CHAPITRE XIY
Toat avantageux que cela peut paraître pour Bourbon, c'était bien au-dessous de la perspective d'uiie couronne et d'un beau mariage que lui avait promis Charles V. D'ailleurs rien de <;ela n'eut lieu. Nous n'avons pas besoin de rappeler le manque de foi de François L^^, qui, malgré sa fanfaronnade du : <i Tout est perdu fors l'honneur, » ne voulut pas aller reprendre ses fers, ce qui était cependant la condition de la non exécution du traité. Les rois savent toujours en pareil cas faire parler les assemblages publiques comme ils l'entendent.
L'empereur envoya Bourbon en Italie, pour remplacer Pescaire, qui venait dé mourir. Ce prince, sur sa réputation, trouva encore beaucoup de soldats qui voulurent servir sous lui. On lui supposait de vastes desseins, et il parait même qu'on pensait en France que, repentant de sa faute, il voulait se faire pardonner par quelque signalé service : soumettre par exemple Naples à la France.
Quoiqu'il en soit, cette armée qu'il avait levée de son crédit lui appartenait, lui était dévouée. Elle était composée pour la plupart de nouveaux sectaires de Luther, rassemblés sous des drapeaux aiiti-catholiques par l'appât des richesses ecclésiastiques, dont le pillage leur tenait lieu de solde. Pourtant les chefs avaient compté sur Charles Y, pour une paye plus régulière que n'est le pillage.
Bottdbon fut bientôt maître de toutes les -opérations ; mais daos un pays ruiné pal" tant de gnerreS) soavènt lès soldats éprouvaient le besoin et se mutinaient. Dans une de ce$ cir^constances périlleuses^ Bourbon leis rassemble : « Compagnons^ lenr dit^l^ il ne mè convient pas de TOUS abuser plus longtemps ; si to<»s attendes une solde réglée, des munitiohs, dés vivres, cherchesi uil autre général ou retournez énns vos foyers. Je suis un pauvre chevalier qui n'ai plus ni terre, ni argent, ni patrie^ mais il me reste une épée, qui, seconde par f <>tre valeur, peut, dans une contrée où je veus vous conduire, bientôt vous procurer dès triotnphes et des richesses : délibérez» yt "«— Tous s'écrient •qu'il le suivront partout, les menàt-il à tom lê$ êiablu.
Entraîné par ces forcenés, il marchait ostensiblement vers le royaume de Naples^ sous prétexte de le mettre à Tabri des confédérés ( car les troupes du pape y avaient eu de légère suc^ >cès)« Il rançonnait les villes sur son passage, seul moyen de se procurer des subsistances.
X<e marquis de Saluée, qui commandait les Français, l'avait prévenu à Plaisance, à Parme, à Modène et à Bologne, et sauva ces villes de ses contributions* Âusài Bourbon firahchit-il l'Âppenin sans obstacles. Clément ne commenta qu'alors à s'apercevoir de son danger* Pour ^y soustraire, il compose avec Lanoi, réciaiùe son