DU G A L V A N I S M E
Lorsque le fluide est dirigé de manière à passer des ramifications nerveuses aux nerfs, les contractions sont beaucoup plus foibles que lorsqu’il a la direction contraire ; et dans le premier cas, une portion du fluide s’accumule au point par lequel il tend à sortir du nerf. Cette accumulation et cette différence d’efficacité du courant, qui pénètre l’organe dans un sens ou dans un autre, sont d’autant plus grandes, que Ja susceptibilité est moindre, et la quantité de fluide , mise en mouvement , plus petite. Ainsi la susceptibilité étant très-affoiblie , quoiqu’il y ait des contractions , lorsque le fluide pénètre les organes , dans la direction du nerf au muscle ; elles sont milles, lorsqu’il les pénètre dans la direction contraire; et alors, il s’accumule presque entièrement dans l’organe. La cause qui a fait naître cette accumulation cessant, le fluide retourne sur lui-même , et pénétrant les organes, dans la direction la plus favorable , il y occasionne des mouvemens musculaires.
5°. Si l’on établit une communication entre deux points d’un organe animal, à l’aide d’une chaîne composée de différentes substances, et disposée tellement , qu’elle ne soit pas symmétrique , quant à la nature des parties qui la composent, le fluide inégalement sollicité de part et d’autre, se met en mouvement, et forme un
i3i HISTOIRE
courant , dirigé du côté de la force prépondérante.
6°. Si l’on renverse toutes les parties de la chaîne , qui établit la communication entre deux points d’un système d’organes nerveux ou musculaires , on donne naissance à un courant dirigé en sens contraire du premier.
7°. Lorsque la chaîne est symmétrique , quant à la nature des parties qui la composent, le fluide , également sollicité de part et d’autre , ne prend aucun mouvement.
8P. Quand on détruit une chaîne qui, par sa nature , met le fluide galvanique en mouvement, c’est-à-dire, qu’on y interpose un corps isolant , le fluide , accumulé dans l’organe par la formation de cette chaîne , retourne sur luimême, et il se forme un courant en sens contraire du premier.
Ces principes , qui forment la base de la théorie du galvanisme, sont encore confirmés par les expériences suivantes :
Septième expérience. Si une personne prend une cuisse de grenouille dans l’une de ses mains , si elle arme le nerf avec du zinc , et sa langue avec de l’argent , au moment du contact de ces deux métaux , la cuisse de la grenouille se contractera , et la personne n’éprouvera point de saveur, ou du moins elle sera très-légère. Mais, en détruisant la chaîne,
elle éprouvera une saveur assez forte , et la cuisse ne se contractera pas ; si , au contraire , elle arme sa langue de zinc, et le nerf d’argent, au moment du contact , la saveur se manifestera , et la cuisse , si Pincitabilité est affaiblie , restera dans une immobilité parfaite.
En détruisant la chaîne, les mouvemens musculaires reparaîtront sans que la saveur se manifeste : ce qui doit être; car, au moment oît l’on forme la chaîne , le courant se dirige de l’argent au zinc, pénètre immédiatement le nerf, cause des contractions dans le muscle , traverse le corps de la personne qui fait l’expérience , et s’accumule dans sa langue , sans lui faire éprouver de sensation. Lorsqu’on détruit la chaîne, le fluide accumulé retourne sur lui-même , et la personne éprouve la saveur. Si on arme la langue de zinc , et le nerf d’argent , le courant étant dirigé en sens contraire , les phénomènes opposés, ont lieu.
Huitième, expérience. Si deux personnes , qui se tiennent par la main , arment leur langue , l’une avec du zinc, l’autre avec de l’argent, lorsqu’elles mettent les deux métaux en contact r celle qui a la langue armée de zinc éprouve la, saveur, et l’autre ne l’éprouve pas. Si ensuite elles séparent . le zinc de l’argent , celle qui a éprouvé la saveur, en formant la chaîne, ne
l’éprouve plus en la détruisant ; mais elle se jmanifeste dans la langue de l’autre.
Neuvième expérience. Enfin, l’on peut terminer l’arc animal par deux nerfs. Ainsi en plaçant deux cuisses de grenouille sur une lame de verre , et établissant communication entre leurs muscles , à l’aide d’une lame métallique, et armant les nerfs l’un de zinc et l’autre d'argent, à l’instant oii l’on établit la communication entre ces deux armatures , au moyen d’une lame de zinc ou d’argent, la cuisse armée de zinc se contracte, et F autre , l’incitabilité étant affoiblie , ne se contracte pas ; mais , en détruisant la chaîne , les mouvemens musculaires ont lieu dans cette dernière , tandis que l’autre reste immobile.
