U PRESSE DEPUIS
Réaction contre le journalisme. — La presse devant le général Cavaignac. — La loi Tinffuy. — • Décret organique sur la presse. — Etat actuel de la presse. '
L'opinion , d'ailleurs , n'avait pas lardé à se soulever contre ce débordement qui faillit engloutir la société dans les fatales journées de juin. Il arriva alors ce qui était déjà arrivé , ce qui arrivera encore, sans aucun doute, — car, il faut bien le dire , nous ne savons pas jouir de la liberté , — la liberté enfanta la licence, et la licence a bientôt amené un nouvel et plus dur asservissement. Et, chose étrange ! ce devait être encore une fois la république qui porterait à la presse les plus rudes coups : tant il est vrai qu'il n'y a pas de gouvernement possible chez nous, pas môme le gouvernement républicain, avec la liberté illimitée de la presse.
Un des premiers actes du général Cavaignac , en arrivant au pouvoir, fut dirigé contre la presse. Le S5 juin , onze journaux étaient , suivant Texpression du Peuple constituant, passés au fil du sabre africain ; j c'étaient : la Résolution, la Vraie République, l'Or' : ganisation du travail, la Presse, V Assemblée nationale, le Napoléon républicain^ le Journal de la canaille , le Père Duckéne , le Pilori, la Liberté et le Lampion. « La rédaction de ces journaux , ainsi frappés sans distinction d'opinion, disait une note du Moniteur, était de nature à prolonger la lutte qui avait ensanglanté la capitale. »
La Presse fut Tobjet dHine rigueur toute particulière. « Le préfet de police, portait Tordre qui la concernait, et tout agent de la force publique, sur le vu du présent arrêté, fera arrêter le citoyen Emile de Girardin, et SUPPRIMER le journal la Presse, » M . de Girardin fut en effet conduit à la Conciergerie, où il fut tenu pendant huit jours au secret le plus rigoureux , sans qu^aucun mandat de justice eût été décerné contre lui, et il en sortit, le 5 juillet, sans avoir en à se défendre d'aucune accusation.
On assigna à cet acte exorbitant, qui élevait, en quelque sorte, le rédacteur de ta Presse à la hauteur dTun danger public, des causes moins légitimes que la nécessité et le salut de l'état ; beaucoup de personnes y virent une vengeance du National, Voici, au surplus, comment le chef du pouvoir exécutif l'expliquait lui-même en répondant à M. de Girardin, qui s'était hâté de lui écrire pour demander sa mise en liberté sous caution :
« Citoyen, les ordres qui vous ont atteint aujour- » dliui n'atteignent pas, peut-être, votre pensée : la » justice seule en peut décider ; mais ils atteignent n certainement vos imprudentes publications : elles » perdraient la république, la nation, la société eu- 3 ropéenne tout entière.
» La confiance de TAssemblée m'a chargé d'une » responsabilité que je veux justifier. À la hauteur » où ces scènes cruelles m'ont placé , où je ne dé- » sirais pas m'élever, où je ne désire pas rester , A les passions ne peuvent atteindre. Rassurez-vous » donc, vous n'avez rien à craindre de moi. Je vous » laisse apprécier ce que la justice du pays pourra » vous devoir. »
Quoi qu'il en soit, à peine sorti de prison, le ré-
daotew de la Pneme rwwffpfyn conim- le* <lie( da pwv^ ej^tai^if ma vawn inplKB^le qui se se tdnBi|»a que le 10 dècombi^ av^. le trioflif^o é^ Lonift^NapoléeiH doAfc h Presse, avail enbtassé ia caus^aveo. u^eeMeor dp«kt^ piii^sa^raiMUMM» cqdiTAXe gènéralit Parmi les pabh^ipaa laotcëe^à cette ooeasion par M. de.Ginurdtii^ ï sa es& sfn^' qm^ nous sifuaieroDsocNiijna pbi» p4fSi«i}iièvefnettt ioip7e4siftiite> an. ppim de yoq de la presse^; elle a pow- tHfe^: 'l^^>^ cuments pour servir à l'hiatoiret Siévoluêim fre^hçme de i843- Liàerté dclaptreêt». Elle cooyiîem, ewlre autres piëees^ une très, reoiarqiiable' coasultatigtD délibérée par M. Labot, et à laquelle avaient adhéré MM. Berryer, Odilon RumX, Th. Bac, PallleU Jtules Favre, eto, qui tousconeki^i^ti Tilléga-* lilé de la mesure qui a?ait frappé la Pres^»^ inesare qui était un véritable attentat k la propriété, et que Tétat de siège môme se saurait autoriser (!)•
Cette éloquente protestation y de^tla presse pouvait, devait s'emparer, s'éteignit sans écbo ; pas une voi\ ne protesta dans les journaux^ pas un député no songea à en faire robjet d'une iateiqpellatisii à la tribune. Ce n'est que le 1^^ août que M. Crespel do LatQuche interpella le gouvernement- sur un* acta qu'il qualifiait u le plus énorme qui se fût eommis dans notre pays depuis cinquante ans. »-r^« Prenez garde à la liberté de la presse, disait à cette oooi^a Viçitor Hugo au chef du pouvoir eiëeutif : la liberté de la presse était avané vous^ elle^ sera après vous ! » Cette tentative^ demeurée ifÀuctneuse, fui renouvo<?
