Nous sommes républicains
« .1» Vous le voulez? Eh bien s6it!>Âpprochez! $Bi la vue faible,, je vais vous mettre ma lanterne sous le nez.
» Passez, passez, vous autres, nullités écloses sous, le soleil de llmpudence !
« Quels sont ces Démosthènes? Ils sont nombreux* •• Oh! les drôles de figures! Ça, des républicains? C'est une nuée de corbeaux élus par des niais, des badauds, dont il est facile d*obtenir les suffrages quand on sait l'y prendre... quand on a le gosier bon, de Teffronterie, d^ grimaces et des poumons ; voilà le secret. Allez, allez , Messieurs , croasser plus loin, votre asthme patriotique éteindrait ma lanterne.
s Voici un général, bien galonné, ma foi ! qui «^avance à la tète de ses légions... Je vus peut-être voir uiM^-
publicain... Comme il fait caracoler son cheval av« grâce ! Quelle belle bote que ce cheval!...
» Mds j'entends la voix des journaux»,. Moins haut crieurs ! Vos larynx épuisés ne suffiraient pas à nou . débiter toutes ces sottises écrites !
» La Presêe! la Presse!... du citoyen Girardin; m républicain, ni de la veille , ni du jour , ni du iende* main! La Presse! la Presse!,». Je ne suis ai pour la ré gence, ni pour Henri V, ni pour les Bonaparte! Li Presse! Cinq centimes, un sou!... Â bas les communistes , les socialistes , les anarchistes et les réactionnaires! A quoi sert une constitution? Vive la Presse. Vive Girardin ! Vive moi! ! I
» Le Père Duchéne! Demandez le Père Duchéne! il est en colère le Père Duchéne! — Parce que son journal ne va pas ; — Parce que ses acheteurs diminuent,
et que les petits sous ne font plus les gros sous Lt
Père Duchéne^ c'est un gaillard qui a compris. bien vite que, si les riches n'ont plus d'or , le peuple a toujoun iin sou... pour le lui faire cracher : il s'agit de toumeï son habit à l'envers, et de se dire l'avocat de la sainte canaille! Pauvre canaille! la police l'assomme, les riches la mangent, et les avocats lui rongent les os!... Pauvrd canaille!...
» Les hommes! les hommes! Quels animaux ils font! Depuis le haut de l'échelle jusqu'au bas, tous... trom- ^ peurs ou trompés !... fourbes ou niais!
» Gare le chien !... Me voilà comme jadis sur la place d'Athènes...
» Républicains de toutes couleurs...
» Royalistes de tous les partis...
» Socialistes de tous les ragoûts...
» Journalistes, publicistes à tous vents...
» Gare le chien! Le cynique n'est pas mort, iJ
s'est fait sans-culotte ! n
Voulez-vous maintenant savoir Topinion de Diogène sur la politique et la conscience des grands journaux ? Ecoutez :
Les Débats^ — Politique: lés fonds secrets. Con- Kienoe : le seeret des fonds.
Le Constitutionnel . — Politique : bonneterie. Gon- Râence : un tiers.
Le Siècle» » Politique : un portefeuille. Conscience : gauche.
Le National, -^ Tous les rédacteurs de ce journal, grands et petits , étant à la curée , leur politique n'est {dus qu'une mâchoire ; leur conscience , un estomac.
La Réforme, — Mtâme position que le National , avec une mâchoire plus petite et un plus grand estomac.
La Presse. — Politique : débit des exemt>laires. Conscience : puff .
Le Courrier français, — Politique : un rhume decerveau. Conscience : une prise de tabac.
La Démocratie pacifique, — Politique : le pot au feu*. Conscience : Panse du panier.
La Gasette de France. — Politique : blanche. Conscience : noire.
Le Charivetri, -— Lé panier : mannequin. Conscience : Cham.
Le Corsaire, — Politique : en lunettes. Conscience : s'attend.
La Vraie Républiqueé — Politique : tarée* Conscience : gorge de sang.
La Liberté, — Politique : romantique. Conscience : 5 centimes.
Assemblée nationale. — Politique : fleurs de lis. Conscience : coloquinte.
Le Père Duchéne, — Politique : 65 francs de capital . Conscience : 2,500 francs dlntérôts.
La Voix des Femmes. — Politique : une culotte. Conscience : cou-cou.