Dixième expérience. Tout étant disposé comme dans la 2e. expérience , la chaîne étant formée, si l’on fait toucher en un point le muscle à du mercure, sans détruire le contact du nerf, ou si l’on établit communication entre le muscle et le mercure, ou le muscle et le zinc, à l’aide d’un communicateur métallique , il se manifeste à l’instant des mouvemens musculaires. Ces phénomènes sont dus au fluide accumulé au point de contact du nerf et de son armature , lequel fluide rentre dans le muscle , et y fait naître des contractions : car si , laissant toujours le communicateur toucher au muscle et au mercure , ou
ail muscle et au zinc , on détache celui-ci du mercure, il ne se manifeste aucune contraction , comme il y en auroit eu , si le fluide accumulé par la première chaîne, au point de contact du nerf et de son armature , y étoit resté.
Onyïkmt expérience. Tenant une cuisse de grenouille , préparée à l’ordinaire , dans l’une de ses mains, et mettant les nerfs et quelques points du muscle en contact avec le mercure, à l’instant où l’on touche le mercure avec un barreau de zinc , que Ton tient dans l’autre main mouillée, il s.e manifeste des contractions trèsfortes. Cette expérience présente donc des phénomènes entièrement opposés à ceux que présente la 3e.; le fluide, au lieu de s’accumuler dans le nerf, est sorti par le muscle, et y a causé des contractions. On peut arriver à un tel point d’incitabilité , que le double contact du nerf et du muscle , détruise toute espèce de contraction , tant en formant qu’en détruisant la chaîne.
Douzième expérience. Si , tout étant disposé comme dans la sixième expérience, on fait toucher à la pièce d’argent, non seulement le nerf, mais aussi le muscle , le laissant cependant toujours en contact avec le zinc, lorsqu’on établit une communication entre le zinc et l’argent %
il se manifeste des contractions très-fortes. En substituant à l’argent , du cuivre , de la plombagine , du plomb , on obtient précisément les mêmes phénomènes.
Chaîne composée de trois substances métalliques . Le courant qui se forme dans la chaîne composée de trois substances métalliques, est toujours dirigé du côté du métal extrême, qui se trouve avant le métal placé à l’autre extrémité de cette même chaîne. La direction du courant ne dépend donc , en aucune manière , du métal qui occupe le milieu.
Dans une chaîne composée de substances métalliques et humides , ou il n’y a que deux ou trois métaux hétérogènes en contact immédiat, 3e courant est dirigé , comme il le seroit en considérant ces métaux, indépendamment du reste de la chaîne.
Chaîne composée de trois corps de la première classe , et dé un de la seconde; armatures métalliques homogènes. Ayant placé une lame de zinc au fond d’un vase rempli d’eau , et mis la langue en contact avec l’extrémité d’un barreau d’étain, dont l’autre extrémité toucheàla lame de zinc ; si l’on prend , dans l’une de ses mains , un second barreau du même métal et de même dimension que le précédent , lorsqu’on plonge dans l’eau l’extrémité de ce second barreau , on n’éprouve aucune saveur. En effet, le courant
DU GALVANISME. i37
est dirigé de manière à passer par les doigts , en traversant le corps de celui qui fait l’expérience , pour venir s’acumuler dans la langue. Mais au moment oii , plongeant le barreau plus profondément , on touche au zinc , la saveur se fait sentir ( i ). « Ce phénomène , qui n’avoit point été observé , est une suite naturelle de mes principes, dit M. Lehot ; car, mettant ce second barreau en contact avec le zinc , on forme une chaîne symmétrique , qui est telle , que le fluide doit y être en équilibré ; par conséquent la quantité de ce fluide , qui s’étoit accumulée dans la disposition precedente , doit retourner sur elle-même , et causer la saveur. Détachant le barreau d’étain de la plaque de zinc, sans le retirer de l’eau, on n’éprouve aucune sensation; puisqu’il se forme un courant dirigé de manière à pénétrer les doigts. Si l’on sort de l’eau le barreau d’étain , on éprouvé la saveur, le fluide accumulé retournant sur lui-même. »
» Ainsi , rendre une chaîne symmétrique , ou la détruire par l’interposition d’un corps isolant ,
(i) Si au lieu de faire toucher le barreau d’étain au zinc, on établit communication entre les deux barreaux d’étain , a 1 aide d un communicateur métallique , on éprouve la saveur, parce qu alors on formé une chaîne symmétrique . qui rétablit l’équilibre.
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c’est la même chose relativement au mouvement du fluide galvanique. Il est évident , d’après 1 expli-r cation que je viens de donner , que si , au lieu de îendrefixe le barreau qui touche à la langue, et mobile celui qu’on tient à îa main , on fait 1 opération inverse, on éprouvera la saveur dans les circonstances contraires; puisque le courant aura, dans tous les cas, une direction opposée.»
