‹ Histoire du ForezChapitre 90 sur 154 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Forez, qu'ils t^noient avec une puissance et subjection à quatre lieues à Tentour, journelle* ment commettants meurtres, voleries,|rançonnements, forcements de femmes, embrasements de maisons et granges, et aultres maux exécrables. Le seigneur d'Urfé, bailly et pour lors gouverneur du Forez, s'achemina avec la noblesse et quelques troupes qu'il print des villes et villages dudict pays, avec celles qui estoient du seigneur de Magneux»

« Connaissant que sans canon les religion^ naires ne pouvoient estre facillement chassez ny les forts par eux détenus reconquis, il apella Tayde de messire Ghristophle, seigneur de Saint*- Ghaumond, qui, avec grandes forces tant de pied que de cheval, s'y achemina, et les deux joints ensemble requirent monsieur de Mande* lot, gouverneur de Lyon, de favoriser leur entreprise de canons et de nombre d'infanterie; ce qu'il fist promptement. £t voyants que les chefs desdicts religionnaires et leur plus grande force s'estoient retirez à Perault et Génères, au bord du Rhosne, firent conduire lesdicts canons et compagnies jusques ez dicts lieux, pra^ voyants bien qu'aultremeut ils ne pourroient les vaincre, et lors arrivez ez dicts lieux de Génères et Perault, ils les forcèrent, mirent en fuitte, et desmantellerent lesdicts forts, et lors eurent advis de la fuitte de ceux de Malleval, qu'ils firent pareilianent desmanteller, et ainsy

deslivrerent entièrement le pays desdicts religionnaires. »

En effet, ceux qui occupaient le château de la Barge, s'étant retirés dans celui de Cerrières, abandonnèrent celui-ci, dit Gamon, sur le seul «bruit* de la marche de Saint-Chamond, et de la batterie de Perraud. » Autant en firent ceux qui tenaient Malleval, après avoir mis le feu à cette ville. Le .religionnaire Perraud se vit encore forcé d'abandonner, le 3 mai, Lamure et Gharnas*

D'Urfé, avant de s'engager dans TaiTaire de Gerrières, craignant une surprise de la part des habitants d'Annonay, avait eu la précaution de se faire donner par eux des otages, par convention du 25 avril. Après l'affaire, il vint sommer cette ville de se rendre; mais les assiégeants étaient en trop petit nombre : ils n'attaquèrent même pas ce dernier refuge des protestants.

« Entre les lieux qui outre le Forez ressentirent le fruict de ses victoires (d'Urfé), ce fust particulièrement le Vivarests et la ville de Lyon, car le chasteau de Perault et le fort de Cerieres qui fust reconquis est situé en Vivarests, auquel les religionnaires qui tenoient lesdicts forts ne portoient pas seulement dommage, mais encor à la ville de Lyon, pour estre lesdicts forts aux bords du Rhosne, dont le passage estoit empesché, et plusieurs batteaux de grande valeur, appartenants à divers marchands de Lyon,

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