MESIBE: NICOLES DESTBGES. Ecu au lion
^. GCOM-ESFLA-DBIE-MABC. Croix à double nervure, coupant la légende en quatre parties, et cantonnée des lettres C-H-I-0, continuant le mot Marchio^ dont les premières lettres font partie de la légende même.
Ce jeton est imité des esterlins que Gui de Dampierre, comte de Flandre et marquis de Namur (1280-1297), faisait frapper à Namur avec le type de l'écu au lion, mais chargé d'une cottice mise en bande, qui n'existe pas sur le jeton. D'après la Revue Numismatique belge, qui a décrit cette pièce dans le catalogue des monnaies du comté de Namur, en
faisant remarquer d'ailleurs qu'on ne la regarde pas comme une monnaie, le personnage dont le nom figure autour deTécu pourrait avoir appartenu à la famille de Traizegnies; mais la Revue ne s'explique pas sur les fonctions que ce personnage aurait occupées, et en vertu desquelles son nom se trouverait . accolé k celui de Guy de Dampierre.
Dans son ouvrage sur les jetions or œunters (1) , Snelling a
consacré presque toute la première de ses planches à la repro-
» duction des anciens jetons anglais. Snelling ne considère pas
ces jetons, du moins ceux qu'il a connus, comme antérieurs à
Edouard III.
Les types les plus ordinaires des anciens jetons anglais, indépendamment de la croix, diversement ornée, qui couvre habituellement un des côtés, sont : la tète royale de face des esterlins (2) ; l'astre rayonnant dans un croissant; les armes d'Angleterre, aux trois léopards superposés, prenant tout le champ ou enfermées dans un écusson ; la rose ; une tête grimaçante ; un lion ; trois couronnes superposées ; une fleur de lis accostée de deux oiseaux; etc.
Les jetons anglais ne sont, assez généralement, que de la dimension des esterlins des Edouard. Il en est de grands, mais c'est l'exception. Plus rarement encore ils portent des légendes; les légendes y sont presque toujours remplacées par des bordures formées de quintefeuilles , de points et d'autres petits ornements rangés avec symétrie. La plupart des jetons anglais sont d'ailleurs faciles à distinguer par cette particularité qu'ils sont empreints d'un côté, et au centre, d'un point profondément gravé en creux, ce qui leur donne, sous ce rapport, une analogie bien singulière, et sans doute toute fortuite, avec les
(i) Cité ci-dessus, page 7.
(2) On trouve dans le Supplément de Duby, PL m, fig. 2, 3 et 4, trois jetons anglais aux types de la tête des esterlins et de la croix ornée, qui y ont été publiés comme monnaies d'Aquitaine.
monnaies de quelques peuples anciens, et notamment avec celles de TEgypte sous les Ptolémée et de la Syrie (1). 11 semblerait que, pour que les flaons fussent mieux arrondis, on les soumettait à Faction du tour, et qu^ils étaient retenus pendant ce temps par une pointe en métal dur qui pénétrait profondément dans chaque flaon. On ne peut guère supposer que la cavité servit à retenir et à assujettir les flaons pendant Topération de la frappe, au moyen d'une pointe qui aurait été fixée dans le coin même et qui aurait pénétré dans la cavité, car nouspossé-* dons plusieurs jetons où le point en creux existe, et qui n'en sont pas moins trèfles ; et nous en avons d'autres où ce point occupe, par rapport au type, une place différente sur des exemplaires sortis du même coin.
Nous donnons dans les figures 134 à 137 de nos planches, comme spécimen des jetons anglais de la catégorie la plus nombreuse, quelques variétés que Snelling parait ne pas avoir connues.
* 2. Astre à six rayons, dans un croissant. Au lieu de légende, une bordure formée de jambages et de globules alternés. Au centre de la pièce, un point profondément gravé en creux,
1^* Croix à triple nervure, dont les branches sont terminées en forme de trèfle, et coupent en quatre parties une bordure semblable à celle de Favers. Dans chaque canton de la croix trois points disposés en triangle. {PL, fig. 134.)
