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JETONS DU SERVICE DE LA MAISON DU ROI

Il ne s'agit pas, dans ce chapitre, des grands officiers de la Couronne ; nos jetons ne nous amènent à considérer la maison du Roi que dans un ordre de choses plus modeste, et presque au point de vue de la domesticité pratique.

Le service de Thôtel du Roi, placé sous la direction et la surveillance des Maîtres d'hôtel, était divisé en six grandes sections que Ton appelait les six offices^ et qui étaient : la Paneterie, TÉchansonnerie, la Cuisine, la Fruiterie, l'Écurie et la Fourrière. L'office de la fourrière avait pour objet le chauffage et les approvisionnements en conséquence ; la dénomination des autres offices peut suffire pour donner une idée de leurs attributions en général ; quant à leurs attributions en détail, le lecteur les trouvera dans une pièce fort curieuse, insérée dans le recueil de Camusat (1), oii elle se trouve entre deux actes du règne de Charles VI, et que tout fait supposer devoir être du même règne. Charles VI a en outre rendu le 17 mars 1390 (v. s.), sur le gouvernement de son hôtel, une ordonnance très-étendue, également à consulter (2). Il est d'ailleurs

(1) Meslanges historiques. Troyes, 1619, f^ 23. « Estât et nombre des officiers qui doibvent estime à la cour du Roy et en toute maison de prince du sang royal, lesquels doibvent servir selon Vordre qui s'ensuyt »

(2) Ordonnances des Rois de France, t. XII.

constaté que la plupart des offices de Thôtel sont infiniment plus anciens que cette, ordonnance. Il est question de Técurie du Roi dans des titres du temps de Philippe le Bel ; et Philippe le Long parle de son échansonnerie et de sa cuisine, dans une ordonnance du 16 novembre 1318 (1), où il explique qu'après avoir chaque jour entendu la messe, et avoir ainsi pris soin de son âme, il ne doit mie estre négligent de son cors^ et prend en conséquence des mesures de prudence pour se tenir à Tabri des attentats qui pourraient être faits contre sa personne, par le poison ou autrement.

Dans les six offices de Tbôtel n'étaient pas compris, bien qu'intéressant très-directement la personne du Roi et sa maison^ le service de TArgenterie, celui de la Chambre, celui de la Vénerie, etc. ; c'étaient en quelque sorte des services à part. Quant aux dépenses des six offices, elles étaient payées par la Chambre aux deniers du Roi^ qui tirait pour cela des fonds du Trésor.

Ces deux institutions du Trésor et de la Chambre aux deniers sont déjà parfaitement distinctes l'une de l'autre dans une ordonnance du 18 juillet 1318 (2), où il en est parlé comme de choses bien établies et qui ne présentaient plus rien de nouveau. Le personnel de la Chambre aux deniers ne comprenait, au moyen âge, que deux officiers en titre : le maître de la Chambre et le contrôleur ; mais le maître avait ses gens qui agissaient sous lui, et sous sa responsabilité.

Une organisation semblable à celle que nous venons de retracer existait pour le service de la personne de la Reine, de même que pour la personne des princes du sang royal, qui avaient leurs maisons et leurs officiers particuliers.

On peut juger de l'importance des six offices de l'hôtel du Roi par le nombre de clercs ou secrétaires qui était attaché à

(1) Ordonnances des Rois de France, T. I.

(2) Ibid. T. I.

chacun d'eux. Dans le plus ancien compte de l'hôtel qui ait été conservé, et qui comprend les dépenses faites depuis le !••' octobre 1380, jour où Charles VI « commença à tenir son hostel comme roy, pour la succession de son père » , jusqu'au l"juilletl381(l), on voit qu'il y avait trois clercs pour la paneterie, trois pour l'échansonnerie, troispourla cuisine, un pour la fruiterie, trois pour l'écurie et un pour la fourrière.

Dans ce même compte parait, à l'article de la paneterie, une dépense de 12 sols parisis pour un papier neuf^ de 35 sols parisis pour deux douzaines et demie de parchemin^ et de 4 sols parisis pour un cent de gestouers^ le tout acheté par les trois clercs de la paneterie « pour gister, registrer et transcripre les parties dudit office en tout ce terme ». Une dépense semblable de papier et de gestouers est couchée à l'article de chacun des cinq autres offices; il n'y a de variante que dans le nombre de la consommation des douzaines de parchemins, qui est de 2 V^ pour l'échansonnerie, de 8 pour la cuisine, de 2 ^^ pour la fruiterie, de 4 pour l'écurie, et de 4 '''^ pour la fourrière. La cuisine était décidément Toffice qui exigeait le plus d'écritures.

Les comptes subséquents de l'hôtel offrent des mises analogues, régulièrement renouvelées à chaque reddition, qui avait généralement lieu de six mois eu six mois. De plus, dans le compte de décembre 1422 à juin 1423, le premier du règne de Charles VII, il est fait mention de deux cents jetons achetés au prix de huit sols le cent, pour l'usage de la Chambre aux deniers, cent le 6 janvier, et les cent autres le 6 mai, le Roi étant alors à Bourges, ainsi que le fait remarquer le compte. Deux sols huit deniers sont portés en dépense dans le même compte, « pour deux bourses de cuir à meltre lesdits gestouers » (2).

(1) Archives de PEmpire.

(2) iHd.

Il est bien incertain que les jetons achetés en 1423 pour la Chambre aux deniers du nécessiteux rot de Bourges fussent autre chose que des jetons à des types banaux : mais, à part l'époque de calamité publique et royale à laquelle se rapporte le compte dont il s'agit, il est établi que la Chambre aux deniers du Roi avait des jetons frappés particulièrement pour son usage, et nous pouvons en publier plusieurs.

* 1. + GETOIRS : DE : LA CANBRE = + A DENIERS :

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