‹ Histoire du droit romainChapitre 22 sur 70 · XI. KDITioas nu Corpus juris · texte numérisé non relu

XI. KDITioas nu Corpus juris

Une revue critique de tonies les éditions complètes ou partielles du Corpus juris , jointe au programme de tout ce que devrait contenir une nouvelle édition, ferait la matière d’un grand ouvrage; et cet ouvrage manque à la science, car il n'a été exécuté qu’en partie par M. Spangcnberg , par M. Beck, et par MM. Schrader, Clossitis èl Tafel. Nous n’aurons pas la prétention de remplir celle lacune, car la tikchc est immense; nous nous bornerons à quelques indications bibliographiques , pour lesquelles nous profiterons de l’excellent travail que renferme V Histoire du rlroit romain de M.Berrial-Saint-Prix, dont les recherches sont incontestablement ce que nous avons de mieux, sur ce point , dans notre langue. L 'Histoire des sources de M. Mackeldey contient aussi, sur ce sujet, des rcnscigncmcns plus étendus que ne semblent le comporter les dimensions de ce précieux

INTRODUCTION

manuel ; et comme ces deux ouvrages sont dans les mains de tout le monde, on nous permettra de restreindre ce que nous avons à en dire nous-mème.

Nous ferons d'abord remarquer que par rapport au Corpus juris ou h scs parties, à la différence des autres branches de la littérature, les éditions princeps ont très peu de prix intrinsèque , et qu'elles n'ont d’autre valeur que celle que leur donne la curiosité, par la raison qu'elles n'ont pas été calquées sur de bons manuscrits; elles flattent donc plus le bibliophile qu'elles ne sont utiles au jurisconsulte : les premières bonnes éditions sont toutes du i G' siècle.

Ixstitütes. — Sur leurs manuscrits et leurs éditions, voy. le Proaromus corporis juris civilis de MM. Sehradcr, Clossius et Tafel ; Berlin i8a3, in-8u. Nous en avons analysé la partie purement bibliographique dans notre Notice sur Fabrot , pag. 79 cl suiv.

L'édition princcps est de Mayence , 1 JCfi , chez le célèbre Schoy (Ter de Gernshein , in-foî‘\

En i5ig , Grégoire Hoffmann , qui hellénisa son nom en le traduisant en Haloaudrc, l'un des hommes qui ont rendu les plus éminens services aux textes du Corpus et qui méritent le mieux la reconnaissance de, la postérité , donna à Nuremberg, in-8°, une édition qui a clé souvent réimprimée , notamment par Robert Etienne , et qui a fait autorité pendant long-temps, sans cesser encore aujourd'hui d être précieuse.

En i585, Cujas donna , in -fol" et in-ia, un texte plus pur que tous ceux qui l’avaient précédé (1). Cette cdiiion , devenucclassique, fut altérée après la mort de Cujas, même par le savant Fabrot, qui contribua à égarer la science à cet égard. Ce ne fut qu’en 1 77a, qucparles soins de Koebler le texte de Cujas fut rétabli dans sa pureté primitive (Goltingae, in-8°) ; et c'est cc texte qui a passé dans le Corpus de Geliaucr et Spangcnherg, et qui sc retrouve reproduit

(1) Voy. M. Berriat, tint, du droit rom., pag. »f>i, et Uist. de Cnj~t,

INTRODUCTION

dans l 'Ecloga juris publiée par la faculté de droit de Paris.

Le 19° siècle est riche en travaux critiques sur le texte des Insiitutes. Nous comptons: i° l'édition donnéeparM. Biener, à Berlin 1812, in-8°; a» celle donnée par M. Bûcher, d’aprcs le manuscrit d'Heilhron-Erlangen , à Erlangen, eniSîG, in-S"; 3° enfin, l’inappréciable édition de MM. Schradcr, Tafcl et Maier, successeur de M.Clossius ( Berlin i83a , in-4“) , qui nous fait si ardemment désirer qu’un si beau travail, promis depuis quinze ans et qui doit embrasser toutes les autres parties du Corpus juris , trouve enfin son accomplissement.

Diceste ou Pandectes. — Le manuscrit le plus célèbre qui nous eu reste est celui de Florence; mais, comme il est, en quelques endroits, altéré ou mutilé par le temps et les copistes , les antres textes que représentent certaines éditions sont encore très précieux.

