CHAPITRE XV
'Mémoire sur le Galvanisme , par M. Lehot. Expériences faites à Berlin. Rapport de M. Cuvier , sur le Galvanisme , et eX"
' périences de MM. Fourcroy ^ f^auquelin et Thénard.
$. I*'. JVliMOiRE de M. Ie&7i(i). Son objet est de démontrer particulièrement , non seulement qu'il y a circulation d'un fluide très-subtil dans la chaîne galvanique , mais encore que ,daos l'application des diih' férentes chsànes aux arcs animaux , il existe des signes non équivoques de la direction du mouvement de ce fluide; qu*à l'aide en outre de quelques règles générales , tin peut déterminer à priori , dans un grand nombre de chaînes diflPérentes , la direction du courant; que réciproquement, connoissant cette ^direction et la nature des parties de la chaîpe,
(i) Lu à l'Institut national, le 26 frimaire an 9 j inséré dans le Journal de physique , pluviôse an 9 , et par extrait , ^ns les Annales de chimie y tome XXXVIII y page 42. C'est parce que les expériences , en grand nombre , que cantîent ce mémoire , sont très-curieuses , et n'ont pas besoin de figures pour être comprises , que nous avons donné à cet extrait plus d'étendue qu'à plusieurs autrts.
il est possible, du moins dans certains cas, de déterminer leur position respective ; qu'on peut encore, par l'interposition de nouveaux corps dans la chaîhe, ou par le changement de dit* position des parties qui la composent , diriger , soit dans un sens , soit dans un autre , le fluide galvanique, où même le réduire au repos- La connoissance de ces phénomènes tenoit à celle d'un fait, qui avoit entièrement échappé aux physiciens et aux physiologistes ; c'est que le fluide galvanique s'accumule dans le passage des organes aux armatures. Cest encore à l'aide du même fait, qu'on peut distinguer la nature des métaux , à plusieurs mètres de distance , par la seule influence galvanique. Voici les ^ncipaux résultats que les nouvelles expériences de M. Lehoi lui ont donnés.
ExpirUncê première. Si l'on prend , dans une de ses mains , une cuisse de grenouitte fraS* chement préparée, et qu^on mette fe nerf en contact avec une lame de zinc , doiit Fextrémité plonge dans du mercin^, au moment de t'im-» merslon des doigts de Tautre main dans ce fluide, la cuisse éprouve de fortes contractions. On obtient absolument les mêmes résultats ^ toutes les fois qu*on emploie pour armature des doigts , une des substances suivantes ; sa-voir: zinc, plomb, étain, mercure, bismuth^
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cuivre, argent y plomlMgine ; et pour armature du nerf 9 une de celles qui la précèdent dans cette série. Quant au ^in d'humecter les doigts, il est absolument indi^>ensaUe ; h c'est pourquoi dorénavant 9 dit M^ Lthioty lorsqu'une des ex-* trémités de l'arc sera terminée par les doigts , je siqiposerai toujours qu^ils sont humectés, n
a^ £x/^'âMe. Si , au contraire y on met en contact k nerf avec le mercure , et qu'on touche ce métal avec ua moffceau de linc y que l'on tient dans la main mouillée^ il ne se manifeste point de con« tractions^ ou seuleiyent de tiàs-légères, pourvu que la suceptibilité ne soit pas très-aflbihlie ; mais easépacantleneif dnmeicuns ^ou ^ en général, en détruisant la ch«ne y en qpelque point que ce soit, les mouveoMus musculaires ont lieu. On obtient absolument les mâmes résultats, toutes les fois qn'ooremplote, pour aonatare des doigts ^ un métal de la série indiquée dans la première opérience; et pour armature du nerf, un de ceux qui le suivent dans cette mêhie série. Aind, si. on atme le nerf de plomb, et les doigist de zinc ^ lorsqii'op met ces deux métaux en coivtaiTtv il' liy a aucune contrantion ; mais si on détxni^ 1» cliaulîe en. quelque point que ce sÀt , les contractions se manifestent. Au con-* traiie, si, laissant lè nerf armé de ploiùb, on arme les doigts d'argent, lorsqu'on forme la
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chaîne, les convulsions galvaniques ont lieu (i)« 3 ^. Expériena. Si Ton place une plaque de zinc sur la langue , et qu'on la touche avec une pièce d'argent, qu'on tient avec les doigts humectés, à rinstant même il se manifeste une saveur particulière.
Les mêmes phénomènes ont lieu toutes les. fois qu'on emploie, pour armature de la langue, un des métaux indiqués dans la première expérience , et un de ceux qui le suivent pour armature des doigts; mais si, la chaîne étant formée, on la détruit, il ne se manifeste aucune saveur*
4^. Expérience. Si Ton place une pièce d'argent sur la langue , et qu'on prenne , dans ses doigts humectés , une plaque de zinc , lorsqu'on fera toucher cette dernière à la pièce d'argent, on n'éprouvera aucune sensation, ou
(i) Ces expériences, qui réussissent parfaitement avec le mercure 9 sans de grandes précautions^ en exigent beaucoup pour donner des résultats constans avec les autres métaux. Non seulement il est nécessaire que la susceptibilité soit très-aflbiblie, et qu'il n'y ait de communication entre l'armature du nerf et le muscle ^ que par le nerf luim£mç ; mais encore il faut empêcher l'espèce de mouvement d'oscillation que communique nécessairement aux parties de , la chaîne , la main qui établit le contact. Pour cela , on peut employer y dit l'auteur, l'instrument que j'ai décrit dans mon mémoire, ou quelques moyens analogues.
du moins une très4égère. Mais toutes les fois <(u'on détruira la chaîne en un point quelconque 9 on éprouvera la saveur , qui sera un peu plus foîble que dans l'expérience précédente , et qui se propagera plus lentement.
On obtient absolument les mêmes résultats, toutes les fois qu'on emploie, pour armature de la langue , un métal de ceux indiqués dans k première expérience , et pour armature des doitgs , un de cetix qui le précèdent dans cette fiste. Ainsi , armant la langue de plomb , et les doigts de fine , et mettant ces deux métaux en contact , on n^éprouve point de saveur; mais en détruisant la chaîne, en quelque point que ce soit , la saveur se manifeste. Au contraire, si, laissant la langue armée de plomb, on arme les doigts d'argent, en formant la chaîne , on éprouvera à l'instant la sensation.'
5^ Expérience. Si l'on place la cuisse d'une grenouille sur une plaque d'argent, et le nerf sur une plaque de zinc ou de plomb ; au moment oîi Ton mettra les armures en contact ^ il se manifestera de fortes contractions. IL en sera de même toutes les fois* que l'armature du nerf, étant un métal pris dans ceux indiqués dans la première expérience , celle du muscle sera un de ceux qui le suivent dans cette série.
