‹ Histoire du journal en France 1631-1853Chapitre 7 sur 14 · ITO · texte numérisé non relu

ITO

idaire progresshrenaait dans radainistea&m pofaiî^

que , €t à devenir pour les peuples un moyen de s^ Ifouvemer eux-mêmes. » |

Tels étaient le^ vœux que formaient les horame^ les plus éclairés en faveur de la presse populaire et M bon marché ; mais ces vœux , personne ne so^eait i^ les réaliser. Deux obstacles s'y opposaient : la fiscalité de la législation à Tégard de la presse périodique , et le peu de superficie et de profondeur de l'instruction primaire en France.

£n novembre 1830, une réunion des gérants et écrivains des principaux journaux eut lieu dans les -bureaux de la commission de la Chambre des pairs chargée. de Texamen de la loi sur la presse périodique. La suppression du timbre rouge qui frappait les journaux politiques quotidiens « et la réduction d'un centime sur le port de la poste , y furent vivotaient réclamées , et enfin obtenues. Mais ce n'était pas assez pour M. de Girardin. Il fit distribuer aux deux Chambres, sous le titre de projet d'une législation transitoire de la presse périodique, une nota dans laquelle , démontrant ce qu'il y avait de fâcheux dans le haut prix des feuilles quotidiennes, haut prix qui était le résultat de taxes exorbitantes, il propo- .sait de régler les droits de timbre et de poste, non -plus sur la dimension des journaux, mais[sur leur prix d'abonnement , et demandait la suppression du eau" tionnement, qui aurait été remplacé par la con^tion d'éligibilité, à laquelle eût été astreint tout gérast d'un journal pditique.

Les idées contenues dans cette note n'ayant pas obtenu la sanction législative , l'auteur ne se découragea pas : il fit plus tard auprès de Casimir Périert président du conseil , àJ'edEet d'obtenir en faveur de

Lpraase'unècoQttituliîeD moiasilscale, des tentati^. es rèilér^$s q^ii fureot égaiemeot vaines. Alors^ nalgré les vk^s deJa.léf^&lalkm de la presse pé** iodiqae et Tétat arriéré de Tinstr action, primaire , il résolut de tenter seul la réfortâe t;u-appelaient tant le bons esprits : il lança le Journal des connaiasaf^ ^€8 Utiles»

Ce recueil ne devait d'aboid être , dans la pensée de son {ondateur, que le premier degré d'un système aBÎtaire de publicité qu'il concevait plus vaste et plus compilet, puisqu'à ia publication du Journal des connaiseanees utiles devait se rattacher colle de plusieurs recueils spéciaux, et celle d'un journal quotidien , pareil pcrnr le format au Constitutionnel, mais ne colltant que M francs par année. Le devis des fra^, les moyens d'exécution, le titre même « èlaient arrêtés ; il devait s'appeler le Médiateur des intérêt politiques, apicoles et industriels. Ce va&le système de piïblioité , dontle Journeddes con* naissances utiles n'était que le prospectus d'essai^ que le vulgarisateur nécessaire , aurait reçu . sa directkm d'un institut politique, dont les .statuts ont été ûnpriixiés ^ 1831.

tes obstacles matériels d'impression et de service eentre lesquels eut à lutter le Journal des connais*' sane^ utiles (car, lorsquHl parut, rien n'était encore préparé en. France pour le développement d'un jottr- &ai publié à cent. mille exemplaires), motivèreM V^oum^meint de cet. ensemble de vues. Une autre difficoUéiievait naître : c'était celle du succès mémft àjiJûurn^ des connaissances .utiles , qui déohatna Teavie d*abord , puis la concurrence. Avant qu'il par rût , oekii des «recueils usuels , agronomiques , In^ âii^Ui^Is, scientifiques ou littéraires, qui Avait le plus grand nombre de souscripteurs, .n'ea comptait

fias trois mille. La moyenne d'aboanës de e€» recueils était quatre cents. Dès la seconde année « le Journal des connaisêonces utilea tirait à 130,000 exemplaires.