{i)hu Pf0tft0 «omptail alois près 4a 70,000 abmuQés;: «Ils. valait au moins 1,500,000 francs ; elle fa,isait Tivre plus d9 800 familles , plus de 1000 personnes, et Versait dans la circulation plus de 6000 francs par jour. (Pétition adrestée 4 rÀwem^iiê MKos«to le âSr/iiilkr 1848.)
lèe Q^i^iiiols i^s par le même députjè et par quel* qaes autres qui deooandaieBA que Tètat de siôge fût ievè et la liberté rexulue à la presse avast la discttSr-àoa de la GonstUuiion; mais le générai Gavaignacv oite seconde fois^ se retrancha derrière le grami principe de la nécessité poUtique et du salut publie,: et tt sa parole, plus concise, plus nelte , plus carrée. encore ^ue d*babitude », selon Texpi^cssion d'nn de ses joum^ux^ entraînait rassemblée, qui se prononçait, à une -majorité de trois cent^. voix,, pour le maintien da régime du sabre,
« Nous renfermons un sentiment bien naturel de; tristesse et d'amertume au fond de nos coBurs, disait k ce sujet le. Journal des Débats, Noius sommes dan^ une situation exceptionnelle; on nous le dit, on nous le répète, comme si nous pouvions Toublier. Hélas ! oui, nous somme» dans une situation exceptionnelle, nous le voyons, nous le sentons cruellement tous lesr jours. Depuis six ,moi$> nous n'avcms fait que changer d'épreuves et passer de la licence à la dictature. Quatre mois d'anarchie nous ont conduits où nous sommesvà Tétat de siège indéfini, à la suspension des lois, à la suppression des journaux... »
Personne assurément n'accusera le général Cavai<- ^c de mauvais sentiments contre la presse. Lui^ môme cependant craignit qu'on ne vtt dans Tacte du. 2& juin un acte de colère, c^estlui qui le dit à la tribane, et, le 7 août, il leva la suspension qui avait fn^pé les onze journaux que nous avons cités. Mais, dès le 81 du même moii^ Il aç voyait dans la néces** lité de susp^dre de nouveau le Repréeeniani du Peuple, le Père fk^héne, le Itompian et la Vraie RépuàUfue^
tt Considérant, porfe le décret^ que ces journaux, » par les doctrines qu'ils^ professent contre Tétat^ la
» famille et la propriété , par les excitations violon- » tes qu'ils fomentent contre la société, les pouvoirs » publics émanés de la souveraineté du peuple, con- » tre Tarmée , la garde nationale, et môme contre les » personnes privées , sont de nature , s*ils étaient to- » lérés davantage , à faire renaître au sein de la cité » l'agitation , le désordre et la guerre ;
» Considérant que ces publications , répandues à » profusion , et souvent gratis , dans les rues, sur les » places, dans les ateliers et dans Tarmée, sont des » instruments de guerre civile, et non des înstru- » ments de liberté. . . »
r.etle mesure était suivie, trois jours après, d'une autre de môme nature, mais peut être encore plus significative , la suspension de la Gazette de France, motivée sur ce que ce journal « contenait des }> attaques incessantes contre la république et dçs » excitations tendant à détruire cette forme de » gouvernement, pour y substituer la forme monar- » chique. »
• Ainsi, la république proscrivait les idées monarchiques comme la monarchie avait proscrit les idées républicaines , et en cela la république n'avait pas plus tort que la monarchie. Le grand tort qu'elle avait eu , c'était de faire des promesses qu'elle ne pouvait tenir, de proclamer des libertés impossibles : elle se hâte de proclamer la liberté absolue de la presse , et bientôt après elle confisque les journaux et emprisonne les journalistes sans aucune forme de procès ; elle proclame le droit au travail , et à ceux qui lui en demandent elle répond par des coups de canon et par la transportation en masse.