Un distingue quatre classes d'éditions des Pandectes.

r • La Vulgale. — On nomme ainsi toutes les éditions du i5c siècle et celles des premières années du «6° auxquelles lespremièrescdilionsservircnt de type: elles représentent le texte adopté par les glossateurs du moyen âge , soit d’après le manuscrit de Florence, soit d’après d'autres manuscrits très anciens. Ce texte a fait loi pendant long-temps : Quem lexlum non agnoscit glossa , eum forum non agnoscit. Mais quoique cette maxime soit tombée depuis plus de deux siècles , les Vidgates ne cessent pas d'être recherchées à cause des leçons qui sont calquées probablement sur d'anciens manuscrits perdus, et qui diffèrent du manuscrit de Florence.

a° La Noriquc. — Ainsi nommée de Nuremberg où elle fut imprimée en 1029, en partie aux frais de la ville. Elle est duc aux travaux d'Haloandre qui sc servit d'un exemplaire de la Vulgale corrigé par Ilolognini et Politien , d’après le manuscrit des Florentines. Ainsi, le texte d’Haloandre est le résultat d’un travail critique basé sur le texte des vieux glossateurs et sur la Leçon de Florence. Ce texte eut aussi une grande vogue, et il est encore recherché autantà cause

INTRODUCTION

de sa rareté , qu'à cause des variantes qu'il présente avec le texte de Florence et celui adopté par Godefroi.

3° La Leclio Florent ina. — Le manuscrit de Florence préoccupa vivement tous les grands jurisconsultes de ce gigantesque iG® siècle qui a laissé de si magnifiques monument. La visite de ce manuscrit était l'objet d'une espèce de pèlerinage , de dévotion ; sa collation fut l'objet des vœux do tous les savans. Sa possession temporaire fut désirée par Cujas, qui offrit au grand-duc de Florence la caution d’un souverain , laquelle fut refusée : refus à jamais regrettable pour lascicnco, mais qui s'explique dans Cosmc i*r, non par une absurde jalousie de possession ou par une mauvaise méfiance, mais par le désir qu'il avait d’attirer et de fixer Cujas dans ses étals. Cosmc ier appréciait le trésor qu’il l>osscdaii , et il dépensa une somme énorme pour faire imprimer avec luxe le texte de ce célèbre manuscrit ( »553, Florence, 2 ou 3 vol. in-f°, selon la volonté du possesseur). Malheureusement, le soin en fut confié aux Taurclli père et fils , qui y consumèrent dix ans de leur rie , mais qui ne purent faire ce qu’aurait fait Cujas , et qui cependant l’entreprirent. Ainsi , ils ne donnèrent pas le texte pur du manuscrit ; cl leurs corrections et supptémens , qu’ils indiquèrent d'ailleurs par des signes de leur invention , furent loin d'obtenir l'autorité que leur aurait imprimée la supériorité critique et exégélique de Cujas. Malgré ces imperfections, les Taurelli rendirent un très grand service à la science , et leur édition excita l’enthousiasme des savans : clic est encore très recherchée.

Le manuscrit de Florence a été de nouveau collationné dans le siècle dernier par le savant Brcnckmann , qui nous en a laissé une histoire que nous avons citée, et qui employa dix-huit mois à sa collation. Son travail , resté long-temps manuscrit , a passé dans le Corpus juris de Gottingue , où il a été employé dans les notes.

Puissent M. Schrader cl ses collaborateurs nous donner bientôt leur collation personnelle et un texte qui réunisse tous les suffrages ! car il est remarquable que nous n'ayons

INTRODUCTION

pas une édition du Corpus juris, ou de* Pandectes seule* , qui nous donne le texte de Florence pur et non interpolé. M. llerrial-Saint-Prix aliirine que l’édition qui s'en approelle le plus est celle de Le Conte de 1071, dont l’exécution typo^raidiiquc cl le format in- 12 laissent tant à désirer.

4° L’édition usuelle. — C’est ainsi qu’on nomme l’édition donnée en i583 par "Denis Godefroi, père de Jacques, laquelle fut une combinaison de la Vtdgate, de la Norique et de la Florentine. Cette édition, enrichie de notes , fruit d’une patience héroïque, eut un très grand succès ; elle fut universellement adoptée dans les écoles, au barreau et dans les tribunaux de l’Europe , et fit même tomber le* commentaire* perpétuels composés dans les 12e et 1 3' siècles et connus »ous le nom de grande glose : circonstance qui fit baisser de prix toutes les éditions précédentes et qui restreignit leur utilité à l’exploration scientifique de quelque texte soupçonné d’altération. C’est l’édition que toutes le* réimpressions moderne* du Corpus ont reproduite avec plus ou moins d’exactitude et de critique jusqu'à l'édition du Corpus de Gottinguc. Cependant la grande glose mérite quelquefois d’étre consultée , et les éditions notées par Le Conte , par Pacius et par Koussard sont dignes d’estime : nous en parlerons au sujet des éditions du Corpus entier.

