CHAPITRE XVII. SS
rambition de dominer, ni du profEt, qui m'y guidey s'il vous plaist ordonner de commander monsieur, de Botheon \ je luy obeiray et à tout autre <{u'il vous plaira, encore qu'estant lieute* nant de sa majesté en ce pays je ne le dussô pas faire ; mais je cède à tous pour le bien de son service et de ma patrie, et si les autres eh eussent fait de mesmes^ nous serions il y a longtemps réduits de nos malheurs. Bref, monsei-^ gneur, il n'y a rien à quoy je ne me soubmette pour venir une fin aux misères de ce pauvre pays, qui attend sa salyation de vostre main. » Un seul de nos grands ligueurs persiste dans son opinion : c'est Honoré. Il continue ce combat désespéré, et semble par là faire preuve de bonne foi. Certes, son caractère contraste honorablement avec celui de ses frères d'armes» qui se prostituent déjà au pouvoir. Gomme il le dit lui-même, invitant son ami Âgathon à la retraite ^ : « Je suis trop engagé au combat ; il faut que nous sachions à qui le champ de bataille demeurera, et si j'ay la victoire, tu Gognoistra que je ne te donne conseil que je ne veuille prendre pour moy. Mais à cette h^ure» elle seroit estimée fuiUe et non pas re-
Un chroniqueur nous fait connaître en effet
. 1) Guillaume dtGadai|{ne« Ne Tajant tu paraître nulle part deptàs I58é, nous pensons qu4l avait suivi le parti de Henri lY. I) A. la Un d« «es ipttm moratm.
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qu'en « Fan 1595, tenoit là ville et cbastéaii de Mondïrison pour la ligue messire Honoré d*Urfé^ qu'on apelloit alors le chevalier dTIrfë, et il slntituloit au pays gouverneur en la place du feu duc de Nemours. » Quelques mëmoires du temps font aussi connaître que vers cette époque (le 28 juin) il y avait un camp à Montrond sous le commandement d'Ornano. C'était sans doute là le chef-lieu provisoire du nouveau gouvernement dont les armées assiégeaient Montbrison et les autres lieux détenus par les partisans du dnCé
Il faut probablement attribuer à cette, persistance de Fauteur de VAstrée dans la lutte l'espèce i d'inimitié que le roi lui porta toujours (en dépit de ses préfaces flagorneuses)^ et à laquelle des écrivains ont donné pour cause la jalousie. Nous parlerons ailleurs des différentes fortunes de cette illustratioa ibrézienne.
Chaque jour la ligue perdait son influence et sa puissance. C'est à ce point qu'un jeune protestant de Saint-Étienne eut l'audace de renverser une croix de bois qui ornait la place du Pré4ela-Foire. Pris et conduit en prison, il en fat quitte pour faire élever une croix de pierre^ « la plus belle qu'on pourroit trouver. Elle fat tirée des carrières de Riom, et passoit pour la plu» belle de France. »
« Le il aoust 1595, dit De la Mure, la croix de Saint-Estienne fut levée et fut faite aux frais de honneste homme Jean Nesme (père du