‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 13 sur 70 · CE SONT LES GETOERS DE LA CAN = + AV MESTRES . DES MONAIES · texte numérisé non relu

CE SONT LES GETOERS DE LA CAN = + AV MESTRES . DES MONAIES

ECU à trois fleurs de lis, dans un entourage de trois arcs de cercle et de trois angles alternés. — Cf. Croix à triple nervure, évidée au centre et aux extrémités, en rosaces à quatre lobes, terminée par des fleurons et entourée de quatre arcs de cercle. Quatre fleurs de lis dans la partie extérieure du champ (1). ( jPi., fig. 25.) ( Cabinet des Médailles.)

La croix du revers, jusque dans ses accompagnements à l'intérieur et à l'extérieur des quatre arcs de cercle, reproduit, à s'y méprendre, le type des agnels d'or de saint Louis et de ses successeurs jusqu'à Philippe le Long.

Le mot ilfonaies, écrit avec un a sur un jeton du xiv* siècle, est à remarquer pour ceux qui considéreraient comme absolument neufs certains principes de l'orthographe de Voltaire.

M. d'Affry a bien voulu nous communiquer les clichés de deux jetons, semblables pour le revers au numéro qui précède, et dont voici la description des avers :

7. + QVI DAVTRI DVE LA CIE COVRAGE. Tête d'homme sortant d'une coquille de limaçon.

8. + BENEDICITE . FILI . HOMINV . DNO. Écu renfermant un chevron accompagné de trois têtes couronnées, 2 et 1. {Collection de M. Duleau,, à Paris.)

Ces deux jetons représentent sans doute les insignes personnels de deux généraux-maîtres des monnaies. Il est à désirer que des découvertes heureuses permettent de le préciser par la suite. Nous serions assez tentés de considérer le limaçon, figuré sur l'un d'eux, comme le rébus du nom de la famille Le Maçon, dont deux membres ont été généraux-maîtres des monnaies : l'un , Guillaume, en 1461, et l'autre, Germain, en 1486; mais le jeton au limaçon est au moins d'un siècle antérieur à ces dates. Les charges, au moyen âge, étaient souvent héréditaires, sinon de droit, du mois de fait,

^1) Publié par M. Rouyer dans la Revue numismatique de 1849.

et il ne serait pas impossible que Guillaume et Germain Le Maçon ne fussent pas les premiers de leur famille qui auraient rempli des fonctions importantes dans l'administration des monnaies. Nous devons toutefois faire remarquer que Constans (1), qui a donné une liste assez étendue, mais non pas complète, des anciens généraux-maîtres des monnaies, n'y cite aucun Le Maçon antérieur à ceux dont il vient d'être question.

9. + CE SONT : LES : GETOVERS : DE LA. Petite croix pattée, cantonnée des clous de la passion, et entourée de quatre quintefeuilles et de quatre fleurs de lis, alternés.

IX. + MAISTRE : DES : MONNOIES. Champ semé de fleurs de lis. (M. deFontenay, Fragments, \8i8,pL 10.)

Jeton du temps de Charles VII ou de Louis XI.

Indépendamment des jetons des généraux-maîtres et de la Chambre des monnaies, il y en a eu qui étaient frappés pour l'usage des officiers attachés à l'exploitation directe des hôtels des monnaies du Roi, comme les maîtres particuliers, les gardes et contre-gardes, etc. Les deux jetons suivants en sont la preuve.

* 10. + DE LA : MOVNOIE : DV ROI. Écu à trois fleurs de lis, dans un entourage de six arcs de cercle.

W' MA — NAI — MOV — FOL. Croix évidée en quadrilatère arqué, fleurdelisé aux extrémités, ayant en outre une fleur de lis au centre, et coupant en quatre parties la légende, dont nous ne saisissons pas le sens. {PL, fig. 26.)

Ce jeton appartient au xiv* siècle, et, par conséquent, à une époque où le Roi avait de nombreux hôtels de monnaie ; il serait donc difficile de dire pour quel hôtel il a pu être particulièrement frappé.

(1) Traité de la Cour des monnaies.

H. + APRES . DEVL . lOYE . ATTENDONS. Deux guerriers nus , combattant avec des glaives , et se disputant un objet qu'ils tiennent.

^. + lETT . El . LA MOIE . DE . TOVRNAI . 1491.

{Jettoir de la monnoie de Tournay.) La ville de Tournay, sous la figure d'une femme, assise dans une haie et soutenant ses armoiries. (Fan-Mms, T. I.)

A répoque où ce jeton a été fait, Tournay appartenait encore à la France, etTliôtel des monnaies était un atelier royal. Le type et la légende de l'avers font allusion à la guerre qui existait entre Charles VIII et le Roi des Romains, Maximilien, et dont les Pays-Ras étaient le théâtre , ainsi qu'à l'espoir d'une paix prochaine, qui ne fut réellement conclue que deux ans plus tard, par le traité de Senlis, qui assurait le Tournaisis à la France. Le jeton de la monnaie de Tournay est assurément un des plus anciens jetons historiques^ dans toute l'acception du mot.

Suivant M. de Fontenay, « dans V Appendice au règlement fait en 1354 par les ouvriers et monnayeurs du serment de France, il était dit que, lors de leur réception, ils seraient obligés de distribuer, à chaque membre de la compagnie, un certain nombre de jetons d'argent, du poids de deux gros (1). » On pourrait nous reprocher de n'avoir pas au moins consacré quelques mots à ces jetons; mais il nous suffira de faire remarquer que YAppendice dont il s'agit, loin de remonter au moyen âge, est au contraire tout récent. C'est d'après un acte de 1756 seulement, publié par Abot de Razinghem, que M. Cartier, auteur de l'appendice, y parle des jetons d'argent dus par les monnayeurs à leur réception (2). Le plus ancien jeton des monnayeurs connu est celui qui a été frappé à

(1) Manuel, p. 51.

(2) Revue numismatique, 1846, p. 390.

Bourges en 1567, et que M. le marquis de la Grange a publié dans la Revue numismatique (1).

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