CHAPITRE Xym. Si
Jusqu'à nous par les femmes un de ces noms illustres» qui se rencontrent si souvent dans nos annales! Que sont devenus les Gouzan. les avieuy les Saint-Priest, les Baudiner, les Feu-^ gerolles, les Saint-Germain, les Chalmazel, et tant d'autres dont la mémoire est pleine ?••••« Dëja sous les ducs de Bourbon la plupart de ices familles étaient éteintes ; mais d'autres noms illustres avaient pris place : tous ensemble dorment aujourd'hui dans le tombeau !••• Quelle leçon pour la vanité !
Longtemps avaât la révolution, notre féodalité avait disparu, et la plupart de ces bàboirs^ qui nous ont conservé des noms d'une illustre antiquité, n'étaient plus qu^des monceaux, de ruines. Il est impossible de visiter sans quelque peine ces lieux de désolation, qu'habitent seuls les hibopx maintenant. On dirait même que lé peuple éprouve une secrète répugnance à habiter près de ces murs qui l'abritèrent autrefois, dans ces temps de li^ttes locales plus hombles cent fois que les grancles batailles du continenU Les villages semblent s'éloigner peu a peu d un lien qui ne leur est plus iPavohd)l6| et laisseront douter un jour où furent placés ces menaçants châteaux. Ce qui fut utile autrefois, devient nuisible aujourd'hui qu'il n'est plus nécessaire de se mettre en garde contre l'ennemi, le voisin. L'industrie réclame le plat pa^s et les abords faciles, et le moindre village va les chercher.
La vie locale a changé de place : ce û'est pln$ autour des églises, des châteaux inacjcessibles qite se groupant les maisons qui doivent un jour former une ville, c'est autour des ateliers^ des dés usines. L'histoire des peuple^ est devenue éëUè de leur industrie.
Ici finit la t^che que nous noua toijoxnes imposée.. Quant à répôque mépiorahle qui suivit, etlé est encore trop ^rès de nous : oeaucoup d^éntrè Uous Tout vtie, tous nos pères furent acteurs dans le djame qui fut joué alors ; il n'est pas temps d'en parle;: autrement que sous la forme du Mémoire; laissons les partis se débattre, V YHiftatrê aura ion heurct. Si nous avions pu craindre cependant que les faits qui nous sont relatifs dans cette terrible crise s'oublient, nous npus serions hâtés de rassembler précieusement les . souvenirs historique^; mais loin de ]à.... déjà, nous ionumes Tâches de précieuses notes imprimées S|ir ce sujet. L^hîstoire de la'révolur tïon ' d^aSllèùrs, nous devons Tavoner, nous à pal;^ appartenir à rhislûiré de^France ; bl! c'est un livré iiiiî n'ipst pas fini,
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CoMiiB «ompléinent à rHistoiré de notre pays, noua avons rassemblé iici quelques renseignements sur la vie et les écrits dé plusieurs Fôrézleos illustres « Cette partie de notre travail contiendra des éclaircissements qu'on chercherait en vain dans les volumes de Biographie mbderdtes, abxqiiek nous renvoyons cependant toutes les fois qu'il *A'agit de ces illustrations foréziennes, qui n'ont rapport à notre pays que par leur naissance, et sur lesquelles nous n'aurions pas de meilleures notes à fournir. Nous avons voulu faire une Biographie fôrézitnne, laissant à la Frai^cë le Ssoin de faire connaître les hommes dont la vie lui fut plus généralement consacrée. U nous iippartient à aous de faire connaître ceux qlii s'illustrèrent dans notre pays. Qu'on ne s'attende pas cependant à nous voit chercher minutieusement des nullités. Notre pays, qui a fourni à Tépoque moderne un raisonnable contingent de ces hommes dont les Biographes enregistrent les noms (hommes d'état, littérateurs, médecins, etc.}f n'a pas manqué de célébrités dans le passé, sans parler ici d'une trentaine d'archevêques ou évèques, et d'une quantité de doyens et chefii d'ordres dpnt De la Mure a fait une longue énumération. Nous ne porterons pas ici les auteurs de simples tnémoires ou brochures peu importantes, et comme pour VHistoire, nous nous arrêterons à t'époque de la révolution. On connaît trop les défauts des Biographies dé contemporains, pour qu'on n'approuve pas notre réserve. D'ailleurs nous considérons ces travaux d'exploration depuis la révolution, comme inutiles, jusqu'à un certain point, vu la facilité qu'on a de se pro-» curer des notions précises.