Quelles réflexions n'appelleraient pas de semblables actes ! Nous savons bien qu'on les rejettera sur les partis. Tous les gouvernements ont agi de même
les uns après les autres , et, ce qui est triste à dire , c^est qu^ils agiront toujours ainsi : on changera les mots , mais non les hommes ; et ce n^est pas parce que la France portera une enseigne sur laquelle il y aura république, au lieu de monarchie, que nous deviendrons instantanément meilleurs. Quel que soit le mode de gouvernement qui régisse un pays , si bon , si honorsJîle , si juste que soit ce gouvernement, il aura, toujours déplacé quelqu'un , il aura toujours Qtti aux intérêts d'un ou de plusieurs partis, il aura toujours , en satisfaisant certaines ambitions , reculé certaines convoitises. Il y aura donc toujours des mécontents qui feront des partis, car les partis De sont pas autre chose que Talliance de beaucoup de mécontents autour d'un seul. Maintenant, qui a raison d'un parti ou de l'autre? Toute la politique des gouvernements est là, et les révolutions ne se font pas pour autre chose que pour trancher cette discussion. Ceux qui font une révolution la font-ils pour prouver qu'ils ont raison et convaincre leurs antagonistes? Non; ils la font pour mettre à la porte ceux qui ne sont pas de leur avis. C'est la raison du plus fort , voilà tout. La fable du loup et de l'agneau remonterait déjà jusqu'à Esope, si. elle ne remontait jusqu'à Gain.
Seule , nous disait-on , la république , une républiq\ie libre, égale, fraternelle, est capable d'étouffer dans un immense embrassement toutes les discordes de cette grande famille qu'on nomme la France , et qui un jour s'appellera le monde. Mais qu'est- 11 advenu de toutes ces promesses? Où était la liberté, daos ces jours d'agitation? où était l'égalité, où était la fraternité , si ce n'est sur les murs? Vit-on jamais plus de discordes, plus de défiances, plus de haines? Même les républicains ne pouvaient s'en-
leadre ^ur le tei» du moi qoi .tarûl les valirer ;^Hs passaient leur vie. à ae dire Ica ans aux «ulres- :Oe n^estpas de 'cette r^pnUiqoe-là iiae noaa «routtona jïarler.
Ei puis, il faut faiefi k: râpéter^ la TévdâtioA de ' févrierétaiiinomaunerévotetàoai|«Vflwaiir{fri8e. On sait comment le tmir m'eût éié)/ak'^mefwaiV€aipÊ^ sîoQ d'un trtbuQ fameinx. LetoRirëtail biat joaéi^aos <ioute, puisqu'il arait donné k pooivotr à «ne isfiiiie miaoritîè ; mais rëfifet n'ea pouvait éte dft lonf^eidurée. Onn'avaiipasiardô àaeiiBCOiniattraf^'à'isa annapier; les partis se-retttouvÉneiitinenM.flEi frééeiiee, i*éuBi8 en deux eaBa|>8 : lea>Ti^kbiieaiii8 et^ea^ aoti- X. républicains ; deux niillîoii6*de eetoHià peat^M^ *, 'et trente-trois millions de ceux^, qui ne savaient pas bien pour qui ils étaie»tA, mais ^jui sament contre qui ils étaient, contre la république^ ^qiHCVlut promis la liberté et qni yotait Tétat de siège 'à perpétuité, qui avait proiliis le VaaM let qntpe^iiwiiaatt que Timpôu
Aussi y eùt*-il bt^iUèt réaction de tous les Hsètés, de la|)art des légithnistesv de la 'pandes orléanistes, de la part dés boBapartistes, é& la part des républicains eux-mêmes , car il parattque la république que nous avons eue n'était pas celle des vrais tôpubli' calns.
La réaction contre la licence amène inévîn^le' ment la compression , 4!û fidce versa; c^est un cercle fatal dans lequel il semble xfaé nous soyons* condamnés k tourner.
Le premier pas dans ce retour en. arrière, en ce
qui concerne la presse, fut le rétablissement ducetu-
^■"^tionnemenl, décrété le 9 août 1848. Seulement, de
iOO,.000 fr. qu'il était pour Paris, il fut abaissé à
24,000 fr* C'était trop encore pottr «ces fiobémiens
-ieia pci»é6'q%ir«mfeBt Hài irmj^tà^m dans ie ^ù- «aine de la presse. Quel^qpves uns essayèrent ide ^vaet fmp' sftutér l^r vie; mats la l^upart foreat uiéa du coup.
Le id>j«îaiS:4ôs-iindéoi^é«Tirésiâei>tde4aTéfubl^pie siuspeCMKt ie ^êupiè^^ Ikhéindation démotunique et 'eoeinde; la Vraie Répubiiauey la Démo^ traêi^ pai^ftifue^ Ui'Réfi^mmetJaTrwtmedekPBU' f4e9^
Le 16 juillet 1850, TAssemblée nationale vola d\Hrgeiice une loi éesTiaée à fiégiemetiter la iprésse. Les dî0|^eà^ns^ œue loi ayant étéreprodaltesou modliées fnar^n idèeret ^seêriear tqfue tioiis anieilysa< ron8> tdiut^ l%eilr&, noas n^en reprochrirons c^u'onc éispèelcion, rastée depuis en rigueur t c'est oeHequi coneerne la signature 'des artielès.
Tout îurtide de discussion politique, philosophique ou reKgieuseyinsâré dans un jourUsd, de^rra être signé par 600 auteur, sous peine d*une amende de oinq oents francs pour la premlèare oontravention ^ et de mille francs en cas 4e récidive. .
