‹ Histoire du galvanisme, et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte. Depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 10 sur 23 · I9S HISTOIRE · texte numérisé non relu

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et très - douloureux de brûlure , dont la force a duré autant que l’application des plaques sur les différentes parties de mon visage. Lorsque l’application est faite sur les joues, on éprouve de plus , dans l’intérieur de la bouche , cette sensation de saveur , particulière au galvanisme, quoiqu’ici les attouchemens soient extérieurs, et, pour ainsi dire, étrangers à l’organe. J’ai consigné ce fait , ainsi que quelques réflexions sur la théorie du galvanisme , dans un premier mémoire que j’ai lu à l’Institut , le 26 nivôse an neuf (1). »

» Je ne reviendrais £>as sur les réflexions que j’ai faites alors, si je n’avois pas lu un mémoire du docteur William-Hyde Wollaston , membre de la

(1) Dans la séance de l’Institut , du 11 messidor suivant, le C. Halle a fait, au nom de la commission établie pour le galvanisme , un rapport sur ce mémoire. Après avoir exposé les idées théoriques de l’auteur , et décrit l’appareil avec lequel il a fait ses expériences, ainsi que les effets et les phénomènes qui en ont été la suite , le C. Halle dit : Nous pouvons assurer la classe que les faits annoncés dans la partie expérimentale du mémoire du C. Gautherot , sont de la plus exacte vérité T et quil les a notés asse £ antérieurement aux expériences pareilles , dont nous avons eu connoissance , pour avoir droit d’ètre cité parmi les premiers auteurs de semblables observations. l e rapporteur ajoute que , quant aux idées théoriques de

société royale de Londres (1); mémoire dans lequel l’auteur cherche à prouver que , dans l’appareil galvanique, l’oxidation des métaux est la cause principale des phénomènes électriques; j’ai cru devoir réclamer à cet égard la priorité, et observer que la doctrine exposée par le physicien anglais, est exactement la même que celle que j’ai posée dans mon mémoire , bien antérieur au sien : car voici comment je me suis exprimé à ce sujet. »

U état actuel de nos connoissances , dans cette partie , ne nous permet pas encore de distinguer le phénomène principal , qui explique et subordonne les autres. Ceux de t électricité ne paroissent ici que comme secondaires : V électricité y est excitée et mise en jeu ; mais elle y est subordonnée. V o xi dation des métaux se présente au contraire comme un phénomène en premier ordre : leur attouchement semble augmenter leur affinité pour l'oxigene , et la présence de Veau , qui est indispensable , dans ce cas , pour rendre sensible les phénomènes du galvanisme , semble prouver , par sa

l’auteur, quelque ingénieuses qu’elles lui paroissent, elles demandent à être confirmées par une plus longue suite de faits. Ce jugement réfléchi accorde aux expériences du C. Gautherot , la priorité qui leur est véritablement due.

(1) Voye^ le paragraphe précédent,

prompte décomposition , cette affinité plus grande de F oxigène pour les substances métalliques , que pour l hydrogène , dans la décomposition de F eau.

» Quant au développement de l'électricité , prive alors des lumières de Volta sur ce sujet , ne connoissant point encore les belles expériences , qui prouvent qu’indépendamment de tout agent , l’attouchement seul de deux métaux differens produit l’un , l’électricité positive, et 1 autre Felectricité négative; voici comment, d’apres mes connoissances dans cette partie , j’expliquois l electricité qui résulte des nouveaux appareils. J’observois d’abord que, puisque l’eau , par sa décomposition, change d’état, en passant de celui de liquidité à celui de fluide aériforme, ce changement ne pouvoit s’effectuer sans changer sa disposition électrique; de-là , disois-je, résulte vraisemblablement l’électricité qui se manifeste. »

» Maintenant même, que je suis plus éclairé sur cette matière, je ne fais nul doute que cette cause ne se joigne à celle que le célèbre physicien , que je viens de citer , a si bien su découvrir et développer, et ne concourre avec elle à la production des effets singuliers qu’il a observés. »

» Continuant mes recherches sur ce sujet, et voyant que les plaques métalliques de la nouvelle batterie sont fortement oxidées , lorsque

DU GALVANISME, ioi

l’appareil a été , pendant quelque temps , soumis aux expériences, j’ai voulu voir, d’une manière plus particulière, l’influence de l’attouchement des différens métaux, argent et ç Inc , dans la décomposition de l’eau. »

» Pour cet effet, j’ai placé, sur les deux côtés opposés d’une plaque de zinc , deux petites bandes de carton , pour supporter une plaque d’argent, de même dimension que celle de zinc: j’ai mis une goutte d’eau entre ces deux plaques , de sorte qu’elle touchoit aux deux métaux. Examinant, de temps en temps, ces plaques, je ne me suis apperçu, même au bout de 71 heures , d’aucun effet d’oxidation ; tandis que , dans un autre appareil disposé de même, avec cette seule différence, qu’il y avoit une légère communication métallique entre les deux plaques, l’oxidation commençoit déjà à être sensible , au bout seulement de huit minutes. Ici , l’oxide de zinc , quoique d’une pesanteur spécifique supérieure à celle de l’eau, abandonne le zinc qui est à la partie inférieure , pour adhérer à l’argent, en y dessinant le contour de la goutte d’eau. L’oxidation est d’autant plus prompte, que les plaques sont plus rapprochées, cet effet paraissant se rallentir , à raison de l’éloignement des plaques. »

» On trouve, dans le mémoire de M. Wollaston ,

cité ci-dessus, une très-jolie expérience sur l’oxidation des métaux : mais ce n"est qu’une variété de îa mienne. J’ai donc encore l’antériorité sur lui pour ces nouveaux faits. »

» Le précédent, et quelques autres que je vais rapporter, ont été consignés dans un second mémoire, que j’ai aussi lu à l’Institut, le 26 ventôse (1) an 9. Dans le préambule, je dis qu’il ne

(1) A la fin de ce mémoire, qui est imprimé, on trouve l’extrait d’un rapport du 16 prairial , fait à 1 Institut , par les commissaires (les CC. Fourcroy et Vauqudin ). Ils disent que le C. Gautherot , en s’occupant des expériences galvaniques, avec la sagacité qui lui appartient , a observé plusieurs effets assez importans. Après avoir rendu compte de ses travaux à ce sujet , ils ajoutent qu’ils ont vérifié plusieurs des faits principaux qu’il rapporte , et qu’ils sont parfaitement d’accord avec ce qu’ils annoncent. Nous sommes d’avis , disent les commissaires , que ces faits doivent être soigneusement recueillis , pour être réunis à ceux que l’on connoît déjà , et à ceux que l’on découvrira , et que l'Institut doit encourager le C. Gauthcrot , dans ses recherches sur le fluide galvanique , dont il paroit très-susceptible d’éclaircir les effets encore douteux.

Ce mémoire et ce rapport sont insérés dans les Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la république françoise , in-40. , tome I, p. 164 et 168. A la fin du mémoire , il y a une note des rédacteurs, qui s’expriment ainsi : « Cette branche nouvelle de la physique ( le galvanisme) occupe les savans de toutes les nations. Ritter a publié un

DU GALVANISME. 203 nous est pas encore possible d’établir line théorie sur le galvanisme , parce que les principaux faits , qui doivent lui servir de base , ne nous sont point encore connus; et j’ajoute que mes travaux se borneront d’abord à la découverte de ces faits. La suite de mes recherches, consignée dans le meme mémoire , consiste premièrement en des essais sur le pouvoir conducteur de l’eau dans des tubes de verre; j’ai remarqué à ce sujet quelque chose de bien singulier : c’est que l’eau, dans des tubes dont l’ouverture est étroite, est moins perméable au fluide galvanique, que lorsque l’ouverture est plus considérable. J’ai observé encore que la faculté conductrice de l'eau, tenant en dissolution quelques sels, est considérablement augmentée. Le dernier tait , consigné dans mon mémoire , est la découverte de l’attraction galvanique. Jusqu’à ce moment, elle avoit été tentée vainement; et j’ai l’avan-

mémoire allemand , dans lequel il rend compte de faits qui ne sont point encore connus en France. Il étoit donc de notre devoir de le publier : nous l’avons traduit , et au moment où on alloit le mettre sous presse , un de nous l’ayant fait connoître au C. Gauthtrot , il a désiré en vérifier quelques expériences , et il nous a promis de l’enrichir de notes , qui ne peuvent qu’en augmenter l’intérêt.

tage d’être le premier entre les mains de qui elle a réussi. »

» Ne connoissant encore du galvanisme que la saveur, les commotions, les étincelles et la décomposition de l’eau , j’ai voulu connoître de plus les corps qui sont conducteurs de ces effets. Pour cela, j’ai composé un petit instrument fort simple, afin d’essayer les corps dans chacun de ces trois états , où la nature nous les présente ; savoir : le solide, le liquide, et l’aériforme. »

» Par le moyen de cet instrument , j’ai vu que la plaque d’air la plus mince , celle qui n’atteint pas l’épaisseur d’un fil de soie, tel que le ver le file, est totalement imperméable aux effets d’un appareil ordinaire ; que la flamme elle - meme , qui, jusqu’ici, a été considérée comme un fort bon conducteur de l’électricité, est de même imperméable à la transmission des effets de mon appareil; que le papier, les bois secs, la soie, la laine, le coton, le fil, l’ivoire, la cire, l’huile, le soufre, le phosphore, les oxides de cuivre, de zinc, le diamant, le saphir, le rubis, la chrysolite, l’agathe, la peau humaine, ne sont point conducteurs; que le muriate de soude et celui d’ammoniaque , quoiqu’ils augmentent considérablement la faculté conductrice de l’eau , ne sont pas non plus par eux-mêmes conducteurs. En général, les con-

ducteurs éprouvés à cette époque , se sont trouvés en petit nombre; ce sont les métaux en première ligne , l’eau et les substances dans lesquelles elle est foiblement combinée ; telles que le vin, Palcohol, l’éther, les acides à letat de liqueur , les dissolutions salines , enfin le charbon embrasé ou non embrasé. »

