CHAMBRE DES MONNAIES ET HOTELS DES MONNAIES DU ROL
Des officiers , chargés par le Roi de la surveillance supérieure de tout ce qui concernait les monnaies, existaient déjà, avec les titres de maîtres et de généraux-maîtres en cette matière, du temps de Philippe-Auguste. On retrouve plus lard ces officiers incorporés avec ceux de la Chambre des comptes et du Trésor, mais conservant cependant des fonctions spéciales correspondant à leur titre , et ils étaient au nombre de trois en 1315.
Les maîtres ou généraux-maîtres des monnaies formèrent, nar la suite, une chambre à part, indépendante de la Chambre
(1) Armoriai de la Chambre.
des comptes, ayant, comme celle-ci, son siège à Paris (1), et connaissant, privativement à tous autres juges, du fait et de la police des monnaies.
L'époque précise de l'institution de la Chambre des mon naies est inconnue; elle existait en 1357. Le nombre des gênéraux-maitres fut, en la même année, réduit de sept à quatre. Deux ans plus tard, en vertu de Tordonnance du 37 janvier 1350, la Chambre des monnaies comptait huit générauxmaîtres et un clerc. Il résulte d'une ordonnance du 8 juin 1408 que le nombre des généraux-maitres était encore de huit au commencement du règne de Louis XII. Charles VII avait créé, en 1436, un procureur du Roi en cette Chambre, et en 1448 un greffier (2).
Les premiers des jetons que nous publions, et qui paraissent bien convenir aux officiers des monnaies par le type des balances, peuvent, par leurs caractères d'ancienneté, remonter au XIII'' siècle. On ne peut guère douter, dans tous les cas, qu'ils ne soient antérieurs à l'époque où les généraux des monnaies ont été définitivement constitués en chambre.
* 1. Écu avec bordure à double filet, renfermant six fleurs de lis, et reposant sur un champ ponctué.
ÇT. Balance sur un champ ponctué. (P/., fig. 20.)
* 2. Variété du numéro précédent; l'écu ne renferme que trois fleurs de lis. {PL, fig. 21.)
Les solutions de continuité que l'on remarque dans les filets de la bordure de l'écu, et qui ressemblent assez à des compons, ne sont, en réalité, que le résultat d'un accident de fabrication, causé par le peu d'épaisseur du flan , qui n'a pu prendre , au
(1) La Chambre des monnaies fut Inmférée à Bourges wê 4^18, à cause des agitations politiques qui divisaient Paris, où eUefui rappelée en 1437.
(2) V., pour ce qui précède, les Ordonnances des rois de France, passïm; Boizard. Traité des monnaies; M. Pardessus, Organisation judiciaire $m» ta troisième race, etc.
moment de la frappe, un relief suffisant, à Tavers, dans les parties qui corres^pondaient par superposition aux lignes de la balance du revers.
* 3. Autre variété, Técu ne renferme qu'une seule fleur de lis. {PL, fig. 22.)
* 4. Autre variété; Técu n'a pas de bordure et renferme des fleurs de lis renversées. Les points que l'on remarque dans le champ des numéros précédents sont remplacés par des fleurs de lis renversées et par des trèfles. {PL, fig. 23.)
* 5. Autre variété; l'écu, sans aucun accompagnement extérieur, et sans bordure , renferme trois fleurs de lis. La balance du revers est accompagnée de deux fleurs de lis posées en pal entre les plateaux. {PL, fig. 24.)
Les jetons à la balance se rencontrent fréquemment. Nous pourrions en citer beaucoup d'autres variétés que celles que nous avons dessinées ; mais celles-ci suffisent pour donner la preuve qu'il en a été frappé pendant très-longtemps. La bordure que l'on rencontre presque toujours autour de l'écu a-t-elle ici une signification héraldique , ou ne faut-il y voir qu'un ornement sans portée? Nous l'ignorons. Quant au n°4, où les fleurs de lis sont renversées, on en remarque le revers sorti identiquement du même coin sur un autre exemplaire, faisant également partie des collections des auteurs, mais où l'écu de l'avers est remplacé par la face armoriée du jeton de Jeanne d'Evreux, femme de Charles le Bel (1325-1370), décrit ci-après sous le n°26,au chapitre à^^s Reines de France, et dessiné dans les planches, fig. 64. Cet accouplement de deux coins hétérogènes n'a d'intérêt qu'en ce qu'il permet de déterminer, par synchronisme, l'époque de l'un de nos jetons à la balance, qui ne peut, il s'en faut de beaucoup, passer pour le plus ancien de la série.