€e succès inouï, démonstration évidente de toute! la puissance du bas prix appliqué au grand nombre , i attira Tattention de la Société de Londres pour la dîf> | fusion des connaissances utiles , présidée par le lord : diancelier Brougham. Modifiant Tesprit et le cadre du Journal des connaissances utiles pour se les ap- "proprier, elle ^uhliB, \e Pennjr magazine (Magasin à 2 sous). Alors arriva ce qui arrive encore tous les jours. L'esprit français, qui, à toutes les époques, n^a jamais manqué d'abandonner ses découvertes pour les réimporter ensuite lorsqu'elles ont dépouillé leur origine nationale , leur forme primitive , Tesprit français ne manqua pas de reproduire ce que Tesprit Imtannique n'avait fait qu'imiter de lui : on vit tout à coup surgir une foule de publications par livndsoiis à î sous.

Ce fut un coup de fortune pour l'imprimerie paritienne , alors fort languissante , et pour toutes les industries qui s'y rattachent; quelques chiffres en feront juger. Dans une seule année, en 1832 , les publications de la Société nationale absorbèrent an delà de 18,000 rames de papier. L'impression du Journal des connaissances utiles, composé de 25 feuilles par an , et tiré comme il le fut pendant deux années à 130,000 exemplaires, équivalait à elle seule à la publication de 240 à 260 volumes in-S'': le Magasin pittoresque et le Musée des familles se tiraient à 50,000 exemplaires , la France pittoresque â 40,000 , le Voyage autour du monde à 30,000 , ^ etc.^ etc. , Bref ^ en deux ans le cours des papiers S'éleva de ^0 pour cent.

Ce fiot qtii débordait sur le domaine littéraire rm pouvait manquer de faire pousser les hauts cris h Max qui en avaient la paisible possession. Ecoutom M. de Girardin :

a Les grands hommes de la littérature parisienne 4 qui , tous coalisés , auraient grand'peine à suffire à Tentretien d'une presse , s'attaquent de toutes les forces de leur esprit aux journaux à bon marché , aux journaux utiles , aux. publications pittoresques, aux livres débités i la feuille. Leurs attaques contiennent peu de bonnes raisons et beaucoup de personnalités : c'est le dernier argument d'une littérature étiolée et qui sent qu'elle est frappée de mort par la litiérature populaire qui se fait jour, n

^ Ceci , pour le plus grand nombre des lecteurs de cet article , peu au courant de la vie privée du jouma^ lisme , demande des explications que voici :

« La presse périodique et quotidienne et le commer* ce de la librairie se recrutent à Paris parmi un grand* Bombre de jeunes gens , victimes de l'éducation univer» ^taire, lesquels, au sortir des bancs, n'ayant vu s'ou* vrir devait eux aucune cairière lucrative , se font, en désespoir d'eux-mêmes et par nécessité de vivre , une sorte de pain quotidien de leur propre tiel , et une escopette de leur plume , jusqu'à ce qu'elle leur ait conr ^i quelque renom ou puissance littéraire qui leur donne dans la littérature marchande une valeur commerciale.

» D'ordinaire ils débutent par s'exercer comme réda^ teurs dans quelque petit journal de théâtre tiré à cent épreuves , mais dont la spéculation financière est fondée sur la rançon qull tire sans pitié de quelque acteur on actrice qui paient pour qull ne soit pas dit d'eux dans la îe\nUeton du lendemain qu'ils sont gauches, laids ou ôé* testables.

3> Ces journaux procèdent d'ordinaire par coups d'ë^ ptrujiles, bigcvnmres, bordées, butin, pointes^ coup$ ^paUe; ce qui Toudrait dire par épigrammes, si daÙ9

068 sortes â*aUMpi68 llnjure éfaît mo!n& firé^énte i Vesprit moins rare.

» Cette littérature à rançon el àpersonnalités , é, jm àe mots et à menaces sous-entendues , est de sa natuij très énigmatique; il faut, pour la comprendre, vivii ÇDtfermé dans le cerclé' etrottf qu'eue piarôourt, passai) et repassant $axis cesse, comme le cheval qui fait mou voir un manège.

» Cest cette Uttérature parisienne, étiolée et asthi matique , n'ayant plus qu'un souffle à rendre, qui , pâu une étrange aberration, insulte à la fois à la littérature de Tempire , qui fut son berceau ^ et à la littératare d peuple, qui sera sa tombe ; ne resjnrant que Fatmospfa re épaisse et enfumée des estaminets dramatiques , n vivant que la nuit, ne puisant son esprit que dans h| débauche ; c'est cette littéi'ature de mauvais lieu qui osé accuser de charlatanisme la presse qui vit au grand jourJ s'adresse au grand nombre, dédaigne de mendier, la plume à la main et la calomnie à la bouche , des abonn tiements de faveur, des contributions d'amis , des son-^ scriptions royales , des subventions ministérielles; — la presse enfin qui s'élève seule et indépendante , payant d'avance en billets de banque , aux journaux , la publicité qu'ils lui vendent à la ligne.

