‹ Histoire du ForezChapitre 89 sur 154 · SOLIDE · texte numérisé non relu

SOLIDE

Comme par une amère dérision, le sort en a fait une écurie.

L'époque que nous allons décrire est bien tranchée : la lutte change alors complettement de caractère, c'est la guerre civile dans toute sa laideur. Cette époque commence à la Saint-Barihélemy , pour ne finir qu'à la mort de Henri IV, assassiné par un rejeton tardif de cet arbre qu'on appela la Liguer et dont la naissance, la vie et la mort furent arrosées de sang.

Cette étrange association prit naissance dans ces processions ridicules, dans lesquelles le Dieu qu'on invoquait n'était pour rien, et oii le crime, la déb£(uche et la haine semblaient, sous un masque hypocrite, insulter la majesté divine. Oh ! quel souvenir dégoûtant pour celui dont Theureuse enfance n'a connu que les promenades

religieuses'de la FUé-Dieu et des Rogatimi.,,. où se déroulent majestueusement, au milieu des champs ëmaîUés de fleurs, à la face d'un beau ciel, deux longues lignes de fidèles, du sein desquelles s'élève un concert de voix féminines^ harmonieuses et pures comme celles des anges, jetant à Dieu leur Te rogamm, audi twsf plus magique que tous lesranz..,.

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Nouveau caractère des guerres religieuses.

— La ligue.

Quand le brait des massacres de la Saint- Barthélémy se fut répandu dans nos pays, les protestants, terrifiés, se sauvèrent dans les montagnes ; mais peu à peu reprenant courage, ils vinrent augmenter le nombre de ceux qui, dans le midi de la province, plus audacieux, s'étaient crus plus sûrs dans de bons châteaux, et s'étaient fortifiés dans ceux de Rocheblaîne, Pailleret, etc. Tout ce canton, nous l'avons dit, était resté entre les mains des religionnaires ; et il n'est pas de pays plus propre à la guerre civile. La féodalité est venue joindre ses moyens

militaires à ceux de la nature. Ces châteaux: inaccessibles qui abondent sur les crêtes de ces montagnes arides ressemblent assez à des aires d'aigles.

U rëgne alors une activité prodigieuse dans la province. La guerre est allumée sur tous les points. Perraud s'empare du château de ce nom et de celui de Gerrières, sur les bords du Rhône.. Le 8 octobre 1573, six mille Suisses traversent nos pays pour rejoindre Tannée royale. Mandelot, aidé 4es troupes que le pays entretenait à ses frais, chasse les protestants de la ville d'Andanse et du château de la Rivoire.

Le 31 mars-157&, les religionnaires, commandés par Perrâud, entrèrent en Forez par le Vivarais, et dans cette marche fut « inhumainement occis et massacré le seigneur de Jifontrond (d'Apchon). » Poussant une reconnaissance hors de son château de Lupé » il fut tué près de là, par un de ses vassaux, qu'il avait autrefois nialiraité* Combien les fautes de la ni>blesse dans ce temps ne lui firent-elles pas d'ennemis? combien de gens changèrent de religion, de parti, pour pouvoir se venger?

Perraud, qui tenait déjà plusieurs places, s'avança vers MaUeval, dont il s'empara le 6 avril, à l'aide d'une forte pluie. U plaça aussi ga^rnison dans le prieuré de Charnas.

« Le$ religionnaires, dit un chroniqueur, ^conquirent la ville de MallevaU âudict pay^ de

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