» Lorsqu’on plonge l’extremite du barreau mobile dans l’eau, celui qu’on tient avec la main mouillée étant fixe et en contact avec la lame de zinc qui est au fond du vase , on éprouve la saveur. Le plongeant plus profondément , de manière à ce qu’il touche a la lame de zinc , on n eprouve aucune sensation. En le détachant de la lame de zinc , sans le tirer de l’eau, on éprouve ce nouveau la saveur; enfin, au moment où on le tire de l’eau , le fluide ne se fait pas sentir. » » Si l’on place deux points de la langue aux deux extrémités des deux barreaux d’étain ; i °. à l’instant oii le barreau mobile touche l’eau, celui qui est fixe étant en contact avec la lame de zinc , on éprouve la saveur à l’extrémite du barreau mobile , 2°. Le plongeant plus profondément, si on le met en contact avec la lame de zinc , on éprouve la saveur au point de contact de la langue et de l’autre barreau ; 30. au moment ou l’on sépare
de la lame de zinc , l’un ou 1 autre barreau ,
DU GALVANISME. i39 sans cependant le sortir de l’eau, on éprouve à l’extiémité la saveur galvanique. Enfin , l’autre étant toujours fixe, si l’on tire de l’eau celui qui est mobile, la saveur se fait sentira l’extrémité du premier. »
D’après les principes exposés dans ce mémoire, il est facile de conclure , qu’en employant pour barreau un métal pris dans la série donnée , et pour communicateur plongé dans l’eau , un des métaux qui suivent cette série, les phénomènes qui ont lieu dans les expériences précédentes , doivent être entièrement opposés, c’est-à-dire, que dans la ire. et ze. expériences, les cas où il y a sensation, sont ceux où il ne doit pas y en avoir ici , et ceux où il n’y en a pas , sont ceux où elle doit se manifester , et que , dans la troisième expérience, les cas où la saveur se fait sentir à l’extrémité du barreau mobile , sont ceux où elle doit se faire sentir à l’extrcmité du barreau fixe , et vice versa ; car le courant est alors toujours dirigé en sens contraire.
Plaçant les nerfs d’une cuisse de grenouille , sur une lame detain, terminée par une petite cavité remplie d eau, et les muscles sur une autre lame parfaitement égale, si on met une des extrémités d’un arc de zinc en contact avec le fond de la cavité pratiquée dans l’armature du nerf, et qu’on fasse plonger l’autre extrémité de cet arc dans l’eau
i4o HISTOIRE
de celle de l’armature du muscle, la susceptibilité des organes peut être telle, qu’il ne se manifeste point de contraction. En plongeant plus profondément le communicateur, ensorte qu’il touche au fond de cette dernière cavité, a l’instant les contractions se manifestent dans 1 arc animal (1). Détachant alors l’arc de zinc du fond de la cavité de l’armature du nerf, sans cependant le sortir de l’eau, l’organe reste immobile. Au moment où on le tire de l’eau , le laissant toujours en contact par son autre extrémité, les contractions se manifestent de nouveau. M. Lehot a répété , avec succès , cette expérience un trèsgrand nombre de fois ; cependant , dans le dernier cas , les contractions sont toujours plus foibles que dans le premier , et meme quelquefois nulles (i).
Si on met l’arc de zinc en contact avec 1 armature du muscle, et qu’on plonge son autre
(i) En établissant une communication entre les deux lames d’étain , avec une substance métallique, on produit le meme effet.
(2.) Il faut, pour que ces expériences réussissent constamment , avoir sur-tout soin de n’employer que des organes dont la susceptibilité est aflfoiblie : autrement , dans les quatre cas de ces expériences, il se manifeste des contractions.
extrémité dans la cavité de l’armature du nerf, la cuisse se contracte très -fortement. En enfonçant davantage l’arc de zinc , ensorte qu’il touche au fond de cette cavité, il ne se manifeste point de contractions. En le détachant, on apperçoit ordinairement des mouvemens musculaires ; mais souvent l’organe reste immobile.
On obtient absolument les mêmes résultats, toutes les fois qu’on emploie un métal plus puissant, pour établir une communication entre deux armatures homogènes , d’un métal moins puissant. Si on emploie des armatures d’un métal qui a une plus grande capacité , et pour communicateur un autre qui en a moins, alors on obtient des effets parfaitement opposés.
Les nouvelles expériences qui sont l’objet de ce mémoire , conduisent à ce résultat assez singulier , qu’on peut distinguer un métal d’un autre , sans le voir ni le toucher immédiatement. En effet, composant une chaîne telle qu’étant fermée par l’un des métaux proposés, elle donne naissance à un courant dirigé dans un sens , et étant fermée par l’autre, à un courant dirigé dans le sens contraire, il sera facile de les reconnoître. C’est ainsi que M. Lehot a souvent distingué un morceau de zinc , d’un® pièce d’argent, à l’extrémité de fils métalliques de quelques mètres de longueur.
