CHAPITRE XTIII
d'éraluer le nombre des victimes dans notre province. Un chroniqueur de Saint-Etienne Fa porté pour sa ville k douze mille ; nombre peut-être exagéré; mais qui réduit à moitié serait encore énorme, relativement à la population qu'avait alors Sâint^Étienne.
Dans ces circonstances, le clergé fit preuve partout d'un grand dévoûment, A Lyon, on vit Taréhevéque Louis Duplessy de Richelieu, frère du célèbre cardinal, à la tête du corps ecclésias^ tique, s'exposer mille fois à cette mort cruelle, qui moissonnait autour de lui ceux qui venaient l'aider à administrer les secours aux pestiférés* Saint-Étieniie a la gloire d'avoir perpétué le souvenir du dévoûment de ses trois consuls de ▼îUe, par la plus digne récompense que méritent de tels actes. Le tableau qui fut fait à cîctte occasion, et qu'oii voit encore dans la gifande église de cette ville, représente tes trois hommes généreux, vêtus de leuif costume consulaire, faisant le Vœu au nom de la ville. U est fâcheux que ce tableau soit placé défavorablement pour être vu. Il serait bien plus convenablement placé, sous tons les rapports, dans une des salles de Thôtel-de-ville. .Pourquoi les autres villes n'élevèrent-elles pas de semblabïè$ monuments à ceux qui chez elles s'acquirent le plus de cette réelle gloire f car il est positif <jue partout et toujours ces moments de déchirement donnent occasion a quelques hommes généreux
de sacrifier lear vie plus noblement qu'à la guerre.
i&IiO et I6k&. Nouvelles pestes. La dernière dura six mois ; presque tous les habitants de Saint-Etienne avaient abandonné la ville, effrayés par le souvenir de la peste de 1628. Il y mourut seulement cinq à six cents personnes*
C'est vers ce temps que M elchior M itte de Ghevrières fit élever le fameux château de Saint-Chamond. L'église était placée sous un parterre, dont on pouvait faire le tour en voiture : le clocher sous Féglise, et le tout dominé par le château. Église, tours, fossés et bastions, aujourd'hui tout est détruit; il reste à peine quelques débris de cet immense bâtiment. On voit encore cependant la longue galerie de la sentinelle et la grande salle du Musée. Ce seigneur avait aussi fait commencer un vaste bâT timent qui devait avoir la forme d'tm M (Mitte). Il est resté imparfait.
Les châteaux ne sont plus de saison, car nous sonmies sous le règne de Louis XIY • Les seigneurs que Louis XI a dédaignés, le grand roi en fait de grands domestiques qu'il paie de sa livrée. Pauvre Louis XI et pauvre Louis XIV! en croyant ne travailler que dans l'intérêt de la cause royale, ils ont tué la royauté. Ils lui ont plus fait de mal qu'ensemble Mirabeau, Marat et Robespierre; car ceux-ci moissonnèrent seulement lorsque que la récolte fut mûre ; mais