Telles sont les quatre familles auxquelles on raltaclte toutes les éditions des Pandectes. Quelques auteurs confondent, dans une seule catégorie de leçon mixte, les éditions d’Haloandrc et de Denis Godefroi : elles ont en effet le même élément d'éclectisme , mais elles offrent un travail et un résultat différens. Les signes employés par les différens éditeurs pour indiquer, soit les phrases incidentes , soit les mots suppléés, soit les mots suspects d'altération, soit enfin les leçons corrigées , sont très importans à connaître. Sur ce point, nous ne pourrions que copier les précieuses observations de M. Berrial-Saint-Prix ; nous préférons y renvoyer (1).

(1) Voy. pag. >57 de son U'ut. du droit rom.

Nous n’avons pas parlé des divisions que les glossateurs avaient faites du Digeste en Digestion velus, infortialum, et Digestum novurn : divisions arbitraires , absurdes et qui ont été complètement négligées par les modernes.

Code. — Les éditions du i5* siècle sont peu estimées. L’édition considérée comme princeps parce qu’elle a fixé , sur la collation de quinze manuscrits, le texte adopté depuis lors, est la Norique d'Haloandre , i53o, in-fol°. Les éditions de Le Conte, Paris «5Gî, in-fol° ; celles de Roussard, Anvers «5G5, in-fol”, et de Charondas, ibid. tôjâ , fournissent des variantes qui ont été intégralement recueillies dans le Corpus de Gottingue, conjointement avec les variantes d'un manuscrit de celte dernière ville.

On ne connaît aucun manuscrit du Code aussi complet, aussi célèbre que l'est celui de Florence pour les Pandectes.

Novelles. — La publication par la voie de la presse de la traduction vulgate a précédé celle du texte. La première édition grecque fut donnée par Haloandre à Nuremberg em53t , in-fol°, accompagnée d’une nouvelle traduction latine ; et la Vulgate avait été imprimée à Rome en s 4”®» in-fol°. Henri Scrimger, dans l'édition qu’il publia à Paris en «558 et à Bile en t56i, in-fol», fit connaître quelques novelles qui avaient échappé à Haloandre ; mais il en omit qu'avait connues ce dernier. Un supplément fut donné par H. Agylœus avec une nouvelle traduction, à Cologne «56o, in-8\ Mais l’édition grccque-latioe de Le Conte , Lyon « 58 1 , in-fol», réimpriméeplusieurs fois du vivant de l’auteur avec des cliangcmens de classification , fut plus complète et mieux ordonnée que les précédentes ; elle fut reproduite par Denis Godcfroi , qui ajouta la 1 38« novelle découverte depuis Le Conte. Le texte grec manque dans une foule d’éditions du Corpus. Simon Yan-Lecuwen en publia une édition très correcte pour le Corpus juris de s Elzévir, infol*, «663, et il fit'connaltre la novelle 65, jusqu’alors inédite. Ce fut sur ce texte que Hombcrgk zu V ach établit sa traduction latine (Marpurg 1717, in- 4°), qui, comme nous l’avons dit, est la plus estimée, quoiqu’elle n’ait pas

INTRODUCTION

supplanté la Vulgale quant à l’autorité usuelle. La meilleure édition du texte de cette dernière traduction et de la Vulgate se trouve dans le Corpus de Gotlinguc. 11 faut j joindre la novcllc Ga , dont nous ne connaissions le contenu que par VEpitome de Julien ; et la norelle io4 , dont nous n’avions connaissance que par la mémo source et par les restitutions aventurées d’Haloandrc et de Le Conte. M. deSavigny les a retrouvées dans les manuscrits de la bibliothèque de Vienne en Autriche; il les a insérées, à la suite d'un savant article déjà cité par nous (supra, pag. j 18) sur les Novelles écrites en langue latine , dans son Journal pour la jurisprudence historique (i). ün y trouve aussi (pag. 128) une très ancienne traduction inédite et différente delà/ 'ulgate, delà novelle 5, de monachis, laquelle donnerait à penser que le texte grec actuel est un peu altéré.