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Il termine son mémoire par l’exposé des moyens qu’on peut employer pour augmenter l'effet de chacune des chaînes qu’il a examinées. Si l’on unit plusieurs chaînes semblables , composées de deux métaux , par des substances humides, et qu’elles soient tellement disposées , qu’elles tendent toutes à donner la meme direction au fluide , ces chaînes partielles agissant indépendamment les unes des autres , mettront chacune en mouvement la quantité de fluide qu’elles auroient mue, si elles eussent été seules : donc la chaîne totale mettra plus de fluide en mouvement , que chacune des chaînes partielles ; et elle en mettra d’autant plus , que le nombre de ces dernières sera plus considérable.
Dans une chaîne formée d’arcs métalliques semblables , joints par des substances humides , et composés de deux métaux , le courant est dirigé du côté de celui des deux, qui se trouve avant l’autre. Si les arcs sont formés par la succession de trois métaux , le courant est dirigé comme s’il n’y avoit , dans chacun , que les deux métaux extrêmes.
Si on attache un fil de laiton à chacune des extrémités des chaînes formées par la succession des arcs, composés de (ne , cuivre , substance humide ; (inc , plombagine , substance humide ; (ne , plomb , substance humide ; plomb 5
plombagine , substance humide , et qu’on ferme le cercle , en faisant plonger les deux extrémités de ces fils dans de l’eau acidulée par l’acide nitrique ou sulfurique , alors l’extrémité du fil qui tient au métal le moins puissant, se couvre d’une couche de cuivre rouge (1), tandis que l’autre fil se dissout. Les autres phénomènes chimiques , qui se passent aux deux extrémités de l’appareil , en substituant à l’eau acidulée d’a'utres substances , conservent éoalement un rapport constant avec la direction du courant; ensorte que l’ordre des métaux, indiqué par les expériences de la saveur et des contractions musculaires , se trouve de nouveau confirmé par les phénomènes chimiques que présente l’appareil de Volta , formé avec les différentes substances métalliques.
« Après avoir développé , dit M. Lehot , les loix du mouvement du fluide galvanique , il resteroit à en examiner la nature , et à le
(1) Ce phénomène avoir paru d’abord à M. Lehot être. dû au cuivre propre de ce fer , mis à nu ; mais il s’est assure que , dans cette expérience , une portion du cuivre de 1 autre fil se dissout , et est ensuite précipité sur la surface de celui qui tient à l’argent; car en substituant au dernier un fil de platine , il se couvre également d’une couche de cuivre rouee.
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comparer au fluide électrique. Mais plusieurs physiciens se sont déjà occupés de cet objet ; particulièrement le professeur V olta , qui paroît avoir prouvé l’identité de ces deux corps , en faisant voir qu’il se manifeste de l’électricité positive du côté terminé par le zinc , dans la chaîne formée de la succession d’arcs composés de zinc , cuivre , substance humide , et de l’électricité négative, du côté terminé par le cuivre. »
II. Expériences faites a Berlin . (Berlin, 4 avril 1801 , ou 14 germinal an 9.) «On fait, depuis quelque temps , dans cette ville , des expériences sur le galvanisme (1) , dont on espère que lesrésultats non seulement seront utiles à la physique, mais donneront encore de nouveaux moyens à l’art de guérir. Ce sont nommément MM. Helvige , major suédois, Bourguet , professeur de chimie, Hermann , professeur de physique , et le docteur Grapengiesser , qui ont réuni leurs lumières pour augmenter ou modifier les expériences faites jusqu’à ce jour, dans cette carrière toute nouvelle ; ayant sur-tout eu en vue , les trois premiers d’étendre le domaine de la physique , et le
(1) Voye 1 le Magasin encyclopédique, tome Ier. de la 7e. année, n°. 1, prairial an 9.
