CHAPITRE XTH. Ï
Uasphéxnateursy à peine de s'en j^endre h euir#» Cette année fut fenversëe par le tonnerre la tour du baron des Adrett» Le père Fodéré raconte que la tour fat renverdëe sans qu'il en soit xe^é de traces^ les matériaux ayant été anéantis miraculeusement, et qu'une femme nommée Reverdine, qui était aUée monter rii«ir^ loge se trouva sur la place sans aucun malé
De la Mure s'élevant sur ce sujet jusqu'à la prose poétique, dit a que la mesme tour de la^ ^cpieUe ces sanguinaires hérétiques firent précipiter eu bas plusieurs catholiques, et les vece^ voient en tombant sur des pointes de hallebcffde (ceci est probablement pris au figuré), fut comme en horreur et exécration d'un si inouï forfait, qui couvrit d'opprobre et d'ignominie éternelle ses auteurs, foudroyée et renversée à fleur de rocher par le feu du ciel quelque temps après, et fut choisie par ce feu vengeur, entre les autres tours qui rendoient alors si fort agréable le château de Montbrison, comme pour l'expiation de la barbare cruauté qui y avoit été commise ; d'où vient la devise qu'on en fit après, et qu'on mit autour des armoiries de cette ville : Ad expiandam hoitU$ tcelm ( pour eji^pier le crime des ennemis). »
Nous donnons ici, comme plus authentique, l'extrait du procès-verbal rédigé le lendemain de l'accident.
« Appert que le vendredy, dernier du mois
d'aoast de ladicte année (1682)» jour praecedem ledict verbail, sur les trois heures après midy, fîist renversée à fleur de rocher, par le foudre et feu du ciel, la tour du donjeon de Montbrir son, qui estoit restée entière des ruines du chasteau et forteresse dudict donjeon, de Teschauguete (guérite) de laquelle on voyoît toute la plaine et la plus grande part des montagnes du pays ; et par sa ruine attira à soy Tencogneure des prisons royalles ayants regard sur ladicte tour, et enfonsa plusiecu*s maisons et caves voisines. »
On voit par là que les choses ne se passèrent pas aussi paisiblement que le dit Fodéré.
Ce lieu jouait de malheur : trente ans après, un autre coup de tonnerre vint bouleverser ces ruines, et mit le feu.au palais de justice, qui était placé dans les bâtiments du château, sur quoi un bel esprit du temps fit ce quatrain :
Ne fu8t-ce pas un plaisant jeu, Quand Taultre jour dame Justice, Pour avoir tlop mangé d'espices.
Se mit tout le palais en feu.
Puisque nous voilà sur ce sujet, nous devons dire que c'est à tort qu'une mauvaise gravure faite quelques années après le saccagçment de la ville de Montbrison par des Adrets, représente le donjon rond et couvert en forme de dôme. Le dessein que nous en avons vu à la