Courus juins entier. — Les textes réunis de toutes les parties du Corpus furis sont loin de présenter la perfection que nous offrent certaines éditions de ces mêmes textes isolés. On peut lire, dans un excellent article de M. Blondeau , inséré dans la Thémis (a) , combien il nous reste à désirer sur ce point; cependant, comme ces éditions du Corpus entier sont les plus répandues , il importe de connaître celles d’entre elles qui méritent le plus de confiance.

On distingue d’abord les éditions glosées et les éditions non glosées.

La Glose a été pour le Corpus juris à peu près ce que les notes variorum ont été pour les auteurs classiques grecs cl latins ; à la différence , que ces dernières ont été simplement placées sous le texte au bas des pages correspondantes , tandis que les auteurs de la Glose ont fait de leurs notes une espèce d'encadrement dans lequel on

(1) Zeitschrift fur geschichttiche rechtsivissenchaft , Berlin 181 5, bnnd. Il, hrft 1, pag. iai-t6.

(s) Tool, x, pag. a83 et sulv. — Voy. aussi Schoell , Littérature grecque, tom. vu, pag. 7*1.

426 INTRODUCTION

Toit le texte complètement entouré de* observation* des glossalcurs : ce qui rappelle le souvenir des plaisanteries judicieuses, mais quelque peu sales, du joyeux curé de Mcudon (i).

La Glose a été le premier fruit de celle verve de science et d’érudition qui commença son explosion vers le 12e siècle; elle a été composée de l'an «128a l'an 1227. « On " la dut à Accurse, • dit M. Berriat-Saint-Prix , .qui, " profilant des recherches de ses devanciers et y joignant

* les siennes, peut-être aussi considérables et surtout faites « avec un peu plus de critique , publia ce qu’on nomme

* la grande glose , ou le recueil digéré des gloses déjà

* connues et de celle d’ Accurse lui-même ; recueil auquel

* on joignit ensuite : 1 quelques autres glosos de François

* et Cervot Accurse , scs fils, dont les dernières, Itcaucoup

* moins estimées , ont reçu le nom particulier de gloses « ccrvotmes ; 1 0 les cas cl les hypothèses des lois (2). •

On a dit beaucoup de bien et beaucoup de mal de celte fameuse glose d Accurse. Son autorité fut d'abord si considérable, qu'on l’admettait de préférence au texte lui-même; cl puis , de celle hautcurdc crédit , elle tomba dans l’abaissement de mépris qu’a exprimé Rabelais. 11 est certain que cette glose n'était point l’ouvrage d’hommes de génie ni d érudits habiles dans la connaissance de l'antiquité (3) ;

(1) Rabelais, Pu ntagrucl , liv. 11 , cbap. v, tom. i, pag. 180 de l’édit. d’Elxévir i663. ■ Ainsi ( Pantagruel ) vint à Bourges où e»tu-

* d** bien long-temps et proufita beaucoup en la faculté des loi*, « et diaoit aucune fois que les livres des loix lui sembloient une belle « robbe d’or tnumpUante et précieuse * merveilles , qui fut brodée

* de m. . car, disoit-il , au monde n’y a livret tant beaux, tant « aornés, tant élégants comme sont les textes des Pandectes ; mais la « brodure d’iceux , c’est à sçavoir la glose d’Accurse est tant sale,

* tant infasme et punaise que ce n’est qu’ordure et vilenie. »

(1) Mit. du droit rom. , pag. j8i et >87. M. Berriat y a traité avec beaucoup de raison et de science celte partie de l'histoire du droit: nous y renvoyons encore.

(3) On nous permettra de citer encore ici le facétieux Pauta-

INTRODUCTION 427

]K>urtant , malgré le* inepties scolastique* , malgré l’ignorance de la langue latine et grecque , malgré le* trarers d'esprit qu’on peut reprocher aux auteur* de la Glose, on y rencontre sourent des distinctions et des aperçus d’une surprenante sagacité , et ce curieux monument de la science du >" siècle de la rénovation scientifique du droit romain ne laisse pas que d'élrc quelquefois hon à consulter.