» L'emploi de cette publicité est un des grands griefs contre le Journal des connaissances utiles : on ne lui pardonne pas d'avoir dépensé 60,000 fr. d'arnsonces VPûur acquérir cent vingt mille abonnements.

» En Angleterre, l'industrie, pour écouler ses pro" duits , pour leur ouvrir des déb(Atché^$ n'emiploîe plus le mode onéreux des commis-voyageurs ; elle ne violé plus le domicile du consommateur ; aie va droit à lui par le moyen pks économique et plus rapide des animnces payées; dès qu'un homme sait lire, elle en fait ainsi sob tributaire.

» L'ei tension de ce moteur puissant de publicité,®- «Or nécessaire de la conciiirence, n'est plus qu'une qoe- «tion de temps qui se lie au dév^oppemeÎBt de notre prospérité nationale; s\ sur ce point rÂi^eleirrepaxiiitalier

IfBfp loin à quek|aes bons esprits cfuî taxent de charlatonisme Tusage des annonces payées , c^est quHls n*apei*lÉvent pas conibien Tindustrie de ce pays est encore il arani de la nôtre. ^

» Aa point où en est venue llndastrie , le progrès — comme première condition — implique tendance au bon marché , lequel à son tour implique la nécessité du grand nombre : comment y parvenir sans le concours de la publicité? — et si elle n'est qu'officieuse, à quel titre la réclamera Fhomme dont elle doit faire la fortune? «~ Disons-le , sans la publicité marchande , point de pro^ grès véiitable , point de concurrence sérieuse , point de progrès utile aux* masses.

i> La question de la publicité marchande n'est pas seaiement ind^istrielle ; elle est encore sociale et renferflie en elle le principe d'une réforme entière de la presse politique. En 'Angleterre , pays qu'un esprit absolu ne doit pas prendre pour modèle exclusif, mais dont l'homme progressif ne saursût faire l'objet d'une étude trop approfondie , le bénéfice auquel donne lieu la publication des journaux politiques ne se calcule pas sur le prix d'abonnement, mais sur le revenu des annonces payées. 9 Une réforme basée sur ce principe est imminente en France; le Médiateur l'eût entreprise , si des considérations récentes et de nouveaux devoirs n'avaient déterm'mé le fondateur du Journal des Connaissances ttliks à sortir des rangs de la presse périodique pour se lirrer à des études d'un autre ordre. ^

V En France , le prix de revient d'un journal quotidien tel que le Constitutionnel , ayant un effectif de 3,000 abonnés, est de 54 fr. 5o cent.

Les souscripteurs le paient 8o fr.

Chaque mille abonnés en sus de ce nombre produit i5,ooo fr. de bénéfice.

s Lorsqu'il compte io,ooo souscripteurs, c'est-à-^ire lorsqu^d est au nombre des deux ou trois journaux ^ premier ordre comme publicité , le produit annuel (A ses annonces peut en outre être évalué de i5o,ooo à 200,000 ir.*...

3> Ce n^est point seulement sur lemérité de éa réd( que le Médiateur fondût le succès populaire duquc était assuré , mais principalement sur la réduction TabonnementdeSofr. à4o fr., et accessoirement sur( taines combinaisons dont le secret appartient à nos étuc

» Les calculs étaiçnt simples : à ce prix réduit de fr., dix mille au moins des abonnés du Journal des(k naisutnees utiles devenaient ceux du MédiêLteur.

10,000 abonnements produisaient. . • 4oo,ooo fr lis coûtaient, tous frais compris ... . 54o,oooJ

Excédant de la dépense « . i4o,ooofj

Annonces payées, calculées sur une publicité de 10,000 (minimum du produit). • i4o,ooo

Balance. . • . 000,000

y> Pour réaliser ce projet que fallait-il ? — Trouve^ un public favorablement disposé. — Le Journal de^ , Connaissances utiles Pavait préparé dans ce dessein.

» Risquer 20,000 fr. au plus , le prix enfin d'unnu^^ méro spécimen tiré et distribué sous la bande de c« journal aux i3o,ooo souscripteurs inscrits sur ses listes.