dernier
DU GALVANISME. i45
dernier d’en déduire des applications utiles en médecine. »
» On ne s’est pas borné à indiquer ce qui l’a déjà été par Volta , Nicholson , Crmkshank , et autres physiciens ou médecins : on les a tous interrogés ; on a constaté la vérité de leurs réponses ; et si peu de progrès qu’on ait faits sur la route ,on a voulu cheminer de soi-même, en ajoutant quelques pas à la trace de ses prédécesseurs. On n’ose cependant pas se flatter de s’être rapproche d’une théorie certaine : les phénomènes se présentent toujours environnés de doute ; mais , jusqu à ce que la cause en soit découverte par le temps , ou la sagacité d’un génie supérieur , il est intéressant pour tous d’en utiliser les effets. C’est-là le seul objet des tentatives , dont voici un résumé très-succinct. »
» On a d’abord construit un appareil galvanique , tel qu’il a été imaginé par Volta. Les deux métaux qu’on a choisis pour former les colonnes , ont été l’or et le zinc , l’or en pièces de deux Frederick de Prusse , non frappés , le zinc en pièces de même grandeur, et on a placé entre les deux métaux , d.es morceaux de drap , humectés d’eau salée. Toutes les expériences connues , ont été repetees , et ont donne absolument les mêmes résultats qu’aux premiers observateurs, notamment IIe. Partie. K
la commotion , et la décomposition de l’eau en ses deux gaz constituans. »
» On a formé de plus un second appareil, dont les colonnes ont été composées de pièces d’argent et de zinc. On auroit voulu pouvoir déterminer lequel des deux systèmes doit toujours produire le plus d’effet ; mais , par des raisons qui ne sont pas détaillées d’une manière assez précise, parce que chaque appareil a présenté séparément beaucoup d’irrégularité dans ses produits, on n’a point encore de justes motifs pour préférer exclusivement l’un des deux à l’autre. La valeur de chacun ne s’est pas soutenue d’une manière assez constante , pour qu’on puisse assigner à l’or ou à l’argent , ni même au cuivre , plus ou moins de vertu pour l’excitation du galvanisme ; mais , ce qui a été reconnu , ce qui n’avoit pas encore été éprouvé jusqu’ici , c’est que les deux appareils, mis en combinaison par une chaîne métallique , adaptée à la base d’une colonne et au sommet de l’autre , en contact , d’une part , avec l’or , et de l’autre avec le zinc , produisent une abondance de galvanisme capable de porter la commotion jusques dans les épaules, tandis que l’appareil ordinaire n’a que la force suffisante pour la donner jusqu’aux coudes. »
» Ce qui appartient également aux physiciens de cette ville, c’est la découverte qui apprend que l’on
DU GALVANISME. I47 obtient plus vite l’étincelle , soit entre les deux conducteurs d’une meme colonne , soit entre les deux conducteurs du système combiné, lorsque les extrémités de ces conducteurs sont terminées , Tune par une pointe de £1 de fer très-fin , et 1 autre par un bouton. L’etincelle qui vient difficilement, dans l’hypothèse que ces extrémités ne soient pas telles , paroît bientôt , dans cette circonstance , et est accompagnée d une forte détonnation; mais si l’on veut atteindre à la plus grande intensité de cet effet, il faudra revêtir d une feuille d’or , la pointe et le bouton des conducteurs. »
» C est au hasard que l’on est redevable de cette dernière découverte. Il étoit question de consulter l’électromètre de Bennet , afin de voir s il seroit assez affecté par l’appareil de la colonne. On mit, à cet effet, le bouton sur le haut de l’électromètre, et l’on introduisit la pointe jusqu’aux feuilles d’or. Ce métal fit alors lui-même la fonction de conducteur , et décida d’une manière aussi forte qu’inattendue, le départ de l'étincelle , résultat auquel on n’étoit qu’imperceptiblement parvenu, par les moyens ordinaires. Depuis ce temps, on a revêtu d’or l’extrémité des conducteurs, et on a constamment obtenu une étincelle facile , prompte et forte. On s’en est servi , avec le plus grand succès ,
pour l’inflammation du phosphore , et du soufre sublimé , pour celle du gaz fulminant , pour celle enfin de la poudre à canon , dont la combustion résiste ordinairement à l’action du fluide électrique. On a fait toutefois cette remarque , que lors de ces expériences , la feuille d’or , qui recouvroit l’extrémité des conducteurs , s’est ellemême fondue , et a été réduite en un globule plus ou moins parfait , suivant la force de l’étincelle. » « On a reconnu et vérifié , avec Nichol son , l’état inverse des deux conducteurs : soumis à l’épreuve de l’électromètre de condensation , c’est l’argent qui s’est trouvé qégatif, le zinc se montrant positif. On a fait plus : on a chargé une bouteille de Leyde avec le produit de la colonne , mais par l’intermédiaire du condensateur de Volta. La bouteille a semblé obéir à la loi générale : ses deux surfaces se sont différemment affectées ; et ce qui a paru surprenant , c’est qu’elle n’a donné aucune commotion, aucune qui approchât même de la plus légère commotion simple galvanique , quelque précaution qu’on ait mise à la charger , et de quelque quantité qu’on l’ait chargée , quantité cumulée , dont une petite fraction , émanée de l’appareil à colonne, produit une secousse assez violente. »
» Voulant enfin interroger , avec le galvanisme, tout ce qui répond à l’électricité, on a
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produit, à l’aide de deux condensateurs, les figures de Lichtenberg , avec les mêmes dissemblances , et sous les mêmes formes qui leur sont assignées dans le fluide électrique. »
Telles sont, en substance, les opérations des physiciens de Berlin : il eût été très-important, abstraction faite du parti que lé docteur Grapengiesser en a tiré pour la pratique et pour la guérison de plusieurs maladies , comme on le verra chap. XIX , de pouvoir fixer l’opinion sur la nature du fluide qui se manifeste dans les expériences galvaniques , afin de lever tous les doutes à cet égard. On ne sauroit sans contredit méconnoître la similitude de ce fluide avec celui électrique ; mais si l’on étoit porté à croire qu’il existe, entre ces deux fluides , une identité absolue, l’expérience des physiciens de Berlin seroit subversive de toute présomption de cette espèce.