» De ces différens faits , consignés dans un troisième mémoire , de celui sur-tout de l’absolue imperméabilité de la plaque d’air la plus mince, je tirais l’induction d’une différence sensible entre cet agent, et celui de l’électricité. Le célèbre Volt cl , qui s’est aussi occupé de cette recherche, avec cette sagacité rare qui le caractérise, m'a fait observer, et m’a même prouvé que le degré d’intensité d’électricité , produit par mon appareil transporté entier dans une bouteille de Leyde , ou , en d’autres termes , que la bouteille de Leyde, chargée seulement au même degré d’intensité , que celle de l’électricité fournie par ces nouveaux appareils , ne seroit pas capable non plus, pour sa décharge, de briser une plaque d’air aussi mince, que celle que j’ai citée ci-dessus. »

» C’est ainsi que, lorsque les physiciens travaillent de concert, on les voit se prêter de mutuels secours. Ils se rectifient les uns les autres ; et les faits mieux observés , placés dans l’ordre

qui seul leur convient, forment alors une des

parties solides de l’édifice que l’on tâche d’élever. »

» Le charbon me paroissant mériter quelques recherches particulières par sa faculté conductnce, j ai voulu voir comment il se comporte relativement aux étincelles et à la décomposide 1 eau ; et j ai vu qu’il étoit aussi propre que 1 eau pour obtenir des étincelles , et que , par rapport a l’eau , il la décompose à la manière des métaux non-oxidaDÎes ; c’est-a dire , que deux charbons employés pour cet effet , dégageoient Fun le gaz hydrogène , et l’autre le gaz oxigène. »

» Mais, quelque chose ici de plus particulier, c est que, quoique ces charbons se touchent dans l’eau, cela n’arrête pas sa décomposition, ainsi que le fait l’attouchement des métaux dans les mêmes circonstances; déplus, si pour rendre cet attouchement plus immédiat,' on taille un morceau de charbon en forme de fourche , cela n’est point un obstacle à la décomposition de l’eau; ce qui me semble prouver que le charbon est encore moins conducteur que l’eau elle-même. Cette faculté conductrice du charbon , et la manière dont l’eau se trouve décomposée par son moyen , me firent présumer que l’on pourroit le substituer avec succès à l’argent; c’est-à-dire, en composer avec

le zinc line batterie galvanique. J’y suis enfin parvenu, après beaucoup cle tentatives infructueuses ; parce que tous les charbons ne se trouvent pas également bons conducteurs , et qu’il ne faut qu’une seule pièce, mauvais conducteur, pour arrêter les effets de l’appareil.»

» Les savans étrangers , à cette époque , et meme à des époques antérieures , étoient plus près que nous de la solution de ce problème ; car , dans le temps où les expériences se faisoient à la manière de Galvani ; c’est-à-dire , dans le temps oit l’on cherchoit seulement à exciter l’irritabilité des grenouilles , HumboLdt avoit réussi à ranimer leur mouvement par le charbon en concours avec le zinc; malgré cet acheminement à la découverte de la vérité, malgré ces connoissances , dont j’étois alors dépourvu , ces savans m’ont laissé prendre l’avance sur eux. »

» Encouragé par ce succès , je m’occupai plus particulièrement de la recherche des corps, non seulement conducteurs , mais qui , de plus , développoient une saveur sur la langue, par leur attouchement avec le zinc , persuadé qu’ils seroient propres aussi à former avec lui des appareils galvaniques ; je ne tardai pas à m’appercevoir d'une réciprocité d’effet entre les corps conducteurs , et ceux qui développent la saveur. Mes recherches me firent étendre la classe des

corps conducteurs, et je vis qu’il falloit joindre au charbon quelques pyrites ou sulfures de fer, le carbure de fer ou la plombagine, et même un schiste noir , ou cette espèce de crayon noir , dont se servent les charpentiers et les dessinateurs. Ayant fait l’essai de quelques-unes de ces substances avec le zinc , pour en former une batterie ; ayant même essayé entre eux différens métaux, autres que le zinc; les ayant combinés avec les fossiles dont je viens de parler, et en ayant obtenu le succès que j’avois lieu d’en attendre , je suspendis mes recherches , de quelque intérêt qu’elles me parussent , pour m’occuper d’une autre plus importante , celle de former un appareil, sans le secours d’aucun métal. »

» Après beaucoup de tentatives infructueuses et de soins minutieux, je suis enfin parvenu à construire , avec le charbon et le schiste dont je viens de parler, une pile de 40 étages, qui donne une saveur vive et piquante , accompagnée de l’éclair , et produit enfin la décomposition de l’eau, le côté du charbon dégageant le gaz hydrogène : cette dernière circonstance écarte tout soupçon de l’influence des métaux et même de celle du fer qui pourrait se rencontrer dans le schiste ; car s’il s’en rencontrait , ce serait le côté du schiste qui devrait dégager le gaz hydrogène , ainsi que le dégage le côté

du

eut fer, dans les batteries que j’ai formées avec le charbon et le fer. Ici je n’ai été suivi par personne. »

» Les Anglois, de leur côté, ont aussi trouvé quelque chose de très-curieux. Humphry Daviy démonstrateur de chimie, de l’institution royale de la Grande-Bretagne, a lu, le 18 juin 1801, à la société royale de Londres , un mémoire dans lequel il annonce qu’on peut produire une accumulation de l’influence galvanique, exactement semblable à celle qu’on obtient par la pile de Volta , en combinant des disques d’un seul métal, avec des couches de liquides différens. Des expériences aussi v intéressantes , semblent nous approcher du but que nous tâchons d’atteindre , et nous font espérer d’y parvenir bientôt. »

» En continuant mes recherches , non pas avec la pile composée de plaques, mais avec l’appareil que Volta nomme la couronne de tasses , je me suis apperçu que la saveur brûlante , que l’on s-e procure en plaçant deux fils métalliques dans sa bouche , et en plongeant leurs deux autres extrémités, l’une dans la première tasse de l’appareil, et l’autre dans la dernière; je me suis apperçu, dis-je, lorsque les fils étoient de platine ou d’argent, qu’en les retirant des tasses et les faisant toucher l’un contre l’autre , on IIe,. Partie. O

éprouvoit encore une légère saveur galvanique; saveur qui même a de la permanence , si on laisse en contact les deux fils , et qui se renouvelle plusieurs fois, si l’on se contente de rapprocher, à plusieurs reprises, ces deux fils Fun contre l’autre. »

» Cette saveur est mieux prononcée , si on place les deux fils dans une bouteille d'eau salée, les maintenant par un bouchon de liege, qui les empêche de se toucher dans l’eau ; alors , en plongeant leurs deux autres extrémités dans l’appareil à tasses , ou même en leur faisant toucher les deux extrémités de la pile ordinaire, et attendant sur-tout le moment ou l’eau se décompose dans la bouteille, si on porte alors, dans la bouche, les deux bouts de ces fils qui ont communiqué avec l’appareil , la saveur est mieux prononcée : quelquefois même elle est accompagnée d’une légère commotion , et son activité a en outre plus de durée. Je suis encore parvenu à décomposer l’eau par ce nouvel appareil. »

» Cette expérience, qui ne se prête pas à l’explication qu’on chercheroit à lui donner par la théorie de l’électricité, me semble majeure; et comme elle est susceptible de beaucoup de modifications, elle sera probablement la source ou la base de beaucoup d’autres expériences , et concourra, plus qu’aucune autre, à découvrir

DU GALVANISME-, m

is théorie de cette nouvelle branche de la physique. »

» Une expérience des plus curieuses encore, et qui termine mon neuvième et dernier mémoire , c’est celle-ci. Si l’on plonge les deux extrémités d’un fil unique de platine dans les bocaux extrêmes de l’appareil à tasses , si l’on rapproche les deux bouts de ce fil, sans leur permettre de se toucher, et qu’on les porte dans sa bouche, on éprouve une saveur galvanique, d’autant mieux prononcée, que le diamètre du fil est plus considérable. »

» 11 n’est pas nécessaire , pour le succès de cette expérience, que les deux tasses extrêmes contiennent de l’eau salée; car la dissolution saline pourroit laisser quelque doute sur la cause de la saveur; mais afin d’ôter toute incertitude , et pour donner à cette expérience le plus grand degré de simplicité , je remplis d’eau distillée deux tasses bien nettes ; je fais communiquer ces deux tasses , avec celles extrêmes de mon appareil , par deux fils de platine ; je plonge alors, dans les tasses qui contiennent de l’eau distillée, les deux bouts du fi de platine qui doivent me procurer la saveur; je les approche de ceux qui servent de conducteurs , et j’attends le dégagement des bulles provenant de la décomposition de l’eau. Par ce moyen, j’ob-

tiens le maximum de saveur que ce genre d’expérience peut procurer. Je ne crois pas, ainsi que le pensoit Volta , que cette saveur puisse être attribuée à aucun effet d’acide et d’alcali, résultant de la décomposition de l’eau ; car, si l’on plonge les deux bouts du fil, en sortant des tasses, dans de l’eau pure , on éprouve encore une saveur bien prononcée; et si, pour comparer cette expérience, on plonge les deux bouts d’un fil de platine , l’un dans l’acide nitrique , et l’autre dans un alcali quelconque, et qu’ensuite on les reporte dans un verre d’eau , cette simple immersion suffit pour les dégager de ces puissans agens , et les empêcher de produire dans la bouche la plus légère saveur. Cette expérience, que je regarde comme capitale , me semble mériter le plus sérieux examen (i). »

» La diversité des opinions qui partagent les savans, pour l’explication de ces étranges phénomènes, forme trois classes. »

» Humboldt , ainsi que je l’ai dit ci-dessus.

