Tome IL
V motmr en la religion catholique, apostolique et romaine» service et obeyssance de leur roy^» C'était le serment d'exclusioii de Henri IV. Lef catholiques voyant Henri III sans>enfants, cornlûençaieat à. redouter la domination du pro*^ testanli et s'engageaient par serment à lui résister.
<t L'an 1586, y enst de sy grands desborde-ments en Forez de la rivière de Loyre, que plu&îeufs places du domaine en furent desmo* lies pour la réparation desquelles la royne Isabel (comtesse douairière) donna un bail l'année suivante, et fit faire une aumosne gênera lie aux pauvres, misérables et languissants de ses villes et chastellenies dudict pays, et à ceux des villages et plat pays, à cause . de la nécessité et disette de vivres dont ' ils furent affligeai ladicte année, conametant au lieutenant gênerai du pays l'esgallation dudict don ou au*mosne sjum chasque chastelleaie, et la distribation de la part qu'il auroit faicte à cbascun an chastellaii» du lieu. »
Après cette inondation eé cette famrine, qui furent générales, vint une peste qui le fut aussi.* On ne peut se figurer dans quel état de misères se trouvait notre pauvre province. Chamelles* sur-Jjyon et Bourg-Argentai en furent dépeu-^ plés : la tradition rapporte qu'il ne resta que vingtrcinq babitants dans cette deruiàre» ville.
« Ëz. années 15S6 et &7 y eût grande conta-
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çîon à Môtitbrîsoti; st grande que f îieAe e^oîi crue pai^ les mes de la vîllé eiîiîërement abandonnée, à la réserve des religieuses Sainte- Glaire^ à qui des personnes cftaritables du pays fâisofent ténîr quelques denrées pour leur nourriture. »
A Saînt-Etîenne, les morts ne purent pas étire eh terrés dans le cîmetîèfe de l'église, ils ftirent portés dans un champ situé à la Montât, où fut ccmstruit en 1606 la chapelle de Notre- Dsime-de-Consolation.
Ce qui! y a de plus cruel peut-être dans ces horribles moments, Vest de voir la manière dont les pauvres pestiférés sont traités. Dans les campagnes, la plupart du temps les malades sont jetés hors de la niaison, dans un chamjî^ tout nu; à peine si quelquefois on dresse autour d*etix une cabanne en planches. Parmi les tesfâninents où nous sommes allés chercher Tbisloire de ces temps, nous cîterorts celui d^tme fille nommée Jeanne Montmey.
Voici les principaux extraits de ce testament r
« Nous Anne, comte d'Urfé, etc., pardevant Jehan Fournier, de 8ury-le-Coratal, notaire royal juré da nombre reduict audict bailliage^ sdnb^ sîgné et eri presance des tesmoîngiz aprez^^ nommez, s'est estaWye en personne Jane Montmeyj filhie de feu Anlhoine Montriiey, vivant labotmeur de la Devalla, patoisse dudict Stiry, laquelle estant en ung sien pré, sis^andict liétf
de la Devalla, altaincte et mallade de contagioiij^ sajne touttefojs de ses sens, pensée, memoyre et entendemant, considérant Testât de ce moiuv tel inonde, et qu'il n'y a chose si certaine que la mort, ne chose moingtz incertaine que rheore d'icelle, etc....
« Donne et lègue comme dessus à tous ses aultres parens et amys et pretendans droict en ses biens, à chascun d'eulx la somme de cinq S0I2 tournoys payables Tan revoUu aprez son deces, etc.*
n Faict et passé audict lieu de la Devalla, le yingtroysieme jour d'aoust apprez midy Tan mil cinq cent quatre vingtz et six ( ici le parchemin est rongé jen plusieurs endroits, nous ne pouvons tire que les noms de) monsieur Hercules. Jacquet, curé; Claude Harent, Jean Ferrier, François Domy et Thomas Âlard, du* dict Sury, tesmoingtz appelez et requis, lesquels ne ladicte testatrixe n'ont signé, pour ne avoir esté enquis et requis, à cause de ladicte contagion, ift En conséquence, le testament est signé seulement du notaire.
Et ces misères revenaient à chaque instant !
Que de pages les historiens de Lyon l^ur ont consacrées ! Les chroniqueurs de Saint-Étienoe aboundent ^ peine à les enregistrer :
« i58&. Contagion, disette, le blé valut cinq livres le boisseau. Inondation de la rivière de Furan, » etc.