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AIX (François d*), jésuite, de Tillustre maison de. Lachaize d'Aix^ qui tirait ce nom de celui du château d'Aix, près de Saint-Germain- Laval. II n'est guère connu que par un « dia- « logue sçavant et curieux à l'occasion de Té- « clipse que toute l'Europe attendoit, » imprimé en 1651.
L ACHAizE ou La Chaize d' Aix (François de), confesseur de Louis XIV, neveu du précédent, naquit au château d'Aix, le 25 août 162&. Il était le second des douze enfants de Georges d'Aix, seigneur de Lachaize, chevalier de Tordre de Saint-Michel, gentilhomme distingué par ses services, et de Renée de Rochefort. Dès Tâge de dix ans il fut envoyé à Roanne, au collège des jésuites, fondé par Jacques Coton, seigneur de Chenevoux, frère du célèbre jésuite de ce nom, qui avait été confesseur de Henri IV et
Biographie. 1
de Louis XIIL Lachaize était le petit-neveu de ce Coton et c'est probablement son exemple qui le porta à se faire jésuite. Il entra dans Tordre aussitôt après avoir fini sa réthorique ; après deux ans de noviciat, il alla faire sa philosophie à Lyoo» où le père d'Aix, ton oncle, professait les mathématiques et les belles-lettres. Ici commença la célébrité du père Lachaize.
Pour les détails de sa vie^ nous renvoyons à rhistoire de France et aux grandes Biographies; nous nous contenterons de donner la Uste des ouvrages qu'il a fait imprimer : -
Peripatetîcae quadruplas philosophids plàcita rationalis, uatuTàliik) -supeiffiatuvalts «t moraine — ^J^ 1661, ia-foUo.
HumanaB sapientiae proposltiones, propugaatae Liig<duni, in coll. Sac. Jes. — Lyon, 1662, in-folio.
Réponse à quelques difficultés concernant un jubilé de Lyon. — Lyon, I6fi6, ln-4.»
Remarques sur Tinscription d'un antique. -^Ptibliéet dans le premier tome des mémoir^a de i'acadétnie des belles-lettres*
Le père Lachaize mourut le 20 janvier i709.
ALBON (Jacques), plus connu sous le nom de maréchal de Saint-André, chevalier des ordres de Saint-Afichel ei de la Jarretière, premier gentilhomme de la chambre du roi, goirvemeiir du Lyonnais, ïnaréchal ée France, etc., se rendit illustre par ses emplois, par la faveur de Henri II, et par ses talents militaires, unis ï beaucoup de courage.
Sa feERlUe, qai possédait les châteaux ti'Ôthches et de Saînt^André, on il naquit, en 162ti, Jetait rendue fort célèbre dans le quinzième âècie. Elle remonlait à iâOO, «et avait même la {nrétention de descendre des Â'klbxKÊk qui noub avaient 'donné une lignée 4e comtes; mâts cette origine était fort douteuse.
Saint-Axidré était bmve, bien faityindgmfique» «et ponr les superbetés et les belles parures, ^ les bedfux mei^es très rares et très exqmiiy â x( en snrpassoit même le roy. *f> Il avait un esprit adroit oîtiI >et ineinusat, qualité <fÈR. lui attifa la faveur du daupkin, ave^ lequel il fut élevé, et qui depuis étant devenu roi sons le nom de Henri II, le combla d^honnenr et de bien^its.
U commença à se signaler dans la campagne de Piémont, endSii, à peine âgé de vingt ans, ^ de^i$i kers ûa mêlé à f^o»&es les affaînes ; îj[£tf même un des triumvirs <pii gouvernèrÊni ia France sous le règne de Charles IX.
Pour les détails de sa vie, nous renvoyons à la Biographie universelle^ à JBrantQme, et à tous les historiens de cette époque. ^-
Plusieurs membres de cette famille eurent des emplois important.
AMiÀfiD (MaiwslunjI, ûiifteur islépkanois qui a écrit un petit ouvrage ràtitujié :
> I Oaaotte ficaiif okie — Karis, tiVS^ iâ48.
