‹ Histoire du ForezChapitre 102 sur 154 · CHAPITRE XVII, Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII, Î

se jeter à la trayerie, en amenant un parti de plus dans Taréne.

Marguerite de Valois, femme du roi Henri IV, avait été cernée dans le château d'Usson, en Auvergne, par le marquis de Garnillac, et elle était prisonnière sans espoir de fuite dans ce châteaa que Louis XI, qui s'entendait en fait de prison, avait fait disposer pour ses prisonniers d'état. Cette princesse employa pour vaincre son geôlier un moyen infaillible avec les charmes dont elle était douée, et. dont elle^ faisait souvent un infâme usage. Elle lui donna quelque espoir, et Garnillac devint éperduement amoureux d'elle : à son tour il fut prisonnier. .Marguerite se fortifia dans cette retraite regardée comme imprenable, et mit sur pied des troupes pour protéger les calholiques; se liguant ainsi contre son mari. Mais dans ce temps la chose était commune : on se battait, on se raccommodait sans difficulté. Il était bien reconnu qu'on avait le droit de se faire accorder de la part du roi des avantages par les armes. On n'avait un parti que jusqu'à ce qu'on eût obtenu ce qu'on voulait.

Ainsi par exemple, Chaste était gouverneur du Puy pour le roi ; les habitants de la ville étaient ligueurs : on était toujours en guerre. Pour arranger cette affaire, Marguerite et les seigneurs de Chevrières et d'Urfé envoyèrent deux négociateurs. Ils ne réussirent pas d'abord»

tiS HISTOIRE DU FOREZ.

parce ^ue probablement le marché ne pamt pas assez avantageux au gouverneur; mais plus tard « il y eut accommodement par les soins dûdlt seigneur de Ghevrières. Les habitants da Puy par reconnoissance voulurent lui faire un cadeau en or argent et bijoux, qu*tl refusa gracieusement. » Nous verrons ce même seigneur de Chevrières changer de parti, et devenant gouverneur du Vêlais pour le roi, avoir occasion de se repentir de la démarche dont nous vencms de parier.

Mais il faut dire aussi qae ces accords prati*quës au moyen de l'argent n'étaient pas d'un grand poids, et qu'aussitôt qu^on pouvait les rompre avantageusement on le faisait : aussi la paix ne fut pas de longue durée dans le Vêlais. C'était encore un des champs de bataille ouveits aux Fofréziens.

Pendant que nos chefs hésitaient à prendre parti, Chambaud et Saintres,- religjonnaires, dont le parti n'était pas douteux, parcouraient la province, incendiant les villes qui ne voulaient pas se rendre. Bourg-Argental les repoussa vigoureusement, et célébra longtemps par une procession publique la mémoire de cet événement; Saint'-Étienne succomba; Montbrison et le reste du pays ne dorent leur conservation qu'au courage du cdmjnandeiu: Lassale, dû marquis dlJrfé, du vicomte de Ghâtemiclos, du baron de Gcmsan, de mesàeoiSide Goutelaa^

CHAPITAfi XTII. Si9

ile Cbaumont, de Chevrlères, Saint-^Vidal ; dû$ cdpjtaiaes La Rocbehe, Beliegarde, La Brande» I^a Lke» Baron^du-Bois et Mondain.

Le pétard était alors le procédé à l'aide dur quel on ouvrait les portes des villes* Celui que Chambaud avait attaché à la porte de la Made«laine de Montbrison fut porté à Téglise Notre- Dame, où on rendit grâce à Dieu* Chambaud ne pat rien non plus contre la commanderie Saint-Jean, et en désespoir de cause alla plaça: .un autre pétard à une des portes da Puy^ Sa tentative ne lui réussit pas mieux*

Chaque gouverneur de province songe à profiter de ces désordres pour se créer une position indépendante. Le duc de Nemours, Charles-£mmanuel de Savoie, prétend se faire un petit état des provinces du Lyonnais^ Forez, Beaujolais et autres, dont il est gouverneur. C'est sous le nom de la ligue qu'il combat : il ne court aucun risque à se déclarer pour uql roi sans successeurs ( le roi de la ligue était prisonnier de Henri IV). II donne donne donc à Anne d'Urfé, dont il est sûr, la commission de lieutenant général du Forez, le traitant dans ses lettres de nomination (12 avrU 1S89) de <c très cher cousin. »

« Âpres la mort d'Henry IIL®, dit un de nos chroniqueurs, messire Anne dUrfé, gouverneur ea ce pays pour la ligue, fist lever la maia à touts cent qui vouloient stdvre ce party en

Fassamblëe générale du pays qui fbst faicte chez monsieur le juge Papon ^, à Montbrison* Plusieurs y firent serment de fidélité à la ligue ; mais pourtant il fut remarqué que plusieurs habitants de Montbrison tenoient le party da roy. C'est pourquoy le marquis d'Urfé, ayant en ladicte ville sa compagnie de gents d'armes dict qu'il leur feroit un aflfront s'ils ne changeoient de party ; si bien que le 15.® d'aoust 1589, les gents d'armes dudict marquis se re-r solurent de battre les enfants ^ de Montbrison qui ne tenoient le party de la ligue, et en eflect en blessèrent plusieurs, et s'attaquèrent mesmes à Jean Perrin, escuyer, sieur de Montboup, Messimieu et Chenereilles, qui ayant signalé sa valeur à leur résister (puisqu'il donna la fuite à douze avec une pertuisane), fust contrainct neantmoins de sortir de la ville, et se retirer à la Corée, et mesmes sans la protection de monsieur de Thory, gentilhomme Nivernoîs, guidon de la compagnie dudict seigneur d'Drfé, eust eu de la peine d'eschapper cest orage. »

Voici le serment que prêtèrent les députés assemblés à Montbrison :

« Nous promettons à Dieu, sa glorieuse niere, anges, saincts. et sainctes de paradis, de vivre

D On croit qu'il habitait la maison qui appartient k la famille Plaisançon, au bas de la Grand'Rue.

S) Noos avons dé}a fait, page 109 de ce volume, une obserratloa au sujet de .ce mot Elle semble plus applicable encore dans c^ cas*

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