CHAPITRE XIV
appui; ofii^ë tonl Vea^eai nécessaire pour tôtisfaice lias lansquenets et les congédier. L^hoi acœple ; mais Bourbon indigné qu'on ait ti'aité de ses inti^réts sans lui^ Hefuse Targent, continue sa marche» et campe ehfin devant Rome*
Sm la foi de la trêve conclue avec Latiôi» lé pape avait connais la faute d'y rester. II avait aukaginé d'ailleurs que ses murailles devaient arrêter une armée sans aTtiUerie, et que né pouvait manquer d'atteindre celle des confédérés* Bourbon ne leor en laisse pas le temps, et, f é^ dmt à vaiack-e on à périr, il montre Rome à son armée et ordonne Tàssaut pour le lendemain.
A l'effet d'irriter encore l'ardeur de ses troupes par la jalousie de Tamoui^prôpk^, il confie nne autaque différente k chacune des trois nations qu'il commande, et, payant lui-même d'eiemplè, il apptique une échelle contre une brèche mal réparée, qu'il mestnre de sa piquè ; mais, pendant qu'il y monte, un coup d'arquebuse le frappe et le renverse mourant dans le fossé. U profite du soufile de vie qui lui reste pour âé^ fùber aux siens une catastrophe qui pourrait l^s décourager, et ordonne de jeter sur lui un manteau. L'assaut continue et là vilie éist ^ùtH portée. La soldatesque, sans chef et Sààis freiâ, s'y répand avec fureur, et se livre à tous les désordres et à toutes les atrocité? qu'on pouvait attendre des bandits les pliis fanàtiqtréâ et les plus corrompus.
Le pape s'était réfagië dans le château Saint* Ange avec le plas grand nombre des cardinaux. Du haut de ses tours^ il voyait les ornements d'église, les statues et les tableaux des saints traînés dans la fange. Les vierges sacrées, les matrones respectables tendaient vers lui des mains suppliantes, sans qu'il pût les soustraire à leurs barbares ravisseurs. Il entendait les plaintes du peuple dépouillé et les cris douloureux des riches soumis à la torture, pour les forcer à découvrir leurs trésors. Ces horreurs durèrent deux mois, sans soulever l'indignation du duc d'Urbain, et sans lui inspirer le courage d'attaquer une ville presque ouverte et une armée qui était sans chef. Elles ne cessèrent qu'à mesure que les brigands, épuisés par leurs dissolutions, et ruinés par leurs propres excès, périrent victimes de la pesté et des autres maladies qui affligèrent comme eux ceux d'entre les citoyens qui survécurent à ces malheurs.
Privé du secours qu'il espérait, le pape luimême fut forcé de capituler!....
Ainsi finit Charles de Bourbon, connétable de France. Si on joint à tous ses tourments ceux qu'amènent pour un aussi grand cœur im violent amour contrarié, on aura une idée de cette personnalité puissante.
Henri IV, n'étant encore que roi de Navarre, ayant aperçu dans l'église de Notre-Dame de Montbrison un reste des décorations qu'on y
^ CHAPITRE Xiy . 97
aVaît pl$icé quand on y célébra le servioe dé ce prince, se mit à en faire un ëlogie pompeux, qui certes cependant ne surpassait pas ce qu'on lisait sur son tombeau à Cayètte : .
« Consiliis Calcas, animo Hector, robore \
a Âchiles, eloquio Nestor, jacet hic Borbonius « héros» »
« Ici repose Bourbon le héros, aux conseils * -
de Calcàs, à l'âme d'Hector, à la forcé d'Achille, à Vëloquence de Nestor. »
Le souvenir de ce duc resta longtemps dans notre Forex. Il y avait fait bâtir à Donzy, près de* Fedrs, un vaste château-fort, qui fut démantelé dans le temps des guerres religieuses, de crainte qu'il ne devint pour les religionnaires un lieu de retraite inexpugnable. Ces ruines inspirent encore du loin une esjpèce de terreur; Cette position magnifique, qui domine toute la Plaine,'semble en faire le lieu le plus convenable ponr un de ces pernicieux établissements qui attirent toujours autour d'eux la lutte et le sang. Ce monument est un de ceux qui pôrtrât à jamais au iront le cachet du. maître. On dirait voir la noble figure de Bourbon : la force unie au courage. Que signifie l'audace sans vigueur? Dans ce fort, tout se trouvait prêt pour une longue lutte. L'antique chapelle subsiste encore, mais en mines comme le reste.