Toi^te faasse signature sera punie d'une amende de mille érancs et d'un emprisonnement de six mois , tant contre Vautour de la fausse signature que contre Tauteiir de Farticle et Tédîteur responsable du journal.
Les dispositions de l'article précédent seront applicables à tous les articles , quelle que soit leur étendue , puUiés dans des feuilles politiques ou non politiques , dans lesquels 'seront discutée des aotesou opinions des citoyens, et des intérêts individuels ou collectifs.
a De ce jour, dit M. Edmond Texier , le voile qui caehait la statue d'Isis a été violemment arraché , les demi-dieux sont devenus des hommes. Tous les autocrates de la presse, U)us les porte-voix de Topinion publique , ont été contraints de sortir de l'arriôre-bureau de ta iMactioBetide mooti^rieurvisage'par la
fenêtre de la publicité. Nous avons assisté au mercredi des cendres du journalisme. Lliomme qui, sous le domino de Tanonyme, prêchait la morale et le culte de la famille , était précisément le même qu'on voyait folâtrer chaque soir, papillon quinquagénaire, dans le parterre des fleurs animées de TOpéra. Le carnaval finissait aux premières lueurs du jour, et le public, en voyant défiler tous ces noms qui sortaieot du bal masqué, disait : Je te connais, beau masque. j>
Le besoin d^esquiver les commandements de la terrible loiTinguy a fait créer dans quelques journaux un emploi d'éditeur responsable, déguisé sous le titre honorable et problématique de secrétaire de la ridâttion : c^est le bouc-émissaire des articles dont le coupable désire garder Tanonyme.
On a diversement jugé cette obligation de la signature ; ce qu^on ne peut se dissimuler , c'est que, si elle a été favorable à quelques journalistes , elle a été fatale au journalisme en supprimant cette association intellectuelle, cette puissante individualité de la pensée , qui faisait son importance et sa force.
La loi de 1850 fut remplacée, nous Pavons dit, par un décret du 1 7-23 février 1852, qui régit encore la presse , et dont nous croyons devoir faire connaître les principales dispositions.
Décret organique sur ïul Presse.
De Vautorisation préalable et du cautiarmemint des journaux et écrits périodiques.
Art. 1^*". Aucun journal ou écrit périodique trdtanl de matières politiques ou d'économie sociale , et paraissant , soit régulièrement et à jour fixe , soit par livraisons et irrégulièrement, ne pourra étce créé ou publié sans Tautorisation préalable du gouvernement.
Cette autorisation ne pourra être accordée qu'à un
Français majeur, jouissant de ses droits civils et politi
qaes.
L'autorisation préalable du gouvernement sera pareillement nécessaire à raison de tous changements opérés dans le personnel des gérants, rédacteurs en chef, pro- piiétaires ou administrateurs d'un journal.
Art. 3. Les propriétaires de tout journal ou écrit périodique traitant de matières politiques ou d'économie sociale sont tenus, avant sa publication, de verser au Trésor un cautionnement en numéraire , dont l'intérêt sera payé au taux réglé pour les cautionnements.
Art. 4. Pour les (départements de la Seine, de SeineetOisé , de Seine-et-Marne et du Rhône , le cautionnement est fixé ainsi qu'il suit :
Si le journal ou écrit périodique paraît plus de trois fois par semaine, soit à jour fixe, soit par livraisons irrégulières, le cautionnement sera de cinquante mille francs.
Si la publication n''a lieu que trois fois par semûne ou a des intervalles plus éloignés , le cautionnement sera de trente mille francs.
Dans les villes de cinquante mille âmes et au-dessus, le cautionnement des joumanx ou écrits périodiques paraissant plus de trois fois par semaine, sera de ving^ cinq mille francs.
Il sera de quinze mille francs dans les autres villes, et, respectivement, de moitié de ces deux sommes pour les journaux ou écrits périodiques paraissant trois fois par semaine ou à des intervsdles plus éloignés.
Art. 5. Toute publication de journal ou écrit périodique sans autorisation préalable , sans cautionnement ou sans que le cautionnement soit complété, sera punie d'une amende de cent à deux mille francs pour chaque numéro ou livrsûson publiée en contravention , et d un emprisonnement d'un mois à deux ans.
Celui qui aura publié le journal ou écrit périodique , et llmprimeur, seront solidairement responsables. Le journal ou écrit périodique cessera de paraître.
Du timbré des joumdux périodiques.
Art. 6. Les jouraatix ou écrits périodiques» et -les reeveils périodiques de gravures ou lithographies politiques, de moins de dix feuilles de 25 à 32 décimètre carrés, ou de moins de cinq feuilles de 50 à 72 déômètres carrés, seront soumis à un droit de timbre.