6^. Expérience. Si Ton arme le muscle de
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zinc et le nerf d'argent, les contractions ne S6 manifestent qu'au moment où Ton détruit la chaîne : mais , pour que cette expérience donne des résultats, il Êiut ne pas omettre les précautions énoncées dans la note , page 1 16 ; en substituant à Targent des plaques de cuivre , de bismuth, de fer, de plomb, on obtient les mêmes effets*
Dans les I^ , 3*. et 5^ expériences, les phénomène^ se manifestent au moment oh l'on forme le' cercle galvanique.; le fluide contenu dans les parties de la chaîne , se met en mouvement, et pénètre inunédiatement la langue ou les ner&. En renversant la chaîne, le cou-^ rant doit avoir une direction contraire , c'est aussi ce qui a lieu ; car les phénomènes que présentent les i^, 4^. et 6^. expériences, c'està-dire , celles où l'influence galvanique ne se manifeste qu'au moment où l'on détruit la chaîne , sont dus à une portion du fluide accumulé dans la langue ou les ner& , aux points de contact de ces organes et de leurs armatures. Or, pour que le fluide soit accumulé ainsi , il faut qu'il ait pénétré ces organes dans la direction du muscle aux nerfs , ou des doigts à la langue ; ce qui £ût voir que raccunudation du fluide est un caractère certain de la direction du courant, et à l'aide duquel on peut, dans tous les cas ^ la détenmner.
D'après
Du GALVANISME. 1x9
D'ajprès les expériences que je viens de dé-* tailler, et les faits déjà connus sur le galvanisme, il paroît qu'on peut établir les principes suivans :
i^. Toutes les substances excitatrices contien* nentdu fluide galvanique ; mais les substances humides et les organes des animaux en contiennent fort peu, et ont une capacité très-petite pour ce fluide, comparativement aux substances métalliques.
*x^. Lorsqu'on met en contact deux substan* ces excitatrices , il se forme une nouvelle répartition du fluide galvanique ; la substance qui se trouve avoir moins de capacité, perd une portion de ce fluide , et Tautre s'en empare. Les substances métalliques et charbonneuses , disposées dans l'ordre suivant : linc , plomb , étain , mercure , bis^ muth^ ouvre rouge y argent^ plombagine y agissent de manière que l'une , mise en contact avec une de celles qui la suivent , s'empare d'une portion du fluide de cette dernière ; et que celle-ci , mise en contact avec l'une de celles qui la précèdent, perd une portion de son fluide.
3^« Lorsque le fluide galvanique pénètre la langue, en se dirigeant de son extrémité vers sa racine 9 il y cause une saveur particulière plus ou moins forte , selon la plus ou moins grande ^antité de fluide, et la susceptibilité de Tor^ II*. Partie, • I
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gane. Mais lorsque sa direction est telle ^ <]pi^il tend à sortir de Tare aaimal par la langue , fait éprouver une saveur beaucoup plus foiMe, et qui diffère d'autant plus de la première ^ que }a quantité de fluide ^ mise en mouvement, est moindre; ensorte que, lorsqu'elle est très*-petite , cette saveur est insensible. Mais le fluide ne sortant qu'avec difficulté de la langue, s'accumule en partie dans cet organe ; et lorsque la cause qm a fait naître cette accumuiation cesse, alors le fluide, retournant vers la racine, y cause la saveur galvanique.
4^. Lorsque le fluide galvanique , propagé par les nerfs, pénètre la substance musculeuse d'organes séparés depuis peu d'animaux vivans , il y jwoduit des contractions. La susceptibilité étant exaltée, si le fluide propre de l'organe, par quelque cause que ce soit, se répartit inégale* ment, et s'accumule en quelques points , il peut en résulter des mouvemens; musculaires. Mais si la susceptibilité est aâbifaUe , les contractions ne peuvent plus avoir lieu , que par le secours d'un fluide étranger à l'oigne.
Au premier degré d?aflbiblissement de la susceptibilité des organes, les contractions se ma« nifjpstent , quelle que soit la direction du fluide qui les pénètre; si la suceptibilité est plus aflfoiblie, la direction du courant n'est plus i
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Lofsque le fluide est cfirigé de manière à passer des ramifications nerveuses aux ner6, les contmràons sont beaucoup plus foibles que lorsqu'il a la cfirecûon contraire ; et dans le premier cas^ une portion du fluide s'accumule au point ps* lequel il tend à sortir du nerf. Cette accumulation et cette différence d'efficacité du courant 9 qtii pénètre l'organe dans un sens ou éans un autre, sont d'autant plus grandes, que la susceptibilité est moindre, et la quantité de fluide , mise en mouvement , plus petite. Ainsi la susceptibilité étant très-aflbibfie , quoiqu'il y mt des contractions , lorsque le fluide pénètre les crganes , dans la direction du nerf au muscle i cUes sont nidles, lorsqu'il les pénètre dans la dîreetiott contraire; et alors, il s'accumule prèsiqiie entièrenient dans l'organe. La cause qui a £adt naître cette acaimulation cessant , le fluide retourne sur hii-méme , et pénétrant lés organes^ dari^ la direction la plus favorable , il y occasionne des mouvemens musculaires.
^^. Si Ton iîsiAit une communication entre deux points d'un organe animal, à Taide d'une ciiaÎRe composée de différentes substances, et disposée tellement , qu'elle ne soit pas symmétri- 4]ue , quant à la nature des parties qui la cornf>osem, le fliôde inégalement solicité de part éU d'autfe, se met en mouvement, et forme un
courant , dirigé du côté de la force prépondé-
rante.
6^. Si Ton renverse toutes les parties de la chaîne , qui établit la communication entre deux points d'un système d^organes nerveux ou musculaires, on donne naissance à un courant dirigé en sens contraire du premier.
7^. Lorsque la chaîne est symmétrique , quant à la nature des parties qui la composent, le fluide, également sollicité de part et d'autre, ne prend aucun mouvement.
8^. Quand on détruit une chaîne qui, par sa nature , met le fiuide galvanique en mouvement, c'est-à-dire, qu'on y interpose un corps isolant, le fluide, accumulé dans l'organe par la formation de cette chaîne , retourne siu: luimême, et il se forme un courant en sens contraire du premier.