» Donner une sorte de cautionnement au public et aux rédacteurs en raison de Tapparente témérité de ridée, c'est-à-dire verser pour la forme à la Banque de France un capital de garantie qui n eût été en aucun cas entamé.

y> Comme il est évidemment moins onéreux de publier un journal qui ne coûte rien , mais ne rapporte rien , qu'un journal qui , dans une vsdne perspective de béoénces , absorbe d abord plusieurs cent mille francs et De produit jamais l'intérêt de son capital , on peut affirmer que le premier journal quotidien qui sera fondé , leserft sur ces bases...

"^ » Mais ce journal , sous peine de mourir en naissant, devi*a être populûre dans toute Tacception que nous donnons à ce mot, c'est-à-dire qu'il devra représeoier

non {Mnnt ropinion intmnéa d\m parties*

la cause dynastique d'une famille, les théories

bcables d'une école , mais les yéritables intérêts

MX.

> Yoilà ce que produit d'admirable la presse popufre , la presse à grand nombre et à bon marché ; c'est p*eQ méxae temps qu'elle forme le jugement de lecteurs ttuveaux, qu'elle étend le bon sens public, la circuitioa des idées , elle efface toutes les démarcations étroi- « de partis , prend à chacun d'eux ce qu'il a de vues itiies et de sentiments nationaux, «- ne leur laisse que *eiagération et la mauvaise foi; car la presse à bon narché ne peut arriver au grand nombre par les sentiers battus, — des souscriptions d'amis, des suffrages ^ coterie, ne sauraient l'enchaîner,— elle ne peut vivre ip'aataat qu'elle est l'organe véridique et impartial de ropinion du pays !.....

a Voilà ce qu'elle a d'admirable, c'est qu'elle nesaunât sans se suicider trahir ouvertement la vérité ou lËéner dans l'ombre son indépendance , être servile ou tajuietise , en un mot personnelle , tandis que la liitéra- ^1^ parisienne , que quelques centaines d abonnements nffisentpour faire vivre, peut impunément trafiquer du KMmsoDge , se prostituer aux fonds secrets , vivre de rmsolte et de la honte.... Les attaques ou les adulations personnelles qui sont la grande affaire des coteries ne Teaoontrent jamais de la part du grand nombre qu'indif- ^Q€8 et dédain....

* La presse populaire, on peut le dire, a déjà pris ^S d^industrie; elle tend à devenir une branche importante de revenu public; — elle est un incontestable ^ mealculable progrès : car, en même temps qu'elle est ^ poissant moyen de diffusion des connaissances utiles A des notions variées , un actif stimulant de nntelli-

fnce et de la mémoire , le principe de son existence — bon marché par le grand nombre^ — agit sur tous les j^ts et tend à s'introduire dans toutes les industries, w la forme gouvernementale et Tadministration puwque. ^

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j> Go n'est point seulemèûtSttT le ^ que le Médiateur fondait le s^^'# était assuré , mais princip^emr % f l'abonnement de 80 fr. à 40 fr.- 1. 1 g:

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» Les calculs étaùçnt siij | ^ f I" fr., dix mUle au moins ^t W |. J»

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10,000 abonnemenf/f^ S; J îf' Us coûtaient , U)\j^mii.^ ^

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Annonces paj'^l

cité de 10,^4 f' , résulte du fraetioaMœfiDJ

y^ o, malgré Finconvénient (p'ofi»

/ cî ses feuilles isolées, il f«it seulwe

ue le désir d« «s'instruire devient cH » ^ jéral, mais que Faisance des dusses lab' ttû pas dans la même voie de progrès.

, Cr ^ La véritable réforme de la librairie, msi (pJJJ i, comprenons, n'aura lieu que le jour ^f^ de M. Victor flugo, par exemple tel que M^D»

de Parie, ne se vendra plus,, au lieu de i5fr.,F'' les deux volumes.

» Cela est posKble , cela est prochain.

» Alors les contrefaçons belges ne seront pas wu tables, alors nos meilleurs écrivains n'écnrontpr . un petit nombre seulement; leur esprit acq»^n d'étendue , plus de portée plus de solidite seion p s'élargira davantage le cercle de leurs lecteurs. ^ dicules jargons de coteries à la mode * P^'^^|pJ. tront avec les patois barbares en usage da^ r r tements ; tout ce qui ne sera pas vrai et P'^^ ^ ^ . langage et le style paraîtra prétentieux et exap -^ A cela la langue française gagnera en mf^\^ ^u blesse , et la littérature en morale et en ûi««^** jj\ \ a qu'une sorte d'ouvrage, que nous sacbious^awH

ÉEaimkible la pidrlnÂté (lu iprniMl nombre, c^esiiu^ près impies et Ucejicidux !

