CHAPITRE X\I. IM
cette idée de rendre la Loire navigable donnait occasion de soutirer avec apparence de justice quelque argent de nos pays, Charles et son conseil n'y manquèrent pas* Voici Toidonnance qui parut pour cet objet :
« Charles, par la grâce de Dieu roy - de France» au bailly de Forests ou son lieutenant, salut : - .
« Comme cy-devant nostre très cher et très
aoié frère et lieutenant gênerai le duc d'An}ou,
de Bourbonnois et d'Auvergne, comte de Fo-
restft eut fait proposer en nostre conseil privé
le bien, proffil et utillitté que aporteroit aux
siijets dudit pays de Forests la navigation de la
rivière d^ Loyre depuis Roanne jiisques au pont
Saint-Rambert, en rompant plusjieurs rochers
estans daijs icelle ice qu'ayant esté entendu, fut
commandé au sieur de Craponne d'aller sur les
Ueux, pour voir et visitter ladite rivière et les
moyens qu'il faudrait tenir pour rendre icelle
navigable, ce qu'il aurait fait, donné et lédigé
soa adyis par escrit ; ce que les habittans dudit
•pays ayant entendu, et pour commencer les
frais d'icelle navigation ofifrent de bailler et ad-
vancer la somme de cinq mille livres^ e( nous
ont fait supplier de luy octroyer nos lettres de
commission pour icelle imposer sur eus et
thascua d'eux. Nous, ces choses considérées,
vous mandons ft commettons par ce$ présentes
q^s ei^i?imt le consentement desdits manans
et habittaDS dadit comte de Forest cy attache sous nostre contre-scel, tous imposiez, feites imposer sur un et chascua d'eux, le fort portant le foible, la somme de cinq mille livres t., nostre procureur à se voir faire présent et appelle, et îcelle cottization faite, faites contraindre les cottizéz et imposez au payement de leur cottization, selon et ainsy qu'il est. acoutumë faire pour nos deniers, et ladite somme de cinq mille livres eslre mises ez mains du trésorier de Forests pour estre employez au fait de ladite navigation et non à autre effet, selon les ordonnances et marchez qui seront faits avec ledit , de Craponne, en vostre présence, de nostredit procureur et controolleur du domayne de Forests. De ce faire vous donnons pouvoir ; mandons et commandons à tous les officiers et sujets que à vous ce faisant obéissent, car tel est nostre plaisir, pourveuz que nos deniers n'en soient retardez.
« Donné à Paris le xv® jour d'aôust. Tan mil cinq cens soixante*douze, et de nostre règne le douziesme.
« Pour le roy, signé De Neufville »
— Que devint cet argent ? Dieu le sait. Bien certainement il ne fut pas employé à sa destination, car bientôt sonna l'heure sanglante, où il ne fut plus question d'intérêts de provinces, mais seulement d'intérêts de parti. Cette trêve ressemble assez à l'instant dé préméditation que