Ce droit sera de 6 centimes par feuille de 72 décimètres carrés et au-dessous dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oise , et de 3 centimes pour les journaux, ^rayures ou écrits périodiques pubûés partout ailieilrst
Pour chaque fraction en sus de lÔ oentimètres oar^ rés et au dessous, il sera pergu 1 centime et demi dans les départements de la sAù» et de Seine^t-Oise , el 1 centime partout ailleurs*
Art. 9. Les écrits noa périodiques traitant de matières politiques ou d'économie sociale , qui ne sont pas aetuellement en cours de publicati^,. ou qui , aniérieorement à la présente ioi , fie sont pas tombés dans le domaine public , s'ils soni puMiés' en une ou piuffleun livraisons ayant moins de die feuilles d'impression de 2^ à 32 décimèties carrés, serrât sonnas i un droit de timbre de 5 centimes par feuille.
Il sera perçu 1 centime et demi par chaque fraction en sttâ de 10 déchnètres carnés Bt au dessous.
Art. il* Chaque contravention aux dispoùtions de la préaente loi , pour les fournaux, ^avures ou écrits pè^ riodiques , sera puàîe, indépendamment lie la restmitics dies df0its frustrés, d'une amenda de 50 Ir « .par feuiUfe ou fraetion de feailie non timbrée; elle sera de 1A9 fij. ea cas de réeidive. L'aoMnde ne pourra, an totdi.de|>asser le chiffre du cautionnement.
jPour les autres écrits, chaque contravention sera.punie , mdépendammeat de la restitution des droits £pus-. trés^ d*«ne amende égale au double desdits droits*
Cette ^ubèade ne pourra,* en aucun cas , être infér rieure à 290 fr^i û dépasser ea total cinquante aiDe francs.
Art. 13. Eq outre des droits de timbre fixés par la présente loi , les tarifs existant antérieurement à la loi du 16 juillet 1850 pour le transport , par la poste, des journaux et autres écrits, sont remis en vigueur.
DéUU el co»<rai?entton5 non prévtÂS par les lois antérieures, — Juridiction, — Exécution des jugements, -^ Droit ds suspension et de suppression.
Ait. 14. Toute contrayentioQ à Tarticle 42 de la Consfcituiioa sur la publication des compieft-rendus otàf ciels des séances du Corps législatif sera punie d'oM amenée de mille à cinq mille francs. . .
Art. 15. La publication ou la reproduction de noutveUee iKOBses, de pièces fabriquées, falsifiées ou meni- Bongères, attribuées à des tiers , sera pxime d'une amende de cinquante à mille francs.
Si la publication ou reproduction est Caite de mau^ ▼use foi, ou à elle eft de nature à troubler la paix pu» bbquey la pane sera d'un mois à un an d'emprisonné*meut, et d'une ameade de cinq cents à mille francs. Le maximmsi de la peine aena appliqué si la publication ou reproduction est tout à la fois de nature à troubler la paix publique et faite de mauvûse foi.
Art. l6. 11 est interdit de remire compte des séances du Sénat autrement que par la reproduction des articles ÎBsé^ au joamal olfidel.
11 «t interdit de Tendus oompte des séances non pUr Uiques du conseil d'étal.
Art. 17. il est interdit d« rendre compte des procès pane délits de poesse. La poursuite pourra seulement être annoncée; dans tous les cas , le jugement pourra élre publié.
Dan touiM affûret. civiles , correctionnelles ou cn<ninelles^ les conrajet tribunaux pourront interdire le compte-rendu du procès. Cette interdiction ne pourra t^pfiquer a«. jogement , qui pourra touiours être publié.
Ant 1&. Tonte eonteaventiMi awdiflpoaitions des a».
ticies 16 et 17 de la présente loi sera punie d'une amende de cloquante francs à cinq mille francs , sans préjudice des peines prononcées par la loi, si le compterendu est infidèle et de mauvaise foi.
Art. 20. Si la publication d'un journal ou écrit périodique frappé de suppression ou do suspension administrative ou judiciaire est continuée sous le même titre ou sous un titre déguisé, les auteurs, gérants ou imprimeurs seront condamnés à la peine d'un mois à deux ans d'emprisonnement , et , solidairement, à une amen- <le de cinq cents francs à trois mille francs par chaque numéro ou feuille publiée en contravention.
Art. 25. Seront poursuivis devant les tribunaux de police correctionnelle: i^ les délits commis par la voie de la presse ou tout autre moyen de publication mentionné dans l'article i^ de la loi du 17 mai 1819, et qui avsùent été attribués par les lois antérieures à la compétence des cours d'asâses; 2'* les contraventions sur la presse prévues par les lois antérieures; 3<* les délits et contraventions édictés par la prés«ite loi.
Art. 29. Dans les trois jours de tout jugement ou arrêt définitif de contravention de presse , le gérant du journal devra acquitter le montant des condamnations qu'il aura encourues ou dont il sera responsable. ' En cas de pourvoi en cassation, le montant des condamnations sera consigné dans le même délai.
Art. 30. La consignation ou le paiement presmt par l'article précédent sera constaté par une quittance délivrée en duplicata par le receveur des domaines.