Yrest ttne espèce 4e oauserie p4aijs»nte sur
diffërents sujets, mais relative à Saint-Étienne. On retrouve dans cet ouvrage toute la gaîtë franche et naïve des habitants de raocien Saint- Étienne. Sauf quelques passages un peu scabreux, la lecture en est &cile et fort amusante. Gomme Allard: écrivait après les guerres religieuses, on j trouve des allusions, surtout à la page 139 et suiys^iites, où Ton voit que « le seigne Pinjon « s'etst. fait capable de toute sorte de science ; » il sait par exemple que ce qui ressemble aux lois de ce temps (le sien), « ce sont thoiles d'araignëes, ou les petites mouches sont arrestées, et les grosses passent à travers, p
APINAC, archevêque, rotr Épïnac.
BOISY, voir GOUFFIER.
BONNIVET,'wiV GouFFi?».
BOYER (Christophe), natif de la ville de Saint-Bonnet-leHChâteau, dont il fat curé, a feit imprimer à Lyon, en 1637, un livre de Cantiques* ■ : ^'^ '
CHAMPOLIN (Pierre), religieux, capucin, nommé dans son ordre le père Benoit de Montbrison, parce qu'il était natif de cette ville, est auteur de plusieurs compilations religieuses, et entre autres 4le recheârches sur la vie de saint François, imprimées en i6>ù6
CHANDIEU (Antoine de), savant ministre de la religion prétendue réfoonée^ d'une famille
noble et ancienne du Forez, se retira à Genève
en 1582, et y mourut en 1591* On a de lui un
grand nombre d'ouvrages de controverse, dans
lesquels il prend le nom de Sadéel, qui en
hëbreux signifie Champ dé Dieu.
[Dictionnaire historique de Ladvocat; J
CHAPELON (Jean), auteur de poésies patoises, naquit à Saint-Etienne en i6&8. Quoique ses parents n'aient ëté que de simples couteliers, ils renvoyèrent étudier au collège des oratoriens de Montbrison, où il fit d'assez bonnes études.
A dix--huit ans, Jean prit fantaisie de voir Rome. Il fit le chemin à pied avec un de ses frères beaucoup plus jeune que lui, mais aussi plus alerte. Les deux frères se perdirent à Gênes et se rendirent néanmoins séparément à Rome.
Jean très fâché d'avoir perdu son frère, ^'ennuyait dans la ville éternelle : tous les artistes ne sont pas faits pour elle ! Il ne trouvait plus là le climat de sa « fumeuse, je veux dire fameuse, «c ville de Santetiève. » Que lui faisait à lui ces riches monuments, ces palais de fées, ces débris d'un empire.... 11 regrettait sa ville natale, ses amis, son pays enfin qu'il aimait tant déjà. Ainsi perdu dans l'immense ville de Rome, il songea à trouver un compagnon, et s'avisa d'un stratagème singulier.
Il aurait en vain, imitant Diogène, allumé sa lanterne en plein jour, pour trouver Tinconou
qu'il cherchait : U fait empiète d'un goupillon» se rend ensuite dans la yaste basilique Sainte Pierre, rendez-vous général de' tous les étran* gers qui affluent à Kome, et se met à parcourir cette église en tous sens» offrant de leau bénite à chacun, « en disant quelques paroles en lan- « gage forizien. » Ces paroles que le biographe enthousiaste ^ n'a pas osé dire, nous les dirons, nous, parce qu'elles servent à faire connaître le caractère plaisant et ingénieux de notre poète populaire. Met te le déi au qui$p disait CbapeloD en présentant son goupillon. U pensait de la sorte : ou il n'y a personne qui comprenne ces paroles, et par conséquent personne qui puisse en être scandalisé, ou au contraire le hasard me fera rencontrer un compatriote, et alxMrs je le remarquerai bien à sa surprise en entendant ainsi parler dans le saint lieu.
Ce que Gbapelon avait prévu arriva : un de ceux qu'il apostrophait ainsi répondit sur le même ton ; Jean le regarde, et reconnaît un Stéphanois comme lui depuis peu de temps à Rome* Qu'on juge de sa joie* U allait donc avoir un ami avec lequel il pourrait parler la langue maternelle. Tous deux fturent si contents de s'être renccMitrés qu'ils jurèrent de ne plus se quitter» et peu de jours après, Jean ayant retrouvé par hasard son jeune frère, tous trois revinrent aa pays. Bientôt après, Ghapelon fut admis conune
i) u compare son héros au bon et maliii E.a Fontaine.
prêtre sociétaire dai>^ Téglise Saiat-Êûexme. C'est alors qu'il donna uq libre essor à son esprit poétique.