Ces principes , qui forment la base de la théorie du galvanisme, sont encore confirmés^par les expériences suivantes :
Septième expérUna. Si une personne prend une cuisse de grenouille dans l'une de ses mains , si elle arme le nerf avec du zinc, et sa langue avec de l'argent , au moment du contact de ces deux métaux, U cuisse de la grenouille se contractera , et la personne n'éprouvera point de saveur, ou du moins elle sera très-légère. Mais, en détruisant la ^chaîne,
èfle éprouvera une saveur assez forte, et la cuisse ne se contractera pas; si, au contraire, elle arme sa langue de zinc, et le nerf d'argent, au motnent du contact, la saveur se manifestera, et la cuisse, si Tincitabilité est àffoiblie, restera éans une immobilité parfaite.
En détruisant la chaîne , les mouvemens mus* culaires reparaîtront sans que la saveur se ma« nifeste : ce qui doit être ; car, au moment oii Fon forme la chaîne, le courant se dirige de Targent au zinc , pénètre immédiatement le nerf y' cause des contractions dans le muscle , traverse le corps de la personne qui fait l'expérience , et s'accumule dans sa langue , sans lui faire éprouver de sensation. Lorsqu'on détruit la chaîne, le fluide accumulé retourne sur lui-même , et la personne éprouve la saveur. Si on arme la langue de zinc , et le nerf d^argent , le courant étant di*jîgé en sens contraire , les phénomènes opposés ont lieu.
Huitième expmtna. Si deux personnes, qui se ^ennent par la main , arment leur langue , l'une avec du zinc, l'autre avec de l'argent, lorsqu'elles mettent les deux métaux en contact; celle qui a la langue armée de zinc éprouve la saveur, et l'autre ne l'éprouve pas. Si ensuite eWes séparent te zinc de l'argent, celle qui a éprouvé la savew , en formant la chaîne ^ n#
réprouve plus en la détruisant; maïs elle sa
manifeste dans la langue de Tautre.
Neuy'ùme expérience. Enfin ^ Ton peut terminer Tare animal par deux ner&. Ainsi en plaçant deux cuisses de grenouille siur une lame de verre , et établissant communicatidn entre leurs muscles , à l*aide d'une lame métallique, et armant les ner& Tun de zinc et l'autre d'argent, à llnstant oU Ton établit la communication entre ces deux armatures , au moyen d'une lame de zinc ou d'argent, la cuisse armée de zinc se contracte, et l'autre, l'incitabilité étant afFoiblie, nesecon* tracte pas; mais, en détruisant la chaîne, les mouvemens musculaires ont lieu dans cette der-nière, tandis que l'autre reste immobile.
Dixième expénenu. Tout étant disposé comme dans la 1^. expérience , la chaîne étant formée « si l'on fait toucher en un point le muscle à du mercure, sans détruire le contact du nerf, ou â l'on établit communication entre le muscle et le mercure, ou le muscle et le zinc, à l'aide 4'un communicateur métallique, il se manifeste à l'instant des mouvemens musculaires» Ces phénomènes sont dus au fluide accumulé au point de contact du nerf et de soh armature ^ lequel fluide rentre dans le muscle , et y fait naîtro des contractions : car si , laissant toujours le cota-^ municateur toucher au muscle et au mercure ^ ou
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an muscle et au zinc ^ on détache celm-d du mercure, il ne se manifeste aucune contrat* tien, comme il 7 en aur<Ht eu ^ si le fluide accumulé par la première chaîne , au point de contact du neif et de son armatute , y étoit resté.
On{ihpc arpérience. Tenant une cuisse de gre* nouille j préparée à l'ordinaire , dans Tune de ses mains , et mettant les nerfs et quelques points du muscle en contact avec le niercure , à Tins» tant oh Von touche le mercure avec un bar-* reau de zinc , que Ton tient dans Pautre main mouittée, il se manifeste des contractions trèsfortes. Cette expérience présente donc des phé» nomènes entièrement opposés à ceux que présente la 3^; le fluide , au Beu de s'accumuler dans le nerf^ est sorti par le muscle^ et y a causé des contractions. On peut arriver à un tel point d'indtabilité , que le douUe contact du nerf et du muscle, détruise toute espèce de contraction, tant en formant qu'en détruisant la chaîne*
Dott^tm expérience. Si , tout étant disposé comme dans la sixième eiq^érience, on fait touf* cher à la pièce d*argent , non seulement le nerf, mais aussi le muscle , le laissant cependant tou-^ purs en contact avec le zinc, lorsqu'on établit une communication entre le zinc et l'argent^
il se manifeste des contractions très*fortes. Eii substituant à l'argent , du cuivre , de la plombagine, du plomb, on obtient précisément les mêmes phénomènes.
Chaîru composée de trois substances metalliqties* Le courant qui se forme dans la chaîne composée de trois substances métalliques , est toujours dirigé du côté du métal extrême , qui se trouve avant le métal placé à Tautre extrémité de cette même chaîne. La direction du courant ne dé-** pend donc , en aucune manière , du métal qui occupe le milieu.
Dans une chaîne composée de substances métalliques et humides y où. il n^ a que deux ou trois métaux hétérogènes en contact immédiat^ le courant est dirigé , comme il le seroit en con-^ sidérant ces métaux, indépendamment du reste de la chaîne.
Chaîne composée de trois corps de là première classe^ et et un de la seconde ; armatures métalliques homogines. Ayant placé une lame de zinc au fond d^un vase rempli d*eau , et mis la langue en contact avec l'extrémité d'un barreau d'étain , dont l'autre extrémité touche à la lame de zinc ; si Ton prend , dans l'une de ses mains , un second barreau du même métal et de même dimension que le précédent , lorsqu'on plonge dans l'eau l'extrémité de ce second barreau ^ on n'éprouve aucune saveur. En effet, le courant
DUGALVANISME, 137
est dirigé de manière à passer par les doigts , en traversant le corps de celui qui fait Texpérience, pour venir s'acumuler dans la langue. Msds au moment où y plongeant le barreau plus profondément , on touche au zinc ^ la saveur se ûdt senùT (i). a Ce phénomène , qui n'avoit point été observé , est une suite naturelle de mes princi* pes y dit M. Izkot ; car , mettant ce second barreau en contact avec le zinc , on forme une chaîne symmétrique , qui est telle , que le fluide doit y être en équilibra ; par conséquent la quantité de ce fluide , qui s^étoit accumulée dans la disposition précédente 9 doit retourner siur elle-même, et causer la saveur. Détachant le barreau d^étain de la plaque de nnc » sans le retirer de Teau , on n'éprouve aucune sensation; puisqu'il se forme un courant dirigé de manière à pénétrer les doigts. Si Von son de l'eau le barreau d'étain , on éprouve la saveur , le fluide accumulé retournant sur lui-même. >»
yt Ainsi , rendre une chaîne symmétrique , ou la détruire par l'interposition d'un corps isolant ,
Ci) Si au hea de faire toucher le barreau d'étaîn au zinc « on établit communication entre les deux barreaux d'étain ^ a l'aide d'an communicateur métallique , on éprouve la saveur , parce qu'alors on forme une chaîne symmétrique , (fui rét^Ut réquil ibre.
