CHAPITRE XVn
^t mourir en la religion catolique, apostolique et romaine, et d'y employer nos#ies et biens» sans y rien espargner, jasques à la dernière goutte de nostre sang. »
Dans la même assemblée fut conclu un accord entre notre pays et la ville de Lyon ; accord par lequel il fut convenu que les deux provinces « se ^secourroient mutuellement de vies, biens et moyens. )>
Nemours pendant ce temps, profitant de ces dispositions générales à secouer le joug, encourageait, ^dait la révolte. Il ne resta cepen-dant pas à Lyon ; mais y laissa son frère Saint^ Sorlih, et quant à lui, il alla pendant quelque temps s'acquérir les titres les plus incontestables à la gloire militaire dans les différents champs de bataille de la ligue parisienne ( il av^ait été nommé gouverneur de ^ Paris). Saint -Sorlin présida cette année 1589 l'assemblée des. trois ordres du gouvernement, qui se tint à TÂbresle au mois de septembre, « où, fut advisé que pour empescher les entreprises, seçrettes inenées et intelligences des ennemys de la religion catolique, et leurs incursions, il estoit nécessaire d'entretenir d'ordinaire le nombre de douze cents hommes de pied, soubz la charge de six capitaines, et huict vingts lances, soubz cinq compagnies d'ordonnances. » .Ce qui devait s'élever par an à soixante-trois mille huit cent cinquante-deux écus, et à trente-sept mille
in HISTOIRE 0U rORÈZ.
cinq cents «piatre-vîngt-^trois ëcus pour la gen-' darmerie. •
Qu'on remarque bien que celle réunion formait déjà un corps de députés d'un état ; des mesures générales concernaht tout le gouver-* nemient y furent arrêtées. Il faut entendre les paroles trompeuses de Charles et de Henri de Savoie, cachant sous Tapparence du déyoûment à rimpuissante ligue, leur dessein de fractionner k France, ce pays qui a conquis son unité par tant de siècles de constants trafaux...** "i^^^ leurs efforts furent vains, comtne toutes les tentatives dirigées depuis dans le même but, et la France, toujours forte et unie, à travers les plus grands déchirements, est arrivée à Tunîtë la plus parfaite dont puisse jouir un état ; sous ce rapport elle est sans rivale, et il ne serait plus' permis qu'à un fou de croire à la possibilité d'un morcellement.
Ainsi s'exprimait, Saint-Sorlin par comtnissîon envoyée à Télectio» de Forez, en date du 8 décembre :
« Le plus grand frnict que les princes, seîgttenrs, gentilshommes, villes et communautés catoKques attendent et désirent de la dernière prise des armes est l'honneur de Dîen et la conservation de nostre saincte religion catoliquè, apostolique et romaine, n'y ayant aulcuii> espoir de paix avec ceux qui font la guerre ouverte S IKeu et à son service, avec espérance que dàffs"
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peu de temps ce mesme Dieu, qui par aa bouté îjufiqie nous a gareutis des euibuches des ennemys de son sang, desUvrera de captiviié le roy (Charles X) nostre souverain sejgneur, en laquelle il est détenu par ceux qui s'efiprcenl de ruiner Teglise de Dieu. Geste Nécessité doncques» d'obvier aux pernicieux desseings de nos enne* mys nous contraincts de £aire la guerre, n'y ayant aulcun aultre moyen d'y résister. »
Et par autre comoussion du 16 novembre de l'annëe suivante :
« Il n'y a occasion quelle qu'elle soit qui ayt meu et poussé les princes, seigneurs, gentils-* hommes, villes et commuuautez catoliques de prendre les armes les deux années dernières, sinon l'honneur de Bien et la conservation 'de la religion catolique, apostolique et romaine, car la malice,, ambition et .impieté des homcaes qui veulent mettre ce royaume très cbréstiea soubz la damnation de l'haeresie (Henri lY), les coptraincts de leur résister, en espérance de parvenir à quelque bon et assuré repos, par la miséricorde de Dieu, » etc.
C'est avec de semblables discours que nos populations bonnes et crédules se laissèreirt en-traîner dans un océan de maux. Notre pto^ vince fut tout à coup hor riblement embraaéer;. sur tous les points la guerre est aUumée. Telle ville est pour le. roi, telle a«tie pour la ligue , tottbtes pour leur indépendanceé Malheur à oéle
qui n'a point de p^rti ! elle est environnée d'ennemis ; car royalistes et ligueurs sont devenus conquérants. Quels jours malheureux pour rhomme inofiensif, qui ne peut profiter de la guerre! C'est un cotnbat de tous les instants, oh la victoire est incertaine, mais la perte assurée* Quels désordres, sans pailer des combats réguliers!' Ici les marchands sont dépouillés par les ligueurs, malgré les sauf-condtiits indispen-sables; là le jeune Genetines est dévalisé par les royalistes, et jeté en prison ; à Néronde, le notaire Ârcanon* et ses filles sont assassinés comme soutenant le parti des protestants. Oh ! que de haines personnelles, durent prétexter les intérêts de parti pour se venger!
En Tannée 1589 eurent lieu les sièges de Yerdier, oii fut tué le seigneur deRochetaillade; celui de Saint-Germain, où péril le seigneur de la Maison. Puis vinrent ceux de Montrond; Saint-Romain, Mon tbrison, etc. Il est impossible de se figurer combien le peuple avait à souffrir de ces combats journaliers après lesquels, quoique dise la fable, les seigneurs seuls avaient des retraites, et étaient assurés du pardon s'ib venaient à être défaits.
Parmi ces sièges d'un jour ( car il est à remarquer que ces combats sont de courte durée : on dirait une lutte d'homme à homme et sans préparation), il en est un qui demanda plus de scnnsy ce fut celui de Rochetûllée. Les ligtieurs