(i) Le C. Gautherot a eu la complaisance de répéter chez lui, devant moi, les différentes expériences rapportées dans ce mémoire : j’en ai fait l’épreuve par moimême. Quoique mon suffrage ne puisse pas lui être bien utile, après celui de l’Institut, j’atteste qu’elles ont toutes réussi , et qu’elles ont produit les eftets ici détaillés.

veut que ces phénomènes aient pour cause un agent totalement différent de celui de Pélectricité ; mais cette opinion est généralement abandonnée. »

» Volta est à la tête de la seconde classe , qui comprend presque tous les savans de l’Europe. Ce célèbre physicien veut que tous les phénomènes quelconques, découverts, sur ce sujet,' depuis Galvani , ne soient que des applications et des modifications de l’électricité. »

» Quelques savans , qui forment la troisième classe , pensent qu’un agent inconnu s’associe à l’agent électrique, pour produire les phénomènes du galvanisme ; ils se fondent sur ce que plusieurs de ces phénomènes semblent se refuser à l’explication qu’on chercheroit à leur donner par les seules loix connues de l’électricité. »

» Mes expériences paroissent favoriser l’opinion dernière. Ce qu'il y a au moins de bien certain c’est que la décomposition de l’eau , par mes nouveaux appareils , n’a rien qui corresponde avec ce que l’on connoît de l’électricité. »

» Ainsi , pour nous réunir aux autres savans, nous attendrons i°. le moment oii la théorie de l’électricité expliquera ces phénomènes; 20. celui ou, par le moyen de nos machines électriques , nous parviendrons à produire les mêmes effets que ceux produits par le galvanisme; alors seule-

ment son identité avec l’électricité sera démontrée , et il n’y aura plus différence d’opinion. >►

Tel est en substance le dernier mémoire du C. Gautherot (i); il n’est, pour ainsi dire, que le résumé des autres mémoires qu’il avoit composés antérieurement sur le galvanisme. Nous devons y joindre l’extrait d’un rapport fait à l’Institut , le 2 1 fructidor de cette année , par les CC. Fourcroy et Vauqudin , et qui nous a été communiqué par le C. Gautherot : c’est le résumé de ses différens travaux.

» Dans l’ensemble des faits , déjà très-nom- » breux , observés sur le galvanisme , l’on peut » assurer, disent les commissaires , que le C. » Gautherot , en s’en occupant sans cesse, y a eu » une assez grande part, parles cinq mémoires » qu'il a lus à la classe , et dans chacun des- » quels il a fait connoître plusieurs vérités, plus » ou moins importantes à l’histoire de ce fluide » singulier. »

» Son premier mémoire contient la description d’un nouvel instrument qu’il a imaginé pour mesurer la puissance conductrice des différens

(i) Ceux qui liront ce mémoire , s’appercevront sans doute de quelques changemens que j’y ai faits , non dans la doctrine, que j’ai conservée entière, mais dans la tournure des phrases , et dans la diction, que j’ai rendue, de l’aveu de l’auteur, plus nette et plus correcte.

corps naturels , solides , liquides , et meme gazeux. Toute la théorie et la pratique des différentes espèces de conducteurs y sont détaillées. Du résultat de ses expériences , il tire quelques conséquences contre l’identité des fluides électrique et galvanique. »

» Le second mémoire a pour objet les propriétés galvaniques du charbon, considéré sur-tout comme conducteur. L’auteur fait voir qu’il n’est pas un conducteur du galvanisme aussi parfait que les métaux. »

» Le troisième mémoire est très-curieux et unique en son genre , en ce qu’il donne au charbon une propriété qu’on- ne lui connoissoit pas , celle de former avec le zinc un appareil galvanique , composé de dix-sept étages , qui produit des commotions légères , la décomposition de leau, etc. fait dont , ci notre connaissance , disent les commissaires , le C. Gautkerot est le premier inventeur , et qui est très-important, puisqu il prouve qu il n est pas besoin de la présence de deux métaux pour mettre le fluide galvanique en mouvement. Dans le meme mémoire, l’auteur observe que toutes les especes de charbon ne conviennent pas a cet usage , et il donne les moyens de reconnoître les bons , et même de rendre bons ceux qui ne le sont pas naturellement. »

» Dans son 4e. mémoire, le C. Gautkerot poiu>

suit scs recherches sur les corps conducteurs dü fluide galvanique, et il indique les substances qui doivent être regardées comme telles ; il donne la composition de différentes colonnes galvaniques, et la manière de les former. »

Il rappelle , dans son cinquième mémoire , ses tentatives, d’abord infructueuses, pour composer un appareil galvanique sans métaux, et il annonce qu’ enfin il y est parvenu , après des recherches et des précautions minutieuses. Du charbon et de la pierre noire de charpentier en sont les élémens. Cette vérité nouvelle, qui appartient toute entière au C. Gautherot , paro.ît aux commissaires devoir quelque jour jetter de la lumière sur les propriétés et la nature du fluide galvanique. Ils concluent leur rapport, en proposant à la classe, qui a entendu avec beaucoup d’intérêt les mémoires du C. Gautherot , d’en ordonner l’impression dans les vohimes des savans étrangers. La classe a approuvé le rapport de ses commissaires, et en a adopté les conclusions.

III. Expériences et observations sur le galvanisme , par le C . Bichat , médecin de C Hôtel - Dieu, Ce jeune médecin , qui vient de donner une anatomie générale, en 4 volumes in-89. dont tous les journaux ont parlé avec éloge , a aussi fait des

expériences galvaniques , qui sont consignées clans ses recherches physiologiques sur la vie et la mort , publiées en l’an huit. Voici l’extrait de ce qu’il a dit à ce sujet.

I. Dans l’article oii il traite de l’influence que la mort du cerveau exerce sur celle du cœur , après avoir prouvé , d’après l’observation et l'expérience , que ce n’est point immédiatement par interruption de l’action cérébrale que le cœur cesse d’agir , il confirme cette donnée fondamentale de physiologie et de pathologie , par un genre d’expériences analogues à celles qu’il a faites d’abord, par celles du galvanisme, afin cle ne négliger aucun' des moyens , qui prouvent que le cœur est toujours indépendant du cerveau.

» J’ai fait, dit-il, ces expériences avec une attention d'autant plus scrupuleuse , que plusieurs auteurs très-estimables ont avancé , dans ces derniers temps , une opinion contraire à la mienne, et ont voulu établir que le cœur et les autres muscles de la vie organique ne diffèrent point, sous le rapport de leur susceptibilité pour l’influence galvanique , des muscles divers de la vie animale. Je vais d’abord dire ce que j’ai observé sur les animaux à sang rouge et froid. »

» i°. J ai armé plusieurs fois, dans une grenouille, d’une part, son cerveau avec du plomb.

d’une autre part, son cœur et les muscles des membres inférieurs , avec une longue lame de zinc, qui touchoit au premier par son extrémité supérieure , et aux seconds par l’inférieure. La communication établie avec de l’argent, entre les armatures des muscles et celles du cerveau , a déterminé constamment des mouvemens dans les membres ; mais aucune accélération ne m’a paru sensible dans le cœur , lorsqu’il battoit encore; aucun mouvement ne s’est manifesté, quand il avoit cessé d’être en action. Quel que soit le muscle volontaire que l’on arme en même-temps que le cœur , pour comparer les phénomènes qu’ils éprouvent lors de la communication métallique , il y a toujours une différence tranchante. »

» 2°. J’ai armé, sur d’autres grenouilles, par line tige métallique commune , d’une part la partie cervicale de la moelle épinière , dans la région supérieure du cœur, afin d’être au-dessus de l’endroit d’où les nerfs , qui vont au sympathique et de-là au cœur, tirent leur origine; d’autre part , le cœur et un muscle volontaire quelconque. Toujours j’ai observé un résultat analogue à celui de l’expérience précédente, en établissant la communication ; toujours de violentes agitations , dans les muscles volontaires , jointes au défaut de changement manifeste dans.

DU GALVANISME. 219 les mouvemens du cœur, se sont fait appercevoir.

» 30. J’ai tâché de mettre à découvert les nerfs qui vont au cœur des grenouilles; plusieurs filets grisâtres , à peine sensibles, et dont, à la vérité , je ne puis certifier positivement la nature , ont été armés d’un métal , tandis que le cœur reposoit sur un autre. La communication établie par un troisième , n’a déterminé aucun effet sensible. »

» Il me semble que ces essais, déjà tentés en partie avant moi , sont très-convenables pour déterminer positivement si le cerveau influence directement le cœur, sur-tout lorsqu’on a soin de les répéter, comme j’ai fait, en armant successivement , et tour-à-tour , les surfaces interne et externe , et la substance même de ce dernier organe. Dans tous ces essais, la disposition naturelle est conservée entre les diverses parties qui servent à unir le cœur au cerveau. »

» 40. Il est un autre mode d’expérience , qui consiste i°. à détacher le cœur de la poitrine; 20. à le mettre en contact avec deux métaux différens, par deux points de sa surface, ou avec des portions de chair armées de métaux; 30. à faire communiquer les armatures par un troisième métal : alors Humboldt a vu des mouvemens se manifester. J’avoue que souvent , en

répétant strictement ces expériences , telles qu’elles sont indiquées , je n’ai rien apperçu de semblable. D’autres fois , il est vrai , un petit mouvement , très-différent de celui qui animoit alors le cœur, s’est manifesté, et a paru tenir à l’influence galvanique. J’aurois presque pris ce mouvement pour l’effet de l’irritation méchanique des armatures, sans l’autorité respectable de Humboldt , et d’une foule d’autres physiciens très - estimables , qui ont reconnu , clans leurs essais , l’influence du galvanisme sur le cœur , lorsqu’il y est appliqué de cette manière. Je suis cependant loin de prétendre avoir mieux vu, dans mes expériences, que ceux qui se sont occupés du même objet; je dis seulement ce que j’ai observé. »

