‹ Histoire du droit romainChapitre 8 sur 58 · XXVJ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVJ INTRODUCTION

qui s'établirent sur ks débris de l'Empire d'Occident, forme uniquement le partage I de l'histoire ,yflf(^anfe, laquelle, au contraire ^ n'a pas , comme on le voit , à s'occuper des jurisconsultes romains antérieurs à Justinien , non plus que de leurs ouvrages ni de leur mérite.

§ XX. Rapport avec la philosophie du

droit positif.

Enfin la philosophie du droit positif forme une branche distincte de la jurisprudence considérée comme science. Elle puise en grande partie ses exemples dans l'histoire du éroit, de même que celle-ci lui emprunte les jugemens qu elle porte sur les faits qu'elle retrace , tant ceux qui ont rapport aux sources , que ceux qui concernent chaque doctrine en particulier. On ne saurait déterminer d'une manière générale laquelle de ces deux parties , celle qui est philosophique 5 ou celle qui est historique , doit précéder l'autre dans l'enseignement oii l'étude : ce qu'il y a de certain , c'est que

INTRODUCXrON. XXVlj

celle qui pas»e après Vautre a un grand avaxila^ sur cette dernière, par cela précisément qu'elfe vient après elleJ

S XXI. Langue, de Vhistoire du Droit.

On s'épuiserait en vaiujs efforts si Ton voulait clierclier à prouver qu'une histoire du droit romain doit nécessairement être écrite en latin. Cependant il est hors de doute qu'on doit attacher beaucoup d'importance aux raots techniques des Romains , soitqu!ils se trouvent seuls, soit qu'on les rencontre réunis ensemble, et que, dans ce dernier cas, il faut avoir égard à leur situation respective , opération qui ne peut se faire que très-difficilement dans un livre pour la rédaction duquel on a fait choix «d^me langue vivante.

SfXXH. lUtiiitë prétendue de Ffiistoire du D^oit romain pour le Jurisconsulte.

Lle^ériesijQQ journalière apprend que l'utilité de l'histoire extérieure et intériaire du droit romain ne tient "tiullcment à ce que

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cette histoire soit indispensable dans le travail du cabinet ni dans les affaires. Au moins n'a-t-on besoin , ni pour Tun ni pour l'autre de ces deux cas , d'un cours particulier qui lui soit consacre*, car on peut, on doit même acquérir, dans unebonije encyclopédie , des idées justes surTorigine de notre corpus juris , et Ton se tromperait beaucoup si Ton comptait sur le secours de l'histoire de la ju* risprudence pour conduire à des découvertes importantes relativement à l'application journalière et usuelle du droit romain (i). L'avantage le plus marqué sous ce point de vue est à peu près celui qu'Hamberger a saisi, c'est-à-dire qu'il consiste à savoir que quand on demande si une doctrine ou une matière du droit romain est applicable ou non chez nous , la solution de ce pro* blême devient d'autant moins une opération purement mécanique de la'mémoire, qu'on connaît mieux les rapports historiques sous lesquels peut être envisagée celte matière. Cependant il y a des jurisconsultes, fort habiles du reste, qui savent à peine un seul mot de ThistDire du droit (2)5 mais

INTRODUCTION. Xxix

tout homme qui se sent animé d'une noble ardeur pour les sciences a besoin de quelque chose qui le réconcilie avec la partie purement mécanique de son état, et beaucoup de ceux dont la profession repose sur la connaissance du droit doivent se trouver dans ce cas«

(i) Auguste s'est servi (Suzt. Octav, c. 25. ) des mots aureo i kamo piscari pour exprimer un travail qui coûte plus qu'il ^ ne rapporte. Masson les a employés , dans\ la vie de Cujas , ^ pour dire que les titres des passages , dans les Pandectes , donneraient de grands éclaircissemens , et il est fort remar-» quable que ce contre-sens , presque absurde, a été fort bien accueilli par une foule d'écrivains.

(2) La concession que je fais ici , afin de ne pas paraître exalter par trop d'importance la paigie scientifique de la jurisprudence , dont je fais mon occupation favorite , a été considérée comsne formant un contraste parfait avec ce qui , suivant Savigny, constitue l'essence de l'école historique dans la science du droit.

S XXIII. Utilité véritable de cette histoire.

Ce que nous venons de dire sur l'importance de l'histoire du droit en général (§ III), et sur celle de son alliance avec la philosophie de la jurisprudence (§ XX), a dû suffire déjà pour prouver que l'histoire du droit romain.

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