c'est la même chose relativement au mouvemeot du fluide galvanique. Il est évident ^ d'après Texpfi* cation que je viens de donner ^ que â , au lieu ife lendre fixe le baireau qui touche à la langue , et jnobile celui qu'on tient à la main , on £sàt Popelation inverse ^ on éprouvera la saveur dans fcs circonstances contraires; puisque le courant aura, dans tous les cas , une direction opposée* >»
» Lorsqu'on plonge l'extrémité du barreau mo« bile dans l'eau, celui qu'on tient avec la main mouillée étant fixe et en contact avec la lame de adnc qui est au fond du vase y on éprouve la saveur. Le plongeant plus profondément , dé manière à ce qu'il touche à la lame de zinc , on n'éprouve aucune sensation. En le détachant de lalame de zinc y sans le tirer de l'eau, on éprouve àù nouveau la saveur ; enfin , au moment oii on le tire de l'eau , le fluide ne se fait pas sentir, j»
H Si l'on place deux points de la langue .aux deux extrémités des deux barreaux d'étain ; i ''. à l'instant où le barreau mobile touche l'eau , celui qui est fixe étant en contact avec la lame de zinc , on éprouve la saveur à l'extrémité du barreau mobile ; 2^. Le plongeant plus profondément, si on le met en contact avec la lame de zinc , on éprouve la saveur au point de contact de la langue et de l'autre barreau; 3^. au moment où l'on sépare de la lame de zinc, Fun ou Tautre barreau ^
MAS cepenésLnt le sortit de l'eau, on éprouve à Vcxîxémïté la saveur galvanique. Enfin , Tautre étant toujours fixe, si l'on tire de Teau celui qui est mobile , la saVeur se ùàt sentir à l'extré* mité du premier, m
D'après les principes eacposés dans ce mé^ moire ^ il est £icile de conclure f qu'en employant pour barreau un métal pris dans la série donnée , et pour communicateur plongé dans l'eau, un des métaux qui suivent cette série ^ les phénomènes qui ont lieu dans les expériences précédentes, doivent être entièrement of^HMés, c'est-à-dire, que dans la i'^. et x^é expériences, les cas oà jl y aseasaûon, sont ceux oit il ne doit pas j en avoir ici , et ceux oii il n'y en a pas , sont ceux oà elle doit se manifester , et que , dans la troisième expérience , les cas 0(1 ta saveur se iàit sendr à l'exûrémité du barreau mobile , sont ceux où eUe doit se £ûre sentir à l'extrémité du barreau £xe , et vice versa ; car le courant est alors toujours dirigé en sens contraire.
Plaint les netfs d'une cuisse de grenouille , sur une lame d'étain , terminée par une petite cavité remplie d'eau , et l'es muscles sur une autre lame par- £ûtement égale , si on met une des extrémités d'un arc de zinc en contact avec le fond de la cavité pratiquée dans l'armature du nerf, et qu'on fasse plonger Tautre extrémité de cet arc dans l'eau
de celle de Tarmature du muscle, la susceptibî-^ lité des organes peut être telle, qu*il ne se ma-* nifeste point de contraction. En plongeant plus profondément le communicateur , ensorte qu'il touche au fond de cette dernière cavité , à Tîn^ tant les contractions se manifestent dans Tare animal ( i )• Détachant alors Tare de zinc du fond de la cavité de Tarmature du nerf, sans cependant le sortir de Peau, l'organe reste immobile. Au moment oà on le tire de l'eau , le laissant toujours en contact par son autre extrémité, les contractions se manifestent de nouveau. M. Lchœ a répété , avec succès , cette expérience un trèsgrand nombre de fois; cependant, dans le dernier cas, les contractions sont toujours plus foibles que dans le premier , et même quelquefois nulles (1).
Si on met l'arc de zinc en contact avec l'armature du muscle, et qu'on plonge son autre
(i) En établissant une communication entre les deux lames d'étain ^ avec une substance métallique, on produit le même effet.
(2) Il faut, pour. que ces expériences réussissent cons-tamment , avoir sur-tout soin de n'employer que des organes dont la susceptibilité est afFoiblie : autrement , dans les quatre cas de ces expériences , il se manifeste dei^ contractions»
dans la cavité de rarmature du nerf, la cuisse se contracte très-fortemen^f En enfonçant davantage l'arc de zinc, ensorte qu'il touche au fond de cette cavité , il ne se manifeste point de contractions. En le détachant, on apperçoit ordinairement des mouvemens musculaires ; mais souvent l'organe reste immobile.
On obtient absolument les mêmes résultats; toutes les fois qu'on emploie un métal plus puissant, pour établir une communication entre deux armatures homogènes , d'un métal moins puissant. Si on emploie des armatures d'un métal qui a une plus grande capacité , et pour communia cateur un autre qui en a moins, alors on obtient des effets parfaitement opposés.
Les nouvelles expériences qui sont l'objet de ce mémoire , conduisent à ce résultat assez singulier , qu'on peut distinguer un métal d'un autre , sans le voir ni le toucher immédiatement. En effet, composant une chwie telle qu'étant fermée par Tun des métaux proposés ^ elle donne naissance à un courant dirigé dans un sens , et étant fermée par l'autre , à un courant dirigé dans le sens contraire, il sera facile de les reconnoître. C'est ainsi que M. Lthot a sotivent distingué un morceau de zinc, d'une pièce d'argent, à l'extrémité de fils métalHgues de quelques mètres de longueur.
n termine son mémoire par Tôxposé des moy ent qu'oa peut employer poiff augmenter Teffet de chacime des chaînes i qu'il a examinées. Si Ton unit plusieurs chaioss semUables , composées (ie àeux métaux , par des substances huiâides^ et qu'elles soient teUement disposées, qu^ellei tendent toutes à dcomer la même direction 9U fluide , ces chaînes partielies agissant indé* pendamment les unes des autres , mettront cbaame ea motnrement la quantité de flmde qu'ettes auroient mue , à, elles eussent été seules : donc la duihe totale m^tra plus defluide en iBOuveiBbent , que chacune des cfaaSaes p»r« tielles ; et elle en aœttra d^autaat phis , que le nombre de ces dernières sera fhis considérable;
Bans une chaîne fimnie d'arcs métalliques semUdMes , joints par des substances humides , et composés de deux métaux , le courant est di* rigé du côté de celui des deux, qui se trouve avant Tautce. Si les mes sont formés par la suc« ^cession de trois métaux , le courant est dirigé comme sll n'y avoit, dans chacun , que les deux métaux ei^êmes.