» 5 °. Au reste , les expériences , oii les armatures ne portent pas, d’un côté, sur une portion du système nerveux , de l’autre , sur les fibres charnues du cœur, ne me semblent pas très - concluantes pour décider , si l’influence que le cerveau exerce sur cet organe, est directe. Quelle

induction rigoureuse peut -on tirer de mouve-

mens produits par l’armature de deux portions charnues ? »

» Je passe maintenant aux expériences faites sur les animaux à sang rouge et chaud : elles sont d’autant plus nécessaires à répéter, que le mode

de contractilité des animaux à sang rouge et froid diffère essentiellement , comme on le sait, de celui des animaux à sang rouge et chaud. »

» i J’eus l’autorisation , dans l’hiver de l’an sept , de faire différens essais sur les cadavres des malheureux guillotinés. Je lesavois à ma disposition , trente à quarante minutes après l’exécution. Chez quelques - uns , toute espèce de motilité étoit éteinte ; chez d’autres , on ranimoit cette propriété , avec plus ou moins de facilité dans tous les muscles, par les agens ordinaires. On la développoit, sur-tout dans les muscles de la vie animale, par le galvanisme. Mais il m’a toujours été impossible de déterminer le moindre mouvement en armant, soit la moelle épinière et le cœur, soit ce dernier organe et les nerfs qu’il reçoit des ganglions par le sympathique , ou du cerveau par la paire vague. Cependant les excitans méchaniques , directement appliqués sur les fibres charnues , en occasionnoient la contraction. Cela tenoit-il à l’isolement d’avec le cerveau , où étoient depuis quelque temps les filets nerveux du cœur ? Mais alors pourquoi ceux des muscles volontaires , également isolés , se prêtoient - ils aux phénomènes galvaniques ? Au surplus , les expériences suivantes éclairciront ce doute. »

» i°. J’ai armé , de deux métaux différens ,

sur des chiens et sur des cochons d’Inde, d’abord le cerveau et le cœur, ensuite le tronc de la moelle épinière et ce dernier organe , enfin ce même organe et le nerf de la paire vague , dont il reçoit plusieurs nerfs. Les deux armatures étant mises en communication , aucun résultat sensible n’a été apparent ; je n’ai point vu les mouvemens se ranimer, lorsqu’ils avoient cessé, ou s’accélérer, lorsqu’ils continuoient encore. »

» 30. Les nerfs cardiaques de deux chiens ont été armés , dans leurs filets , tant antérieurs que postérieurs ; une autre armature a été placée sur le cœur , à sa surface tantôt interne, tantôt externe, quelquefois dans son tissu. La communication n’a pas non plus produit des mouvemens très-apparens. Dans toutes ces expériences, il ne faut établir cette communication , que quelque temps après que l’armature du cœur a été placée, afin de ne point attribuer au galvanisme , ce qui n’est que l’effet de l’irritation métallique.

» 4°. Humboldt dit que lorsqu’on détache le cœur promptement, et avec le soin d’y laisser quelques-uns de ses nerfs isolés, on peut exciter des contractions en armant ceux-ci d’un métal, et en touchant l’armature avec un autre métal : je l’ai inutilement tenté plusieurs fois ; cela a parft cependant me réussir dans une occasion. »

» 59. J’ai presque constamment réussi, au contraire, à produire des contractions chez les animaux à sang rouge et chaud, en leur arrachant le cœur , en le mettant en contact , par deux points différens , avec des métaux , et en établissant la communication. C’est le seul moyen, je crois, de produire sur cet organe, avec efficacité et évidence , les phénomènes galvaniques. Mais ce moyen, constaté déjà plusieurs fois, particulièrement par le C. Jaddot , ne prouve nullement ce que nous cherchons ici; savoir, s’il y a une influence directe exercée par le cerveau sur le cœur. »

» J’ai répété chacune de ces expériences sur le galvanisme un très. grand nombre de fois, et avec les plus minutieuses précautions. Quoique je n’aie pas obtenu les mêmes résultats, je ne prétends pas pour cela , comme je l’ai déjà dit , jeter des doutes sur la réalité des expériences qui ont offert des résultats différens à des physiciens estimables. On sait combien sont variables les effets de celles qui ont les forces vitales pour objet. Au reste, en admettant même les résultats différens des miens, je ne crois pas qu’on puisse s’empêcher de reconnoître que , sous le rapport de l’excitation galvanique , il y a une différence énorme entre les muscles de la vie animale, et ceux de la vie organique. Rien de

plus propre à faire reconnoître cette différen ce , dans les expériences sur le cœur et sur les intestins , que d'armer toujours, avec le même métal qui sert à l'armature de ces muscles, un de ceux de la vie animale , et d’établir ainsi un parallèle entre eux. »

» D’ailleurs, en supposant que les phénomènes galvaniques eussent , sur ces deux espèces de muscles, une égale influence , que prouveroit ce tait ? Rien autre chose , sinon que ces phénomènes suivent , dans leur succession , des loix toutes opposées à celles des phénomènes de l’irritation ordinaire des nerfs et des muscles , auxquels ces nerfs correspondent. »

II. Dans l’article XI , oii le C. Bichat traite de l’influence que la mort du cerveau exerce sur celle de tous les organes , qu’il divise en ceux de la vie animale , et en ceux de la vie organique , il examine d’abord si l’interruption des fonctions organiques, est un effet direct de la cessation de l’action cérébrale ; et après avoir prouvé , comme dans l’article précédent , par l’observation et l’expérience , que toutes les fonctions internes sont, de même que l’action du cœur, soustraites à l’empire immédiat du cerveau , et que, par conséquent, leur interruption ne sauroit immédiatement dériver de la mort de cet organe , après avoir établi solidement et

anatomiquement

anatomiquement, que les fonctions organiques ne sont point sous l’influence immédiate du cerveau , puisque la plupart des viscères , qui servent à ces fonctions , ne reçoivent point , ou presque point de nerfs vertébraux ; mais bien des filets de nerfs provenant des ganglions , comme on l'observe dans le foie , les reins , le pancréas , la rate, les intestins, etc. Il démontre la vérité du principe qu’il a établi par des expériences sur les animaux vivans.

« J’ai répété , dit-il , page 419, par rapport à l’estomac, aux intestins, à la vessie, à la matrice , etc. les expériences galvaniques , dont les résultats, par rapport au cœur, ont été exposés plus haut. J’ai armé d’abord , de deux métaux différens, le cerveau, et chacun de ces viscères en particulier : aucune contraction n’a été sensible à l’instant de la communication des deux armatures. Chacun de ces viscères a été ensuite armé en même-temps que la portion de la moelle épinière, placée au-dessus d’eux. Enfin, j’ai armé simultanément , et les nerfs que quelquesuns reçoivent de ce prolongement médullaire , et ces organes eux-mêmes : ainsi l’estomac et les nerfs de la paire vague , la vessie et les nerfs qu’elle reçoit des lombaires, ont été armés ensemble. Or , dans presque tous ces cas , la communication des deux armatures n’a pro- IIe. Partie. P

n6 HISTOIRE

duit aucun effet bien marqué; seulement dans le dernier, j’ai apperçu deux fois un petit resserrement sur l’estomac et sur la vessie. Dans ces diverses expériences, je produisois cependant de violentes agitations dans les muscles de la vie animale, que j’armois toujours du même métal que celui dont je me servois pour les muscles de la vie organique , afin d’avoir un terme de comparaison. »

» Dans tous les cas précédens , ce sont les diverses portions du système nerveux cérébral , qui ont été armées en même temps que les muscles organiques. J’ai voulu galvaniser aussi les nerfs des ganglions , avec les mêmes muscles. La poitrine d’un chien étant ouverte , on trouve , sous la plèvre, le grand sympathique, qu’il est facile d’armer d’un métal. Comme, suivant l’opinion commune , ce nerf se distribue dans tout le bas-ventre , en armant d’un autre métal chacun des viscères qui s’y trouvent contenus, et en établissant des communications , je devois espérer d’obtenir des contractions , à-peu-près comme on en produit en armant le faisceau des nerfs lombaires, et les divers muscles de la cuisse. Cependant , aucun effet n’a été sensible. »

» Dans notre manière de voirie nerf sympathique , on conçoit ce défaut de résultat. En effet , les ganglions intermédiaires aux organes gastriques,

DU GALVANISME. 227 et au tronc nerveux de la poitrine , ont pu arrêter les phénomènes galvaniques. J’ai donc mis à découvert les nerfs qui partent des ganglions, pour aller directement à l’estomac , au rectum , la vessie , et j ai galvanise , par ce moyen , ces divers organes. Aucune contraction ne m’a paru ordinairement en résulter : quelquefois un petit resserrement s’est fait appercevoir ; mais il étoit bien foible , en comparaison de ces violentes contractions , qu on remarque dans les muscles de la vie animale. Je ne saurois encore trop recommander ici de bien distinguer ce qui appartient au contact mécanique des métaux, d’avec ce qui est l’effet du galvanisme. »

» Ces expériences sont difficiles sur les intestins , a cause de la ténuité de leurs nerfs. Mais comme ils forment un plexus très - sensible autour de 1 artere mesenterique, qui va avec eux se distribuer dans le tissu de ces organes , on peut, en mettant cette artère à nu, et en l'entourant d’un métal , tandis qu’un autre est placé sur un point quelconque du tube intestinal , galvaniser également ce tube. Or , dans cette expérience, je n’ai pas obtenu davantage de résultat bien manifeste. »

>} Tous les essais precedens ont été faits sur des animaux à sang rouge et chaud; j’en ai tenté aussi d analogues , sur des animaux à sang rouge

et froid. Le cerveaü et les viscères musculeux de l’abdomen d’une grenouille , les mêmes viscères et la portion cervicale de la moëlle épinière, ont été armés en même temps de deux métaux divers : rien de sensible n’a paru , a 1 instant de leur communication ; et cependant les muscles de la vie animale entroient ordinairement alors en contraction , même sans être armés , et par le seul contact d’un métal sur l’armature du système nerveux. Ce n’est pas faute de multiplier les points de contact sur 1 es viscères gastriques, que le succès a pu manquer; car j’avois soin de passer un fil de plomb dans presque tout le tube intestinal, pour lui servir d’armature. »

