‹ Histoire du galvanisme, et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte. Depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 9 sur 23 · CHAPITRÉ XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XVII

Expériences de M. Wollaston. Travaux et recherches du C. Gautherot. Expériences et observations de quelques physiologistes , entre autres des CC. Dumas , Bickaty Richerand y Guy ton , etc. Description d'un nouvel appareil galvanico- chimique 3 par M. Simon. Faits particuliers , et anecdotes sur le galvanisme .

S • I • Expériences sut lu production chimique et V influence de V électricité , par M. William Hyde ff o lias ton , membre de la société royale de Londres « « Quoiqu’on sache actuellement , dit l’auteur (T) , que la force de la pile électrique de Volta , est proportionnelle à la disposition que montre l’uii

(i) Mémoire lu à la société royale de Londres, le juin iBoi , inséré dans les Transactions philosophiques, et traduit dans la Bibliothèque britannique , n°. 138* page ±7. Les principaux résultats de ce mémoire étoient déjà indiqués, en abrégé, page 37 du 17*. volume de

ce journal. Ce travail , dit le rédacteur, fait époque dans î histoire du galvanisme*

IIe. Partie. N i

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des métaux à être oxide par le fluide interposé, bien des gens ont douté si cette influence provenoit de l’action chimique du fluide sur le métal , ou si , au contraire , l’oxidation elle-même n’étoit pas un effet de Télectricité , mise en action par le contact de métaux , dont les facultés conductrices étoient différentes.

M. Wollaston croit qu’on peut déduire de ses expériences, au nombre de dix, dans lesquelles le procédé galvanique est réduit à sa plus grande simplicité , que l’oxidation du métal est la cause principale des phénomènes électriques.

Les cinq premières expériences lui ont prouvé que l’action chimique de l’électricité ordinaire de nos machines , est évidemment la même que celle qu’on fait naître par des procédés chimiques. « Mais , puisqu’on a observé , dit-il , des différences dans la faculté relative de la pile de V olta , pour décomposer l’eau , et produire d’autres effets d’oxidation , et la désoxidation des corps exposés à son action , j’ai eu quelque peine à résoudre cette difficulté , c’est-à-dire , du moins \ produire , par l’électricité ordinaire , une imitation très-complette de tous les phénomènes galvaniques. On a cru , ajoute-t-il , qu’il falloit employer, pour la décomposition de l’eau par 1 électricité ordinaire, des machines très-puissantes et de grandes bouteilles de Leyde ; mais quand

je vins à considérer que la décomposition de l’eau devoit dépendre d’une proportion convenable à établir entre la force de la charge de l’électricité , et la quantité d’eau ; quand j’ai vu qu’on pouvoit régler à volonté la quantité de métal exposé à son action, par la diminution de sa surface , j’espérai, qu’en réduisant considérablement celles ci , je pourrois produire la décomposition de l’eau avec de plus petites machines , et une excitation ‘ moins puissante qu’on n’avoit pu le faire jusqu’à présent, et je n’ai point été trompé dans mon espérance. »

Le succès du procédé qu’employa M. Wollaston , surpassa son attente, et il trouva que, quand il faisoit jaillir à travers de l’eau , par l’intermède d’une pointe métallique isolée , des étincelles des conducteurs , une d’elles décomposoit l’eau , à la distance d’un huitième de pouce , lorsque le diamètre de la pointe exposée à son action , ne surpassoit pas un centième de pouce. Il résulte des expériences 6 et 7 de M. Wollaston , qu’on peut produire la décomposition de l’eau par l’électricité ordinaire , aussi bien que par la pile galvanique , quoiqu’on ne fasse naître aucune étincelle visible, dans l’action de cette électricité.

L’expérience huitième prouve , qu’après l’exemple donne de désoxidadon ou dephlogistication par l’électricité négative, dans la précipitation du

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cuivre par l’argent , on peut aussi montrer la faculté oxidante de l’électricité positive , par son effet sur les couleurs bleues végétales , et que les mêmes effets sont produits , en beaucoup moins de temps , par l’appareil de Voit a. M. Wollaston croit , qu’outre la ressemblance qu’il a établie entre les effets de l’électricité , excitée par les appareils ordinaires , et ceux qu’on observe dans la pile électrique , ces deux classes d’effets ont encore une source commune. Quant à la dernière , on sait à présent qu’elle dépend de l’oxidation , et il paroît aussi , d’après les résultats des expériences 9 et 10, que l’excitation dans la première , tient au même procédé. La ressemblance que l’auteur a observée dans les moyens apparens d’irritation de l’électricité et du galvanisme , indépendamment de celle qu’il a démontré exister dans leurs effets , rapproche tout-à-fait ces deux facultés , et confirme une opinion , déjà annoncée par d’autres physiciens , savoir que toutes les différences observées dans l’action comparative du galvanisme , viennent de ce que celle-ci est moins intense, mais est produite en bien plus grande quantité.

§. II. Travaux et recherches du C. Gautherot sur le galvanisme. Ce n’est qu’en nivôse an neiu que ce physicien , membre de plusieius sociétés

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savantes (i) , a commencé ses expériences sur cette importante découverte. Voici la partie principale d’un mémoire , imprimé depuis , qu’il a lu, le 12 brumaire an io, à la société phylotechnique, dont il est membre. Ce mémoire commence, par le tableau sommaire de l’histoire du galvanisme : l’auteur ensuite s’exprime ainsi :

» Après avoir répété les expériences qui étoient connues , j’ai voulu essayer l’effet des nouveaux appareils sur mes organes : le résultat le plus singulier que j’en ai obtenu, et qui, dans le temps, n’avoit pas encore été apperçu, est qu’en appliquant deux plaques métalliques humides sur mes joues, sur mes tempes, sur mon front et sur mon menton, j’ai éprouvé, indépendamment de la commotion , le passage subit d’un éclair, et un sentiment très-particulier

(i) Doué d’un grand amour pour les sciences exactes , et sur-tout pour la physique expérimentale , le C. Gau thcrot ne travaille que pour hâter ses progrès. Mu par le seul désir de pénétrer les. secrets de la nature , il consacre à l’étude , avec une patience qu’on pourroit dire opiniâtre, son temps, ses veilles, et même sa fortune. Le mémoire dont il est ici question , est inséré , tome Ier. , page 471 des Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la république françoise, recueillis et rédigés par plusieurs savans.

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