Cette quittance sera , le quatrième jour au. plus tard, remise au procureur de la République, qui en donnera récépissé.
Art. 31. Faute par le gérant d'avoir remis la quittance dans les délais ci-dessus fixés, le journal cessera de paraître, sous les peines portées par l'article 5 de la présente loi.
Art. 32. Une condamnation pour crime commis par la voie de la presse, deux oondanmations pour délits ou contraventions commis dans l'espace de deux années,
entr^nent de plein droit la suppression du journal dont les gérants ont été condamnés.
Après une condamnation prononcée pour contravention ou délit de presse contre le gérant responsable d'un journal, le gouvernement a la faculté, pendant les deux mois qui suivent cette condamnation, de prononcer, soit la suspeAsion temporaire , soit la suppression du journal.
Un journal peut être suspendu par décision ministérielle , alors même qu'il n'a été l'objet d'aucune condamnation, mais après deux avertissements motivés, et pendant un temps qui ne pourra excéder deux mois.
Un journal peut être supprimé , soit après une suspension judiciaire ou administrative, soit par mesure de sûreté générale , mais par un décret spécial du Président de la République, publié au Bulletin des lois.
On peut certes reprocher à cette loi sa grande sévérité ; nous luijreprocherons bien plus encore , avec tous les hommes qui aiment une sage liberté , de trop prêter à Tinterprétation , à l'arbitraire , d'ouvrir un trop large champ à ce zèle maladroit qui est la plaie des nouveaux gouvernements. Aussi a-t-elle eu pour effet de réduire les journaux qu'elle n'a pas tués à un mutisme qui nous semble plus mauvais,. plus dangereux, que les abus qu'on avait en vue de réprimer : mieux vaut un ennemi qui parle qu'un ennemi qui se tait.
On ne compte plus a^jou^d'hui (novembre 1853) à Paris que quatorze journaux politiques quotidiens : le Journal des Débats^ la Presse, le Siècle , le Constitutionnel, le Pays, la Patrie , l'Assemblée nationale , la Gazette de France , l'Union, l'Univers, l'Estafette, \e Journal des faits , le Charivari^ et le Moniteur. 11 nous reste peu de chose à en dire.
— 8tO —
Le Journal des Débats est resté après la révolution de 1848, comme il Tétait avant ^ le plus important de nos journaux, nous croyons m^sase pouvoir dire des journaux de l'Europe. Il n^est pas moiBS recherché à rétraoger qu'il INeàt en Franœ^ et peut-être 8*en souvien^ii un peu trop quand il se trouve en face de la question qui depuis six mois agite si profondément TEurope. — Spectateur impassible des premiers actes de la révolution qui avait renversé cette monarchie constitutionnelle dont il avait été un des fondateurs et des plus fermes aauliens , il prit parti, dans la question de la présidenee, pour le général Cavai^ac Depuis le nonvean règne, depuis surtout la nouvelle «tuAion faite à la presse, il se tient dans une réserve pleine de dignité, protestant autant qu*il est en lui , par son silence, en iaveur d'une libeitè qu'il n'a jamua désertée (i).
La Presse. — Le Journal des Bébaie est le journal du fait; la Presse est le journal de l'idée : il n'est pas un système qu^elle n'examine , pas une théorie qu'elle ne soit prête à discuter ; c^est en quelque sorte le terrain neutre où se rencontrent toutes les opinions; c'est l'éclectisme a{)pliqué au temps» le libéralisme sans ses préjugés révolutionnaires. Nous dirions en un mot que c'est un véritable journal , par opposition à certaines autres, feuilles daos lesquelles nous ne pouvons voir autre chose que des bpotiques. D'ailleurs la Presse^ est restée ce qu'elle étaiti^sle premier jour, l'expression d'une individa»'
(1) La loi Tingi^ nons dispense de donner les noms des rédacteurs de nos différents journ&u:^. Nous renvoyons, dHii!léurs , oeax de nos lecteurs qui seraietit earieax de les too- A«ltre «BireiDent que )»ar leur nom , à 1% ti^ pMfuwte J^toyrop&ie, qu^en a publiée M. Edmond Texier.
lîlérfaiiiaiir&jeiBM, haidiei» ayaotuteuse; fte'entM. de Giimrdin tout entiec, avee son audaee , 8a verve « aa passion, et son inépuisable talent. 9 Voiei enfin^ pour terminer, un fait qui vaut âes pbrases par ie teinps xfai court : Foxeédant ilear^enos de la Prêtée ^aur les dépenses a été, pour les trois pre* miers trimestres de 1853, de 75,000 francs, bien qu'elle soit obligée de faire trois Uniges, ce qui constitue une dépense considérable.