Si on attaché un fil de laiton à chacune des extrémités des chanes formées par la suc* cession des arcs> composés de {incj ouvre ^ ^vbsmnu humide ; [snc y piombapm y siAuanc^ kumidt ; ^inc ^ plomb y substanu humide ^ plomb y
DU CALVANISME. 14)
plambaffm j substance hwnidê , et qu'on fenne le cercle y en Êôsant plonger les deux eztré« mités de ces fils dans de Teau acidulée par IV cide nkrîque ou sulfurique^ alors Textrémité du fil qui 6itnt au métal le moins puissant, se couvi;e d'une couche de cuivre rouge (r), camiis que . l'autre fil se dissout* Les autres phénomènes chimiques , qui se passent aux deux extrémités de l'qipareil y en substituant à Teau acidulée d'autres substances , conservent également un rapport constant avec la direction du • courant ; ensorte que Tordre des métaux , indiqué par le$ expériences de la saveur et des contractions musculaires 9 se trauve de nouveau confirmé par les phénomènes chimiques que présente Tappareil de Foba , formé avec les différçnteç substances métalliques,
«f Apr^ avoir développé^ dit M. Lchoty les Ipix du mouvement du fluide galvanique, il resteroit à éx examiner la nature, et à le
(i) Ce phénomène avoit para d'abord à M. Lthotitxt dû au cuivre propre de ce £er , n)is à nu ; mais il s'est «unrë ^e, dans cette expérience , une portion du cuivre de f autre fil se dissout j et est ensuite précipité sur la sur&ce de celui qui tient à l'argent ; car en substituant au dernier un fil de pladae ^ il le couvre également d'une concile de cuivre roug^
comparef au fluide électrique. Mais plusieurs physiciens .se sont déjà occupés de cet ol> jet; particulièrement le professeur Folta^ qui paroît avoir prouvé Fidentité de ces deux corps ^ en* faisant voir qu'il se manifeste de l'électricité positive du côté terminé par le zinc, dans la chaîne formée de la succession d'arcs composés de -zinc, cuivre , substance humide , et de l'électricité négative, du côté terminé par le cuivre, n
§. II. Expiriences faxtts â Berlin. ( Berlin , 4 avril 1801 9 ou 14 germinal an 9.) «On fait, depuis quelque temps , dans cette ville , des expériences sur le galvanisme (i), dont on espère que les résultats non seulement seront utiles à la physique, mais donneront encore de nouveaux moyens i l'art de guérir. Ce sont nommément MM. Helvigt ^ major suédois , •-Bowrgz^f , professeur de chimie, Hermann , professeur de physique , et le docteur G^nsp^/rgïfijer, qui ont réuni leiu:s lumières pour augmenter ou modifier les expériences faites jusqu'à ce jour, dans cette carrière toute nouvelle ; ayant sur-tout eu en vue , les trois premiers d'étendre le domaine de la physique , et le
(r) Vayai le Magasra encyclopédique ^ tome I*'. de la 7*. année, n°. i^ prairial ani^.
dernier
dernier iTen <léduîre des applications utiles en médecine, n
>» On ne s*est pas borné à indiquer ce qui Ta dqà été par FoUd^ Nichotsoni Crtûkshank, et autres physiciens ùa médecins : on les a tous interrogés ; ota a Constaté la vérité de leur^ réponses ; et si peu de progrès qu'on ait Êûts sur là route 9 on a TOiâu cheininer de soi-même» en ^joMant qàdques pas à la tracé de ses prédé* çessems» On a'ôse dépendant pas se flatter de s'être tstpproché cf une théorie certaine : les phénomènes se pflaisentetft toujours environnés de dbiite; Âtàis , îtwipPà ce que h cause eti soif! découverte par le tetnps , ou la sagadté d'un génie supérieur ^ îi è$t îiitétéssant pOur tous d'en uâiser lés effets. Ces<4à te seul ol^et les tentaâVes ^ dont voici un résuiné érè^-sucdnct v^
>» Oki a d^aboid coh^thiit un^appareil giaftVanique ; tel qu'H a: été imaj^é par P^aka. Les^deulc métaut ipj^on a choisis pour former les colonnes , ont été Por et le zinc , Tor en pièces de deux />/éinck ât Prusst , noii frappés , le zine en jnèces de même grandeur, et on i placé entre les detix métaux , dés morceaux de dr a(^V fitunectés' d'eau salée. Toutes les expériences côhnu^ , ont été rq>étées , et ont donné absolument les mêmes résultats qu'aux premiers observateurs, notamment n^. Partie. K
la commotion , et la décomposition de Peau en ses deux gaz constituans. »
» On a formé de plus un second appareil , dont les colonnes ont été composées de pièces d'argent et de zinc. On auroit voulu pouvoir déterminer lequel des deux ^stêmes doit toujours produire le plus d'effet ; mais , par des raisons qui ne sont pas dét^ées d'une manière assez précise, parce que chaque appareil a présenté séparément beaucoup d'irrégularité dans ses^ produits, on n'a point encore de justes motifs pour préférer exclusivement l'un des deux à l'aut^.. La valeur de chacun ne s'est pas soutenue d'une manière assez constante , poiu: qu'on puisse assi-* gner à l'or ou à Targent, ni même au cuivre , plus ou moins de vertu pour l'excitation du galvanisme; mais, ce qui a été reconnu, ce qui n'ayoit pas encore été éprouvé jusqu'ici , c'est que les deux appareils, mis en combinaison par une chaîne métallique , adaptée à la base d'une colonne et au sommet de l'autre, en contact, d'une part , avec Tor , et de l'autre avec le zinc ^ produisent une abondance de galvanisme capable de porter la, commotion jusques dans les épaules, tandis que l'appareil ordinaire n'a que la force suffisante pour la donner jusqu'aux coudes. »
» Ce qui appartient également aux phjrsiciens de eette ville ^ c'est la découverte qui apprend que Toa
obtient plus vite l'étincelle , soit entre les deux coi>ducteurs d'une même colonne , soit entre les deux conducteurs du syst^e combiné , lorsque les extrémités de ces conducteurs sont terminées» ITune par une pointe de fil de fer très-fin , et fautre par un bouton. L'étincelle qui vient diSdl&nenty dans l'hypothèse que ces extrémités ne soient pas telles , paroît bientôt , dlans cette circonstance, et est accompagnée d'une forte détonnation ; mais si l'on veut atteindre à la plus grande intensité de cet effet , if fiiudra revêtir d*une feuille d'or y la pointe et le bouton des conducteurs, n