* 3. Type deTaversdu n"* précédent. Au revers, un ornement formé de trois branches pattées, partant d'un centre commun et également espacées. Dans chaque canton, une rose accostée à droite et à gauche de trois points disposés en triangle. Bordure de globules coupée par les trois branches pattées. Au centre du revers, un point en creux. (PL, fig. 135.)
(i) Hennin, Manuel de Numismatique ancienne^ chapitre de la fabrication des monnaies antiques, t. I, p. 100.
Le type de Tastre rayonnant dans un croissant est gravé sur les monnaies : en Navarre, au xii'' siècle; à Toulouse, au commencement du xiir siècle; à Tripoli, sous la domination des Croisés, de 1 200 à 1 288. Il n'existe pas, que nous sachions, sur les monnaies anglaises, mais en revanche il figure sur beaucoup de jetons anglais, et la preuve qu'il était parfaitement naturalisé en Angleterre, c'est qu'on le voit également sur les sceaux des rois Richard-Cœur-de-Lion et Henri III (1189-1272) (1).
* 4. Tête des esterlins d'Edouard I" et de ses successeurs. Au lieu de légende, une bordure de quintefeuilles.
^. Trois léopards superposés. Bordure de jambages et de quintefeuilles, alternés. Point concave au centre du flaon, («., fig. 136.)
* 5. Variété qui ne diffère du n° 4 précédent que par la bordure de l'avers, qui est la même que celle du revers. Le point concave central est également du côté du revers. (P/.,fig. 137.)
Le jeton qui suit peut avoir été frappé pour le service d'Isabelle de France, fille de Philippe III et femme du roi d'Angleterre Edouard II, ou encore pour Edouard III et ses successeurs en qualité de prétendants au royaume de France.
* 6. Ecu renfermant trois léopards superposés.
^. Ecu à trois fleurs de lis , entouré de globules. (Pi., fig. 138.)
Snelling a publié dans un ouvrage que nous n'avons pu nous procurer (2), et a encore décrit dans un travail postérieur (3) , un jeton dont nous devons, à notre tour, donner d'après lui la description ; la voici :
(1) De Vrée, Généalogie, p. 12 et 13.
(2) A View of the coins struck by English Princes in France.
(3) A vieiv ofthe origine, etc., of jetions or counters. •
7. EDWARDVS . REX . REGNAT . Sur un champ semé de fleurs de lis, le roi d'Angleterre Edouard III, représenté d'un air menaçant, armé de son épée et de son bouclier, comme pour soutenir ^ dit Snelling, son droit à la couronne de France.
çr. GARDE . ROBE . REGIS . Croix formée de quatre lions couronnés, cantonnée de quatre fleurs de lis. — A Tavers et au revers, les mots des légendes sont séparés par de petites couronnes ouvertes.
Snelling fait remarquer que ce jeton, qui est regardé^ dit-il, comme un monument historique^ est présumé avoir été frappé en France pour le service de la garde^obe du Roi. Nous ne serons pas, pour ce qui concerne la question d'origine, plus affirmatifs que Ta été Snelling ; mais nous publions un autre jeton de la garde-robe du roi d'Angleterre, et ce dernier a été retrouvé en France :
* 8. + — LE - OP — ARD — SVE. {Léopard Sue.) Léopard haletant et accroupi, la tête ceinte d'une* couronne à trois fleurons, et le col entouré d'une bannière flottante au semé de France écartelé d'Angleterre. Au centre du flaon, un point profondément gravé en creux.
9^. + ~ GARDE — ROBE — REGIS. Croix à triple nervure , fleuronnée, évidée au centre et aux extrémités en rosaces à quatre lobes. — A l'avers et au revers, les mots sont séparés et même coupés par de petites couronnes ouvertes. (P/.,fig. 139.)
Ce jeton a toutes les apparences d'un pied-fort. Son épaisseur est de 2 millimètres largement mesurés, et son poids est de 10 grammes 75 centigrammes.
Si le jeton n° 8 est anglo-français, et c'est ce que nous ne pouvons pas plus affirmer que pour le'n° 7 , on remarque, dans tous les cas, par le point concave dont il est presque traversé,
qu'il est de façon entièrement anglaise. Il en est de même de celui qui suit :