Le» meilleures éditions glosées sont : t° celle de Lyon 1 5 {9- 1 55o , che* les frères Scnncton , 5 vol . in-fol" ; v celle de Le Conte, Paris 1 5;G, en 5 vol. in-fol’, supérieure pour l’cxccution typographique à toutes les autres; 3" celles de Denis Godefroi , publiées en 1 58g , en i6o4 et en 1 Gi 2 à Lyon, chacune en G vol. in-fol'; 4" enfin, on donne le premier rang àl’édilion de Lyon 1627, 6 vol. in-fol”, studio et operâ Joannis Fehii.

De» éditions non glosées , les unes sont pourvue» de notes , les .autres ne présentent que le texte seul.

grue) , toc. cit. , chap. x , pag. *04. Il disait , eu parlant des glossateurs : • Ils n’a voient counoissance de langue ni grecque ni latine,

• mais seulement de gothique et barbare ; cl toutes fois les loix sont

• premièrement prinses de» Grecs , connue von* avés le téinoi- “ gnage de Ulpian ( L. postai . de orig./aris), et toutes les loix sont « pleines de sentences et mots grecs, et secondement sont rédigées « en latin le plus élégant et aorné qui soit en toute 1» langue latine ;

- et n’en exccplerois volontiers ny Saluste, ny Varron, ny Cicéron , « ny Sénèque, ny Tite-Live, ny Quintilian. Comment donc ens-

- sent pu enteudre ces vieux reaveux le texte des loix , qui jamais « ne virent bon livre de langue latine? Comme manifestement " appert à leur stile, qui est stile de ramoDeur de cheminée ou de ” cuisinier et marmiton , non de jurisconsulte. — Davantage, su

• que les loix sont extirpées du milieu de philosophie morale et ■■ naturelle , comment l'entendront ces fols qui ont pur Dien moins

• estudié en philosophie que ma mule? Au regard des lettre* 'd’humanité et connoissinect des antiquités et histoire, il* en ■ estaient chargés comme un crapaud de plumes, dont toutes fois ~ les droits sont tous pleins, et sans ce ne peuvent estre entendus,

• comme quelque jour je monstrerai plus appertement par escrit.»

4 a<> INTRODUCTION.

Le* meilleure* éditions notées «ont : i° celle de Roussard ( Hussard ils ) , Lyon i56o-6i , a roi. in-fol°; ou Anver* 15G7-70, 7 vol. in-8". — 2» Celle de Le Conte (Cb/stjus), Pari* i56a , 7 vol. in-8°, et Lyon 1571 ou « 58 1 (c’est la même avec un nouveau frontispice ), en 10 vol. pet. in- 12. —3° Celle de Charondas, Anvers 1075, in-folü. — 4°Cclle de Paciu*, Arras 1080, in-fol-ct g vol. in-8J.— 5° Celle de Denis Godefroi , Genève 1624 , in-fol0. C'e»l la cinquième des éditions notées de Denis Godefroi ; c'est aussi la meilleure. Elle fut donnée par Jacques Godefroi , son fils ; elle a servi de type à toutes les éditions postérieures. — 6° Celle des Elzévir, Amsterdam iGG3, infoi0, donnée par Simon Van-Leeuwen. C’est une des plus belles cl des meilleures ; elle a une grande autorité, ün y trouve, indépendamment des notes de D. Godefroi, celles de divers autres jurisconsultes et plusieurs textes antèjuslinianéens , tels que les douze tables, les Sentences de Paul , etc. Elle a été réimprimée , dans le siècle dernier, à Lcipsick , à Bâle et à Naples : ces réimpressions sont peu recherchées. — 70 Enfin, l’édition entreprise par Gebauer et terminée après sa mort par Spangenberg , à Gottingue. Elle est divisée en 2 ou 3 tomes , grand in-4°, et fut imprimée de 1776 à 1797. Scs notes sont purement critiques. .C’est la plus estimée, en attendant celle de M. Schradcr et de ses savans collaborateurs.

Les meilleures éditions sans noies sont r x° celle des Elzévir, 1GG4 , 2 vol. in-8". On la distingue des suivantes, d’abord à la beauté du texte , ensuite à la faute . pars secundus , quon lit à la page iâo du tome 1 de la première édition. Nous lisons, dans VHist. des sources dcM. Mackeldcy, que la réimpression de 1700 est plus correcte que celles de 1681 et de 1687 : nous n’avons pu vérifier la vérité de cette assertion. — 2" Les différentes éditions du Corpus acadcnucum , in-4°, commodes à cause de la table qui est fixée sur des onglets : nous regrettons d’étre obligés de séparer, pour le mérite de la correction, la réimpression de Paris, curante GaUisscl, des éditions d'Allemburg et de

INTRODUCTION

Bêle, de dates diverses. Ces dernières sont moins bien exécutées , mais elles sont plus correctes. — 3* L’édition de AI. Bcck , Leipsick 1 8i5 et années suivantes , 3 vol in-S*. — 4° L’édition de MM. Kricgel frères, Leipsick 1828 et années suivantes , grand in-8 •.