Saint-Êtienue était la ville la plus originale de la province alors ; elle avait à elle des coutumes et un langage particuliers* Chapelon s'identifia si bien avec cette époque, qu'il fut l'ami de tous les Stépbanois* On aimait à répéter le soir au coin du feu son jojeu^ dialogue et ses satyres* Aussi son ouvrage, la gloire de chacun, fut-il imprimé à Irais commun* U porte pour titre :
Œuvres complètes de Jean Chapelon^etc*» augmentées des œuvres i Antoine et Ja>eques Ckapelon, son père et son aïeuL Alléon Dulac faisant une comparaison toute à l'avantage de la ville de Montbrison (qui s'enrichissait, il est vrai,, au temps de Chape- Ion des recherches profondes, mais presque dédaignées de De la Mure), dit : « Le seul ouvrage « d'un citoyen de Saint-Êtienne, qui ait eu les « hommages de l'impression parut en 1779^, par « la voie d'une souscription très bornée. Ce sont « les œuvres en jargon territorial d'un secrétaire « nommé Chapelon, dont il semble que la répu- « blique des lettres aurait bien pu se passer.^
Nous craignons bien qu'Alléon ne mérite pas le titre de Patriophile qu'il se donne dans le manuscrit dont nous venons de faire une citation- Ce qu'il y a de certain, c'est que les Œuvres de
1) JioJOiS n'avons psis besoin de faire remarquer qu'Alléon Dulac se trompe. (Yoir son article.)
Ghâpelon ont été réimprimées plusieurs fois^ soit à Saint-Étienne, soit à Lyon, et que les jugements de son critique sont restés en manuscrit.
Aujourd'hui Saint-Étienne, ville de cosmopolitisme, où le commerce règne en maître, n'a plus aucun rapport avec la vieille ville des gagtu; c'est en vain qu'on a tenté de recréer sa poésie éteinte avec son vieux foyer : Saint-Étîenne n'a plus ni poète ni chroniqueur, et son représentant le plus vrai est le paradoxal et mercaniUe feuUletonute du Journal des Débats, dans les écrits duquel il faut bien se garder de chercher de la poésie ou de l'originalité, à moins qu'on ne donne ce nom à l'afTectation de choquer les idées reçues.
Au reste Chapelon semble avoir entrevu cette époque fatale pour la poésie de sa ville, lorsqu'il s'écrie sur la fin de ses jours, en voyant cette masse d'étrangers qui y venaient de tous côtés, attirés par le commerce :
Ce que nous a fat tort, vouéy de gens de campanî, Qu'ant tous creus que nierions au païs de Coucani i.
En effet on sent le peu d'intérêt que doivent porter à ce qu'on appelle le caractère local, le foyer, la tradition, des étrangers presque ex-
1) Un Tleil adage disait : « Saint-Etienne, Péron des étrangerf] « pays de Cocagne des moines, Puiisatoire des ecclésiastiques, ma- «ràtre des gens de lettres, Paradis des gourmands, Eufer des « honnêtes gens.» Nous n'avons pas besoin de dire qae Saint- Etienne, de faible bourg devenu grande ville, a dû en plus d*an cas faire mentir le proverbe.
closiyement occupés de leur commerce* Mais c'était une fatalité... • peut-être un bonheur. «.• attaché nécessairement à la position de la ville de Saint-Étienne, de se voir de la sorte envahie, et de grandir pour ainsi dire sur des ruines. Oh ! quel curieux tableau serait celui qui nous montrerait sa vie patriarchale aux seizième et dix-septième siècle, en regard de la vie mâle et brusque d'aujourd'hui, dont une partie s'envole à disputer et commercer au Cercle, où le sam génê n'est jamais dérangé par la présence des femmes !
Jean était né d'une famille de poètes du même genre que lui, et qui, comme lui, échouèrent dans la poésie française. Il nous est resté de son père (Antoine) une pièce remarquable, c'est une critique de la femme bien supérieure à celle du méchant et impuissant Boileau, parce qu'elle est plus vraie. Elle est intitulée : Caracterou de h fille» que se voloni maria. En voici un extrait :