La dernière qu’ils aient faite, et la plus propre à persuader que l’électricité et le galvanisme sont d’une nature différente , c’est d’avoir isolé l’appareil, et avec lui un tube de verre où l’influence galvanique opéroit , par le rapprochement des deux conducteurs , la décomposition de l’eau. Ils ont soumis tout ce système , isolé de la sorte , à l’action électrique d’une machine assez forte : ils en ont obtenu des étincelles très -considérables ; et cependant la décomposition de l’eau n’a
i^o HISTOIRE
subi, dans le tube, aucune modification : ce qui tendroit à démontrer que non seulement l’analogie n’existe pas entre les deux fluides , mais encore que leur action est indépendante, et que la plus grande abondance d’électricité n’influe en rien sur la marche du galvanisme.
D’un autre côté, si l’on rapproche quelques circonstances , telles que la plus grande action de la colonne, au moyen des morceaux de draps qui lui sont interposés, et qui sont imprégnés d’une eau chargée de sel ammoniac , duquel l’oxigène se dégage facilement ; telles encore que l’interposition d’une substance animale aux plaques de métal , après laquelle il est visible que la chair est irritée, et rougit du côté qui fait face à l’argent, tandis qu’elle est réduite en graisse ou en substance animale désoxidée du côté qui fait face au zinc ; si l’on considère également que l’appareil est d’autant plus susceptible de force , qu’il est mieux armé de métaux soumis à l’action de Foxigène ; qu’enfin , les plaques de métal sont corrodées sensiblement, après qu’on a fait agir la colonne , et que lorsqu’il n’y a plus de substance oxigénée en interposition aux métaux , toute action galvanique cesse; dès-lors il sera impossible de ne pas reconnoître que la présence de l’oxigène , et meme son action sur une substance quelconque, sont des conditions
nécessaires à l’apparence du galvanisme ; que les phénomènes galvaniques non seulement ont une cause étrangère à celle cle l’électricité , mais encore qu’ils seroient plutôt dans la dépendance de l’oxigène, sans le concours et l’action duquel on n’a pu jusqu’ici produire les effets de ce qu’on a nommé, en attendant, fluide galvanique .
§. III. Rapport sur le galvanisme , fait à /’ Institut par le professeur Cuvier , et expériences des CC. Fourcroy , V auquelin et Thénard . Un aussi savant naturaliste que le C. Cuvier , ne pouvoit s’empêcher de fixer son attention sur les écrits multipliés que faisoit naître le galvanisme. Aussi s’en est - il occupé avec soin , et a-t-il mis , dans le rapport qu’il a fait à ce sujet, à l’institut national, tout l’intérêt qu’il sait répandre dans ses ouvrages. Voici en entier ce rapport , dont il ne seroit pas possible de donner un extrait, sans lui faire perdre la plus grande partie de son mérite (1).
» Le hasard, ce père de presque toutes les découvertes , a encore favorisé les physiciens
(0 Ce rapport est tire du Journal de physique , germinal an 9, page 318. Il se trouve aussi, sous le titre d Expériences galvaniques , dans le Magasin encyclopédique , floréal an 9 , page 371. — Voye ç aussi les Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la république française ? in-40. , tome Ier, page 132.
dans ces dernières années , d’une manière qui rendra cette époque bien remarquable dans l’histoire des sciences. Quelques morceaux de métal, mis en contact, ont manifesté des phénomènes qu’aucune sagacité ne pouvoit prévoir, et nous ont ouvert un champ aussi vaste que fécond en applications importantes. L’influence de ces phénomènes s’étend plus que jamais. Bornés d’abord, en apparence, à l’économie animale, ils semblent aujourd’hui jouer un rôle important dans la chimie. »
» C’est sur-tout au génie de Volta qu’ils doivent ce nouvel accroissement. Son opinion , que le galvanisme n’étoit qu’une application de l’électricité à l’économie animale , ayant été contestée par plusieurs savans , il chercha les moyens d’accroître les effets , au point de rendre leur véritable nature évidente pour tout le monde , et il trouva qu’en multipliant les pièces de deux métaux, en les disposant toujours alternativement , et en les tenant humectées , on produit des attractions, des répulsions, et des commotions, toutes semblables à celles de la bouteille de Leyde; et qu’en général, une pile de disques, alternativement formée d’argent, de zinc et de cartons mouillés , manifeste à l’instant toutes les apparences de l’électricité vitrée à l’extrémité où est l’argent , et de l’électricité