rt Cest au hasard que l'on est redeV2d>l# 4e cette denûère découverte. U étoit <juestion 4le consulter Félectromètre de Bematy afin de voir s'il seroit asseï affecté par l'appai^il de la colonne. On mit, à cet effet, le bouton sur le haut de l'électromètre , et l'on introduisit fa pcnnte jusqu'aux feuMles d'or. Ce métal fit alors lui-m'ême la fonction de conducteur, et idédda d'une manière aussi forte qu'inattendue^ le départ de l'étincelle , résultat auquel on n'étoit qif imperceptiblement parvenu , par les moyens ordinaires. Depuis ce temps, on a revêtu d'or Fextrémité des conducteurs, et on a constanmient obtenu une étincelle facile, prompte et forte. Oa s'en est servi , avec le plus grand succès »
pour riaflammation du phosphore , et dti soufre sublimé) pour celle du gaz fulminant , pour cette enfin de la poudre à canon , dont la combu$tk>n> résiste ordinairement ^ l'action du fliûde élactrique. On a £ciit toutefins cette remarque , que lors <le ces expériences, k feuille i^QV^ qui* recouvroit l'extrémité d» conducteurs , s'est d!emême fondue , et a été réduite en un gloi^^le plus 0u moins partait , suivant k force de rétincelle* f^. M On a reconnu et vétifié^ avec Nichai-^ son, jfjjhi inverse des deux conducteurs : soumi^ i répreuve de rélectromètre de^condensadon^ c^est l'argent qui s'est trouvé négatif, le aine se montrant positif. On. a fait pks : on a chaprgé ^ne bouteille de Leyde avec le prodmt de k colonne 5 mais par l'intermédiaire du çondens^teujr de Fb&a^ La bouteille a semblé obéir à laloi gétiérale : shs dei|x surfaites se sont différem-^ ment affectées; et ce qui a* paru surprenapt^ c'est qu'elle n'a donné aucune commotion, aucune qui sqpprodiât mêflie deik plu» légère commotion simple galvanique ^ quelque précautiofi L ^t mise à la charger, et de qiietqve quan^ i'^m;rait.charg4e y quanti^ cumulée ^ dOnt. Vpe petite fraction ^ émt|lée^ dt l'app^^ à colonne,, plroduit une secousse asses viotente. ^
» Voulant çnjin interroger , avËie le galvanisme, touj: ce q^ répond à Félectricité « oa a
pKxhBt,* à l'aide de deux condensateurs, les êgmes de Uektaéerg^ avec les mêmes dissem* Uaaces, tt aras les aiâaies formes qui leur sont psàgnées dans le fluide électrique, n
Telles sQtit^ en snbitaaèe» les opéraâons des
ph|^sâaeiis it Berlin : il eût été très-naportant ^
alMiaction fidie du farti que le docteur Ora^
pinpuur en a tiré pour la firatique et pomr la
gnérison de plusîenis sudâcfies , comme on le verra
chap. XIX j de pouvoir fixer ropinion sur la nature
du flukie qui se inâftîfegte dans les expériences gat*
vanîcpies, afin de lever tous lesdoutesà cet égard*
On ne sauroît sans contredit méconnoitre la sinû«
Utude de ce ftvode avec celui électrique ; mais si Ton
étoit porté à croire qii^il existe , entre ces deux flui*
des , ime idendfé absolue, Texpérience des ph]rsi«
ciens de Berlin serait subvernve de toute présomp*
cton de cette espèce.
Lm dernière qu'ils aient faite, et la plus pro« pre i peisuader que Pâectricité et le gadvanisme sont dhme nature différente , c'est d'avoir isolé Tap» pareil^ et avec lui un tnhe de verre oii Pinfluence galvanique opéroit , par ie rapprochement des deux conducteurs , la décomposition de Peau. Ils ont sotunts tout ce sTStéme j isolé de la sorte , à Paction électrique d'une machine assez forte : ils en ont obtenu des rétîncf Mes très -•considérables ; et cependant la^ décomposition de Peau n'a
iço HISTOIRE
subi 9 dans le tube , aucune modifieatîoir : ce qui tendroit à démontrer que non seulement Tanatogie n'existe pas entre les deux fluides ^ mais encore que leur action est indépendante^ et que la plus grande abondance d'électridté n'influe en rien sur la marche du galvanisme.
D'un autre côté, si l'on rapproche quelques circonstances y telles que la plus grande action de la .colomie, au moyen diss morceaux de draps tpii hn Bont interposés 9 et qui sont imprégnés d'une eau chargée de sel anunoniac^ duquel l'oxigène se dégage ÊLcilement ; telles encore que llnterposition d'une substance animale aux jaques de métal , après laquelle il est visible que la chair est.ir- ^ritée» et rougit du côté qui fait face à l'argent ^ tandis qu'elle est réduite en graisse ou en substance animale désoxîdée du. cèté qui £ût £ice au zinc ; si l'on considère également que . l'appareil est d'autant pln&'suscqrtible de force , qu'il est mieux armé dbflkétavx^oumîs à l'acdon de Toxigène; qu'enfin ^ les plaques de métal. sont corrodées sensibl^neht^ après qu'on- a fait agir la colonne ^ et que lorsqu'il n'y a {4us de substance oxigéhée en interposition aux métaux^ toute action galvanique cesse ; dès-lors il sera impossible de ne pas reconaoître que la présence de l-'oxigène ^ ei même son actioui sur une substance quelconque ^ isont des conditions
nécessaires à Tapparence du galvanisme ; que I^ phénomènes galvaniques non seulement ont une cause étrangère à celle de Pëlectricité , mais encore qu^ils seroient plutôt dans la dépendance de roxigène, sans le concours et faction duquel on n'a pu jusqu'ici produire les effets de ce qu'on a nommé , en attendant y fiuide galvamqtu.
5« lU. Rapport sur k galvanisme ^ fait à t Institut
par k professeur Cûvkr y et expériences <ks CC. Fourcrqy^
Fauquelin a Thettard. Un aussi savant naturaliste que
le C. Cuvier y ne pouvoit s'empêcher de fixer' son
attendon sur lies écrits multipliés que fàisoit naître
le galvanisme. Aussi s'en est - il occupé avec
soin j et a-t-il mis y dans le rapport qu'il a feit à
ce sujet y à l'insdmt national y tout l'intérêt qu'il
sait répandre dans ses ouvrages. Voici en entier
ce rapport, dont il ne seroit pas possible de
donner un extrait, sans luî faire perdre h plus
grande partie de son mérite (i).
