Th. Reinach, La reprétmlation enmalière de iuC'

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