résineuse à celle où est le zinc. Cependant il y a cette différence, qu’une bouteille de Leyde , une fois déchargée , ne présente plus d’effet , à moins qu’elle n’ait été électrisée de nouveau, au lieu que la pile de Volta s’électrise constamment ellemême, que ses effets se renouvellent sans cesse, et que ce n’est qu’en la déchargeant avec de très-gros conducteurs , qu’on parvient à diminuer ces effets pour un instant. De plus , la bouteille de Leyde se décharge toujours par le moyen de l’eau : pour . peu qu’il y ait d’humidité continue entre ses deux surfaces, ses effets sont anéantis : la pile a beau ruisseler l’eau , dont ses cartons sont imbibés, ses effets ne perdent rien de leur intensité : ils ne cessent que lorsqu’elle est entièrement plongée dans l’eau. »
» Ces différences dévoient faire douter de l’identité parfaite du galvanisme avec l’électricité: d’autres phénomènes encore plus extraordinaires sont venus augmenter ces doutes. Si on plonge dans l’eau les bouts de deux fils métalliques , qui communiquent l’un avec l’extrémité résineuse ou négative de la pile , et l’autre avec la vitrée ou positive, et qu’on les tienne à une petite distance l’un de l’autre , il se dégage à l’extrémite du premier fil des bulles de gaz hydrogène , et à celle de l’autre de l’oxigène qui se fixe sur le métal, lorsque celui-ci estoxidable, ou s’élève
en bulles, s’il ne l’est pas : cette action continue, tant que l’appareil reste en cet état. Mais ce n’est pas en cela que consiste la plus grande singularité des phénomènes , et c’est ici que le galvanisme commence à entrer dans le domaine de la chimie. »
» Il auroit été tout naturel de regarder ce gaz comme le produit de la décomposition de l’eau, si une circonstance particulière n’avoit pas encore donné des doutes sur cette explication. Il faut, pour que le dégagement ait lieu, que les bouts des fils soient à une certaine distance : s’ils se touchent, on ne voit plus de bulles. Comment l’oxigène et l’hydrogène , provenus de la même molécule d’eau, paroissentils à des points éloignés? Et pourquoi chacun d’eux paroît-il exclusivement au fil qui tient à l’un des deux bouts de la pile , et jamais à l’autre ? »
» Tel étoit l’état de nos connoissances sur le galvanisme , lors de la notice qui fut donnée des travaux de la classe de physique de l’Institut, vers le mois de nivôse an IX; toutes les expériences faites par des savans étrangers et françois, classées et constatées par ue commission dont le C. Haiti a été l’organe (i), n’ont
(i) Voyc{ le chapitre XII.
conduit qu’aux trois grands résultats suivans: i°. augmentation d’intensité d’après le nombre et l’étendue des surfaces métalliques , mises en contact; 20. renouvellement perpétuel de l’action; 30. production des deux gaz par la communication des deux extrémités de la pile avec l’eau. »
» Mais , depuis ce temps , les physiciens ont redoublé d’efforts : le dernier phénomène surtout a piqué leur curiosité. Les uns ont cru y voir les bases d’une chimie nouvelle : les autres , plus prudens , ont suspendu leur jugement, ou ont cherché à ramener les faits aux théories connues. Cependant , quel que fût leur système , tous dévoient commencer par une recherche semblable, pour voir si ils parviendroient à produire les deux gaz dans des eaux séparées. Si ces eaux sont absolument isolées , les gaz ne se montrent point : si on les fait communiquer par un fil métallique, il y a seulement une production de gaz double, c’est-àdire , que chaque extrémité du fil intermédiaire agit dans la portion d’eau où elle plonge, comme si ce fil venoit immédiatement de l’extrémité de la pile opposée à celle qui communique avec cette portion ; de manière que chaque portion donne à - la - fois les deux gaz : mais si on met, entre les deux eaux, de l’acide sulphunque, les gaz se manifestent, chacun de son
côté. Il en est de même si on établit la communication des eaux par le moyen d’un corps animé, comme la main. Ainsi la production de chaque gaz, dans des eaux séparées, est complettement prouvée. »
» Il est clair qu’il n’y a que trois manières possibles d’expliquer ces faits. Car, i°. ou l’action galvanique tend à enlever, dans chaque eau , une de ses parties constituantes, en y laissant l’autre en excès ; 20. ou elle décompose de l’eau , et laissant dégager un des gaz au bout d’un des fis , elle conduit l’autre , d’une manière invisible , à l’extrémité de l’autre fil , pour l’y laisser dégager ; 3 °. ou bien enfin , l’eau ne se décompose point du tout ; mais sa combinaison avec un principe quelconque, émanant du côté positif de la pile , produit le gaz oxigène , et avec celui qui émaneroit du côté négatif, l’hydrogène. »
» Les deux premières opinions ont été avancées dans la classe de physique de l’Institut, l’une verbalement, par le C. Monge, l’autre dans un mémoire détaillé par le C. Fourcroy. La troisième appartient à quelques étrangers , et surtout à M. Rater, professeur à Jena (1). Mais elle paroît tellement en contradiction avec l’ensemble de tous les autres phénomènes chimiques , qu’il
(1) Voye £ le chapitre précédent, art. 2.
