‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 23 sur 70 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

Fille de Henri III, duc de Brabant ; 2« femme de Philippe III (1274-1321).

* 2. Champ ponctué, divisé par moitié de haut en bas, et présentant dans la première partie un écu à trois fleurs de lis et dans la seconde un lion. Les armes de Brabant étaient : de sable au lion d'or, lampassé de gueules.

^. Portail tournois, dans un champ ponctué. {PL, fig. 48.)

3. Avers semblable au n*» précédent, sauf en ce qui concerne reçu, qui renferme cinq fleurs de lis au lieu de trois.

ÇT. Croix légèrement pattée. Bordure dentelée, dans un double grènetis.

Ce jeton faisait partie du cabinet de feu M. Moore, à Paris; nous ignorons ce qu'il est devenu depuis le décès du possesseur.

* 4. Ecu à trois fleurs de lis, entouré de points.

1^. Écu entouré de points comme à l'avers, et renfermant un lion contourné. ( PL, fig. 49. )

On trouve sur les jetons de nombreux exemples d'armoiries reproduites à rebours comme ici, par suite d'erreur dans la gravure des fers, qui a été faite dans le sens naturel, alors qu'elle aurait dû l'être dans le sens symétrique.

Fauris de Saint-Vincent, dans ses planches de monnaies et de jetons de Provence, a, le premier, publié le jeton n° 4, en l'attribuant, sans motif sérieux, à la maison de Sabran. Dans la série des Reines de France, au contraire, ce jeton se trouve, pour ainsi dire, en famille. Il y est précédé et suivi d'autres jetons analogues pour le principe d'après lequel les armoiries y sont représentées.

JEANNE,

Reine de Navarre et comtesse de Champagne.

Femmede Philippe IV (1285-1304).

Le mariage avait eu lieu un an environ avant Tavénement de Philippe le Bel au trône de France, et Jeanne possédait déjà à cette époque le royaume de Navarre et le comté de Champagne, du chef de son père Henri, décédé, dont elle était l'unique héritière. Ce sont donc tout à la fois, pour la Reine, ses propres armoiries de famille et de possession que l'on rencontre au revers des armes de France sur les trois jetons suivants :

*5. + IE NESERE i HVI i DOVNES \ MES j D'MAl.

( Je ne serai donné aujourd'hui, mais demain. )

ECU à six fleurs de lis , dans un entourage de six arcs de cercle ; type imité des francs d'or de saint Louis.

1^. + lETOIRS : DE : LATO' j FAVS : SVI : 9' ; LIMO'. {Jetoirs de laiton^ faux suis comme limon). Écu mi-parti de Navarre et de Champagne, dans un entourage de six arcs de cercle. (PZ., fig. 50.)

Navarre ; de gueules aux rais d'escarboucle accollés et pommelés d'or, — Champagne : d'azur à la bande d'argent, a^ccompagnée de deux cottices potencées et contre-potencèes d'or.

* 6. + DIVES PAC BENE \ DON VIVIS \ Écu au semé de France, figuré par trois fleurs de lis entières et par trois mouchetures placées dans la partie supérieure de Técu. Entourage de six arcs de cercle. ( P/., fig. 51. )

ÇT. + BARAT TV SERAS \ BARATEZ. Ecu mi-parti de Navarre et de Champagne, dans un entourage de six arcs de cercle. (PL, fig. 81.)

Les mots harat et 6ara<e étaient les synonymes de trompeur et de trompé, La baraterie est encore aujourd'hui un genre de fraude, en terme de marine.

'*' 7. ECU à trois fleurs de lis, dans un entourage de six arcs de cercle.

^. Écu mi-parti de Navarre et de Champagne, également dans un entourage de six arcs de cercle. — A l'avers et au revers, au lieu de légende, un cercle de gros points. (PZ.,

fig. 82. )

8. + BENEOIT SOIT \ QUI ME DONNA. Écu à six fleurs de lis, entouré de rinceaux.

Cf. + BENEOIT SOIT. \ QUI ME TERA. Écu aux armes pleines de Navarre. ( Collection de 31. d'Affry. )

9. ECU mi-parti de Navarre et de Champagne, reproduit dans le sens symétrique, sur un champ ponctué.

Cf. Écu renfermant un râteau et surmonté d'une fleur de lis, Champ extérieur ponctué.

La fleur de lis du revers complète, avec Técu mi-parti de Navarre et de Champagne, les insignes héraldiques de la Reine Jeanne.

On doit la connaissance de cette pièce à M. de Fontenay, qui Ta publiée dans son Manuel (1), mais en l'attribuant à la ville de Rethel. Or, les armes de Rethel sont généralement figurées sur les anciens monuments par deux ou trois têtes de râteau superposées (2), et non pas par un râteau avec son manche.

Le râteau qui figure sur le jeton n** 9, pour être enfermé dans un écusson , n'en est pas moins simplement le symbole de l'écurie de la reine Jeanne de Navarre. Nous ferons connaître deux autres jetons, l'un de l'écurie de Marguerite de Hainaut, femme de Robert II, comte d'Artois (1298-1342), et le second de l'écurie de la reine Jeanne d'Évreux, femme de Charles le Bel (1325-1370), sur lesquels il y a aussi un râteau enfermé dans un écusson, tandis que l'autre côté de ces pièces porte également le blason des princesses pour le service desquelles ils ont été frappés.

Des jetons de Jeanne de Navarre , nous avons cru devoir décrire d'abord, comme n'étant pas sans rapports avec les jetons des Reines précédentes, ceux où ses propres armes de famille sont séparées des armes de son mari. Mais, sur la série qui suit, la règle de l'écu parti, composé tout à la fois des armoiries du Roi et des armoiries de famille de la Reine, est décidément observée :

(2) Olivier de Vrée, Sigilla comitum Flandriœ, pp. 60, 61, 65, 67, etc.; Généalogie des comtes de Flandres, p. 61.

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