» Quant aux nerfs qui vont directement aux fibres charnues des organes gastriques, ils sont si ténus sur la grenouille , qu’il est très-difficile de les armer. Le C. Jadelot a cependant obtenu , dans une expérience, un resserrement lent des parois de l’estomac , en agissant directement sur les nerfs de ce viscère. Mais ce resserrement , analogue, sans doute, à ceux que j’ai observés souvent dans d’autres expériences, ne peut être mis en parallèle avec les effets étonnans qu’on obtient dans les muscles volontaires , et il sera toujours vrai de dire que, sous le rapport des phénomènes galvaniques , comme sous tous

les autres , une énorme différence existe entre les muscles de la vie animale , et ceux de la vie organique. »

§. IV. Réflexions et observations du professeur Dumas . Après avoir démontré (1) l’existence du fluide électrique , contenu dans toutes les parties du corps humain , et principalement dans les nerfs et le cerveau ; après avoir prouvé que , tendant toujours à se mettre en rapport avec celui que les corps environnans possèdent , il est lui-même la cause physique de tous les phénomènes d’électricité , dont l’homme sain et l’homme malade peuvent être le sujet; après avoir dit, sans adopter les faits miraculeux de guérison , à l’aide desquels de mauvais physiciens, étrangers à la médecine, impriment de gros livres , qu’il est impossible de ne pas comprendre ce moyen puissant d’excitation nerveuse , parmi ceux dont l’art se promet beaucoup de succès et d’avantages dans le traitement des affections paralytiques et convulsives , le C. Dumas ajoute qu’il faut rattacher au même principe le nouvel ordre de phénomènes que les expériences de Galvani , de Valli , de Vacca Berlin ghieri , H umboldt , de F ow 1er , de Wells , et autres , nous ont dévoilé.

(ï) Principes de physiologie , tome II , page 3 1 2.

« N’a-t-on pas vu , dit M. Dumas , les mouve- » mens produits dans les muscles, par l’action » des nerfs soumis aux influences métalliques , » suivre à-peu-près des loix communes avec les » effets ordinaires de l’électricité ? On connoissoit » depuis long-temps , la sensation désagréable » qu’on imprime à la langue , par le contact de » deux métaux diflerens. Hunur avoit annoncé » qu’en plaçant un métal sur la lèvre supérieure , » et un autre sur la langue , on procure la sen- » sation d’un éclair, qui s’étend à toute la face. » Ces faits , perdus pour les physiciens , dévoient » les mettre sur la voie d’une découverte dont » l’utilité et l’importance physiologiques n’éga- » leront peut-être jamais tout le bruit qu’elle » a fait dans le monde littéraire. Je parle » de ce procédé expérimental qui consiste à » exciter faction des forces sensitives et mo- » trices , par l’intermède des métaux ; procédé » pour lequel on a d’abord imaginé un agent in- » visible , une cause nouvelle , et qui cependant » paroît n’être qu’un moyen d’expérimenter de » plus, ajouté à tant d’autres, sur un ordre de » phénomènes anciennement connus. »

La conséquence générale qu’ont toujours déduite les physiciens d’Italie , d’Allemagne , de France et d’Angleterre , après avoit répété les expériences de Galvani , a été que l’influence

métallique ne se porte sur les muscles , qu’après s’être communiquée aux nerfs, conclusion qui est dictée par les effets que les parties nerveuses et les organes des sens éprouvent dans les expériences du galvanisme ; ce qui prouve la vérité de cette conclusion, suivant Dumas, c’est Humboldt assure

qu’il est impossible de déterminer des contractions, dans un morceau de muscle préparé de manière à n’y laisser aucune ramification nerveuse. Cependant il est de fait , que les seules armatures musculaires ont paru quelquefois efficaces; ce qui seroit une preuve de l’irritation indépendante des nerfs ; ce qui seroit également vrai , si on n’étoit pas sûr que cette irritation peut s’étendre jusques dans le tissu intérieur des organes , ou les nerfs sont cachés. Au surplus , nous pensons , avec le célèbre professeur de Montpellier , qu’il y auroit de la témérité à circonscrire , dans les fibres nerveuses et sensibles , l’impression du stimulus métallique, parce qu’indépendamment de plusieurs argumens rationels qui prouvent contre cette assertion , les expériences faites par Fowkr semblent démontrer que l’action du galvanisme se rapporte pour le moins autant au système vasculaire, qu’au système nerveux.

Au sujet de l’opinion d 'Humboldt et de Fowkr , qui ne pensent pas que le galvanisme et l’électricité conservent une exacte ressemblance , et qui

penchent vers l’idée séduisante que les effets du premier sont dûs à une propriété nouvelle et jusqu’ici ignorée des métaux , « je demande , dit » Dumas , oii s’arrêtera-t-on , si l’on se permet » autant de conjectures, autant de principes, qu’il » se présente de faits à expliquer ? S’il est vrai , » ajoute-t-il , comme ces physiciens le préten- » dent, que l’électricité et le galvanisme soient » deux causes de phénomènes séparées, distinctes, » on doit attendre du progrès de nos connois- » sances , qu’elles seront un jour réunies et con- » fondues en une troisième cause , qui les em- » brassera toutes deux , et produira ses effets par » des modifications différentes. »

§. V. Expériences , observations et résumé sur le galvanisme , par le C. Richerand. Voici d’abord une note sur la susceptibilité galvanique , dans les animaux à sang chaud , qui appartient à cet auteur , et qui est tirée des mémoires de la société médicale d’émulation (i). Dans les derniers mois

(i) Tome III, page 311. On trouvera peut-être que cette note eût été mieux placée à la suite des matières traitées chapitres III et VI ; mais nous avons cru ne pas devoir la séparer des nouvelles idées sur le galvanisme , que vient d’émettre le C. Richerand , dans son traité de physiologie , récemment publié.

de l'an 6 , le C. Richerand commença , à l’hospice de la Salpétrière , en présence du C. Pinel , professeur de l’école de médecine , une suite d’expériences tendantes à confirmer la théorie de Milman , sur le scorbut et sur les fièvres putrides. Le principal caractère de ces affections , est une diminution extrême de la faculté contractile dans les muscles , destinés aux fonctions vitales et aux mouvemens volontaires ; ce qui avoit fait présumer que , dans les cadavres des sujets morts de ces maladies , les muscles répondroient mal au stimulus galvanique. On pensoit, au contraire, que la susceptibilité galvanique devoit être plus marquée et plus durable, sur les sujets morts d’affections inflammatoires. Les expériences dont le C. Richerand rapporte les résultats , ont eu pour objet de décider quel degré de confiance méritoient ces conjectures.

« Quelle que soit , dit-il , la maladie dont ait » péri l’individu, la faculté contractile est égale- » ment éteinte dans tous les organes musculaires , » lorsque le temps nécessaire pour constater la » mort , s’est écoulé. J’ai pris indistinctement des » cadavres de tout âge , de tout sexe , dont les » sujets étoicnt morts d’affections scorbutiques ou » inflammatoires : j’ai appliqué sur les parties » nerveuses et musculaires , les métaux les plus » excitateurs, tels que le zinc et l’étain; j’ai mis

» ces métaux en contact par de larges surfaces , » et je n'ai pu obtenir une seule contraction. » J’ai réitéré les mêmes essais à l’hospice de » l’Unité , sur un plus grand nombre de cadavres. » J’ai inutilement arrosé les muscles avec l’acide » muriatique oxigéné , si propre , selon Humboldt , » à ranimer leur action foible et languissante. » Un jeune homme tomba du toit d’une maison » fort élevée, se fractura le crâne, les cuisses et » les deux bras : le foie fut déchiré : la veine » cave abdominale fut rompue , et il y eut , dans » le bas-ventre, un grand épanchement de sang; » enfin le blessé mourut sur la place ; ce qui n’em- » pêcha pas de le porter à l’Hôpital de la Charité. » La chaleur vitale n’étoit pas encore éteinte : » cependant les muscles ne répondoient pas au » stimulus galvanique. Plusieurs animaux à » sang chaud, mis à mort, mais dont le cœur » battoit encore, et dont la chaleur vitale n’étoit » pas notablement diminuée , ne présentèrent au- » cuns phénomènes galvaniques, quoiqu’on n’eût » rien omis pour les déterminer. La vie de tous » ces animaux s’est terminée par des mouvemens » convulsifs plus ou moins intenses , plus ou » moins répétés , suivant leur âge , leur force et » leur grosseur. »

D’après ces observations, n’est -il pas probable que tout ce qui reste d’irritabilité musculaire

aux approches de la mort, se consume dans ces derniers actes de la force vitale ? Grimaud avoit observé que la plupart des maladies mortelles se terminent par des mouvemens convulsifs , à moins que les malades ne soient affoiblis par une diète trop prolongée, ou par une extrême vieillesse ; comme si, selon l’idée de S thaï, chaque animal avoit reçu de la nature la somme ou la quantité de mouvemens nécessaires au développement de sa vie entière , comme si ces mouvemens se pressoient rapidement et tumultueusement , quand le terme en est rapproché par une cause accidentelle.

Si l’on extirpe un membre sur un animal vivant, les muscles sont sensibles à l’action du stimulus galvanique : ils y sont insensibles, lorsque cette extirpation est faite , après les mouvemens convulsifs par lesquels se termine leur agonie. On amputa une cuisse pour une maladie de l'articulation du genou : les muscles de la jambe et les nerfs sciatiques - poplités furent mis à découverts immédiatement après l’opération : alors les phénomènes galvaniques se manifestèrent très-sensiblement , et l’application des métaux les détermina, jusqu’à l’extinction complète de la chaleur vitale.