eût été presque impossible de l’admettre , quand même on n’auroit pu trouver autrement une explication satisfaisante de l’expérience en question. »
» Le mémoire du C. Fourcroy est le résultat d’expériences très-nombreuses qu’il a faites avec les CC. V mquelin et Thénard : il joint à une explication fort ingénieuse du fait principal , line multitude de circonstances inconnues auparavant. Les CC. Fourcroy et Vauquelin , noms a jamais inséparables , et autant unis par la gloire, que par Ü amitié , suivant l’expression du C. Leclerc (1) , admettent l’existence d’un fluide particulier, qu’ils nomment galvanique , et qui circuleroit du côté positif de la pile , vers le côté négatif. Selon eux , ce fluide décompose l’eau en sortant du côté positif : il laisse échapper l’oxigène en bulles ; mais il se combine avec l’hydrogène pour former un liquide , lequel traverse l’eau ou l’acide sulphurique, ou le corps humain, pour aller gagner l’extrémité du fil négatif. La le galvanique abandonne son hydrogéné , et le laisse échapper à son tour sous forme de gaz , tandis que lui-même pénètre dans le fil. Voici 1 expérience par laquelle les auteurs
(1) Séance publique de l’Ecole de médecine de Paris , du 24 vendémiaire an 10, in-40. 3 page 67.
prouvent que telle est la marche secrète du phénomène. »
» Si on met, disent-ils, entre les deux eaux , un oxide d’argent bien lavé, le fil négatif, près duquel devroit se manifeste!* le gaz hydrogène , ne donne aucune effervescence , et l’oxide se réduit en partie du côté du fil positif: c’est que , ajoutent les auteurs , le galvanique chargé d’hydrogène le perd en traversant l’oxide, dont l’oxigène le prend pour reformer de l’eau. »
» Au surplus , ajoute le C. Cuvier, ce mémoire des CC. Fourcroy , Vauquelin et Thénard , n’est encore que le prélude d’un travail plus considérable , dans lequel ils se proposent d’examiner le galvanisme sous toutes ses faces. Nous devons d’autant mieux espérer de leur projet , qu’ils seront secondés par presque tous les physiciens : chaque jour nous apprend quelque observation nouvelle sur ce sujet, faite en France ou chez l’Etranger : plusieurs même ont été présentées à l’Institut, par des savans qui n’en sont point membres , et notamment par les CC. Gautherot , Hassenfrat Desormes et Lehot (1) : elles éclaircissent diverses circonstances accessoires , mais conduisent aussi à des difficultés nouvelles. »
(1) Voye ç le chapitre IX, §, VII, et le §. Ier. dé ce chapitre.
Les CC. Fourcroy , Vauqiidin et Thénard , qui ont toujours continué à s’occuper des expériences galvaniques , dont il est question dans le précédent rapport , dit l’auteur du même rapport (i), ont été récompensés de leurs travaux, par la découverte d’un des faits les plus curieux et les plus importans, parmi ceux qui appartiennent au galvanisme; on savoit qu’en multipliant les disques qui composent la pile , on augmentoit la force des commotions, et la rapidité de la décomposition de l’eau : les médecins et physiciens ci-dessus nommés, ont voulu voir ce qui arriveroit, si on augmentoit la surface de chaque disque. Ils ont, en conséquence, composé une pile avec des plaques d’un pied quarré : les commotions et la décomposition de l’eau sont restées les mêmes qu’avec un nombre pareil de petits disques ; mais la combustion des fils métalliques, s’est opérée sur-le-champ avec beaucoup de force , et en les plongeant dans du gaz oxigene , on les a vus s’enflammer avec un éclat très -vif; tandis que de petites plaques, quelque grand qu’en soit le nombre, ne produisent rien de pareil. Ainsi la combustion suit une loi relative à la surface des plaques, tandis que les autres phénomènes se rapportent au nombre des plaques.
(i) Foyei Journal de physique, messidor an 9, page 76.
Des efforts réunis et des recherches des chimistes ci-dessus nommés , ainsi que de celles du C. Hachette , professeur à l’Ecole Polytechnique , il résulte, i°. qu’on peut arrêter le dégagement de l’hydrogène des extrémités d’un des fils, en mettant dans l’eau intermédiaire de l’oxide d’argent; 2Ç. que cet oxide est réduit à l’état métallique , comme la dissolution nitrique d’argent l’est elle-même; 30. que les effets de la marche de ce fluide semblent différer de ceux de l’électricité , et que si ce dernier fluide agit de même , il est au moins singulièrement modifié par la continuité et la rapidité de sa marche; 40. que des grandes plaques de plusieurs décimètres de dimension , n’augmentent point les secousses , les commotions et la douleur ; mais qu’elles élèvent beaucoup la puissance inflammante , puisqu’au moment du contact elles déterminent la déflagration du fer; 50. enfin, que le mouvement de ce fluide donne naissance à une foule de phénomènes , propres à mettre dans tout leur jour les principales vérités chimiques , et qu’il devient un appareil précieux pour leur étude.