CHAPITRE XIV
1&69. Le duc investit un de ses frère naturels du titre de capitaine châtelain de Ghâtelneuf« Nous donnons ici les lettres de nomination, pour faire connaître les formules usitées en ce temps.
« Jehan, duc de Bourbonnois et d'Auvergne, comte de Fourez, etc. Scavoir faisons que nous confians à plein des sens, vaillance, prud'hommie et bonne dilligence de nostre chier et amé frère naturer, Pierre, bastard de Bourbon, à' iceluy, pour ces causes et autres à ce nous mouvants, avons donné et octroyé, donnons et octroyons, de grâce especial, par nos présentes, Toffice de capitaine et chastelain de nostre chastel et mandement de Ghastel Neuf, à présent vaccant parce que en avons deschargé nostre amé et féal écuyer Henry d'EscuUe, de son consentement, pour icelluy office de capitaine et chastellain de nostredit chastel de Ghastel Neuf avoir, tenir et d'oresnavant exercer par nostredit naturel frère, aux gages, droits, prof-^ fits, et revenus et émoluments accoutumez, et qui y appartiennent, sa vie durant.
a Sy donnons en mandement par lesdites présentes à nos amez et féaux gens de nos comptes et bailly de Fourez ou à son lieutenant, et à chacun d'eux, sy comme à luy apartienchra, que pris et reçu de nostredit naturel frère le serment sur ce accoutumé de faire, etc. 7>
Le préjugé qui pèse encore si cruellement de nos jours» quoiqu'on dise» sur les enfants naturels, était dans ce temps très léger pour les fils de grandes maisons : c'est que les faiblesses étaient fort communes dans cette classe» et que Téglise pour elle était devenue tolérante.
La famille des ducs de Bourbon était une preuve du peu de continence des grands. Ses bâtards parvenaient même comme tels aux premiers emplois de Téglise et de Tadministralion. Un oncle naturel du duc Jean, portant le même nom que lui» fut nommé vers cette époque(l&7â) lieutenant du Forez, qu'il adnûnistra jusqu'à sa piort» arrivée en 1485. Il était en même temps seigneur d'Argental» évéque du Puy, abbé de Gluny et prieur de Saint-Rambert» qu'il vint habiter pendant le temps de son gouvernement.
i&70. Les guesres civiles recommencent» ou plutôt continuent. Le duc ordonne la confiscation des biens des partisans du duc de Bourgogne au profit de ses domestiques. On distingue parmi les premiers un nommé Antoioe Grandin»
de Montbrispn» dont les biens furent donnés à Jean Robert, qui portait le titre 4^ bailli d'Usson.
Les. nobles et les ecclésiastiques obtiennent la permission de pouvoir faire garder leurs maisons piir leurs justiciables, attendu l'imminence du danger dans lequel se trouvait le pays depuis les courses des partisans du Bourguignon.