Le Napoléonien. — Politique : manteau long. Conscience : inyalide.
Les autres journaux, — Politique : concurrence. Conscience : des gros sous.
Enfin, Diogène Sans-Culotte. — Politique : con* Bciencet
Ej^ il na saurait y avoir de boone révolulâoii sans gamins. Voici donc le Gwmn de Péitis; «a jeu* de partes à la aiain« U &it droguer un roi. Le jeune Fouyou prend énergiquement la défesse- de ce ben - M • Gaussidière ; mais pourtant il ne faudrait pas trop le contrarier dans ses goûts, il faut qu'on Le laisse s'attrouper et crier à son aise ; autrement il aiuraîi bten vite planté là son héros»
« De quoi! pkia d'attroupeiaaitt, plus-deTassemMements; et si je veux m'attrouper«t me rassembler, moi, faudra!» pereiissbu de M., le oMire?
» Magistrat, je te respecte , mais j'ai Torâîlle dufe et je'U'entends pas à demà-mot.
9 Faut-il être deux, trcn» ou ciaq osnîs pour former un rassembiemeut génanl? — Y aur»>t-il des sommatioasl Combien ? Dans quel gearel SeroBlf^Ues respectueuses? — Et après les sommalâOBS ?.^. C^est là que je t^ttends , magistrat
» Tu dis comnte cek qo» c'est gèuani pour les ctydiers. Mais si les clubs en plein sur gênent ceux qu'a le moyen de se fendre d'usé .voiture, ton idée à toi, qui ressemble à celle de Duchàtel, n'est pas conunode uou plus pour la liberté de tout le monde.
» Ûuelle liberté doit-on vouloir? Celle d'aller en voi^ ture , ou celle de se réunir, même dans la rue.
* Enfin , Magistrat , je te respecte , et je veux edtrer dans ton idée. Tu connais à fond, ta voirie, et tu es un édile modèle. Je ne pourrai pas m'attrouper daas lee rues, v'ià qu'est bon... Mais au Champ-dO'-Mare, hôa? C'est une autre paire de maneiies, ça n'embairasss rien, ça, hein, monsieur le maire? Si pourtant ça te gênait, faudnût le dire. »
Nous nous arrêterons là, car nous n^avons pas llntention de faire un catalogue. Les colteotioiiBears ou ceuiR qui y auront un intérêt quelconque pourront consulter la Reinie critique des Journaux publiés â
Paris depuis la révolution de février jusqu'à la fin de décembre, par M. Wallon « revue écrite avec trop de passion sans doute, mais pleine de renseignements earieux ; — la Presse parisienfie , stajlvstique bibliographique et alphabétique de tous les journaux , re- Toes et canards périodiques, nés , morts, ressuscites ott métamorphosés à Paris depuis le 92 février jusqu'à Tempire, par H. Izambard;* ^-r La Phjrêion&^t. mie de la. Presse^ revue rapide, mais pleine de sel des journaux qui ont paru depuis le 24 février jusqu'au 20 août, par un chiffonnier (Petit de Baroncourt^ ; — Le Croque-mort de fa Presse , nècrolo- . gie politique , littéraire , typographique et bibliographique de tous les journaux, pamphlets , revues , nouvelles à la main, satires, chansonniers, aima- Dachs et canards péripdiqu.es , iiés , morts , avortés , vivants, ressuscites ou métamorphosés à Paris, à Lyon et dans les principales villes de France , depuis le 22 février jusqu'à l'installation du président de la République en décembre 1818, etc. etc., suivi de lArt de déterrer les journaux morts et de s* en faire 3,000 livres de revenu; par un bibliophile bien informé, actionnaire de quatorze imprimeries, membre de vingt-sept clubs, et rédacteur de trente-trois gazettes mortes et enterrées (H. Delombardy). Le Croque-mort y qui paraissait par convois , a poussé la minutie jusqu'à reproduire, autant que cela était possible, la forme du titre des principaux journaux. On n'a pas compté moins de quatre à cinq cents canards.de février à décembre 1818; mais, nous le répétons, la plupart de ces feuilles mouraient dans leur germe et n'avaieut point de lendemain ; pour une feuille de ce temps-là une semaine était une existence remarquable ; un mois , c^était un ph^no* mène de longévité.