Plusieurs auteurs ont refondu dans un nouvel ordre tous les fragmens dont se composent les quatre parties du droit de Justinien. Ce genre de travail présente un grand avantage pour la pratique, parce qu’on y trouve d'un seul coup toutes les lois du Digeste , du Code , des Inslitutcs et des Novelles , qui ont de l'analogie , qui se modifient et s’expliquent l'une l’autre, ou qui se détruisent entre elles. Nous ne citerons dans ce genre que le Corpus juris civilis reconcinnatum de Bcger, Francfort et Leipsick 1767-68, 3 vol. in-4"; et surtout les Pandectes de Pothier, dont les meilleures éditions sont celles de Lyon 1792 et Paris 1819, toutes deux en 3 vol. in-fol*. Cet ouvrage est l'un des plus utiles et des plus recommandables qui aient été composés pour la connaissance et l'interprétation du droit romain.

On connaît aussi un grand nombre de chrestnmathies , ou choix de textes. Nous ne citerons que celle publiée par M. Hermann pour le cours de M. Mackcldcy, Giessen 1 83a , 2 vol. in-8’ ; et , en premier rang , celle de M. Blondeau , non encore terminée. Cette dernière , c'est , à notre avis, le meilleur guide qu'un jeune élève puisse choisir pour s'initier à la scic.icc du droit romain.

A l'égard des commentaires sur le droit justinianéen , nous attendons encore un ouvrage qui marche l’égal de celui que J. Godefroi a laissé pour le droit théodosien, cl qui soit conçu dans le même système scientifique. Pour les commentateurs systématiques ou exegéliques , ils sont très nombreux, et au premier rang marchent Doneau , Cujas, Noodt, Gluck; mais si l’on excepte les gloses , le Corpus et même le Digeste n'ont point de commentaire perpétuel, approfondi, qui embrasse toutes leurs parties. 11 s’est trouvé des jurisconsultes que n’a point effrayés l’immensité d'une pareille œuvre , et qui n’ont point reculé

nrrnODtîCTtoN.

devant le» pénible» travaux qa'clle exige. Duarein , Cujas, le président Favre ont osé l’entreprendre ; Gérard Noodt l’a tenté après eux ; mais aucun d’eux n’a eu le temps d'aooomplir cette vaste entreprise. De nos jours , M. Ch. -Fr. Gluck, professeur à Erlangcn , a consumé quarante ans de sa vie à la composition d'un commentaire écrit en allemand, dont 3s vol. in-8° avaient paru en 1829 et n’atteignaient encore que le 37e livre. Deux nouveaux volumes ont paru depuis lors, et le savant et laborieux auteur est mort, laissant à M. Ritter le soin do continuer son oeuvre : nous souhaitons que cet ouvrage soit terminé. Nous devons citer aussi les très utiles et très savantes Nolæ ail Pandectas que M. Sroallcnburg public depuis i8o5 , et dont 7 vol. in-8* avaient paru en i83a et n’attendaient plus qu'un huitième volume qui peut-être a paru au moment où nous écrivons. A l’égard des abrégés systématiques , la Doctrina Pa/utectarum do M. Muhlcnbrucli ( Lips . i83o, 3 vol. in-8°, 3e édition) et les Commcntarii de M. Warnkœnig ( Lcodii 1 8i5 et suiv. , 3 vol. in-8«) jouissent d’une réputation bien méritée. Il convient d’y joindre le System des Pandecten-rechts de M .Thibaut ( léna 1 8a8 , 7e édition, a vol. in- 8«) et les Inslitules expliquées de M. Ducaurroi (Paris 1839, 3 vol. in-8*, non terminé).