1 » YoUa à quel point en «ai à ee momeatla réforme pmmencée par les pubUo^jtions.d'ane S(Kiét4qm 4 roula lifter le nom de natimale,

> Prochainement on devra à llmpulsion de ces idées essestieUement preigre^iyes et pratiques le prix des journaux quotidiens réduit de âo à 4o. fr., et cdui des volumes de 7 fr.:5p à.3o SQUS. » * .^

Dix-huit mois après, le 1^*' juillet i8d6, la Presse paraissait « sur lé Sinal de ta publicité , au milieu des éclairs et du tonnerre. » Ce n'est pourtant pas qu'on ne dût y être préparé : la Presse^ en effet, i*ètât pas l'expression d'une idée noiivelle ; c'était, soas an astre titre, le Médiateur de 1831 ; c'étaient les mêmes bases, les mêmes calculs.

« Toutes les ofûnions, disait le prospectus, toutes les dissidences politiques , ont des journaux pour se mani- (ester. A cet égaixl , il n'existe ni lacune à combler ni besoin mécômiu qui demande satisfaction. Là Presse ne se fonde donc point avec la prétention .de venir émettre une doctrine nouvelle , de susciter encore dans le pays un parti ou une coterie de plus : le journalisme a mis au monde assez de dissentiments sociaux , il a fait de toutes Us couleurs de nos drapeaux assez de nuances diverses , pour qu'il lui soit rendu la justice de reconnaître qu'à cet égaûrd il' n'a plus laissé rien à tenter. Passions , intérêts, ambitions, hsûnes, préventions , illusions, fausses théories et vaines terreurs, le tout depuis loQg-temps est alternativement, de la part des journaux établis, l'objet d'une trop habile exploitation, pour qoll soit permis de prétendre faire à cet égard plus ou nuettx.

» La Presse différera des journaux établis principa- ^Qt en ces points : que le prix de son abonnement Q6 sera point une spéculation ; que

s Le prix d'aboxmement des journaux quotidiens

n*est pas en juste rapport avec la modiciié Un rerett moyen de la grande majorité des électeurs firançais, ^ se compose de propriétaires • ruranx ; aar ^eaooo^ < ' points, nous le savoi», 80 francs sont à peine la annuelle d'un capital de six à huit mille francs en araUes.

» La presse politique appelle donc une réforme.

» Cette réforme est-elle possible autrement que la suppression ou par la réduction[.législative du de timbre?... Nous le croyons, le premier nous Tavc dit et imprime ; il s'est enfin trouvé des capitaux intelligents, assez hardis, pour nous suivre dans la sei voie que la spéculation n'ait pas encore sillonnée à\ nières. »

Ceci posé, M. de Girardin, qui a toajoms aial

à jouer cartes sur tablé, entre ainsi dans les eu\ai les de la question financière : j

« Les frais d'un journal, ainsi que ceux dont se oo» pose toute publication, sont de deux natures, leslr4 décroissants et les frais progressifs.

X Les frais comprenant la' rédaction , la oompoât^ typographique, Tadministration et le loyer, s^^ppeiM frais décroissafUSf ce qui veut dire qu'ils diminuent es proportion inverse du nombre des abonnements; qolis sont d'autant moins sensibles et apparents qulls soi(t répartis sur un nombre d'exempkdres plus considérable (1).

» Les frsds comprenant les droits de timbre et de poste, le papier, le tirage, le pliage , les adresses s'appellent frais progressifs*^ ce qui veut dire qu'en ancoD cas ils ne décroissent, et qu'au contrûre ils s'aujimen* tent indéfiniment en raison proportionnelle du déveiop* pement que prend le«ioumad.

L^application de ces principes fondamentaux au bud-

(i) On appelle encore ces frais frais fixée , parce qa'«^ réalité ils ne tarient pas, quel que soit le Bombn dd abonnés.

|d>B joamai tel que le CansUtutionml^ les DélmU-^ nkUenne, etc., présente les résultats suivants :

PJUIS DéCEOIBSANTS.

NâMwo, par an. . . lUn.ÇOOf.

Composition 56,(X))

l&niaûtntîoD Si 000

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