CHAPITRE XVII
commença à bâtir pour ces religieux capucins^ qui s'y installèrent cinq ans après, le beau local oii est aujourd'hui le mairie de Roanne. ' 1578. La ligue est encore du parti du roi dans notre pays, qui quoique entièrement livré à la première, ne s'est pas encore montré en opposition avec la royauté, qu'elle servit- jusqu'à la mort de Henri III *.
Au mois de mars 1578, le roi voulant récompenser la famille d'Urfé des services qu'elle avait rendu au pays et à lui, érigea le comté d'Urfé en faveur d'Anne, alors bailli. Déjà les titres sont quelque peu fictifs, et la plupart des fonctions sont des sinécures, dont on pourvoit ceux qu'on veut indemniser, sans qu^ils soient tenus au service personnel. Il n'en était pas ainsi néanmoins pour les d'Urfé, qui tonjours employés à la défense du pays, étaient chéris de tous les habitants du Forez, dont ils remplaçaient dignement les anciens comtes, sous certains rapports. Voici les termes dont usait Henri III, dans ses lettres d'érection : « Réduisant en mémoire la noblesse et antiquité
1) Nous ayons cependant trouYé dans un de nos chroniqueurs un passage qui ferait croire qu'il y eut quelques ■ troubles yen l'année 1580. Peut-être n'y a-t-il qu'une erreur de date :
« L'an 1580, Montbrison fust plein de garnison et gents de guerre, qui s'estants rendus maistres de la ville par trahison, en tenoient les portes serrées, et n'estoit le seigneur d'Urfé de leur partL Le sieur de Meziere s'en disoit gouverneur, et ftist par luy emprisonné maistre Jean Berthand, lors eschevin de Montbrison. »
Il est à remarquer qu'à cette époque la ligne commençait à de- ▼exUr entreprenante.
de sa maison, les vertueiix et magnaaimes iûcts des grands et nobles personnages qni succesn^ vement en sont issus, qui ont estez employez en très grandes et dignes charges, estats et gouvernement de provinces, mesmes son ayenl ayant en la charge de la personne dn fea toj nostre très cher seigneur et frere^ et de nous dez nostre première jeunesse, et son père commandé comme nostre lieutenant gênerai en nostre pays de Forests, et que tous ceux de sadîcte maison ont faicts infinis services à ceste couronne, tant au faict des guerres que atiltres importantes charges, avec telle affection, prordence et conduicte, que la mémoire nous en doibt estre perpétuelle, etc« »
Enfin, après un siège fort long, en i68i, Annonay fut repris, et aussitôt le roi donna au seigneur Pu Peloux, entre autres avantages, une rente de quatre cents écus sur la seigneurie de cette ville, en récompense des services par lui rendus et dépenses par lui faites (vingt mille livres), pour la réduction de la ville d'Annonay, « château de Bonlieu et fort des Gélestins, qui étaient restés jusqu'alors dans les mains des religionnaires. » ,
Le 13 janvier 1582, « fut Tédit dç la défense des blasphèmes donné par le roi publié dans toutes les chàtellenies de Forez, avec injonction aux officiers desdits lieux de le faire inviolablement observer, et procéder à Tencontre des