‹ Histoire du ForezChapitre 87 sur 154 · CHAPITRE XVI. ItS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. ItS

demande Tassassin pour pouvoir plonger plus sûrement le poignard dans le cœur de sou adversaire.

Avant d'aller plus loin, il nous faut rapporter, d'après Jean Perrin, Fëvènement qui vint affliger la ville de Monthrison, et qui semblait marquer chez elle le commencement de cette horrible campagne.

« Le mercredy quatriesme juin 1572, sur les dix heures du soir, la rivière de Montbrison fust tellement grosse que tout le bas de la ville pensast à périr; Tune des tours de la porte Saint - Jean ^ abisma, comme aussy le pont apellé de la Porcherie ; plusieurs maisons tombèrent à la porte de Moind, et aultres au-dessoubz des Chesnes, en ladite ville. Partie de la grenette, maisons et estables joignant; quasi tous les advancements qui sont sur ladicte rivière se perdirent avec les meubles qui s'y trouvèrent. »

£nfin, l'heure du massacre a sonné : le 2& août 1572, jour de saint Barthélémy, Paris est inondé de sang, et bientôt la France, à son exemple, se jonche de cadavres, et ce crime inouï dans les fastes des peuples, avait été concerté dans un conseil de quelques personnes présidé par une femme. ...

1) Celle qui était du c6té de la rivière. L'autre servait; encore de logement au bourreau quelques années avant la révolution.

tae HISTOIRE DU FOREZ.

Quoique presque tous les catholiqfiies dans le temps se soient fait les apologistes de cea« cruelle exécution, il est juste cependant de dire que queiques-*tms dans leur horreur se firent protestants : ils ne purent Toir sans ùéiok que la cour de Rome avait donné sa sanction à uBé action aussi atroce*

Notre pays (ou au moins la partie proprement nommée Forez), fut beureusement préservé de ces premiers massacres, car il y avait peu de protestants ; mais le parti catholique se vit bientôt divisé hii-méme par ceUe' mesure qui devait le rendre maître absolu4 (M vit se former la faction des fanatiques et celle des tolérants, qui augmenta la iotrce des pro^ lestants en diminuant celle de leurs adversaires : la guerre civile recommença, et la religiott e&r tholique faillit être étouffée sous ks cadavres des protestants qu'elle avait condamnés à k mort, se constituant juge dans sa propre cause; triste moyen de convictioiti, ^m lui lavit la moitié des consciences. Toujours l'intolérance fait naître le dévoûment. De' cette lutte horrible de la victime avec son bourreau naquit la phîr losophie, qui empruntant au protestantisme sa force et ses arguments : le doute, est restée presque seule maîtresse du champ de bataille.-

La faction des fanatiques alla se perdre de honte dans la hideuse ligue. La religion catholique n'apparut plus en public que sous le sac

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