» Ces faits semblent prouver , dit Richerand , que la contractilité musculaire se consomme par les

mouvemens convulsifs , au milieu desquels les animaux à sang chaud rendent les derniers soupirs. Si, dans ceux à sang froid , la contractilité est plus vive et plus durable ; si , long-temps après la mort et même jusqu’au moment où la putréfaction commence , cette propriété peut être mise en action par les stimulus galvaniques , n’est-ce point parce que chez ces animaux la vie est moins une, parce qu’elle est plus partagée dans différens organes, qui ont moins besoin d’agir les uns sur les autres , pour l’exécution de cet étonnant phénomène ? »

L’irritabilité est trop durable chez l’homme , pour que ' les expériences galvaniques tentées après sa mort , puissent fournir quelques lumières sur l’affoiblissement plus ou moins considérable de cette propriété vitale , dans les diverses maladies. Les auteurs, qui ont avancé que la susceptibilité galvanique est plutôt éteinte dans les sujets morts d’affections scorbutiques, que dans ceux qui ont succombé à des maladies inflammatoires , ont donc hasardé une conjecture trèsprobable , mais que l’expérience ne confirme pas : passons au résumé du C. Richerand sur le galvanisme.

Dans un ouvrage consacré spécialement à la physiologie (1), ouvrage dont tous les jour-

(1) Nouveaux élémens de physiologie, par Anthclmc Richerand , chirurgien en chef adjoint à l’hôpital du Nord

naux ont parlé avec éloge , il n’étoit pas possible que l’auteur ne destinât pas un article particulier au galvanisme. C’est aussi ce qu’a fait le C. Richerand , et voici comme il trace en peu de mots les progrès jusqu’à ce jour de cette étonnante découverte.

« Le nom d’électricité animale fut bientôt , dit-il ,

de Paris , professeur d’anatomie et de physiologie, in-8°. , an 9. Voye{ l’extrait que j’ai donné de cet ouvrage , n°. 2 de la Décade philosophique , an 1®. La vérité de la remarque que j’ai faite alors , et que je crois devoir rapporter de nouveau, se confirme tous les jours déplus en plus , et l’époque de cette remarque sera pour nos neveux un sujet d’étonnement et d’admiration.

On s’est plaint , et avec raison , que la révolution avoit nui aux sciences et aux arts ; mais on n’a guère fait attention aux effets merveilleux qu’elle a quelquefois produits, dans ce même genre; et parmi ces effets, nous pouvons ranger ceux qui ont eu la médecine pour objet. N’a-t-on pas vu , presque à toutes les époques de la révolution , de jeunes médecins et de jeunes chirurgiens , se distinguer à l’envi dans les différentes branches de l’art de guérir , et nous prouver que le savoir , même profond , est de tout âge ? A-t-on jamais vu paroître , en aussi peu de temps, un aussi grand nombre d’ouvrages, jugés bons et utiles par les maîtres eux-mêmes , quoique ces ouvrages eussent pour auteurs des jeunes-gens , dont la plupart n’avoient pas encore atteint leur sixième lustre ? Alibtrt , Bichat , Bertin , B ut et , Duméril , Dupuytren ,

changé en celui d'irritation métallique , irraaimn* tum metalLorum ; dénomination essentiellement vicieuse , puisqu’elle tend à faire croire que l’irritation par les métaux, peut seule déterminer les phénomènes galvaniques; tandis que le charbon, l’eau et beaucoup d’autres substances, peuvent également les produire, comme on l’a vu dans le résumé des expériences galvaniques (i). On a aussi renonce au nom d’électricité animale, quoiqu’il y ait une grande analogie entre les effets de l’électricité et ceux du galvanisme, pour éterniser la mémoire du premier observateur de ceux-ci. »

Richerand expose ce qui est nécessaire pour opérer les effets, pour former un cercle galva-, nique complet. Il décrit les expériences qu’on peut faire sur soi-même , celles qu’a faites Hum boldtj et la manière de construire l’arc excitateur. Il fait voir les rapports qu’il y a entre la

Giraud , Husson , Jadelot , Moreau , Rlbes , Richerand , etc. etc. , vous qui cultivez , avec tant d’ardeur et de succès j l’anatomie , la physiologie , la médecine , et toutes les parties qui en dépendent, recevez ici le juste tribut d eloges qui vous est dû ; rendez-vous toujours dignes . par vos utiles travaux , de l’estime et de la reconnoissanc'. de vos concitoyens !

(i) Voyei le chap. précédent, §. III.

DU GALVANISME. i39

susceptibilité galvanique et l’irritabilité musculaire : il fait voir que la première s’éteint dans les muscles des animaux à sang chaud, à mesure que la chaleur vitale se dissipe , et qu’elle est plus durable dans les animaux à sang froid. Il rapporte sur-tout les faits suivans , que peu de personnes en France connoissent , et qui lui ont été communiqués par le professeur Pfaff, celui dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parler dans cette histoire; celui de tous les savans d’Allemagne , qui , après Humboldt , s’est occupe avec le plus de succès des expériences sur le galvanisme.

» La chaîne galvanique ne produit des actions sensibles , c’est-à-dire des contractions , qu’au moment ou on la ferme , en établissant communication entre les parties qui la constituent. Pendant qu’elle est fermée , c’est-à-dire , pendant tout le temps que la communication reste établie , tout paroit tranquille , quoique l’influence galvanique ne soit pas suspendue. En effet, l’excitabilité se trouve notablement accrue ou diminuée, dans les muscles restés long-temps dans la chaîne galvanique, suivant la différence de la situation réciproque des métaux associés. Si on a appliqué l’argent aux nerfs , et le zinc aux muscles , l’irritabilité de ceux-ci s’accroît en proportion du temps qu’ils sont restés dans la chaîne. Par ce

24o HISTOIRE

moyen , on revivifie en quelque sorte des cuisses de grenouille , qui obéissent ensuite à des stimulus, qui avoient cessé de les émouvoir. En distribuant les métaux d’une manière inverse , c’est-à-dire, en appliquant le zinc au nerf, et l’argent aux muscles , on observe un effet toutà-fait opposé , et les muscles qui d’abord furent introduits dans la chaîne , avec l’irritabilité la plus vive , paroissent entièrement paralysés , s’ils sont restés long-temps dans cette situation.»

» Cette différence dépend bien évidemment de la direction du fluide galvanique , déterminé vers les nerfs ou vers les muscles , suivant la manière dont les métaux sont disposés. Elle est importante à connoître, pour l’application des moyens galvaniques à la guérison des maladies. Dans le cas oîi il s’agit d’exalter l’irritabilité affoiblie , il vaut mieux employer l’influence tranquille et permanente dans la chaîne galvanique fermée , en distribuant l’argent et le zinc, de manière que le premier de ces deux métaux soit plus près de l'origine des nerfs , et que l’autre pose sur les muscles dont on veut réveiller l’action engourdie ou totalement suspendue, que faire usage de l’influence soudaine, passagère et instantanément stimulante. »

Richerand termine son article du galvanisme , par la description de l’appareil de Volta , et par l’explication qu’a donnée le C. Fourcroy , de la

manière

DU GALVANISME. î4ï

manière dont cet appareil agit pour opérer l’oxidation et le dégagement du gaz hydrogène. II attribue ce phénomène à la décomposition de l’eau par le fluide galvanique , qui abandonne l’oxigène au fil qui touche l’extrémité positive de l’appareil , puis conduit l’autre gaz , d’une manière invisible , à l’extrémité de l’autre fil , pour l’y laisser dégager. Cette opinion , appuyée d’un grand nombre d’expériences , rapportées dans un mémoire présenté à l’Institut national , est, de toutes les opinions jusqu’ici proposées, celle qui paroît la plus probable.

§• VI. Besembung ciner neuen galvanich-chemische , etc. c’est-à-dire , description d’un nouvel appareil gai vanico- chimique, et des expériences auxquelles il a servi , par P. L. Simon , professeur de l’académie d’architecture de Berlin , extrait du journal de physique publié en allemand, par M. L. W. Gilbert , année 1801, 5e. cahier, et inséré dans les annales de chimie, n°. 121 , pag.

(1) Les rédacteurs des Annales , avertissent le lecteur que cet extrait leur a été communiqué par M. Frkdlander , avec plusieurs autres notices de mémoires et d’observations sur le même sujet , qu’ils donneront successivement. En effet, il y a, dans le 6e. cahier du journal de Gilbert,

IIe. Partie. q

M. Simon a perfectionné les appareils dont s’est servi M. Ritter , pour examiner les gaz qui se dégagent des deux fils de la pile de V olta , en les introduisant dans des tubes remplis de différentes liqueurs. La description la plus exacte que nous ferions ici des pièces du nouvel appareil de M. Simon , ne vaudroit pas un coupd’œil jetté sur la planche qui l’accompagne , et qui en fera beaucoup mieux comprendre la construction et le jeu. Contentons-nous d’exposer les résultats des expériences auxquelles a servi cet appareil.

M. Simon versa , dans l’un des côtés d’un tube, de l’acide sulphurique concentré , et de l’autre côté , de l’eau pure. Les fils étoient d’or : celui du côté de l’argent de la pile se trouvoit dans l’acide sulphurique, et celui du côté du zinc dans l’eau. La colonne étoit composée de 50 couches. Il y eut

dix mémoires , dont cinq ont rapport au galvanisme. Ceux-ci contiennent ,1e 1er. , des observations deM. Bockmann , sur les effets de l’électricité galvanique, produits par la pile de Volta ; le 2e. , des observations de M. Ar nim , sur cette pile ; le 3e. , des remarques de M. Ertnan , de Berlin , sur les phénomènes électroscopiques de la même pile ; le 4e. , quelques expériences faites avec cette pile , par M. Gruner; le ^c., enfin, des observations sur ces expériences, par M. Pfeff*

au premier moment un développement de gaz des deux côtés ; mais il cessa bientôt du côté de l’acide sulphurique , oii on observa un précipité blanc. Après 24 heures, il y avoit un 0,16 pouce cubique d’air dans le tube du côté de l’eau : c’étoit du gaz oxigène. En ouvrant le tube du côté de l’acide sulphurique , on observa l’odeur de l’hydrogène sulphuré, et le précipité jaune étoit du soufre. Lorsqu’on prit des fils de platine, au lieu d’or, il y eut, des deux côtés, développement d’air, sans aucune précipitation de soufre. Après 24 heures, il parut du côté du zinc 0,70 pouce cubique d’oxigène, et de l’autre 1,42 d’hydrogène.