On trouve , dans presque toutes les éditions du Corpus juris, des actes législatifs complètement étrangers au droit civil et aux travaux de Justinien : tels que des constitutions de divers empereurs d’Orient , les Canoues sanclorum , les libri feudorum ; quelques constitutions de Frédéric u et de Henri vu , empereurs d’ Allemagne ; le traité de paix ( Liber de pacc Couslanciœ ) conclu entre Frédéric 1" et quelques villes confédérées de la Lombardie. L'utilité pratique de ces différentes pièces pour l’usage de la jurisprudence ancienne de l’Europe, laquelle était une fusion du droit romain , du droit canonique et du droit féodal , avait fait admettre ce» divers actes dans les éditions du Corpus. Leur insertion y est complètement inutile aujourd’hui.

Noos ne parlerons pas d'une traduction complète du

INTRODUCTION. 431

torpus juris, avec le texte en regard , qui a été publiée en France, il y a quelques Ironie ans, en plusieurs volumes in-4", et à laquelle noire ignorance donna jadis une grande vogue. Grâces soient rendues à M. Bcrriat-Saint-Prix , qui, à deux reprises , dans un ouvrage spécial sur les Traductions des lois romaines, 1807, in-8", cl dans son Histoire du droit romain , en « 822 , a réduit cette entreprise tant vantée à sa juste valeur, et a signalé les grossières erreurs qui ont marqué chaque page do l’ouvrage !

Section IIIe. — Etat de la science du droit.

Si nous nous voulions tracer l’histoire littéraire de cette quatrième période , nous n’anrions qu’à peindre les détails d’une décadenco complète de toutes les branches des connaissances humaines. Le génie des Romains avait péri , et les Grecs , qui avaient recueilli son dernier souffle , ne savaient le réchauffer, au milieu d’une dépravation de mœurs presque fabuleuse, qu'au feu dos disputes théâtrales ou théologiques. Par rapi>ort à la culluro du droit spécialement , ce que nous avons dit en traçant l’histoire politique et l'histoire des sources, a suffisamment fait connaître les causes cl les divers degrés de cette chute do toute science , et nous n’aurons , pour compléter le tableau , qu’à ajouter quelques traits.

Vers la fin du 3e siècle, Mamcrtin disait que la science du droit était devenue une profession d'affranchi : . Juris cùniis scieulia, qiu» Maniios, Scœvnlas , Servios, in amplissimum graduai dignitatis evcxcral, lihertorum ailificnun dicehatur. • (Pancgvr. x, cap. 20.)

A la fin du 4° siècle, l'enseignement de la jurisprudence était tombé dans un tel état d’abandon et d'abaissement , qu’il pouvait être exercé , comme les métiers ordinaires , par des hommes de condition servile (1); olAmmicn Mar-

(l) Voy. dans la BiUiothiqut de Photius, CoJ. 174, pag. 1499 de l’édition de Schott ( Paul-Etienne) , ifiia , in-fol", le témoignage de l'évéque Astcriuj.

INTRODUCTION

ccllin (i) nous a laissé un long et très curieux récit des misères morales qui affligeaient la classe des personnes qui se dévouaient alors à la science ou à la pratique du droit. Théodose le jeune lui-méme nous fournit un irrécusable témoignage de la décadence dans son édit de promulgation du Code Théodosien (2). C’est peut-être, an reste, à cette pauvreté d’esprit que nous devons la conservation des monumens qui nous sont parvenus; car, incapables de produire, les Grecs se mirent à compiler : et , quoiqu’on puisse leur reprocher beaucoup de mutilations et d'altérations , leur goût dominant , celui de compiler, nous a conservé des écrits et des fragmens précieux.

Nous parlerons brièvement : 1° de l’enseignement du droit qui, vers l'cpoque de Justinien , avait repris un pen d’éclat; 1 0 de la biographie juridique de celle période; 3’ de la condition inléricure du droit.

Cm?. rr. — De i enseignement du droit.

Du temps des Théodose , l'Occident ne comptait qu'une seule école de droit , celle de Rome , et elle ne survécut pas à l’invasion de l'Italie par les barbares. Cette institution n'était qu’une branche , qu’une faculté du grand établissement académique installé au Capitole et qui comptait 3t professeurs, dont trois rhéteurs latins, dix grammairiens latins , cinq sophistes grecs , dix grammairiens grecs , un philosophe et deux professeurs en droit. Il 11e parait pas que , dans tout le cours de cette période , cette academie ait produit ni maître ni élève remarquables.