>» Le hasard, ce père de presque toutes les découvertes, a encore favorisé leif physiciens
(i) Ce rapport est tiré du Jovmat de physique y ge»jninal an 9, page 318. 0 se trouve adssij, sous le titre i*Expèrunc€s galvaniquu, dans le Magasin encyclopédique^ floréal an 9, page 371. — ^^<t ^^'^^ '^ Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la république française ^ în-4^ , tome !•* , page i ja»
151 HIS T p IRE
dans ces dernières années, d'une manière qui rendra cette époque I^en remarquable dans Thistoire des sciences. Quelques piorceaux de métal, mis en contact ^ ont manif^t^ ides phénomèi^e^ qu'aucune sagacité ne poiiypit pirfSvoir, et nou$ ont ouvert un champ aussi y^e que fécond en applications împortfUites. L'influence de ces phénomènes s'étend plus que jamais. Bornés d'ahord^ en apparence, à Téconomie animale, ils semblent aujourd'hiti JQuer up r^e important dans la chimiç, >>
. >f Ç^t ^4r-tout au génie de J^çùa qu'ils doivent ce nouvel acçroiss^çnt. Son opinion, qup le galvanistpe n'étojt qu'une application de l'é*lectricité à l'éçonqmie ai^male , fyant été con^ testée par phisieurs savans , il chercha les moyens d'accrpître les effets, au point de rendre leur véritable naturç évidente ppur tqut le monde , et il trouya qu en multipliant les pièces de deux métaux, en les disposait toujours alternativement , et ^ les tenant humecté^ , on produit des attn^çtions ^ dçs répulsions , et des comme* tions, toutes semblables à celles de la bouteille de Leyde; et qu'en général, une pile de disques , alternativement formée d'agent , de zinc et de cartons mouillés , manifeste à l'instant toutes les apparences de l'électricité vitrée à l'extrémité où est l'argent , et de Téleçtricitc
résineuse à celle où est le zinc Cependant il y a cette différence , qu'une bouteille de Leyde , une £>is déchargée , ne présente plus d'effet , à moins qu'elle n^ été électrisée de nouveau » au lieu que ]a pile de Folia s'éleci|ûç constamment ellemême ^ ^uc ses eSéts se renouveUe;iî sans cesse» et que ce n'est qu'en la déchargeant avec de très-p<^ conducteuis » qu^oa parvient à diminuer ces effets pour un in^tfQt. D/e plus» la bouteillç de Leyde se déc)iasge .toujours par le moyen de Teau ; pour peii qu'il y ait d'humidité continue enire ses ^eux surfaces, ses effets sont anéantis : la pile a beau niîsseler l'eau 3 dont ses cartons sont ii|iUbé$, ses effets ne perdent rien de leur wtqmté : ils tifi cessent que lor^ qu'elle est entifkeaieat plongée dans l'eau. >»
» Ces différences dfvoien( ^e douter de l'identité paiiàite du gs4yaaisii^ avec l'électricité: d'autres phénomènes encore plus extraordinaires sont venus augmenter ces doutes. Si oiT plonge dans l'eau les bouts de dcMx fils métalliques y qui communiquent l'un avec l'qxtrémité résineuse ou négative de la pile , et l'autre avec la vitrée ou positive » et qu'on les tienne à une pe* tite distance l'un de l'autre ^ il se dégage à l'extrémité du premier fil des bulles 4e gaz hydrogène , et à ceUe de l'autre de l'oxigène qui se fixe sur k métal 3 lorsque celui-ci est pxidable^ ou s'élève
en bulles, s'il ne Test pas : œtte action continue^' tant que Tappareil reste en cet état. Mais ce n*est pas en cela que consiste Ta plus grand» singularité des phénomènes , et c'est ici que le galvanisme commence à entrer dans le domaine <le la chimie» ^
i¥ n auroit été tout naturel de regarder ce gaz comme le produit de la décomposition de l'eau, si une circonstance particulière n'avoit pas encore donné des .doutes sur cette explication. Il faut, pour que le dégagement ait lieu, que les bouts des fils soient à une certaine distance : s*ils se touchent, on ne voit plus de bulles. Comment Toxigène et Thydrogène , pro- Tenus de la même molécule d'eau, paroissent^ ils à des points éloignés? Et .pourquoi chacun d'4^ux paroît-il exclusivement au fil qui tient à Tun' des deux' bouts de la pile, et jamais à Tautre? ^ *
• » Tll étoit rétat de nos connoissances sur •le galvanisme , lors de la notice qui 6it donnée des travaux de la classe de physique de Tlnstîtut, vers le mois de nivôse an IX; toutes les expériences faites par des savans étrangers et françois, classées et constatées par ue commission dont le C. HalU a été Torgane (i), n'oirt
(i) Vayti le chapitre XII.
conduit qu'aine trois grands résultats suivans: 1^. augmentation d'intensité d'après le nombre et f étendae des surfaces métalliques 9 mises en con« tact '9 ^^• renouvellement perpétuel de faction; 3^. production des deux gaz par la communication des deux extrémités de la pile avec l'eau, >»
y^ Mais 9 depuis ce temps, les physiciens ont redoublé d'efforts : le dernier phénomène sur-tout a piqué leur curiosité. Les uns ont cru y voir les bases d'une chimie nouvelle : les au* très 9 plus prudens , ont suspendu . leur jugement y ou ont cherché à ramener les ftits aux théories connues. Cependant , quel que fut knxr système , tous dévoient commencer par une fecherche semblable , pour voir si ils parviendroient à produire ks deux gae dans des eaux séparées. Si ces eaiur sont absolument isolées 9 les gaz ne se montrent point : si on les fait communiquer par un fil métallique » il y a seulement une production de gaz double., c'est-àdire , que chaque extrémité du fil intermédiaire agît dans la portion .d'eau oîi elle plonge, comme si ce â venoit immédiatement de l'extrémité de la pile opposée à celle qui communique avec cette portion ; de manière que chaque portion donne à -la -fois les deux gaz : mais si on met, entre les deux eaux, de l'acide sulphurique , les gaz se manifestent , chacun de son
côcë. n en est de mémç si on établit la cqof* mimîcation des eaiix par ie moyen d'un coqn animéy cooune la fluûji. Ainsi h pioducdiEMr des chaque gaz^ dans des eaux ^sépacées, est çqm* plettement prouvée, n
h II est clair qu'U nTy a que trok tnamèies^ possiUes d^expKquèr ces Êûts. Car, i ^. ou Faction galvanique tend à enlever, dans chaque eau ^ une de ses parties conftïtuantes, en y laissut Faiitre en excès ; i^. ou elle décompose de Feiu , et laissant dégager un des gaz au bput d'un des fils , elle conduit l'autre, d'une mamèie iuvisî* ble , , à Textrémité de l'mtre fil, pour Vy laisser dégager ; 3^. ou bien enfin , Teau ne se décompose point du tout ; mais s^ combinaison avec un principe quelconque, émanant du côté podtif de la pile , produit le gaz oidgène , et av^c cehii qui émaneroit du côté négatif, Fbydrogène. »
» Les deuy premières opinions ont éfé avancées^ dans la classe de physique- de l*Iffstitut, Ihme* verbalement, par le C. Mongt^ l'autre dans nn^ mémoire détaillé par le C. Fatfftrey. La troi*^ sième appartient à quelques étrangers , et sur^ tout à M. JHiUry prc^esseur à Xena (i). Maïs elle paroît tellement en contradiction avec l'ensemble de tous les autres phén<Mnènes chimiques , qu'il
(i) Fayn le chapitre précédent > art. 2.