lie Siècle. — On a dit du Siècle que c'était le journal des épiciers et des marchands de vin ; ce qu'il y a de certain c'est que , grâce à ses rçm^s et ^u ton général de sa rédaction, grâce aos^i à sa loyauté et à son honnêteté, il s'est créé un immense auditoire parmi le public affairé des trafiquants des villes et des campagnes ; c'est lui qui a commencé l'éducation de cette classe laborieuse du pays qui a besoin d'une jQonnaied'idées toute frappée etd'nne valeur moyenne pour ses échanges quotidiens; il est, en un mO(, pour la classe ouvrière, ce qu*a été le Consfitutionnel pour la bourgeoisie. C'est un rôle plein d'avenir, et il s*en (acquitte avec une vigueur qui n'est pas sans m^ jrite dans les circonstances actuelles. Di^ons en passant que Tattltude toute française qu'il a prise dès }e 4ébut dans la question d'Orient lui 9 cpocilié les sympathies universelles.
lie Cpimtittvtîipiiiiel. ~ l»e Payt. -^ de
dernier journal fut fondé le 1®' janv. i 849 par MM. E. AUetz et de BoaviJlo, En 1850 la direction poli^ tique en fut donnée à M. de Liamartine, qui c^i^it pour rédacteur en chef H. Arthur de la Gnéronnière. Le l*' décembre 1852 , le Ptgre lyouta à son titre celui de Journal de l'Empire^ titr9 qviii suivant SQU
expression , « ne pouvait rien ajouter à son dévoûment, ni rien enlever à son indépendance. »
Le ConatUionnel et le Paye sont aigourd^hui attelés au même char, et conduits à grandes guides par M. de la Guéronniére. Ces deux journaux sont un des articles de la maison de banque Mires et compagnie.
La Patrie fut fondée en 1841 , par M. Pages de TÂriége, et, si nous avons bonne mémoire, avec primes de librairie. Elle s'éteignait de langueur une année après sa création, quand M. Boulé, son imprimeur, Tacheta et en fit un journal du soir. En 1844 elle fut adjugée moyennant 200 fr. à M. Delàmarre,' qui Ta conduite, à travers tous les camps, jusque dans les eaux gouvernementales , où elle nage aujourdliui avec un assez grand succès , pécuniairement parlant.
Gazette de France , Journal de t appel em peuple» — La Gazette , depuis les commencements de la restauration , représentait moins un parti qu^un homme , M. de Genoude, qu'elle a perdu il y a quelques années. Esprit à la fois souple et impérieux, se * pliant au temps dans Tillusion de pliçr ensuite le temps à sa propre pensée , M. de Genoude s'était attaché à la légitimité du pouvoir héréditaire comme à un dogme de sa conscience ; mais sa lé^timité était plus libérale que la république. Tout ce que Factivité de rhomme, les ressources du publiciste, l'adresse de Tesprit, le courage du citoyen, peuvent déployer de fécondité et de tactique pour un système, il le multiplia dans son journal , surtout dans les jours qui suivirent la révolution de février. Les traditions de M. de Genoude sont fidèlement continuées par son successeur, M. de Lourdoueix.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de l'Assemblée naiionale, sinon que c'est le seul des journaux de février qui ait survécu.
IjlTniverSy fondé par Tabbé Migne, poursuit depuis 1833 V avec une opiniâtreté que rien ne fatigue , le même but, la liberté de TËglise. C'est un des journaux qui font aujourd'hui le plus de bruit, grâce à la plume agressive de son rédacteur en chef, M. Louis Yeuillot.
L'Union ci-devant monarchique, est née en 1847 delà fusion de la Quotidienne , àe la Fran^ ce et de l'Echo français» M. Berryer est, dit-on, la pensée dirigeante de ce journal , qui représente les principes du droit divin pur. Il a deux rédacteurs en chef, celui de l'ancienne France et celui de l'ancienne Quotidienne^ M. Laurentie et M. Lubis. G^est ce dernier qui a publié dans la France^ en 184i , ces fameuses lettres de Louis-Philippe où il était si fort question des aimables fauhourgs, et qui ont causé à cette époque une si vive sensation.
L'EstaiSotte , qui date de 1833 et appartient à M. Boulé, et le Journal des faits, fondé en 1850, par l'abbé Migne, sont deux journaux reproducteurs , qui ont le môme rédacteur : une paire de ciseaux.
Le Oliarivari, fondé en i 831 , par M . Philippon, vit un peu sur s» vieille réputation, soit dit sans vouloir faire injure à ses rédacteurs et dessinateurs ac« lueb, qui ne peuvent faire l'impossible.