En Orient, les écoles de Constantinople et de Bérvte avaient une plus grande réputation. Nous doutons encore si , en dessous de ces grandes écoles de premier ordre , il

(1) Lib. xxx , cap. iv. -

(*) y or. Wenck , toc. cil., pag. 9 et euiv. Cette constitution avait été rangée par les précédens éditeurs parmi les novelles théodotiennes. M. Wenck, fondé sur l’autorité du manuscrit nmbrosien, en fait avec raison le Proaemium du Code Théodosien.

y avait des écoles secondaires. Quoi qu’il en soit , l'académie de Bérytc s'éleva à une immense renommée , et son éclat brilla principalement sous Théodosc i*r. Du temps de Justinien, cet éclat avait pâli. Un tremblement de terre avait renversé la cité mère des lois , cl ce funeste événement rendit moins empressé le concours des élèves. Il était défendu d'enseigner le droit ailleurs que dans la capitale et à Bérytc ; et ilcsl à remarquer que, le goût de l'étude du droit s'étant enfin introduit dans la célèbre école d’Alexandrie, Justinien lui fit défense expresse de s’en mêler. Le nombre des professeurs en droit dans les deux écoles était , sous Justinien, le même qu’il avait été sous Théodosc , c’est-à-dire de quatre.

La condition de professeur en droit fut toujours tenue en grand honneur, mais il paraît que cet aiguillon excitait peu l'émulation publique. Les empereurs appelaient les anlécesseurs du nom de magistri, viri facutulissinii, disertissimi ils les décoraient du titre de clavissime, de vir illuster, de comte du consistoire (conseiller privé); et, au bout de vingt ans de charge, les professeurs obtenaient les émérites et la comilice du premier ordre, dignité rémunératoirc , au sujet de laquelle Ilaubold a écrit une savante et curieuse dissertation (t).

Pour ce qui est de l’enseignement lui-méme, voici comment Justinien nous apprend qu'il était .pratiqué dans les écoles de Bérytc et de Constantinople, avant et depuis la réforme que ce prince y introduisit.

Le cours de droit était jadis de cinq ans , mais il n’y avait que trois ans d'enseignement proprement dit. La première année , les élèves portaient le surnom de dupondii (de dupondium, monnaie qui valait deux as), gens de peu de valeur. On leur expliquait les Instilules de Gaius cl les Libri singulares , d'après les idées du même auteur comparées à celles d'autres jurisconsultes (a). Cette seconde

(i) Yo y. ses Opuscules, tom. i, pag. 378.

(1) Ces Libri singulares avaient pour objet la dot, la totèle, les testamens et les legs.

INTRODUCTION

partie était un acheminement à une élude plus approfondie cl plus compliquée.

Les élèves de seconde année se nommaient ediclafes , parce qu’ils s’appliquaient à l'éludo des commentaires d’Ulpien sur l'édit.

Ceux de troisième année se nommaient papinianisfes , parce que , indépendamment des dernières parties de l’édit, ils étudiaient les Responsa Papiniani. Ce titre de papinianistti était l’objet de l'ambition des élèves, cl le jour où ils le recevaient était un jour de fêle.

Les élèves de quatrième année s’appelaient lyfcc, du grec à nodis legtimque eenigmatibus solocndis. Ils se livraient alors entre eux à des exercices de dispute sur les Responsa Pauli , et sous la direction d’un professeur.

Les élèves de cinquième année se nommaient parla même raison pro/ylœ , du grec roo/Jtai , parce qu'ils continuaient le même exercice appliqué aux constitutions impériales.

Cette méthode fut modifiée par les innovations et les réformes de Justinien, mais le nouveau système qu’il adopta fut à peu près basé sur l’ancien.

Les élèves de première année reçurent le nom de juslinianistes ; on leur expliquait les Institules de Justinien cj les quatre premiers livres (rôt rswrz) des Pandectes.

Ceux de seconde année conservèrent leur nom d ’edictales; mais ils durerit s’appliquer à l’étude d’un certain nombre de livres des Pandectes , lesquels sont désignés dan» la constitution d’où nous tirons ces rcnscignemens (i). Plusieurs de ces indications de travail étaient facultatives et non impératives; elles avaient , en général , pour objet les contrats et la division des choses (renun dicisio ).

Les élèves de troisième année conservèrent aussi le titre de papinianistes , sans pourtant qu'ils eussent à s’occuper des textes de Papinicn ; car ils revenaient sur les matières de la première année , cl ils y joignaient l’élude des livres

(0 *'°y- 1® conslit. Omnem reipiMica , en tête du Digeste.

INTRODUCTION

Page 1