«te été presque impossible de Tadmettre , quand même on n*auroit pu trouver auffement une exjdicttion sadsfaisaiite de Texpérience en question. 9¥
n Le mémoire du C. Fowxrûy est le résultat d^expériences tr èshnombreuses qu'il a faites avec les ce. FintqmUn et Thtnârd : il joint à une explication fort ingénieuse du fait principal ^ une multitude de circonstances inconnues auparavant. Les ce fcfurcroy et FauqueUfty noms à jamius inséparables ^ et autant unis par la glom que par CantuU , stnvant Texpressiou du Ci Uckrc (1) ^ admettent Tezistence d'un fluide parneulkr^ qu'Hs nomment gat^anique^ et qui cîTciâeroît du côté potttif de ht pile j vers te côté négatif Selon eux ^ ce fluidd décompose Peau en seirant Ai cdtë positif : il laisse échapper Toxigène en btifles ; ihais il se combine avec l'hydrogène pou^ former uir liquidé , lequel traverse Teau ou Pacide sulphtnîque , où le corps hmBtofky pouf aller gaghet l'extrémité du fil négatif. Là le gsdvanique abandonne son hydro^ gène 9 et le laisse échappe» à son tout sous for* me de gaz 9 tandis que lui-même pénètre dans le ûL Voici Pescpérience par lat^uelle les auteurs
(i) Siaflce publiqoe de PEcdk dé médecine de Paris ^ An 24 vendémiaire an 10, in-4*. , page 67.
prouvent que telle est la marche secrète du ^pkié* nomène. >» <
» Si on met ^ disent-ils , entre les deux eaux , un oxide d'argent bien lavé, le fil négatif, près diiqud devroit se manifester le gaz hydrogène , ne donne aucune effervescence , et l'oxide se réduit en partie du côté du fil positif : c'est que , ajoutent les auteurs , le galvanique chargé d'hydrogène le perd en traversant l'oxide , dont l'oxigène le prend pour reformer de l'eau. »
^ Au surplus , ajoute le C Cuvier^ ce mémoire des ce. Fouravyy Vauquclin et Thenard^ n'est encore que le prélude d'un travail plus considérable , dans lequel ils se proposent d'examiner le galvanisme sous toutes ses faces. Nous devons d'autant mieux espérer de leur projet, qu'ils seront secondés par presque tous les physiciens : chaque jour nous apprend quelque observation nouvelle sur ce sujet, faite en France ou chez l'Etranger : plusieurs même ont été présentées à l'Institut^ par des savans qui n'en sont point membres, et notamment par les CC. Gauthtrot^ Hassir^at{^ D€Sormes et Lthot (1) : elles éclairassent divei^ ses circonstances accessoires, mais conduisent aussi à des difficultés nouvelles, n
(1) Vayoi le chapitre IX, §. VU, et le §• !•'• àt ce chapitre.
Les ce. Fcuraoy , FauqueUn et Th$nard y çpii ont toujours continué à s'occuper des expériences galvaniques , dont il est question dans le précédent rapport , dit Fauteur du même rapport (i) » ont été récompensés de leurs tra* vaux 9 par la découverte d'un des faits les plus curieux et les plus importans, parmi ceux qui appartiennent au galvanisme; on savoit qu'en multipliant les disques qui composent la pile , oii augmentoit la force des commotions, et la rapidité de la décomposition de l'eau : les médecins et physiciens ci*dessus nommés , ont voulu voir ce qui arriveroit, si on augmentoit la surface de chaque disque. Us ont, en conséquence, composé une pile avec des plaques d'un pied quarré : les commo:dons et la décomposition de Veau sont restées les mêmes qu^avec un nombre pareil de petits disques ; mais la combustion des fils métalliques , s'est opérée siur-le-champ avec beaucoup^ de force, et en les plongeant dans du ^ gaz oxigène, on les a vus s'enflammer avec un édat très - vif; tandis que de petites plaques , quelque grand qu'en soit le nombre, ne produisent rien de pareil* Ainsi la combustion suit une loi relative à la surface des plaques, tandis que les autres phénomènes se rapportent au nombre des plaques.
(1]^ Voyt[ Journal de physique , messidor an 9, page 76.
Des efforts réunis et des recherches des chimistes ci-dessus nommés , ainsi que de celles du C. ffachetu , professeur à l'Ecole Polytechnique , il résulte y i^. qu'on peut arrêter le dégagement de lliydrogèile dés extrémités d^un des fils, en mettant dans l'eaù interioiédiaire de Toxide d'argent ; i^. que cet 6xide est réduit à Tétat métallique , comme la dissoltrdon nitrique d'argent Test elle-même; 3^. que les effets de la marche de ce fluide semblent différet de ceux de Télec* tricité , et que si ce dernier fluide agit! de même , il est au moins singulièrétllenf i!nodifié par la continuité et la rapidité de ^a niarche ; 4^. que des grandes plaques de plusietnis dédmètres de dimension , n'augmentent point le$ secousses , les commotions et la dmileut; mais qu'elles élèvent beaucoup la puissance inflammante^ puisqu'au moment du contact elles déterminent la déflagration du fer; 5^. enfin, que' le mouvement de ce fluide donne naissance à une foule de phénomènes, propres à mettre dans tout leur jour le^ principales vérités chimiques , et qu'il devietlt un appareil ptécieux pour hut étude.