Le McHÛtenr universel date du U novem*
h»e i 1%9 ; il futr fondé p^r l$a^| f iiM> 4'^ BiK^ano , j^t Sauvo « fui; i!a rédigé iii9qu'«a 1840. Il a pour directeur-gîfft»t M- £r^est P(iiM)iLoueke,l« ûl^du cél^ bre éditeur de ce nom. Après 63 ans d^immobilité , il vieiit de aubir une tntpsfamiatian radicale : }e i^ janvier 1853, il a adoplé, trésmalencontren^einept ,^ notire avi9 , le |?'and<fonna( « et^a baissé son prix de 116 A iO fr. Encore va P^t «ffprt vôn ^ faisait un journal, et quel jouca«l on en pourrait faire l
Nous serions tenté de citer parmi nos journaux ^Indépendance belge, i^ussî («le, ans^ T^eherçbèe, .4P«iris,dttmpinat at-dansleadépa^temianu d« Nord, :que le plu9 lu , le plus reçbercbé ^e nos Joumaai, l>areeque e'e^t un journal bien foit d'abord, ensuite ,et surtout pai^e qu'on ne trouve que 1^ ces mMe. petits détail», ^ea mille bnûts, quiont.plus ou moins jie valeur, mm dPiU, dftoa toua4e$ ç^ , paus somjnie3 4i frianda*
Voici le ;*dQg qn'oocnjpieiU^Nprioeipanit journaux de Paris, .dan^ Toçdre de leur ^ira^e ; i'^le Siècle f^ 2*> la Presse / — 3° le Constitutionnel/ -t- 4° ii PfUrie/ — 1^" Je Jpu/TfuU des Déba^/ -^ 6» l'As- ^ifenJdée natimale^
JLe^ a^tr«$ jpurnftnii A'ipni.q^>linO;9^l>U<4l^ insignifiante.
Le tirage des Débats et le tirage de VAssemiUe natiomde^ réunis, n'atteignent pas 14,500 exem- ^kii'es , dont les deux |ier3 p^ur les Débat».
I^e tirage 4es trois journaux Q&tà&^x 4upouvQir lonmenn (ptal de 49,000 nnwér^.
Le tirage du SiéeleM de kf Preefie dépasse 47,S00 numéros ; il n'y a entre les deux journaux qu*one dif^
4ism^ 4ô 8 Mô^i en favpiir du pwrter,
PanDÎ les JottTaaiix noa quotidiens, nous nous bonieroûs à ciier le JoBmaL des villes et des HUnpfgiieet doal poude Puisiens soupçonnent feiistence , et qui pourtanidate de 1814 , et compte ne assez nombreuse clientèle, composée surtout do Mirés al 4e moiires de canipa|;ne ;
Et parmi les revues poBtiqueset tittéraires, la iLeTne-deft deax momdBS , fondée en 1881 , par M. Euloz, et qui a?est élevée an premier rang dos Kcuoils européens de ce . genre ; —*et Tlllvstr»" lioiiy idont le ptos bel éioge est dans le nombre de les abonnés, qui s'élève aujourd'huiau ehiflKre, fiifoiikox pour une revue, de 18,000.
Il se publie dans les départements quelque chose flomme 5 à 600 journaux ; mais , à 1 exceptioa d'un très petit nombre , ces feuilles n'o^t aucune portée, (lolitique ni littéraire.
Nous avons dit comment les journaux avaient été forcés de baisser leurs prix par suite de l*avénement de la presse à 40 fr. En 1848 , le timbre ayant été aboli , ils leur firent subir une nouvelle réduction ; mais depuis que le timbre a été rétabli , tous , à Tex- (eption de la Presse , les ont relevés, non pas au taux de 1847, mais à celui de 1835. Ainsi sous ce rapport encore nous avons reculé de vingt années.
Et maintenant, si c^était Phistoire de la presse que nous eussions entreprise, nous pourrions, au point où nous sommes arrivé , éprouver quelque emb^r» ras, ou plutôt non, nous n'en éprouverions aucun, ooas n'aurions plus à faire qu'une oraison funèbre ; la presse se meurt I la presse est morte ! L'instru-* ment, la machine, f xis^e ÇQÇQre, niai? sfins le rwor(
qui lui donne le mouvement ; le souffle qui la pourrait animer, Topinion publique, s'est retirée d'elle; c'est comme un corps sans &me , que la question d'Orient est venue fort à propos galvaniser quelque peu.
« Le journal, écrivait en 1835 M. Granierde Cassagnac, dans une feuille ultraministérielle, le joarnal , c'est la critique du gouvernement, de la société. » Or le gouvernement, par des motifs dont nous sommes loin de contester la valeur^, mais qui auront bientôt cessé d'être , nous l'espérons , ne croit pas devoir tolérer aujourd'hui , nous ne dirons pas la critique , mais même la polémique, et le public, pour .le moment, paraît assez peu s'en soucier. Que faire à cela ?
<( On s'étonne de mon silence ! nous disait dernièrement le plus oseur de nos journalistes ; mais je ne lis même plus mon journal I Que dirais-je, et à quoi bon? J'aimerais mieux compter les cailloux de mon jardin : du moins j'aurais la perspective d'un résultat. »
Heureusement ce n'est là qu'une boutade , et nous aimons mieux la parole de Renaudot :
(( La presse tient cela de la nature des torrents, qu'elle se grossit p^r la résistan ce. »