Un tube courbé, rempli d’acide sulphurique et d’eau, étant exposé à l’action de la pile, de manière que le fil d’or, du côté du zinc, se trouvoit dans l’acide, et l’autre, du côté de l’argent, dans l’eau , il y eut développement d’air des deux côtés. Le côté du zinc prit une couleur émeraude, qui se changeoit à la fin en jaune d’or. Après 24 heures, il y avoit 5,4 pouce cubique de gaz du côté de l’acide sulfurique, et 2,04 de l’autre : le premier étoit du gaz oxigène, et le second du gaz hydrogène , etc.

En employant le fil de platine, il y avoit, après 48 heures , 0,74 pouce cubique d’oxigène du côté du zinc, et 1,77 d’hydrogène du côté de

l’argent. Le tube courbé , rempli d’acide sulphurique , fut exposé à l’effet de la pile , et ne produisit ni gaz, ni autre chose; le fil étoit d’or. On prit des fils de platine au lieu d’or : il y eut développement de gaz de deux côtés, et précipitation de soufre. On trouva, après 71 heures, 1,14 pouce cubique d’hydrogène sulfuré d’un côté, et 0,48 d’oxigène du côté du zinc.

On versa , dans le tube courbé , du sulfure d’ammoniaque ; les deux fils étoient de platine. Il y eut développement de gaz très-lent du côté du zinc; il y avoit aussi précipitation de soufre. Le côté de l’argent avoit donné , après 48 heures , 1,90 pouce cubique d’hydrogène sulfuré ; du côté du zinc, 0,57 d’oxigène. Le sulfure d’ammoniaque , du côté du zinc , étoit converti en acide sulphurique , et ne changea pas la couleur violette du caméléon minéral ( nitrate de manganèse ); mais la couleur changea tout de suite du côté de l’argent. L’auteur a toujours employé des fils d’or; mais il prétend qu’on peut aussi bien se servir de fils d’argent dorés.

Deux tubes , étant remplis d’eau distillée , et unis en bas par quelques fibres de viande maigre , puis fermés en haut par des bouchons qui recevoient des fils d’or , on observa , des deux côtés , développement de gaz, qui cessa cependant du côté du zinc, au moins à l’endroit des fils; car

il y avoit beaucoup do développement de biules dans plusieurs parties du fluide. Apres 24 heures, l’eau du côté du zinc étoit devenue de couleur jaune d’or, et donna, après 72 heures, 1,1 pouce cubique d’oxigene, et du cote de 1 argent , 2,84 pouce cubique d’hydrogène. Le fluide de couleur jaune , du côté du zinc , sur lequel le bouchon étoit blanchi, avoit une odeur d acide muriatique oxigéné. 11 rougit le tournesol , et produisit de l’effervescence avec le carbonate de potasse. La liqueur ayant été neutralisée , et évapo* rée à siccité , puis redissoute , il resta un peu d or ÿ et la lessive filtrée , mise à crsitalliser , donna de petits cubes : quelques cristaux, au bord du vase, étoient terminés en pointes. Les cristaux décrépitoient au feu , et leur solution précipita le muriate d’argent : ils ressembloient tout-à-fait au muriate de potasse. Il y avoit donc de l’acide muriatique du côté du zinc , peut être mêlé d’acide nitrique. En ouvrant le tube du côté de l’argent, on sentit l’odeur de l’ammoniaque, et le fluide, saturé avec l’acide muriatique , donna tout de suite du muriate d’ammoniaque.

Deux tubes , ayant été remplis de la même manière, l’un avec de l’eau , l'autre avec une dissolution de carbonate de potasse , lorsque le fil d’or du côté de l’eau fut en contact avec l’argent de la pile , on observa développement de gaz des deux

fils; il y eut, après 72 heures 2,1 pouce cubique d’hydrogène du côté de l’argent, et 1,76 pouce cubique du côté du zinc. Le dernier a été recueilli dans un tube rempli de mercure : il contenoit 76 parties de gaz carbonique, et 100 de gaz oxigène.

La lessive du carbonate alcalin ne se trouva pas seulement neutralisée , mais même sur-saturée d’acide : elle avoit pris une couleur jaune d’or , et rougissoit le tournesol ; le bouchon du tube étoit fortement blanchi ; l’acide , qui étoit en excès , fut saturé avec le carbonate de potasse : il y eut effervescence, qu’on chercha à favoriser par la chaleur. L'or se sépara de la liqueur , qui cristallisa en cube , et qu’on trouva , à l’examen , être du muriate de potasse. La liqueur du second tube, qui donnoit l’odeur de l’ammoniaque , fut saturée d’acide muriatique , et forma du muriate d’ammoniaque.

La même expérience a été répétée avec des fils d’argent ; la pile étoit composée de soixantedouze couches. Après soixante-douze heures , il y avoit développement de gaz des deux côtés , qui cessa cependant bientôt du côté du zinc. Le tube du côté de l’argent , contenoit 0,88 pouce cubique d’hydrogène. Le côté de l’alcali n’a subi aucun changement : peut-être avoit-il perdu un peu d’acide carbonique ; mais le fil du côté de

l’argent , étoit environné d’une masse noirâtre très-cassante. Cette incrustation pouvoit être enlevée entièrement en forme de tube ; en la faisant rougir foiblement , elle devint blanche ; exposée au chalumeau , elle fondit en globules d’argent; dissoute dans l’acide nitrique, elle donna de l’efFervescence , et troubla l’eau de chaux qui l’absorba. C’étoit donc du carbonate d’argent. Le fluide de l’autre côté, contenoit de l’ammoniaque en moindre quantité.

L’auteur a cherché , dans d’autres expériences, à éviter tout-à-fait l’emploi de la viande. Deux tubes étoient fermés en bas par des bouchons de charbon , fixés avec de la cire d’Espagne : il y avoit en haut des fils d’or, mais le développement du gaz étoit très-foible , à la distance de trois-quarts, et même encore à celle d’un huitième de pouce ; cela alloit un peu mieux , lorsqu’on aiguisoit davantage la pointe du bouchon ; mais dans ce cas , le bouchon de charbon développpoit de l’air. Il falloit donc renoncer à se servir de charbon. L’auteur employa aussi des bouchons ordinaires , qu’il imprégnoit d’eau sous la cloche de la pompe à air. L’effet étoit également défavorable. Il substitua le graphit anglois (plombagine); il étoit bon conducteur, mais il fut décomposé. L’auteur s’étant servi , à la fin , du second tube , il observa un développement

de gaz dans les deux tubes. Il y eut 2,94 pouces cubes de gaz oxigène, et 6,07 d’hydrogène. Il y avoit , du côté de l’argent de la pile , du pourpre d’or , et l’eau de ce côté , changeoit le papier rougi du tournesol en bleu ; ce qui indiquoit un alcali : mais il n’y avoit pas un autre moyen de le reconnoître. L’eau de l’autre côté du tube n étoit pas changée ; au moins il n’y avoit aucune trace d’acide. Il sembleroit donc que la viande avoit contribué à produire l’acide muriatique , dont l’apparition avoit jusques-là paru inexplicable à M. Simon. Il a aussi trouvé que , quand on se sert de la viande au lieu du drap mouillé, pour construire la pile, on peut, après quelques jours, en retirer, par lixiviation, du muriate d’ammoniaque ; car ces lessives donnent, dans la solution d’argent par l’acide nitrique , un précipité de muriate d’argent , et l’odeur de l’ammoniaque avec la potasse.

§. VII. Faits particuliers , et notes sur le galvanisme. i°. Note du C. Dupuytren , chef des travaux anatomiques de l’école de médecine de Paris, sur les pages 303 et 3 18 de la traduction de l’ouvrage d 'Humboldt, relativement aux usages des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs (1).

(1) Le C. Dupuytren ne m’a communiqué que depuis peu le détail, qu’on va lire, de ses réflexions et expériences.

DU GALVANISME. i49

u Des irritations galvaniques , dit cet habile anatomiste , exercées sur certains nerfs , pouvoient fournir des données importantes sur leur usage propre , dans les parties auxquelles plusieurs se distribuent a-la-fois. Déjà Humboldt a voit entrevu cette application aussi nouvelle qu’importante : je 1 ai faite d une maniéré plus particulière , aux nerfs que la langue reçoit du trifacial ( 5 e. paire) et du sous-lingual ( 9e. paire du grand hypoglosse ). »

m ” Le tronc du nerf trifacial étant armé à l’intérieur du crâne sur un chien mort tout récemment , ainsi que les muscles du front, de la face , de la rempe et de la langue , auxquels il va se distribuer , on voit , sitôt qu’un seul ou plusieurs conducteurs sont établis entre l’armature du nerf, et un ou plusieurs des muscles auxquels il se distribue, ces derniers entrer tous en contraction, excepté ceux de la langue , qui seuls restent immobiles , au milieu du mouvement convulsif général dont les autres sont agités. »

» Si l’on arme, au contraire, le sous-lingual et les muscles de la langue , et qu’on établisse une communication entre ces deux armatures, les muscles de la langue se contractent aussitôt, et chaque fois que le contact est renouvelé. »

» Quand on pense que toute irritation galvaruque, exercée sur un muscle du mouvement

volontaire et sur le nerf qui s'y rend , détermine constamment des contractions du premier, et que la langue n’offre que des mouvemens volontaires , il est bien difficile de ne pas regarder comme démontré , que le nerf sus-lingual du trifacial sert uniquement à la sensation du goût , et que le sous-lingual , ou le grand hypoglosse , sert aux mouvemens de la langue. La conséquence de cette double expérience, peu importante par rapport à ces deux nerfs , dont elle ne fait que confirmer les usages respectifs, déjà présumés depuis longtemps , en fait espérer une autre plus générale ; c’est-à-dire , que l’irritation des nerfs , qui sont les agens du sentiment dans nos organes , ne produit pas plus des contractions dans les muscles qui font partie de ces organes, que n’en produit l’irritation des nerfs qui se distribuent aux muscles du mouvement volontaire. »

» On conçoit que ce principe , une fois établi , seroit d’une grande utilité pour la recherche des usages particuliers des nerfs qui se distribuent aux divers organes des animaux (i). »

(i) Nous croyons qu’on peut ajouter que la connoissance bien acquise des usages de ces nerfs, faciliteroit beaucoup l'application des expériences galvaniques à l’art de guérir , et ne contnbueroit pas peu a leur efficacité. Cette îdce sera plus développée dans le chapitre XIX.

