‹ Histoire du ForezChapitre 101 sur 154 · CHAPITRE XYU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYU

« là89. Autre contagion : sept mille morts à Saint-Étienne, » etc.

Quel mémento continuel !••• Eh bien! les hommes ne voient rien, n^entendent rien : la guerre va recommencer...» Lintolërance est toujours à Tordre du jour, quoique toujours vaincue. Tout progrès est forcé de se saurer comme à la nage dans une marre de sang !

Il y a cependant une part utile dans ces désordres, c'est qu'alors les idées ont le courage de se faire connaître, puis dans la lutte se brouillent se mélangent, et forment l'éducation du peuple, qui à ces époques reprend toute son importance, en dépit de se§ maîtres, qui ont besoin de lui, et chez lesquels il retrouve, à sa grande surprise, ses défauts, ses besoins, et de l'ambition de plus. On lui met les armes entre les mains, pourra-ton se plaindre si plus tard il s'en sert dans son propre intérêt, après les avoir employées au service de tant d^ambitieux?

En 1587, Jacques Maistret, évêque titulaire de Damas, sufTragant de l'archevêque de Lyon d'Êpinac, faisant sa visite dans la ville de Saiiit- Étienne, et ayant fait comparoir pardevant lui de pauvres malheureux habitants qui s'étaient laissés aller aux idées de protestantisme, les ' cathéôhisa, « et fit renoncer à l'hérésie, et audévant la porte de l'égUse leur donuaPàbsoIutioju de toutes censures par eux encourues. »

n* HISTOIRE DU FOREZ.

Juillet 1587, et février 1588, convocations des bans et rière-bans.

Confiscation des biens des réligionnaires^ .

1588. « Paya le pays une grande coutrlbu-^ tion pour subvenir aux garnisons que le roy eslort contraînct d'entretenir en divers endroicts du royaume, pour sa cpnservalion contre les religionnaires eslevez en. armes» et de plus entretint deux cent trente homme de pied, tant iVançois que Suisses, pour résister aii^ courses et entreprises desdicts religionnaires. »

«c Fust députe pour la noblesse du baillage de Forez monsieur Guillaume de tïrâdaigQet chevalier des deux ordres du roy, seigneur de Boutheon, baron de Verdun, seneschal dé Lyon, en la seconde convocation aux eslats geaeraux tenus à Blois le 16 septembre. »

Les faits vont vite, malheureusement nou$ ne pouvons ici rappeler que les principaux^ pour arriver rapidement à ce qui concerne nos pays.

Les fautes de Henri III sont couronnées par un crime : Guise est assassine. A l'instant la ligue montre la puisssance de son oi^anisation: le roi ne peut plus rentrer à Paris. Dès le 24 novembre il avait nomme le duc de Nemours gouverneur du Lyonnais, Forez et Beaujolais, et en son absence Guillaume de Gadaigne. Il fit la faut% de ne pas changer le premier après l'assassinat du duc de Giiise, dont il é^it parent.

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al dont il }uva de venger la mort» Nous trerrons bientôt quel usage il fit de son autorité*

Les Lyonnais, en apprenant ce qui s'était passé aux étdts de Blois, résolurent de faire comtne Paris; ils se réyoltèrent en février, et après avoir organisé leur gouvernement, entvoyèrent de tons côtés dans les provinces voi*sines pour tâcher de se faire des partisans.

Le bailii Anne d*Urfé reçut aussi sa missive, à laquelle il fit la réponse suivante :

« Messieurs, pour responce à celle que m'avez escripte du 27.* du passé, je ne puis assez appreuver la bonne et généreuse manière de laquelle avez usé pour vous deslivrer des de^ •fiances qui avoient travaillé non seulement le peuple de vostre ville, mais tout le gouvern^went d'icelle, depuis quelque temps on (i^, dont s'en est ensuivy une exécution si louable, qu'il ne se peut dire mieux, ek pour le regard de l'exortation que vous me faites de m'unyr avec vous à une si bonne <et sainte occasion, et ans conditions portées par la vostre, c'est dhose que j'ay désiré il y a longtemps, et me sembk que )e tous en ay donné quelque apparence du vivant de feu monsieur de Mandelot, qui nous assembla quazy pour un mesme sujet, et depuis l'ay confirmé à un seigneur vostre voisin, qui vous a assisté . en ce dernier acte. Asseuré v<»us donq» messieurs, qu'en ce qui dépendra de moy, encore que je ^ sois bien valettidinaire.

puis qu'il plaist à Dieu, je ne m'espargneray de chose du monde qui vous pourra servir et à tout ce gouvernement aussy. Pour le moins si Tefiet n'y peut estre entièrement accompIy,vous cognoistrez que ce n'est faute de bonne et en-^ tiere vollonlé, et que ne serez aucunement deceus de la bonne opinion ayants de moy, vous remerciant humblement des honnestetez, etc.

«Yostre voisin, confrère et bon amy à vous servir.

«Urfé.

« Sugny, 7 mars 1589. »

Bientôt en effet il eut occasion de leur montrer sa bonne volonté.

Henri III décidément repoussé par la ligue s'associe à Henri de Navarre ; il est assassiné par Jacques Clément; les catholiques placent sur leurs autels les images de cet asssassin : on tire le canon à Rome en signe de réjouissance!

C'est ici que naissent les hésitations. Quel parti prendre : la ligue, Charles X ou Henri IV? La France se trouvait alors dans un état d'anarchie épouvantable. Notre pays, suivant l'impulsion de ses chefs : d'Urfé, IVfy olans, d'Épinac, Saint-Priest, etc., était porté poiir la ligue; mais seulement, nous pensons, parce que le roi de Navarre était protestant : quand la politique l'eut fait abjurer, l'hésitation dut être plus grande qu'auparavant parmi les seigneurs foréiiiens. Une autre difficulté vint encore pour eux

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