‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 41 sur 70 · COMTES ET DUCS D'ALENÇON · texte numérisé non relu

COMTES ET DUCS D'ALENÇON

Charles de France, deuxième fils du roi Philippe le Hardi, eut en apanage les comtés de Valois et d'Alençon. Il épousa en premières noces, en 1290, Marguerite d'Anjou ; en secondes noces, en 1300, Catherine de Courtenay ; et en troisièmes noces, en 1308, Mahaut deiChâtillon. Il eut de son premier mariage plusieurs enfants, dont l'aîné, Philippe, lui succéda en 1325 dans le comté de Valois, et devint, en 1328, roi de France sous le nom de Philippe VI ; le second, Charles de Valois, eut le comté d'Alençon, qu'il transmit à ses descendants.

Nous ne connaissons, pour représenter la branche aînée des Valois avant son avènement h la couronne, que le rare jeton suivant, de la seconde femme de Charles de France :

* 20. Écu de Valois, parti de Constantinople ( Valois : semé

de France à la bordure de gueules; Constantînople : de gueules à la croix d'or cantonnée de quatre besants de même^ chargés d'une croix et accompagnés de quatre croisettes d'or): Le semé de France des armes de Valois est représenté ici par la moitié d'une grande fleur de lis.

Cf. Épée en pal, la pointe en haut, sur un champ ponctué. (P/., fig. 76) (1).

Catherine de Courtenay était fille unique et héritière de Philippe de Courtenay, empereur titulaire de Constantinople ; elle mourut en 1307. A l'époque de son mariage avec le comte de Valois, elle avait cédé à celui-ci ses droits à l'Empire grec ; Mais ce qui prouve que le blason représenté sur le jeton est bien celui de Catherine de Courtenay, et non pas celui de son mari, c'est que le parti de Constantinople est à senestre, et n'indique par conséquent que des armes de famille ; tandis que dans le blason de Charles, où il ne pourrait indiquer que des armes de prétention, il serait nécessairement à dextre : les armoiries des empires ayant toujours eu, d'après les règles héraldiques, le pas sur celles des comtés.

L'épée en pal, qui figure au revers du jeton, peut indiquer le service de l'écurie ; mais il n'y aurait non plus rien de surprenant qu'elle eût ici pour mission de rappeler la puissance souveraine de la comtesse de Valois, bien que cette puissance fût plus imaginaire que réelle, Catherine de Courtenay n'ayant jamais été impératrice que de nom.

A la mort de Charles de France, le comté d'Alençon passa, comme nous l'avons vu, au deuxième de ses fils, Charles II, qui différencia ses armoiries de celles de la branche aînée des Valois par l'addition de besants d'argent sans nombre sur la bordure des gueules. Charles II épousa, en 1314, Jeanne de Joigny, fille unique et héritière de Jean II, comte de Joigny ;

(1) Publié par M. Rouyer, dans la Revue numismatique de 1849^

celle-ci mourut en 1336. Le jeton dont la description suit rappelle cette union.

21. Écu à trois fleurs de lis, avec une bordure chargée de six besants.

IX". Écu renfermant un aigle éployé.

{Collection de M. d'Affry.)

Les armes de Joigny étaient d'azur à l'aigle éployé d'or.

En 1414, sous Jean I", comte d'Alençon, le roi Charles VI érigea le comté en duché. Jean P"" eut pour successeurs dans le duché d'Alençon Jean 11(141 5—1 476) et René (1 476—1 492) . C'est évidemment pour Jean II ou pour René qu'a été frappé le jeton dont voici la description, et qui ne peut, par ses caractères archéologiques, convenir qu'à leur époque :

* 22. (Couronne.) GETTES : ENTENDE : AV : COMPTE.

Quatre fleurs de lis dans un carré placé en losange, orné d'une bordure chargée de seize besants; fleurons dans le champ.

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