2°. Effets présumes du galvanisme dans le régne minerai , par le C. Guy ton (1). Ce célébré chimiste a donné la description d’une mine d’antimoine nouvellement découverte dans la province de Galice , et dont il lui avoit été adressé des échantillons par l’inspecteur-général dps mines de l’Andalousie , Dota Antonio Angulo. L’analyse lui démontra bientôt que le métal y étoit à l’état d’oxide; mais la structure de ce minéral, son tissu intérieur, des stries bien caractérisées, des parties conservées avec le brillant métallique, annonçoient aisément que c’étoit un passage de sulphure à l’oxide, sans altération de forme. Il devenoit donc important de découvrir comment ce changement avoit pu s’opérer.

Le C. Guyton a essayé toutes les substances, simples ou composées, que l’on pouvoit présumer existantes dans les entrailles de la terre, afin d’imiter , dans le laboratoire , ce travail de la nature. Le sulfure d’antimoine, soit natif, soit artificiel , a résisté a ses nombreuses tentatives.

Il imaginoit bien que la décomposition de l’eau devoit jouer le principal rôle dans cette opération , et meme qu’elle présentoit le seul moyen

(1) Voyei Magasin encyclopédique, n°. XI, brumaire an 10, page 405 , et le journal de physique , tome LUI,page 396.

de concevoir cette altération , parce qu’elle devoit en meme-temps fournir l’oxigène et enlever le soufre par l’hydrogène. Mais il falloit décou- ' vrir ce qui avoit pu déterminer cette décomposition.

Le C. Guyton% est arrivé , par exclusion , à la considérer comme le résultat lent et progressif des affinités, mises en jeu par le fluide galvanique. Le rapprochement de ce qui se passe dans les expériences , oii les métaux s’oxidcnt spontanément par l’interposition de l’eau, lui paroît donner une grande probabilité à cette explication. Il la fortifie de plusieurs exemples de transformations analogues , particulièrement de celle de la pyrite de Bere^of, qui passe à l’état d’oxide en conservant les stries en trois sens du sulphure primitif : il rappelle les observations nombreuses par lesquelles le C. Haïiy a prouvé l’influence d’une électricité souterraine dans les minéraux. Il ne doute pas que cette nouvelle vue n’étende le champ de la minéralogie , en nous montrant la nature dans un travail continuel, agissant à la fois sur les masses et sur les molécules intimes , par des attractions de choix , et indépendamment de toute percussion ; de sorte que ce fluide subtil prendra, suivant le C. Guy ton, le premier rang parmi les substances qu’on a décorées du nom pompeux de miner alisauur.

DU GALVANISME. 2î3

3 °.. Expériences galvaniques parM. Trommsdorff( i ). L’auteur ayant construit une pile de 180 couches, cuivre, zinc et carton mouillé, obtint de violentes secousses et de très-fortes étincelles. Après avoir opéré , à l’aide de cet appareil , le

dégagement des gaz hydrogène et oxigène, ainsi

que l’oxidatton et la désoxidation des métaux, il y soumit différentes substances métalliques , entre autres les métaux non oxidables à l’air : tous s’enflammèrent ; une feuille d’or fin , mise en communication avec l’extrémité de la pile terminée par le zinc, brûla, en pétillant et en répandant une vive lumière. Une feuille d’argent brûla avec une flamme bleue, le cuivre jaune avec une flamme bleue rougeâtre, le cuivre rouge avec une flamme bleue d’émeraude , le

zmc avec une flamme bleue-blanchâtre , l’étain avec une flamme blanche-rougeâtre , etc. : il faut pour cet effet que les métaux soient en lames tres-minces. Cependant M. Trommsdorfne doute pas qu’en augmentant la force de l’appareil , on ne parvienne à les faire brûler en plus grandes masses. En opérant l’oxidation des métaux, dits nobles, dans des sphères creuses de verre,

e(l) Von CrelI’s chemische Annal en , année 1801 ,

4 • cah. , page 337. Extrait du Journal de chimie de Va* Mous, à Bruxelles , tome Ier., pag. 4I,

î54 HISTOIRE

le métal se consume en entier, et va tapisser

les parois internes de la sphère.

M. Trommsdorff fait construire en ce moment un appareil de cinq à six cents couches.

Dans une lettre datée d’Erfort, du 1 6 mars ï8oi , M. Trommsdorff s’exprime ainsi, sur la résolution de l’eau en gaz oxigène et hydrogène par le fluide galvanique (i). « Le gal- » vanisme nous occupe d’une manière parti- » culière , en Allemagne. M. Ritter , jeune » homme rempli de talens , se livre entière- » ment à cette partie de la physique , et » fait, sur cet objet, des expériences extrême- » ment ingénieuses. Il croit pouvoir prouver à » l’évidence que l’eau est un corps simple, et » le professeur Pfaff prétend avoir transformé » ce liquide en une quantité correspondante, » soit de gaz oxigène, soit de gaz hydrogène. » Ce qui est sûr, c’est que l’effet du dégage- » ment , ou , si l’on veut , de la génération du » gaz oxigène, est tout-à-fait indépendant de » la génération du gaz hydrogène. Ma pile » est très - active , et consiste en plaques ou >» disques de zinc et de cuivre , et en rondelles » de papier imbibées d’eau salée. Il importe » beaucoup que la pile soit bien isolée , et sur-

(i) le Journal cité, page 98,

» tout qu’il ne coule pas de liquide sur les bords » des disques. Cependant, quoique je ne puisse » pas me rendre une raison suffisante des effets » de la pile de V ilta , je suis loin de conclure, » avec Ritter et Pfaff \ que l’eau est une subs- » tance indécomposée , et que la ruine du ma- » gnifique édifice de la chimie moderne doit » être une suite inévitable de leurs expériences. »

4°. Extrait d'une lettre de M . Rouppey de la Haye 28 août i Soi. « J’ai reconnu, diteephy- » sicien (1), que l’intensité de la commotion » galvanique est en raison de la surface des » mains et des bras mouillés par de l’eau sa- » lée. »

50. Volta croit pouvoir conclure, de certaines expériences faites avec sa pile, que les métaux s’oxident, tantôt en s’appropriant l’oxigène de l’eau, tantôt en se combinant avec ce liquide indécomposé. Les oxides de ces deux oxidations sont distincts, sur -tout par la différence de leur couleur (2).

6°. M. Von Hauch a lu devant l’académie des sciences de Copenhague , un mémoire dans

(1) Journal de chimie de Van Mons , tome I«r.3 pages 106 et 108.

(2) Annali di Brugnatelli, tome XVIII.

lequel il prouve que la prétendue totale conversion de l’eau en gaz, soit oxigène, soit hydrogène , à l’aide de la pile galvanique , loin de détruire, comme le prétend M. Ritter , la théorie de la composition de ce liquide , fournit au contraire un nouveau fait qui la confirme (i).

70. Extrait d'une lettre, de M. Vas salit - Eandi , sur le fluide galvanique. « J’ai fait, dit cet habile phy- » sicien (2) , des expériences sur le galvanisme, » dans lesquelles j’ai décomposé l’acide nitrique » le plus concentré , et l’alcohol. Je me suis » servi de fils de platine, qui passoient tous » deux par le même bouchon, ce qui rend » l’expérience bien plus commode. J’ai égale- » ment observé que les huiles, même les plus » déliées, résistent au passage du fluide galva- » nique. »

8°. Nous avons parlé, dans la première partie de cette histoire, p. 314 et suivantes, d’un appareil ingénieux dû à M. Cruisckank , dans lequel, en distribuant sur un plan les élémens de la pile galvanique , on obtient , d’un côté , l’aigrette, et de l’autre le point lumineux, qui servent à distinguer facilement l’électricité positive de celle négative.

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(1) Journal de chimie de Van Mous , t. Ier., p. 109.

(2) Journal de physique, frimaire an 10, p. 476.

Il y a, du même physicien, dans le journal ^fe chimie de A4. Van d\dons un extrait de ses expériences et observations sur quelques effets chimiques de l’électricité galvanique.

Ces expuiences sont absolument les mêmes , à quelques légères différences près, que celles rapportées dans la bibliothèque britannique excepté qu’elles étoient tirées alors du journal de Nicholion , juillet 1800, et que celles rapportées dans le journal de chimie de Van Mous sont extraites du Gilbert s annalen der physik. an. 1801. cahier n. pag. 360 et suiv.

On trouve aussi dans ce dernier journal, page 369, et dans celui de M. Van Mous , page 67, les expériences de A4. Henry , sur l’action chimique de 1 électricité galvanique; expériences pareilles à celles rapportées dans la bibliothèque britannique (3) , et dont nous avons donné l’extrait dans cette histoire, première partie , chapitre X , §. IV, page 320.

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